Étude des sources chaudes de Yellowstone avec la tomographie de résistivité électrique (TRE) // Study of Yellowstone hot springs using electrical resistivity tomography (ERT)

Aujourd’hui, de nouvelles technologies sont utilisées pour étudier les systèmes hydrothermaux de Yellowstone. Il y a une vingtaine d’années, j’ai participé à une campagne de mesures de la température des sources chaudes dans le Parc, sous l’égide de l’Observatoire volcanologique (YVO). J’utilisais un thermomètre qui m’a permis de relever les températures d’une vingtaine de sources. Aujourd’hui, la situation est différente. Des capteurs radio ont été installés à divers endroits du Yellowstone Geyser Basin ; ils enregistrent automatiquement les températures des chenaux d’écoulement des geysers, des bassins hydrothermaux, des sols et même de l’air. Les données sont ensuite transmises quotidiennement par radio et Internet aux bureaux de l’USGS à Menlo Park, en Californie, où elles sont archivées et mises à la disposition du public sur le site web de l’Observatoire Volcanologique de Yellowstone.

Morning Glory Pool, l’une des innombrables sources chaudes de Tellowstone (Photo: C. Grandpey)

Le dernier numéro des Yellowstone Caldera Chronicles , une chronique hebdomadaire rédigée par des scientifiques de l’Observatoire, est consacré à l’étude de l’eau et des roches dans le sous-sol de Yellowstone. Par le passé, les géologues effectuaient des forages pour étudier les conditions géologiques et hydrothermales du sous-sol, notamment en 1967-1968. Cependant, forer dans un système hydrothermal actif est une opération complexe et dangereuse, avec le risque d’une libération brutale de vapeur et d’eau chaude pendant les opérations de forage. La plupart des anciens forages ont été scellés, mais les diagraphies et carottes de roche extraites ont fourni de précieuses informations.
Ces dernières années, la géophysique est devenue une technique essentielle pour imager le sous-sol et étudier le système hydrothermal de Yellowstone sans avoir recours au forage. Des méthodes telles que la sismique, la magnétotellurique, l’électromagnétisme et la gravimétrie permettent aux scientifiques de déterminer les propriétés fondamentales des fluides et des roches. Les méthodes d’imagerie géophysique sont idéales pour le Parc national de Yellowstone car elles sont non invasives : il n’est pas nécessaire de perturber le sol pour étudier le système hydrothermal souterrain.

L’Université du Wyoming utilise depuis une dizaine d’années des méthodes géophysiques terrestres pour imager les réseaux hydrothermaux situés sous les sources chaudes et les geysers de Yellowstone. En 2018, un groupe d’étudiants a parcouru plus de 3 kilomètres avec un encombrant matériel géophysique afin de recueillir différents types d’images du sous-sol sous Sentinel Meadows, un bassin hydrothermal actif du Lower Geyser Basin.

Un ensemble de données a pu cibler le réseau hydrothermal sous la source Rosette (Rosette Spring, également appelée Bison Pool) grâce à la tomographie de résistivité électrique (TRE). L’eau hydrothermale étant conductrice, cette méthode est particulièrement efficace pour en réaliser l’imagerie en sous-sol. Les étudiants et leurs enseignants ont déployé cinq lignes parallèles de capteurs électriques autour de Rosette Spring afin de mesurer la résistivité du sous-sol. Cela a permis d’obtenir une image des eaux hydrothermales souterraines sans forer ni endommager la surface.

Source : YVO

Les résultats de la tomographie de résistivité électrique indiquent la présence d’eau hydrothermale près de la Rosette Spring à une profondeur de 5 à 10 mètres. Cependant, aucun conduit ne semble relier cette eau à la surface. Cela signifie que l’eau hydrothermale alimentant la source circule probablement à travers un réseau dense de petits canaux dans les dépôts glaciaires qui constituent la géologie de surface de la région. Ces canaux sont si étroits qu’ils sont difficiles à observer avec l’équipement utilisé par l’équipe de terrain. De plus, la ligne de TRE la plus proche de la source Rosette présente un signal plus résistif, caractéristique de dépôts de geysérite formés par le refroidissement et la précipitation de la silice par l’eau chaude de la source. Ceci démontre que les dépôts de silice observés en surface s’étendent en sous-sol jusqu’à une profondeur d’environ 7 mètres. L’image TRE ne révélant aucun conduit ou structure tubulaire reliant les eaux profondes à la surface, l’origine de l’eau de Rosette Spring demeure un mystère.

Les recherches se poursuivent afin de comprendre comment les eaux hydrothermales circulent depuis les réservoirs profonds jusqu’à l’émergence des sources chaudes de Yellowstone. Les géologues de l’Observatoire volcanologique de Yellowstone nous expliquent que de nouvelles données géophysiques haute résolution apporteront sans aucun doute de nouveaux éclairages concernant le système d’alimentation en eau chaude de Yellowstone.

L’intégralité de l’étude se trouve à cette adresse :

https://www.usgs.gov/observatories/yvo/news/path-least-resistance-investigating-hot-spring-plumbing-systems-yellowstone

Source : USGS, Observatoire volcanologique de Yellowstone.

Parmi les résultats de tomographie de résistivité électrique du sous-sol de Rosette Spring figure une coupe transversale de la ligne R3 comparée aux images de Google Earth. Les anomalies de résistivité élevée (du jaune au rouge) près de la surface correspondent à des dépôts de geysérite en surface. À côté de cela, la zone plus profonde à faible résistivité (bleu foncé) est interprétée comme étant constituée d’eau hydrothermale alimentant la source. (Source : Wyoming State Geological Survey)

Among the surface imagery and subsurface electrical resistivity tomography results from Rosette Spring, there is a cross sectional view of line R3 compared to Google Earth imagery. High-resistivity anomalies (yellow to red) in the near-surface correlate with white sinter deposits on the ground surface. In contrast, the deeper, low-resistivity zone (dark blue) is interpreted as hydrothermal water that feeds Rosette Spring. (Source : Wyoming State Geological Survey)

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Today, new technologies are being used to study the hydrothermal systems at Yellowsrone. Two decades ago, I participated in a campaign to measure the temperatures of the hot springs under the auspices of the Volcanological Observatory (YVO). I used a hand-held thermometer and collected the readings for about two dozen springs. Today, things are different. Radio-equipped sensors have been installed at different spots within the geyser basin, recording temperatures within runoff channels from geysers, hot pools, soils, and even air. The data are saved by the sensors and are then transmitted daily via small radios and the Internet back to the USGS offices in Menlo Park, California, where they are archived and distributed to the public on the Yellowstone Volcano Observatory website.

The latest issue of the Yellowstone Caldera Chronicles, a weekly column written by scientists of the Yellowstone Volcano Observatory (YVO) is dedicated to the study of water and rocks that are underground in Yellowstone.

In the past, geoscientists drilled boreholes to investigate subsurface geologic and hydrothermal conditions, most recently in 1967–68. However, drilling into an active hydrothermal system is complicated and risky. Many of the holes can erupt with steam and hot water during drilling operations. Most of the old boreholes were sealed, and the drilling logs and rock cores that were extracted provided valuable information.

More recently, geophysics has emerged as a key technique to image the subsurface and study the Yellowstone hydrothermal system without drilling into it. Methods such as seismic, magnetotelluric, electromagnetic, and gravity allow for scientists to determine fundamental material properties of fluid or rock. Geophysical imaging methods are ideal for Yellowstone National Park because they are noninvasive, meaning you do not have to significantly disturb the ground to learn about the subsurface hydrothermal system.

The University of Wyoming has been using ground-based geophysical methods for a decade to image the “plumbing systems” below hot springs and geysers in Yellowstone.

In 2018, a group of students hiked more than 3 kilometers with a very heavy collection of geophysical equipment to collect multiple types of subsurface images beneath Sentinel Meadows, a hydrothermally active drainage in Lower Geyser Basin. One data set targeted the plumbing system beneath Rosette Spring (aka Bison Pool) using electrical resistivity tomography (ERT). Hydrothermal water is electrically conductive, which makes this method very effective at imaging hydrothermal water in the subsurface. The students and instructors laid out five parallel lines of electrical sensors across Rosette Spring to measure the resistivity of the subsurface, which yielded an image of the hydrothermal waters below the ground without requiring any drilling or other damage.

The results from the ERT survey show that there is hydrothermal water near Rosette Spring about 5–10 meters down, but that there is no distinct pipe or conduit leading to the pool at the surface. This leads to the important conclusion that the hydrothermal water feeding the pool likely travels through a dense network of small pathways in the glacial deposits that make up the surface geology in the area. Such pathways are so small that they are hard to see with the equipment that the field team used. Additionally, the ERT line nearest to Rosette Spring shows a more resistive signal indicative of white sinter deposits that are created by the hot spring waters cooling and precipitating silica. This demonstrates that the white sinter deposits seen at the surface extend into the subsurface to a depth of about 7 meters. Because the ERT image does not show a resolvable conduit or pipe-like structure from deeper water to the surface, it remains a mystery as to how Rosette Spring gets its water, and research continues into how hydrothermal waters travel from deep reservoirs and emerge as hot springs in Yellowstone. YVO geologists say that new high-resolution geophysical data will undoubtedly continue to provide insights into Yellowstone’s hot water plumbing systems.

Just click on this link to find the study :

https://www.usgs.gov/observatories/yvo/news/path-least-resistance-investigating-hot-spring-plumbing-systems-yellowstone

Source : USGS, Yellowstone Volcano Observatoty.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

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L’Épisode 44 de l’éruption du Kilauea (Hawaï) a débuté le 9 avril à 11h10 (heure locale) et se poursuit actuellement. Les fontaines de lave jaillissant de la bouche éruptive nord ont atteint leur hauteur maximale d’environ 240 mètres vers 13h00 (heure locale).

La bouche sud est resté inactive durant cet épisode, bien qu’elle ait produit d’importants débordements au cours des dernières heures.

L’éruption alimente un panache de cendres et de gaz que les vents transportent. Les vents vers le nord-nord-est. Les retombées de téphras sont importantes avec des fragments pouvant atteindre 30 centimètres. La route 11 est fermée au niveau du village de Volcano et le Service des parcs nationaux a fermé le Parc national des volcans d’Hawaï en raison des retombées de téphras et des émissions de dioxyde de soufre (SO₂). Il est conseillé aux habitants de rester chez eux, fenêtres fermées, et de débrancher les réservoirs d’eau. À 17 h (heure locale), les fontaines de lave atteignaient une hauteur inférieure à 150 mètres, et les retombées de téphra étaient nettement moins importantes. Les sites mentionnés ci-dessus (Highway 11, Parc national…)  ont été rouverts.

Les webcams du HVO nous gâtent, avec de superbes images de l’éruption au crépuscule…

L’Épisode 44 a pris fin à 19h41 (heure locale le 9 avril 2026 après 9 heures de fontaines de lane ininterrompues.

Dans son résumé, le HVO explique que l’Épisode 44 a été moins puissant que les épisodes 41 à 43, mais qu’avec des vents constants, il a produit une retombée de téphras semblable à celle de l’Épisode 43, bien que moins dense. Le panache éruptif a atteint une hauteur maximale d’environ 4 500 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le débit effusif maximal a dépassé légèrement 390 mètres cubes par seconde vers 12h30 (heure locale) le 9 avril. Le débit effusif moyen est estimé à 200 mètres cubes par seconde, avec l’émission d’environ 5,8 millions de mètres cubes de lavequi ont recouvert près de 50 % du plancher du cratère de l’Halemaʻumaʻu. Comme pour les autres épisodes, le début de l’Épisode 44 a été marqué par une forte augmentation du trémor et une phase de déflation du sommet du Kilauea.

Source : HVO. Captures d’images de la webcam V3.

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L’éruption du Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) débutée le 13 février 2026 et qui avait repris le 28 mars  s’est arrêtée le 3 avril 2026 à 00h10 (heure locale). Toutefois, le trémor était toujours présent et l’OVPF n’écartait aucune hypothèse, avec une reprise possible de l’activité.

Effectivement, le trémor a connu une nouvelle hausse vers 20h40 le 3 avril 2026. Un petit lac de lave a été observé à l’intérieur du cône sur le flanc sud-sud-est du volcan, ainsi que des résurgences de lave en aval de ce dernier.

Crédit photo : SAG

Une nouvelle sortie de lave s’est produite à 9h15 (heure locale) le 9 avril 2026 environ 230 m au-dessus du cône éruptif, avec une activité de fontaines de lave, dont les retombées sont en train de former un nouveau cône.

Un nouveau bras de coulée a atteint les Grandes Pentes au sud des coulées précédentes, avec un front situé à environ 700m d’altitude. Les estimations des débits à partir des données satellitaires indiquent actuellement 10 m³/s après des pics d’activité de l’ordre de 35 m³/s lors des premières heures d’activité sur le nouveau site. Le trémor est resté relativement stable au cours des dernières heures.

Crédit photo: SAG

Dans son bilan pour le mois de mars 2026, l’OVPF indique que le 3 avril 2026, l’éruption avait émis entre 22 et 28 millions de mètres cubes de lave. En atteignant le littoral, la lave a gagné 8,5 hectares sur l’océan, mais la plate-forme subit les assauts des vagues. Avec 45,7 jours d’activité éruptive au 3 avril, cette éruption a été plus longue que la moyenne. Personne ne sait comment elle va évoluer. Comme on le dit à la Réunion, « volcan i fé la malis ».

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Un peu plus de 24 millions de mètres cubes de magma se sont accumulés sous Svartsengi (Islande) depuis la dernière éruption de juillet 2025. Les calculs de modélisation indiquent que la quantité de magma dans le réservoir magmatique sous Svartsengi n’a jamais été aussi importante depuis le début de la séquence éruptive sur la chaîne de cratères de Sundhnúkur en novembre 2023.
Tant que l’accumulation de magma se poursuit, une intrusion magmatique et une éruption sur ce site restent le scénario le plus probable. Étant donné que la quantité de magma sous Svartsengi est maintenant plus importante qu’auparavant, il est possible que la prochaine éruption soit plus importante que les précédentes.
Il est utile de garder à l’esprit qu’une lente accumulation de magma n’est pas le signe qu’une éruption ne se produira pas. L’exemple le plus récent est la séquence éruptive observée sur le Krafla, dans le nord de l’Islande, de 1975 à 1984. On a dénombré une vingtaine d’intrusions magmatiques qui ont abouti à des éruptions. Le débit effusif, d’environ 0,75 m³/s en moyenne, a considérablement ralenti avant la dernière éruption de cette séquence, en août 1984.
Source : Met Office islandais.

 Les résultats des calculs de modélisation montrent le volume total accumulé sous Svartsengi depuis décembre 2023. Les barres orange représentent le volume accumulé entre les intrusions magmatiques ou les éruptions. La barre rouge indique le volume accumulé depuis l’éruption de juillet 2025 jusqu’à aujourd’hui. (Source : Met Office)

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Une hausse de la sismicité a été observée sur le Sorikmarapi (Indonésie). En mars 2026, le réseau sismique a enregistré 213 séismes volcaniques profonds avec une moyenne de sept événements par jour, et 62 séismes tectoniques locaux avec une moyenne de deux événements par jour. La sismicité a connu une forte augmentation le 2 avril, avec 115 séismes volcaniques profonds et quatre séismes ressentis. Elle est restée élevée le 3 avril. L’augmentation des signaux volcaniques profonds a été interprétée comme le signe d’une remontée de magma. En conséquence, le niveau d’alerte a été relevé à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et la population a été invitée à se tenir à au moins 1,5 km du cratère principal et à éviter de pénétrer dans les autres cratères situés à proximité du Sorikmarapi en raison d’une possible exposition à des gaz toxiques.
Source : PVMBG.

Crédit photo: GVN

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L’activité éruptive du Sabancaya (Pérou) se poursuit. Selon le dernier bulletin de l’IGP, l’activité explosive est toujours présente, avec des émissions de cendres et de gaz s’élevant jusqu’à 2 000 mètres au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste Orange.

Source : IPG

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L’activité éruptive se poursuit sur le Taal (Philippines). Le réseau sismique enregistre plusieurs séismes volcaniques quotidiens, ainsi que des périodes de trémor volcanique. Les émissions quotidiennes de gaz et de vapeur s’élèvent jusqu’à 600 m au-dessus du cratère. Un événement phréatique mineur s’est produit le 6 avril 2026, avec une durée de deux minutes selon les données sismiques et les images des webcams ; il a généré un panache s’élevant à 200 m au-dessus de la surface du lac. Les émissions de SO₂ atteignent en moyenne 858 tonnes par jour. Le niveau d’alerte reste à 1 (sur une échelle de 0 à 5). Le PHIVOLCS rappelle au public que Taal Volcano Island est entièrement classée zone de danger permanent (ZDP).
Source : PHIVOLCS.

Crédit photo: PHIVOLCS

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L’activité éruptive se poursuit au niveau des dômes de lave actifs situés le long du plancher nord du cratère de Jeune Sheveluch (Kamtchatka). La croissance du dôme se poursuit sur la partie nord du dôme de lave principal. Une anomalie thermique est identifiée quotidiennement sur les images satellites. Les explosions génèrent des panaches de cendres qui s’élèvent souvent à 10-11 km d’altitude. Le 2 avril 2026, la couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge, puis est revenue à l’Orange quelques heures plus tard. Le 3 avril, les panaches de cendres s’étiraient sur 890 km vers le nord-est. Des explosions ont produit d’importants panaches de cendres le 5 avril, et la couleur de l’alerte aérienne est de nouveau passée au Rouge. Même situation le 7 avril avec passage de l’alerte au Rouge et retour à l’Orange.
Source : KVERT.

Crédit photo: KVERT

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

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Episode 44 of the Kilauea eruption (Hawaii) began at 11:10 a.m. (local time) on April 9 and continues at this time. Peak north vent lava fountain heights of approximately 240 meters were reached around 1:00 p.m. (local time). The south vent has not been active during Episode 44, though it produced significant precursory overflows.

The eruption is feeding a plume of ash and gas. The winds are transporting gas and tephra to the north-northeast of Halemaʻumaʻu. Tephra fallout is significant, with pieces of lightweight reticulite up to 30 centimeters reported falling in these areas. Highway 11 has been closed through Volcano and the National Park Service has closed Hawaiʻi Volcanoes National Park due to falling tephra and sulfur dioxide (SO2) gas. Residents are advised to remain inside with windows closed and to disconnect water catchment tanks if possible. Due to the decrease in activity, they were later reopened.

Episode 44 ended at 7:41 p.m. (local time) on April 9 2026 after 9 hours of  lava fountaining.

In its summary, HVO explains that Episode 44 was much smaller in size than episodes 41–43, but due to steady winds it produced a tephra fallout pattern similar to but not as thick as episode 43.The eruptive plume reached a maximum height of about 4,500 meters above sea level. The highest effusion rate was just over 390 cubic meters per second around 12:30 p.m. (local time) on April 9. Episode 44 saw an average effusion rate of 200 cubic meters per second, with an estimated 5.8 million cubic meters of lava erupted and covering about 50% of the Halemaʻumaʻu crater floor. The start of Episode 44 was marked by a sharp increase in seismic tremor and deflationary tilt.

Source : HVO.

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The eruption of Piton de la Fournaise (Réunion Island), which began on February 13, 2026, and resumed on March 28, ended on April 3, 2026, at 00:10 p.m. (local time). However, the eruptive tremor was still present and the OVPF did not rule out any possibility of renewed activity. Indeed, the tremor increased again around 8:40 p.m. on April 3, 2026. A small lava lake was observed inside the cone on the south-southeast flank of the volcano, as well as lava resurgences downslope.

A new lava outbreak occurred at 9:15 a.m. (local time) on April 9, 2026, approximately 230 meters above the eruptive cone, with lava fountain activity. The resulting fallout is forming a new cone. A new flow arm has reached the Grandes Pentes area south of the previous flows, with a front located at an altitude of approximately 700 meters. Flow rate estimates based on satellite data currently indicate 10 m³/s, following activity peaks of around 35 m³/s during the initial hours of activity at the new site. The eruptive tremor has remained relatively stable over the past few hours.

In its report for March 2026, the OVPF indicates that by April 3, 2026, the eruption had emitted between 22 and 28 million cubic meters of lava. Upon reaching the coastline, the lava infiltrated 8.5 hectares into the ocean, but the platform is being battered by waves. With 45.7 days of eruptive activity as of April 3, this eruption was longer than average.

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Just over 24 million cubic metres of magma have now accumulated beneath Svartsengi (Iceland)since the last eruption in July of last year. Model calculations indicate that the amount of magma in the magma reservoir beneath Svartsengi has never been higher since the eruption sequence began on the Sundhnúkur crater row in November 2023.

As long as magma accumulation continues, a magma intrusion and eruption on the Sundhnúkur crater row remains the most likely scenario. Because the amount of magma beneath Svartsengi is now greater than before, it is possible that the next eruption could be larger than previous ones.

It is important to keep in mind that slow magma accumulation is not a clear indication that an eruption will not occur. The most immediate example of this is the Krafla Fires eruption sequence from 1975 to 1984. There were about 20 magma intrusions that ended in eruptions. The magma inflow rate, which averaged about 0.75 m3/s, slowed considerably before the final eruption in this sequence in August 1984.

Source : Icelandic Met Office.

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Increased seismicity is observed at at Sorikmarapi (Indonesia). In March 2026, the seismic network recorded a total of 213 deep volcanic earthquakes averaging seven events per day and 62 local tectonic earthquakes averaging two events per day. Seismicity significantly increased on 2 April with a total of 115 deep volcanic earthquakes and four felt earthquakes. Seismicity remained high on 3 April. The increase in deep volcanicsignals was interpreted to represent an upward migration of magma. As a consequence, the Alert Level was raised to 2 (on a scale of 1-4) and the public was asked to stay 1.5 km away from the main crater and to avoid entering any other craters located in the vicinity of Sorikmarapi due to potential toxic gas exposure.

Source : PVMBG.

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The eruption of Sabancaya (Peru) continues. The IGP’s latest update indicates that explosive activity is still observed at the volcano with emissions of ash and gas that rise up to 2,000 meters above the summit. The colour of the alert level is kept at Orange.

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Eruptive activity continues at Taal (Philippines). The seismic network records several daily volcanic earthquakes, and periods of volcanic tremor. Daily gas-and-steam emissions rise as high as 600 m above the crater. A minor phreatic event occurred on 6 April 2026, lasted two minutes based on seismic and webcam data, and produced a plume that rose 200 m above the lake’s surface. SO2 emissions average 858 tonnes per day. The Alert Level remains at 1 (on a scale of 0-5); PHIVOLCS reminds the public that the entire Taal Volcano Island is a Permanent Danger Zone (PDZ).

Source : PHIVOLCS.

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Eruptive activity continues at the active lava domes along the N crater floor of Young Sheveluch (Kamchatka). Dome growth continues to occur along the N part of the main lava dome. A thermal anomaly is identified in satellite images each day of the week. Explosions generate ash plumes that often rise 10-11 km a.s.l. On 2 April 2026, the Aviation Color Code was raised to Red and lowered back to Orange a few hours later. By 3 April ash plumes had drifted 890 km NE. Explosions produced tall ash plumes on 5 April and the aviation color code was again was raised to Red..It was again raised to Red on 7 April bedore being moved back to Orange.

Source : KVERT.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : reprise de l’éruption (suite) // Resumption of the eruption (continued)

9 avril 2026 – 8 heures (heure métropole) : Le Piton de la Fournaise n’arrête pas de nous surprendre . Comme on dit localement, « volcan i fé la malis ».  Suite à la reprise de l’éruption le 8 avril avec un petit lac de lave dans les cône éruptif et des résurgences de lave en aval, on observe ce 9 avril une sortie de lave à côté du cône éruptif ! J’attends avec impatience la confirmation de l’OVPF ainsi que les dernières informations concernant le témor éruptif, la sismicité et l’inflation du volcan.

8h30 : Confirmation de l’OVPF. La nouvelle sortie de lave s’est produite à 9h15 (heure locale). À noter que l’activité au niveau du cône éruptif a diminué, même si un lac de lave reste présent.

Un nouveau bras de coulée a atteint les Grandes Pentes au sud des coulées précédentes, avec un front situé à environ 700m d’altitude.
Les estimations des débits à partir des données satellitaires indiquent des pics d’activité de l’ordre de 18 m³/s.
Il serait intéressant de savoir si le magma qui a provoqué la nouvelle émission de lave est ancien ou juvénile.

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9 April 2026 – 8:00 am (Paris time) : Piton de la Fournaise never ceases to amaze us. As they say locally, « volcan i fé la malis ». Following the resumption of the eruption on April 8th, 2026 with a small lava lake in the eruptive cone and lava resurgences downslope, a lava outbreak was observed on April 9th next to the eruptive cone! I eagerly await confirmation from the OVPF as well as the latest information concerning the eruptive tremor, seismicity, and inflation of the volcano.

8:30 a.m.: Confirmation from the OVPF. The new lava outbreak occurred at 9:15 a.m. (local time). Activity at the eruptive cone has decreased, although a lava lake remains.

A new lava flow has reached the Grandes Pentes, south of the previous flows, with its front located at approximately 700 meters above sea level.
Flow rate estimates based on satellite data indicate peak activity of about 18 m³/s.

It would be interesting to know whetherthe magma that caused the new lava outbreak is old or juvenile.

Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : reprise de l’éruption // Resumption of the eruption

Dans un message diffusé vers 12 heures (heure métropole – 14 heures heure locale), l’OVPF fait état d’une reprise de l’éruption du Piton de la Fournaise. Il s’agirait donc du 3ème épisode éruptif de l’éruption débutée le 13 février 2026.

On observe depuis ce matin vers 5h30 (heure locale) une forte augmentation de l’amplitude du trémor. En parallèle, une augmentation significative de l’activité de dégazage est observée au niveau du cône éruptif formé lors de l’éruption du 13 février 2026, sur le flanc est-sud-est du Piton de la Fournaise., suggérant l’arrivée du magma en surface, ce qui a été confirmé vers 14h00 lors d’un survol. Ce magma ne serait toutefois pas un magma juvénile. La sismicité est faible. Les observations montrent la présence d’un petit lac de lave à l’intérieur du cône éruptif.

Des résurgences sont visibles sur le champ de lave mis en place lors des deux premières phases d’activité.

Crédit photo: SAG

Il faut noter qu’une incandescence était régulièrement observée depuis la fin déclarée de l’éruption le 3 avril 2026 (voir les bulletins de l’OVPF les 5 et 7 avril 2026). Alors, faut-il parler d’une reprise ou d’une intensification de l’éruption, dans la mesure où le trémor n’a jamais été prononcé mort depuis le 3 avril ? Toujours est-il que le Piton n’arrête pas de nous surprendre!

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In a message released around noon (Paris time – 2 p.m. local time), the OVPF reported a resumption of the eruption of Piton de la Fournaise. This would be the third eruptive episode of the eruption that began on February 13, 2026.
A significant increase in the amplitude of the tremor was observed this morning around 5:30 a.m. (local time). Simultaneously, a significant increase in degassing activity was observed at the eruptive cone, suggesting the arrival of magma at the surface, which was confirmed around 2 p.m. during an overflight. The observatory indicated a few days ago that this was not juvevile magma. Seismicity is low.
Observations show the presence of a small lava lake inside the eruptive cone formed during the eruption of February 13, 2026, on the east-southeast flank of Piton de la Fournaise. Resurgences are visible on the lava field formed during the first two phases of activity. It should be noted that incandescent activity was regularly observed since the declared end of the eruption on April 3, 2026 (see the OVPF bulletins of April 5 and 7, 2026). So, should we speak of a resumption or an increase in the eruption as the tremor has never been declared dead since April 3rd ?