En attendant la prochaine éruption du Katla (Islande) // Waiting for Katla’s next eruption in Iceland

Après les inquiétudes concernant une possible éruption du super volcan de Yellowstone aux Etats Unis, voici que naît l’angoisse autour du volcan Katla en Islande. Plusieurs journaux américains viennent de publier un même article sur ce sujet.
L’auteur de l’article explique qu’après un été d’activité sismique intense sur le Katla, « les Islandais épient le moindre signe d’une éruption du volcan le plus surveillé de leur pays ». Le Katla est entré en éruption pour la dernière fois en 1918. Depuis le début de l’histoire connue du volcan au 12ème siècle, jamais 99 années se sont écoulées sans une éruption. Huit des 10 dernières éruptions du Katla se sont produites entre septembre et novembre, moment où la fonte de la calotte de glace qui le recouvre est censée – en libérant sa pression –  créer des conditions favorables à la sortie de la lave.

Vik, un hameau sur la côte sud, se prépare au pire. En cas d’éruption, un texto sera envoyé à chaque téléphone mobile connecté au réseau régional. Les 543 habitants savent ce qu’ils doivent faire: informer leurs voisins – et où aller: l’église, qui est abritée par la montagne. Selon la Protection Civile islandaise, les touristes seraient le plus grand problème en cas d’éruption. Ils pourraient être en grand nombre au coeur de la saison touristique, répartis dans le pays et moins susceptibles que les locaux d’être au courant des mesures à prendre en cas d’urgence.
Ce qui inquiète les volcanologues, c’est que Katla se trouve sous une calotte de glace de plusieurs centaines de mètres d’épaisseur, ce qui signifie qu’une éruption est susceptible de faire fondre cette glace et provoquer de graves inondations. On s’attend à ce que le volume d’eau atteigne 300 000 mètres cubes par seconde, plus important que le débit de l’Amazone. Il se pourrait que cette arrivée massive d’eau fasse monter le niveau de l’océan considérablement, de sorte que les autorités prévoient d’évacuer tous les habitants de la côte vers la pointe sud de l’île.
Au cours des 11 derniers mois, le Met Office islandais a fait passer à deux reprises le niveau d’alerte du Katla au Jaune. Pendant quatre jours cet été, les Islandais ont remarqué avec inquiétude que les séismes atteignaient la magnitude M 3 et la fonte de la glace a provoqué une crue de la rivière Mulakvisl près de Vik.
[Remarque personnelle: Il convient de noter que la dernière sismicité sur le Katla était très superficielle, à environ 100 mètres de profondeur. En conséquence, il y a peu de chances pour qu’elle ait été causée par une ascension du magma sous le volcan, d’autant plus qu’aucune déformation significative n’a été signalée. Les séismes étaient probablement causés par une activité hydrothermale intense, phénomène qui se produit souvent sous la couche de glace]
Les volcanologues ne savent pas ce qui se passera le jour où le Katla entrera en éruption. Contrairement à beaucoup d’autres volcans islandais, une longue période de repos ne détermine pas l’ampleur de la prochaine éruption. Même si le Katla a une chambre magmatique plus volumineuse que son voisin Eyjafjallajokull, cela ne signifie pas nécessairement qu’une éruption aura un impact plus important sur le trafic aérien. Un employé du Met Office indique que les compagnies aériennes sont mieux préparées à affronter la cendre dans un espace aérien donné qu’elles ne l’étaient il y a sept ans.
[Remarque personnelle: Je ne suis pas sûr que la panique dans l’espace aérien sera différente de 2010 en cas d’éruption du Katla. Les tests sur la détection de cendre ont été effectués sur d’autres volcans pendant des périodes d’activité volcanique calme et souvent avec de la cendre déversée artificiellement. Je ne suis pas certain que les compagnies aériennes soient prêtes à risquer la vie de leurs passagers si les avions sont confrontés à de VRAIS nuages ​​de cendre!]
En conclusion, l’article n’apporte pas vraiment une nouvelle lumière sur l’environnement d’une éruption du Katla. Les volcanologues ne savent pas trop quel genre d’éruption se produira et les autorités locales devront s’adapter à la situation, surtout si l’éruption a lieu pendant la haute saison touristique!
Source: Journaux américains.

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After the worries about a possible eruption of Yellowstone supervolcano, here is the anxiety around Katla volcano in Iceland. Several U.S. newspapers have just released the same article about this topic.

The author of the article explains that after a summer of increased seismic activity at Katla, “Icelanders are obsessing over the smallest sign of an eruption at the country’s most closely watched volcano”. Katla last erupted in 1918. Never before in recorded history, dating back to the 12th century, have 99 years passed without an eruption from this volcano. Eight out of the last 10 eruptions at Katla have occurred between September and November, when glacial melting is believed to create – by alleviating its pressure – conditions for the magma to burst forth.

Vik, a hamlet on the south coast is prepared for the worst. In the event of an eruption, a text message will be sent to every mobile phone connected to the regional network. All 543 residents will know what to do – inform their neighbours – and where to go: the church, which is sheltered by the mountain. According to the Icelandic Civil Protection, tourists would be the greatest challenge in the event of an eruption. They could be in large numbers during the tourist season, spread out and less likely than locals to be aware of emergency actions.

What worries volcanologists is that Katla lies under glacial ice hundreds of yards thick, meaning that any eruption is likely to melt the ice and cause widespread flooding. The volume of water that could stream toward the coast is predicted to reach 300,000 cubic metres per second, greater than the Amazon River discharge. Ocean levels may rise sharply if flooding reaches the coast, so authorities plan to evacuate the entire coast on the island’s southern tip.

Over the past 11 months, the Icelandic Met Office has twice raised its Katla alert level to yellow, signalling “elevated unrest.” For four days this summer, Icelanders watched with concern as a series of earthquakes peak at magnitude M 3. Natural reservoirs of glacial melt under the ice cap burst and flooded the Mulakvisl River near Vik.

[Personal remark: It should be noted that the last seismicity at Katla volcano was very shallow, about 100 metres deep. As a consequence, there is little chance it was caused by any magma ascent beneath the volcano which did not show any significant deformation. The earthquakes were rather caused by some hydrothermal activity, a phenomenon which frequently occurs beneath the ice sheet]

Volcanologists do not know what will happen when Katla finally erupts. Unlike many other volcanoes in Iceland, a long rest does not contribute to the size of the next eruption. While Katla has a larger magma chamber than neighbouring Eyjafjallajokull, that does not necessarily mean it will have a greater impact on aviation. An employee at the Icelandic Met Office notes that airlines now are better prepared to measure ash within a given airspace than they were seven years ago.

[Personal remark: I am not sure that the panic in the airspace will be different from 2010 in case of an eruption of Katla. The tests about ash detection were performed on other volcanoes during periods of quiet volcanic activity and often with artificial ash. I am not sure air companies are ready to risk the lives of their passengers if the planes fly into REAL ash clouds!]

In conclusion, the newspaper article does not really shed a new light on the environment of a Katla eruption. Volcanologists do not know what kind of eruption it will be and local authorities will have to adapt to the situation, especially if the eruption takes place during the high tourist season!

Source: U.S. newspapers.

Le Katla se cache sous le glacier Myrdalsjökull (Crédit photo: NASA)

L’éruption du Katla en 1918 (Source: Wikipedia)

 

Essaim sismique à Yellowstone: Pas de quoi s’inquiéter! // Seismic swarm at Yellowstone: Nothing to worry about!

L’essaim sismique observé à Yellowstone depuis le mois de juin est maintenant l’un des plus longs jamais enregistrés dans le Parc, avec plus de 2 300 événements. Le 30 août, 2 357 séismes avaient été enregistrés. Le plus significatif au cours des dernières semaines a été un événement de M 3,3 le 21 août. Le plus important dans l’essaim actuel avait une magnitude de M 4,4 le 15 juin. La plupart des secousses se situaient dans la fourchette M 0 ou M 1, avec 181 autres événements de M 2 et 11 de M 3. 53 autres étaient inférieurs à M 0, ce qui signifie qu’ils ne pouvaient être détectés qu’avec des instruments ultra sensibles.
Beaucoup de gens s’inquiètent et pensent que cet essaim sismique pourrait annoncer une éruption volcanique à court terme. L’Observatoire Volcanologique de Yellowstone se veut rassurant et affirme qu’aucune éruption ne se produira, à court ou à long terme. En effet, la sismicité a toujours été présente à Yellowstone, la plupart du temps causée par l’activité hydrothermale dans le Parc. Les géologues de l’Observatoire insistent sur le fait que l’essaim n’a «rien d’extraordinaire» et qu’il a «ralenti de manière significative ; toutefois, de petits épisodes d’activité peuvent durer quelques heures».
Bien qu’il ne semble pas dangereux, l’essaim sismique actuel est maintenant l’un des plus longs et les plus importants jamais enregistrés. Le plus spectaculaire avait eu lieu en octobre 1985; il a duré trois mois, avec plus de 3 000 événements. Il y a eu un autre essaim digne d’intérêt en 2010, avec plus de 2 000 événements enregistrés en un seul mois.
L’USGS – qui gère les observatoires volcanologiques dans l’ouest des Etats-Unis – indique que le niveau d’alerte actuel à Yellowstone est « Normal » et que la couleur de l’alerte aérienne est « Verte ».
Jacob Lowenstern, l’un des scientifiques responsables de l’Observatoire de Yellowstone (et que je salue ici!) rappelle que «la dernière éruption volcanique dans la caldeira s’est produite il y a 70 000 ans. […] Pour que le magma atteigne la surface, il faut qu’une nouvelle bouche s’ouvre, ce qui se traduit par une activité géologique intense. […] On observerait alors de plus en plus de séismes, associés à une déformation du sol, des explosions de vapeur et des changements dans la composition des gaz et dans la température des émissions hydrothermales, ce qui entraînerait une modification du niveau d’alerte. Rien de tout cela n’a encore eu lieu. »
Source: Observatoire Volcanologique de Yellowstone.

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The ongoing earthquake swarm at Yellowstone is now one of the longest ever recorded, with over 2,300 tremors since it began in June. As of August 30th, 2,357 earthquakes had been recorded. The most powerful in recent weeks was an M 3.3 event on August 21st. The most significant in the current swarm had a magnitude of M 4.4 on June 15th. Most of the earthquakes were in the M 0 or  M 1 range, with a further 181 recorded at M 2 and 11 at M 3. Another 53 were less than M 0, meaning they were very small events that could be detected only with sensitive earthquake-monitoring instruments.

Many people have worried about this seismic swarm and thought it might announce a volcanic eruption in the short term. The Yellowstone Volcano Observatory is reassuring and said no eruption will occur, either in the short or long term. Indeed, seismicity has always been present at Yellowstone, most of the time caused by the hydrothermal activity within the Park. Geologists at the Observatory have insisted that the swarm was “nothing out of the ordinary” and that it had “slowed down significantly but does occasionally have little bursts of activity that lasts for a few hours.”

Although it does not look dangerous, the current swarm is now one of the longest and largest on record. The largest swarm ever recorded was in October 1985; it lasted for three months and included more than 3,000 earthquakes. There was another large swarm in 2010, when more than 2,000 events were recorded over a month.

USGS that manages the volcanic observatories in Western U.S.A. currently lists the volcano alert level at Yellowstone as normal, and the aviation color code is green.

Jacob Lowenstern, one of the scientists in charge of the Yellowstone Volcano Observatory (Hello Jake!) reminds us that “the last volcanic eruption within the caldera was 70,000 years ago. […] For magma to reach the surface, a new vent needs to be created, which requires a lot of intense geological activity. […] We would need to see considerably more and larger earthquakes, combined with contemporaneous ground deformation, steam explosions and changes in gas and heat discharge, prior to moving the alert level. None of that has occurred.”

Source: Yellowstone Volcano Observatory.

N’hésitez pas à vous rendre à Yellowstone en septembre. Il fait moins chaud et  il y a moins de monde… (Photos: C. Grandpey)

 

Histoires islandaises // Icelandic stories

Nouvelle conséquence du tourisme de masse.
Le volcan Hverfjäll dans le nord de l’Islande a été gravement endommagé par des touristes au début de semaine dernière. Ces gens ont garé leur voiture à l’écart du parking principal et ont décidé de faire leur propre parcours d’approche du volcan, sans emprunter le sentier officiel. Leur trace est très visible sur la montagne. Comme le volcan est un site protégé, une telle initiative est illégale.
L’Agence de Protection de l’Environnement a conclu, en constatant ce méfait, qu’il fallait améliorer la signalisation et renforcer les barrières autour du site. Des ouvriers vont essayer d’effacer la trace laissée par ces touristes indélicats afin d’empêcher d’autres randonneurs de l’emprunter.
Situé à l’est de Mývatn, le Hverfjäll est entré en éruption 2500 ans avant notre ère en laissant un cratère d’environ 1 km de diamètre. C’est l’un des sites les plus visités en Islande

Une voiture dans l’eau chaude!
L’incident n’a fait aucun blessé, mais une voiture de location a terminé sa course dans l’eau d’une source chaude dans la région de Mývatn, dans le nord de l’Islande. Le couple de touristes qui avait loué la voiture avait oublié de mettre le levier de vitesse en position Parking et la voiture a pris la clé des champs ! Heureusement, personne n’était dans le véhicule et un peu d’eau est entré dans la voiture, sans causer d’autres dégâts.

Les écologistes demandent l’interdiction du combustible lourd.
Les échantillons d’air prélevés dans le port de Reykjavik montrent des concentrations élevées de particules ultrafines. Le niveau de pollution de l’air en provenance des navires qui arrivent ou sortent du port est jusqu’à 1000 fois plus élevé que les concentrations à l’intérieur des terres. Les écologistes constatent que les navires sont autorisés à utiliser un mazout particulièrement polluant, sans aucun système de filtration des gaz d’échappement. Par conséquent, les gaz émis contiennent d’énormes quantités de polluants atmosphériques, tels que la suie, qui contribuent de manière significative au changement climatique. En outre, l’utilisation de fuel lourd expose les écosystèmes arctiques encore vierges à des risques environnementaux tels que les marées noires.
Les compagnies qui gèrent les navires de croisières gagnent beaucoup d’argent. Dans le même temps, elles refusent d’investir dans un carburant propre et donc des gaz d’échappement moins polluants. Peu leur importe que ces gaz soient une menace réelle pour la santé des citoyens et pour l’environnement. Les écologistes insistent pour que les navires utilisent désormais des carburants à faible teneur en soufre et pour que soient installés des filtres à particules et des catalyseurs pour éliminer les oxydes d’azote, afin de limiter la quantité d’émissions nocives. Une telle opération peut être réalisée à faible coût et améliorerait considérablement la qualité de l’air

La Chine achète l’Islande.
Les investisseurs chinois sont intéressés par l’achat d’un terrain dans le sud de l’Islande, juste à côté du célèbre Geysir à Haukadalur. Le prix du terrain, qui mesure 1200 hectares, est de 1,2 milliard de couronnes islandaises. Les Chinois veulent construire une infrastructure touristique où l’eau chaude jouera un rôle important. Le terrain appartient à huit frères qui en conserveraient une petite partie pour y implanter des résidences d’été.
La nouvelle a été fortement critiquée en Islande. Les personnes ou les entreprises en dehors de l’Espace Economique Européen (‘EEE) ne sont pas autorisées à acheter des terres de plus de 25 hectares, conformément à la réglementation en vigueur qui devrait toutefois être plus précise. Beaucoup de Chinois sont récemment venus en Islande dans le but d’acheter des terres pour développer leurs activités commerciales. Ils ont également visité le Groenland où la fonte de la glace découvre de nouvelles richesses minérales.

Source: Iceland Review.

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Another effect of mass tourism.

Hverfjäll Volcano in northern Iceland was badly damaged by tourists early last week. A tourist group parked their cars away from the main parking spot and chose to make their own hiking trail, which became very visible on the mountain itself. As the mountain is declared protected, this is considered illegal.

The Environmental Agency says their initial response will be to improve the signs and enclosures around the area.. Workers will try erasing in order to prevent others from following in the footsteps.

Located to the east of Mývatn, Hverfjall erupted in 2500 BP, molding the approximately 1 km in diameter long crater. It’s among the most popular hiking spots in Iceland

 

A car in the hot water!

Nobody was injured in an unfortunate accident earlier this week when a rental car slid into a boiling hot lagoon in the Mývatn region in North Iceland. The couple who had rented the car had forgotten to leave it in park gear. Fortunately nobody was inside the vehicle and only a little water got into the car, which is surprisingly undamaged.

 

Environmentalists call for a ban of heavy fuel oil.

Air samples taken in the port of Reykjavik show high concentrations of ultrafine particles. Air pollution levels in the wind direction from arriving or departing vessels are up to 1,000 times higher compared to local background concentrations. The environmentalists are critical that ships are allowed to operate on comparatively dirty fuel oil without any exhaust gas cleaning systems. Consequently, exhaust gases from the ships’ engines contain huge amounts of air pollutants such as soot, which also contributes significantly to climate change. Moreover, the use of dirty heavy fuel oil exposes the pristine Arctic ecosystems to hazardous environmental risks such as oil spills.
Cruise line companies make a lot of money from cruise tourism. At the same time they don’t accept the need to spend money on clean fuel and proper exhaust gas technology and therefore accept that they are creating a massive threat to the health of citizens and the environment.  Environmentalists insist that the ships must switch to low sulphur fuels and install particulate filters and nitrogen catalysts in order limit the amount of harmful emissions. This can be done at low costs and will significantly improve the air quality

 

China is buying Iceland.

Chinese investors are interested in purchasing a land in South Iceland which lies next to the famous Geysir in Haukadalur. The price of the land, which measures 1.200 hectares is 1.2 billion ISK. The Chinese want to build up a tourist service where the hot water plays a large role. The land is owned by eight brothers who will be retaining a small part of it to build summerhouses.

The news has come under strong criticism in Iceland. People or companies outside the European Economic Area (EEA) are not allowed to buy land that measures over 25 hectares according to current regulations which need to be made clearer. Many Chinese has recently been seen in Iceland, eager to buy land in order to develop business activities. They have also visited Greenland where the melting of the ice uncovers accessible mineral deposits.

Source: Iceland Review.

Le Strokkur et le Grand Geyser seront-ils bientôt gérés par les Chinois?

(Photos: C. Grandpey)

Du lithium supervolcanique ? // Supervolcanic lithium ?

La majeure partie du lithium utilisé pour fabriquer les batteries lithium-ion qui alimentent les appareils électroniques modernes provient d’Australie et du Chili. Toutefois, les scientifiques de l’Université de Stanford pensent qu’il existe d’importantes réserves de lithium au sein des super volcans américains. Dans une étude publiée dans Nature Communications, les chercheurs détaillent une nouvelle méthode de localisation du lithium dans les dépôts de lacs laissés par ces super volcans.
Comme les gens vont utiliser de plus en plus de véhicules électriques et des batteries de plus en plus puissantes pour réduire l’empreinte carbone, il est important que États-Unis identifient leurs propres ressources en lithium afin de ne pas s’approvisionner uniquement chez des entreprises ou des pays étrangers.
Les super volcans connaissent des éruptions capables de produire des centaines à milliers de kilomètres cubes de magma. Ils produisent également de grandes quantités de pierre ponce et de cendres volcaniques réparties sur de vastes zones. Ces super éruptions laissent derrière elles des caldeiras qui se remplissent souvent d’eau pour former un lac, comme Crater Lake dans l’Oregon. Pendant les dizaines de milliers d’années qui suivent ces éruptions, les précipitations et les sources d’eau chaude font ressortir le lithium des dépôts volcaniques. Le lithium s’accumule, en même temps que les sédiments, au fond du lac de la caldeira où il se concentre dans une argile appelée hectorite.
L’exploration des super volcans à la recherche du lithium permettrait de diversifier l’approvisionnement à l’échelle de la planète. Les principaux gisements de lithium sont actuellement exploités à partir de la saumure dans des salars à haute altitude au Chili et dans des gisements de pegmatite en Australie. [voir ma note du 12 mai 2017]
Depuis sa découverte dans les années 1800, le lithium a été largement utilisé dans les traitements psychiatriques et les armes nucléaires. À partir des années 2000, il est devenu le composant principal des batteries lithium-ion qui fournissent aujourd’hui l’énergie à toutes sortes d’appareils, depuis les téléphones cellulaires et les ordinateurs portables jusqu’aux voitures électriques. Volvo Cars a récemment annoncé son engagement à ne produire que des nouveaux modèles de véhicules hybrides ou alimentés par des batteries à partir de 2019, signe que la demande de batteries lithium-ion continue d’augmenter.
Pour identifier les super volcans qui offrent les meilleures sources de lithium, les chercheurs ont mesuré la concentration initiale de lithium dans le magma. Comme le lithium est un élément volatil qui passe facilement de l’état solide à l’état liquide puis gazeux, il est très difficile de le mesurer directement et les concentrations d’origine sont peu connues. C’est pourquoi les chercheurs ont analysé de minuscules morceaux de magma piégés dans des cristaux pendant leur croissance dans la chambre magmatique. Ces «inclusions fluides» encapsulées dans les cristaux survivent à la super éruption et restent intactes tout au long du processus d’altération. En tant que tel, les inclusions fluides enregistrent les concentrations initiales de lithium et d’autres éléments dans le magma. Les chercheurs ont fait des lamelles avec  les cristaux pour faire apparaître ces petites poches de magma intact qui ont un diamètre de 10 à 100 microns. Ils les ont ensuite analysées dans un laboratoire de haute technologie à l’Université de Stanford.
Les chercheurs ont analysé des échantillons provenant d’une série de contextes tectoniques comme le dépôt de Kings Valley dans le champ volcanique de McDermitt  à la limite entre le Nevada et l’Oregon, dont l’éruption remonte entre16,5 et 15,5 millions d’années, et est connu pour être riche en lithium. Ils ont comparé les résultats de ce site volcanique à des échantillons en provenance du complexe de l’High Rock Caldera au Nevada, la Sierra la Primavera au Mexique, Pantelleria en Sicile, Yellowstone dans le Wyoming et Hideaway Park dans le Colorado. Ils ont conclu que les concentrations de lithium variaient considérablement en fonction du contexte tectonique du super volcan.
En plus de leur recherche du lithium, les chercheurs ont analysé d’autres éléments traces pour déterminer leur corrélation avec les concentrations de lithium. Au final, ils ont découvert une corrélation précédemment inconnue qui permettrait aux géologues d’identifier les super volcans susceptibles d’héberger des dépôts de lithium beaucoup plus facilement qu’en mesurant le lithium directement dans les inclusions fluides. En effet, les éléments traces peuvent servir de révélateur sur la concentration initiale en lithium. Par exemple, une plus grande concentration de rubidium, facilement analysable dans les dépôts, indique qu’il y a plus de lithium, alors que de fortes concentrations de zirconium indiquent qu’il existe moins de lithium.
Source: Université de Stanford.

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Most of the lithium used to make the lithium-ion batteries that power modern electronics comes from Australia and Chile. But Stanford University scientists say there are large deposits in America’s supervolcanoes. In a study published in Nature Communications, researchers detail a new method for locating lithium in supervolcanic lake deposits.

As people will use electric vehicles and large storage batteries to decrease the carbon footprint, it is important for the U.S. to identify its own lithium resources in order not to only rely on foreign companies or countries.

Supervolcanoes can produce massive eruptions of hundreds to thousands of cubic kilometres of magma. They also produce vast quantities of pumice and volcanic ash that are spread over wide areas. They appear as huge calderas that often fill with water to form a lake, like Crater Lake in Oregon. Over tens of thousands of years, rainfall and hot springs leach out lithium from the volcanic deposits. The lithium accumulates, along with sediments, in the caldera lake, where it becomes concentrated in a clay called hectorite.

Exploring supervolcanoes for lithium would diversify its global supply. Major lithium deposits are currently mined from brine deposits in high-altitude salt flats in Chile and pegmatite deposits in Australia. [see may note of 12 May 2017]

Since its discovery in the 1800s, lithium has largely been used in psychiatric treatments and nuclear weapons. Beginning in the 2000s, lithium became the major component of lithium-ion batteries, which today provide portable power for everything from cellphones and laptops to electric cars. Volvo Cars recently announced its commitment to only produce new models of its vehicles as hybrids or battery-powered options beginning in 2019, a sign that demand for lithium-ion batteries will continue to increase.

To identify which supervolcanoes offer the best sources of lithium, researchers measured the original concentration of lithium in the magma. Because lithium is a volatile element that easily shifts from solid to liquid to vapour, it is very difficult to measure directly and original concentrations are poorly known. So, the researchers analyzed tiny bits of magma trapped in crystals during growth within the magma chamber. These “melt inclusions,” completely encapsulated within the crystals, survive the supereruption and remain intact throughout the weathering process. As such, melt inclusions record the original concentrations of lithium and other elements in the magma. Researchers sliced through the host crystals to expose these preserved magma blebs, which are 10 to 100 microns in diameter, then analyzed them in a high technology laboratory at Stanford University.

The researchers analyzed samples from a range of tectonic settings, including the Kings Valley deposit in the McDermitt volcanic field located on the Nevada-Oregon border, which erupted 16.5 to 15.5 million years ago and is known to be rich in lithium. They compared results from this volcanic centre with samples from the High Rock caldera complex in Nevada, Sierra la Primavera in Mexico, Pantelleria in the Strait of Sicily, Yellowstone in Wyoming and Hideaway Park in Colorado, and determined that lithium concentrations varied widely as a function of the tectonic setting of the supervolcano.

In addition to exploring for lithium, the researchers analyzed other trace elements to determine their correlations with lithium concentrations. As a result, they discovered a previously unknown correlation that will now enable geologists to identify candidate supervolcanoes for lithium deposits in a much easier way than measuring lithium directly in melt inclusions. The trace elements can be used as a proxy for original lithium concentration. For example, greater abundance of easily analyzed rubidium in the bulk deposits indicates more lithium, whereas high concentrations of zirconium indicate less lithium.

Source: Stanford University.

Le lithium sera-t-il un jour extrait des sédiments au fond de Crater Lake? Il faut espérer que l’appât du gain ne viendra pas souiller ce site superbe. (Photo: C. Grandpey)