Un Indice de Destruction Volcanique? // A Volcanic Destruction Index?

Ma note précédente intitulée « Eruption de destruction majeure » met en évidence les difficultés rencontrées par le habitants de La Palma devant la destruction provoquée par l’éruption du Cumbre Vieja.

Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, aussi spectaculaire soit-elle, cette éruption ne peut pas être qualifiée de majeure. C’est une belle éruption strombolienne, semblable à celles qui se produisent de temps à autre sur l’Etna en Sicile. D’ailleurs, les scientifiques lui ont attribué un Indice d’Explosivité Volcanique (Volcanic Explosivity Index – VEI ) de 2 sur une échelle de 8. Les dégâts, quant à eux, atteindraient un niveau beaucoup plus élevé si une échelle de destruction semblable existait. Je trouve fort dommage que ce ne soit pas le cas.

S’agissant des séismes, il existe deux échelles, celle de Richter et celle de Mercalli. Instaurée en 1935, l’échelle de Richter permet de quantifier la magnitude d’un séisme. Jusqu’à ce jour, l’événement le plus puissant a été enregistré à Valdivia au Chili le 22 mai 1960. Il avait une magnitude de M 9,5. A noter que l’échelle de Richter ne commence pas à 0 pour se terminer à 9, comme on l’entend dire trop souvent. Elle est  » ouverte « , ne possède ni limite inférieure, ni limite supérieure

De son côté l’échelle MSK (Mercalli modifiée) mesures les effets d’un séisme, à un endroit donné, sur des objets naturels, sur des installations industrielles et sur les êtres humains. Bref, elle mesure les dégâts produits par un séisme. Elle est graduée en chiffres romains de I à XII. Par exemple, le degré I indique une secousse non perceptible. Une secousse de degré V réveille les dormeurs. Le degré IX indique des dommages généralisés, le degré X une destruction générale des bâtiments et le degré XII un changement du paysage.

Au vu de ce qui se passe sur l’île de La Palma, je pense qu’il serait judicieux de mettre en place une double échelle semblable pour les volcans. Le VEI pourrait être conservé pour mesurer la puissance d’une éruption sur une échelle de 0 à 8, par exemple. Parallèlement, on pourrait imaginer un Indice de Destruction Volcanique -Volcanic Destruction Index, VDI, en anglais) pour faire référence aux dégâts causés par une éruption. Elle pourrait être graduée de 0 à 8, 10, ou 12 comme la MSK.

Avec 900 hectares couverts par la lave, 2150 bâtiments détruits, les dégâts occasionnés à l’agriculture, l’éruption de La Palma atteindrait probablement 5 ou 6 sur une échelle de 8 niveaux, en sachant que la colère du volcan n’est pas terminée.

A côté de cela, les éruptions du Piton de La Fournaise (Ile de la Réunion) confinées à l’Enclos Fouqué atteindraient un VEI de 1, 2 ou 3 selon leur intensité et un VDI de 1 seulement, car elles ne causent pas ou très peu de dégâts. En revanche, pour une éruption hors Enclos avec dégâts aux habitations, le VDI augmenterait en conséquence.

Les éruptions des volcans indonésiens ou philippins, beaucoup plus puissantes et destructrices auraient des niveaux élevés, que ce soit pour le VEI ou le VDI.

A méditer….

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My previous post entitled « Eruption of major destruction » highlights the difficulties encountered by the inhabitants of La Palma in the face of the destruction caused by the Cumbre Vieja eruption.
As I have stated several times, however spectacular it may be, this eruption cannot be called ‘major’. It is a nice Strombolian eruption, similar to those that occur from time to time on Mount Etna in Sicily. Confirming this, scientists have given it a Volcanic Explosivity Index (VEI) of 2 on a scale of 8. The destruction would reach a much higher level if a similar scale of destruction existed. . I find it very unfortunate that this is not the case.

Regarding earthquakes, there are two scales, that of Richter and that of Mercalli. Introduced in 1935, the Richter scale makes it possible to quantify the magnitude of an earthquake. To date, the most powerful event was recorded in Valdivia, Chile on May 22nd, 1960. It had a magnitude of M 9.5. Note that the Richter scale does not start at 0 and end at 9, as we can hear it too often. It is « open », has neither lower limit nor upper limit
For its part, the MSK scale (modified Mercalli) measures the effects of an earthquake, at a given location, on natural objects, on industrial installations and on human beings. In short, it measures the destruction produced by an earthquake. It is graduated in Roman numerals from I to XII. For example, degree I indicates an imperceptible jerk. A degree V shake awakens sleepers. Degree IX indicates generalized damage, degree X a general destruction of buildings and degree XII a change in the landscape.

In view of what is happening on the island of La Palma, I think it would be wise to set up a similar double scale for volcanoes. The VEI could be kept to measure the power of an eruption on a scale of 0 to 8, for example. At the same time, one could imagine a Volcanic Destruction Index (VDI) to refer to the damage caused by an eruption. It could be graduated from 0 to 8, 10, or 12 like the MSK.
With 900 hectares covered by lava, 2,150 buildings destroyed, damage to agriculture, the eruption of La Palma would probably reach 5 or 6 on a scale of 8 levels, knowing that it is not over. .
Besides that, the eruptions of Piton de La Fournaise (Reunion Island) confined to the Enclos Fouqué would reach an VEI of 1, 2 or 3 depending on their intensity and a VDI of only 1, because they cause no or very little damage. On the other hand, for an eruption outside the Enclos with damage to homes, the VDI would increase accordingly.
The much more powerful and destructive eruptions of Indonesian or Philippine volcanoes would have high levels, whether for VEI or VDI.
Just think over it….

La lave dans La Laguna le 21 octobre 2021 (Crédit photo: (Saul Santos / AP)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Arrêt (ou interruption?) de la crise sismique // Has the seismic crisis definitely stopped ?

Dans un bulletin diffusé le 19 octobre 2021 à 9 heures (heure locale), l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF) indique que la crise sismique s’est progressivement calmée ce matin.

NDLR: Il faudra quand même rester vigilant. Par le passé, on a déjà vu des crises sismiques s’interrompre, puis reprendre quelques jours plus tard et déboucher sur une éruption. Cette situation montre que, même sur un volcan truffé d’instruments comme le Piton de la Fournaise, la prévision éruptive reste une science inexacte de nos jours.

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In a bulletin released on October 19th, 2021 at 9 a.m. (local time), the Volcanological Observatory of Piton de la Fournaise (OVPF) indicates that the seismic crisis gradually subsided this morning.
Personal note: One needs to remain vigilant. In the past, we have already seen seismic crises stop, then resume a few days later and lead to an eruption. This situation shows that, even on a volcano full of instruments like the Piton de la Fournaise, eruptive prediction remains an inaccurate science today.

Photo : C. Grandpey

Situation à La Palma le dimanche 17 octobre 2021

17 heures: L’éruption du Cumbre Vieja a commencé il y a 4 semaines et elle ne montre pas de signe de fatigue. Selon INVOLCAN, bien que l’activité de la nouvelle bouche éruptive apparue le 15 octobre à environ 300 mètres au sud-est du cône principal ait diminué, l’ouverture de nouveaux centres éruptifs n’est pas à exclure.
Les deux fronts de coulées qui ont dépassé vendredi la montagne de La Laguna au sud, dans la municipalité de Los Llanos de Aridane, et qui ont entraîné l’évacuation de tous les habitants du secteur, continuent à être alimentés et avancer lentement. Ces fronts ont tendance à converger en un seul et ils devraient atteindre le mer dans une zone différente du delta de lave initial. La coulée la plus proche de la montagne de La Laguna n’est qu’à 200 mètres de la falaise littorale et avance à une vitesse d’environ 15 mètres à l’heure..
A noter toujours au sein de la lave émise par le volcan des roches sont des sédiments d’avant la formation de l’île de La Palma.

S’agissant de la sismicité, les instruments ont enregistré 42 événements volcano-tectoniques pendant la nuit dernière, avec pour certains des magnitudes supérieures à 3. La magnitude maximale enregistrée était de M 4,3, près de la ville de Villa de Mazo, à une profondeur de 35 kilomètres.

Les personnes évacuées vendredi ont été autorisées ce dimanche à retirer leurs affaires en accédant aux zones autorisées. S’agissant de zones à risque en raison de la proximité de la lave et des émissions de gaz, l’accès était contrôlé et les habitants étaient accompagnés par du personnel de sécurité.

Source: Presse espagnole.

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5:00 p.m .: The Cumbre Vieja beruption, which started 4 weeks ago, shows no signs of slowing down. According to INVOLCAN, although the activity of the new eruptive vent that appeared on October 15th about 300 meters southeast of the main cone has decreased, the opening of new eruptive centers cannot be ruled out.
The two flow fronts which passed the mountain of La Laguna to the south on Friday, in the municipality of Los Llanos de Aridane, and which led to the evacuation of all the residents of the area, continue to be fed and advance slowly. These fronts tend to converge into one and they should reach the sea in an area different from the original lava delta. The flow closest to the mountain of La Laguna is only 200 meters from the coastal cliff and advances at a speed of about 15 meters per hour.
One can still see within the lava emitted by the volcano rocks which are sediments dating back to before the formation of the island of La Palma.
Regarding seismicity, the instruments recorded 42 volcano-tectonic events during the last night, some with magnitudes greater than M 3. The maximum magnitude recorded was M 4.3, near the town of Villa de Mazo, at a depth of 35 kilometers.
The people evacuated on Friday were authorized this Sunday to retrieve their belongings by accessing the authorized areas. In areas at risk due to the proximity of lava and gas emissions, access was controlled and residents were accompanied by security personnel.
Source: Spanish press.

Capture écran webcam le 17 octobre 2021 au matin

Islande: Fin du suspense? // Iceland: End of the suspense?

La situation a l’air de bien se calmer en Islande et va peut-être mettre fin à l’angoisse des volcanologues locaux qui se posent beaucoup de questions sur l’avenir de l’éruption de Fagradalsfjall. Cela fait maintenant plus de deux semaines qu’aucune coulée de lave n’est observée sur le site. Le cratère principal se contente de dégazer tranquillement et ne montre pas la moindre velléité de réveil. La sismicité est en train de décliner dans la région et le tremor ne montre plus la même ardeur.

L’apparition d’une sismicité relativement intense à proximité du site éruptif initial a fait croire à une migration du magma et à la réapparition de la lave dans le secteur de Keilir. Au moment où j’écris cette note, aucun événement significatif n’est observé dans la région. En particulier, les satellites n’ont pas détecté d’inflation ou de déformation du sol.

Y a-t-il eu une intrusion magmatique comme l’ont affirmé certains? Mystère et boule de gomme. L’intrusion, a-t-elle effectivement eu lieu avec un manque de pression du magma, ce qui lui aurait empêché de percer la surface? Allez savoir!

La sismicité était-elle d’origine tectonique? Pourquoi pas? Comme je l’ai déjà signalé, la Presqu’île de Reykjanes est complexe car il y a une cohabitation entre la tectonique d’accrétion de l’Islande et un volcanisme potentiel. C’est d’ailleurs ce double aspect qui a fait beaucoup hésiter les scientifiques islandais avant que l’éruption se déclenche le 19 mars 2021. Ils se sont longtemps demandé s’il s’agissait effectivement d’une intrusion magmatique avec présence d’un dyke.

Heureusement, ces tergiversations sont sans danger car la région est très faiblement peuplée. Au pire, la lave aurait pu couper la route côtière au moment de l’éruption de Fagradalsfjall. Elle aurait pu couper la route conduisant à l’aéroport de Keflavik si une éruption avait eu lieu dans le secteur de Keilir.

Avec un peu de recul, on se rend compte qu’il reste un très long chemin à parcourir dans le domaine de la prévision volcanique…

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The situation seems to be calming down in Iceland and perhaps will put an end to the anxiety of local volcanologists who have asked many questions about the future of the Fagradalsfjall eruption. It has now been more than two weeks since no lava flow has been observed at the site. The main crater is only degassing quietly and does not show the slightest hint of waking up. Seismicity is declining in the region and the tremor is decreasing as well.
The intense seismicity that was recorded near the initial eruptive site suggested a migration of magma and that lava might pierce the surface in the Keilir area. As of this writing, no significant events are observed in the region. In particular, the satellites did not detect any ground deformation or inflation.
Was there a magma intrusion as some have claimed? Nobody knows. Did the intrusion actually take place with a lack of pressure from the magma, which prevented it from piercing the surface? Who knows!
Was the seismicity of tectonic origin? Why not? As I have already pointed out, the Reykjanes Peninsula is complex because there is a mixture of Icelandic accretion tectonics and a potential volcanism. This dual aspect also caused Icelandic scientists to hesitate a lot before the eruption started on March 19th, 2021. They wondered for a long time whether it was indeed a magmatic intrusion with the presence of a dyke.
Fortunately, these procrastinations are harmless because the region is very sparsely populated. At worst, lava could have cut off the coastal road at the time of the Fagradalsfjall eruption. It could have cut off the road to Keflavik airport if an eruption had occurred in the Keilir area.
Looking back, one realizes that there is still a very long way to go in the field of volcanic prediction…

Capture écran webcam