Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : une histoire de fou ! // Piton de la Fournaise (Réunion Island) : A crazy story !

Nous n’en sommes peut-être pas au bout de nos surprises. L’OVPF indique que depuis environ 15h00 (heure locale), un trémor volcanique de faible amplitude est de nouveau enregistré sur le Piton de la Fournaise. Sa source se situe sur le flanc est-sud-est, donc dans le secteur du cône éruptif qui fut le siège de la dernière activité. Ce signal pourrait traduire une reprise prochaine de l’activité éruptive dans cette zone. L’Observatoire précise qu’à l’heure actuelle, aucune émission de lave en surface n’est observée. Toutefois, la présence de ce trémor indique qu’il y a du magma à faible profondeur et laisse envisager la possibilité d’une émission de lave à court terme.

Source: OVPF

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We may not have seen the last of the surprises. The OVPF reports that since approximately 3:00 pm (local time) a low-amplitude volcanic tremor has been recorded again at Piton de la Fournaise. Its source is located on the east-southeast flank, in the area of the eruptive cone that was the site of the last activity. This signal could indicate a resumption of eruptive activity in this area. The Observatory specifies that currently, no lava flows are observed at the surface. However, the presence of this tremor indicates that there is magma at shallow depths and suggests the possibility of a lava outbreak in the near future.

L’origine de l’Etna (Sicile) : un volcan de « petit-spot » // The origin of Mount Etna (Sicily) : a « petit-spot » volcano

Situé en Sicile, l’Etna est le volcan le plus actif d’Europe. Pourtant, son origine demeure en grande partie énigmatique, car aucun modèle géologique connu n’explique de manière détaillée comment il s’est formé. Dans une nouvelle étude*, des scientifiques de l’université suisse de Lausanne et de l’INGV de Catane en Italie décryptent ces mécanismes, et expliquent pourquoi l’Etna est vraiment unique au monde.

Photo: C. Grandpey

Vieux de plus de 500’000 ans et situé sur la côte est de la Sicile, l’Etna culmine à plus de 3000 mètres d’altitude. Il connaît plusieurs éruptions par an, ce qui en fait le volcan le plus actif et l’un des plus surveillés d’Europe. Pourtant, son origine reste en partie mystérieuse : aucun mécanisme géologique connu ne semble expliquer comment ce géant s’est formé.
La nouvelle étude, publiée dans le Journal of Geophysical Research – Solid Earth, les scientifiques suisses et italiens formulent une hypothèse novatrice expliquant les mécanismes de formation dub volcan sicilien. Cette découverte permet une meilleure compréhension de la fréquence inhabituelle de ses éruptions, et pourrait contribuer à améliorer l’évaluation des risques volcaniques par les chercheurs de l’INGV de Catane.

La formation des volcans sur notre planète est due à la fonte d’une partie du manteau terrestre qui devient magma, remonte en surface et se refroidit. Jusqu’à aujourd’hui, on considérait que les volcans se formaient selon trois grands mécanismes connus : 1) à la limite entre deux plaques tectoniques, dont la séparation – ou accrétion – provoque la remontée et la fusion du manteau, générant le fond des océans ; 2) dans les zones de subduction, lorsqu’une plaque plonge sous une autre. Au cours de ce mouvement, de l’eau est entraînée en profondeur, ce qui abaisse la température de fusion du manteau et engendre la création de volcans souvent explosifs, comme le mont Fuji au Japon ; 3) au milieu des plaques tectoniques, lorsque du manteau anormalement chaud remonte et forme des îles océaniques telles que Hawaï ou la Réunion. Ce phénomène est connu sous le nom de « point chaud ».

L’Etna, lui, ne rentre dans aucune de ces catégories. Situé à proximité d’une zone de subduction, sa composition chimique ressemble à celle des volcans de points chauds, alors même qu’aucun point chaud n’est présent à proximité.

La nouvelle étude révèle qu’au contraire des volcans classiques, l’Etna serait formé et alimenté par de petites quantités de magma déjà présentes au sommet du manteau terrestre, à 80 km sous nos pieds. Ces liquides seraient transportés sporadiquement vers la surface par les mouvements tectoniques complexes des plaques Africaine et Eurasienne. Le magma cheminerait ainsi à travers des fissures qui se créent au sein de la plaque tectonique lorsque celle-ci se plie, à l’approche de la zone de subduction. Les chercheurs utilisent l’image d’un liquide qui s’échappe lorsque l’on presse une éponge.

Le volcan sicilien appartiendrait donc à une quatrième catégorie de volcans encore très peu connue : celle des volcans dits « de petit-spot », décrits pour la première fois en 2006 par des géologues japonais. La découverte de ces minuscules volcans sous-marins avait confirmé l’existence de poches de magma au sommet du manteau terrestre, une hypothèse avancée dès les années 1960, et qui révélait que ces magmas pouvaient, dans certaines conditions, engendrer des volcan

La nouvelle étude italo-suisse explique que l’Etna serait né d’un mécanisme similaire à celui qui explique la genèse des volcans « de petit-spot ». Cette découverte est surprenante puisque jusqu’ici, ce processus n’avait été constaté que pour des volcans de très petite taille, ne dépassant pas quelques centaines de mètres de hauteur. L’Etna, en revanche, est un stratovolcan majeur dont l’altitude dépasse aujourd’hui 3 000 mètres.

La nouvelle découverte ouvre de nouvelles perspectives pour la compréhension de la genèse d’autres édifices volcaniques dans le monde.

Pour effectuer leur étude, les scientifiques ont collecté des échantillons sur l’Etna, afin de reconstituer l’évolution chimique des laves émises depuis la formation du volcan jusqu’à aujourd’hui. S’appuyant sur des données expérimentales, ils ont pu montrer que la composition des magmas sous l’Etna est restée globalement constante au cours du temps, tandis que le régime tectonique a évolué. L’ensemble de ces observations montre que les magmas qui alimentent l’Etna doivent préexister au sommet du manteau, et que les variations des volumes émis lors des éruptions sont principalement contrôlées par le mouvement des plaques. Cette interprétation permet de relier le volcanisme de l’Etna au mécanisme « de petit-spot ».

*Mount Etna as a leaking pipe of magmas from the low velocity zone , Journal of Geophysical Research – Solid Earth, 2026. Auteurs : S. Pilet, J. Reymond, L. Rochat, R. A. Corsaro, M. Chiaradia, L. Caricchi, O. Müntener,

Source : Université de Lausanne.

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Located in Sicily, Mount Etna is Europe’s most active volcano. Yet its origin remains largely enigmatic, as no existing geological model fully explains how it formed. In a new study*, scientists from the University of Lausanne (UNIL) and from the INGV of Catania (Italy) shed light on these mechanisms and reveal why Mount Etna may in fact be unique in the world.

More than 500,000 years old and rising over 3,000 metres above sea level on Sicily’s eastern coast, Mount Etna erupts several times a year, making it both the most active and one of the most closely monitored volcanoes in the world. Despite this, its origin remains partly mysterious: no known geological process fully accounts for the formation of this giant.
In the new study published in the Journal of Geophysical Research – Solid Earth, the scientists unveil a new hypothesis that could transform our understanding of how Mount Etna formed. Their findings shed new light on the volcano’s unusually frequent eruptions and pave the way for improved volcanic hazard assessment by researchers at INGV in Catania, Italy.

Volcanoes on our planet form when part of the Earth’s mantle melts into magma, rises to the surface, and solidifies. Until now, it was thought that volcanoes form according to three main mechanisms: 1) at the boundary between two tectonic plates, where their separation, or accretion, allows mantle material to rise and melt, creating the ocean floor ; 2) in subduction zones, where one plate dives beneath another. Water carried down with the subducting plate lowers the mantle’s melting point, generating often explosive volcanoes, such as Mount Fuji in Japan ; 3) in the middle of tectonic plates, when unusually hot mantle material rises, forming oceanic islands like Hawaii or La Réunion. This phenomenon is known as a “hotspot”.

Mount Etna, however, fits into none of these categories. Located near a subduction zone, its chemical composition resembles that of hotspot volcanoes, even though no hotspot is present nearby. The new study shows that, unlike conventional volcanoes—where magma forms shortly before an eruption—Etna is fed by small amounts of magma already present in the upper mantle, some 80 kilometers beneath the surface. These magmas are transported sporadically toward the surface by the complex tectonic movements resulting from the collision between the African and Eurasian plates. The magma rises through fractures in the tectonic plate created as it bends near the subduction zone, much like liquid being squeezed from a sponge.

The Sicilian volcano may therefore belong to a little-known fourth category of volcanoes: so-called “petit-spot” volcanoes, first described in 2006 by Japanese geologists. These tiny submarine volcanoes provide compelling evidence for the existence of pockets of magma at the top of the Earth’s mantle—an idea first proposed in the 1960s—and show that, under certain conditions, such magmas can give rise to volcanoes.

The latest study suggests that Etna may have formed through a mechanism similar to the one that generates petit-spot submarine volcanoes. This is unexpected, as such processes had previously only been observed in very small volcanic structures, typically rising no more than a few hundred metres. Mount Etna, by contrast, is a large stratovolcano which now towers more than 3,000 metres above sea level.”

This discovery opens up new perspectives for understanding how other volcanic systems may form around the world.

In order to perform their study, the scientists collected samples from Mount Etna to reconstruct the chemical evolution of the lavas erupted since the volcano formed, approximately 500,000 years ago, up to the present day. Based on experimental data, they were able to show that the composition of Etna’s magmas has remained largely consistent over time, even as the tectonic regime evolved. These combined observations support the idea that the magmas feeding Etna pre-exist in the upper mantle, and that variations in erupted volumes are primarily controlled by plate movements. This interpretation links Mount Etna’s volcanism to the “petit-spot” mechanism.

*S. Pilet, J. Reymond, L. Rochat, R. A. Corsaro, M. Chiaradia, L. Caricchi, O. Müntener, Mount Etna as a leaking pipe of magmas from the low velocity zone , Journal of Geophysical Research – Solid Earth, 2026

Source : Université de Lausanne.

Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : Arrêt de l’éruption ? // Is the eruption over ?

Dans un message diffusé à 6 heures (heure locale) ce 03 avril 2026, l’OVPF indique que l’éruption du Piton de la Fournaise s’est à nouveau arrêtée hier soir, 12 avril 2026, vers 23h10 (heure locale). Des rougeoiements restent visibles sur le cône éruptif, et il est probable que de la lave incandescente restera encore présente pendant quelques heures à l’intérieur des tunnels. .

Aucune hypothèse n’est écartée quant à l’évolution de la situation à venir (arrêt définitif, reprise de l’activité sur le même site, reprise de l’activité sur un autre site), notamment du fait de la persistance d’une sismicité. Le Piton a un caractère fantasque et nous venons d’assister à deux reprises de l’éruption débutée le 13 février !

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In a message released at 6:00 am (local time) on April 3, 2026, the OVPF indicated that the eruption of Piton de la Fournaise ceased again last night, April 12, 2026, around 11:10 pm (local time). Some glow can still be seen on the eruptive cone, and it is likely that red-hot lava will remain present inside the tunnels for a few more hours.
No hypothesis is being ruled out regarding the future evolution of the situation (definitive cessation, resumption of activity at the same site, resumption of activity at another site), particularly due to the continued seismic activity. Piton de la Fournaise has a whimsical nature, and we have just witnessed two recurrences of the eruption that began on February 13!

Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : l’éruption continue

Dans son communiqué du 12 avril 2026, l’OVPF indique que l’éruption du Piton de la Fournaise continue au niveau du nouveau site d’émission, localisé environ 180 m en amont du cône éruptif du 13 février. Des fontaines de lave jaillissent avec des retombées qui forment un nouveau cône.

Les coulées de lave restent actuellement situées en amont et en haut des Grandes Pentes. Le front de la coulée se trouve aux alentours de 1345-1370 m d’altitude et ne progresse pas de manière significative.

Le trémor est en légère baisse.

L’activité sismique est en hausse, avec 401 séismes au cours des dernières 24 heures.

Les débits de lave en surface sur les dernières 24h indiquent des pics à 32 et 35 m3/s et des valeurs moyennes de 10 m3/s depuis le 11 avril à 22 heures.

On observe par ailleurs une déflation de l’édifice volcanique indiquant une dépressurisation du réservoir superficiel.

Source: OVPF.

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In its update of April 12, 2026, the OVPF indicates that the eruption of Piton de la Fournaise continues at the new vent located approximately 180 meters upslope from the eruptive cone of February 13. Lava fountains are erupting, with fallout forming a new cone.
The lava flows currently remain located at the top of the Grandes Pentes (Great Slopes). The flow front is at an altitude of approximately 1345-1370 meters and is not advancing significantly.
The tremor has decreased slightly. Seismic activity is increasing, with 401 earthquakes recorded in the last 24 hours. Surface lava flow rates over the last 24 hours showed peaks of 32 and 35 m³/s and average values of 10 m³/s since 10:00 pm on April 11. Furthermore, a deflation of the volcanic edifice is observed, indicating a depressurization of the shallow reservoir.