Conséquences d’un séisme majeur sur la côte ouest des États Unis // Consequences of a major quake on the U.S. West Coast

J’ai attiré l’attention à plusieurs reprises sur ce blog sur le risque d’un séisme majeur sur la côte ouest des États-Unis. Un tel séisme au large de la Californie, de l’Oregon et de l’État de Washington pourrait provoquer un affaissement de plus de 1,80 mètre de certaines zones côtières, augmentant considérablement le risque d’inondation et transformant radicalement la région.
Ce sont les conclusions d’une nouvelle étude publiée fin avril dans les Proceedings de l’Académie Nationale des Sciences. Les auteurs ont examiné les répercussions d’un séisme de grande ampleur sur la zone de subduction de Cascadia, qui s’étend du nord de la Californie jusqu’à l’île de Vancouver, au Canada.

Source: USGS

L’étude conclut qu’en cas de séisme accompagné d’un affaissement de grande ampleur, la zone inondable s’étendrait sur 300 kilomètres carrés. Selon l’étude, un tel scénario ferait plus que doubler l’exposition des habitants, des bâtiments et des routes aux inondations, et les autorités devraient faire face à de sérieux problèmes avec les infrastructures vitales qui seraient plus fréquemment inondées, voire de manière permanente.

En d’autres termes, l’étude précise qu’un puissant séisme dans cette région risquerait de « modifier radicalement le littoral et d’avoir des conséquences profondes et durables sur les populations, les infrastructures et les écosystèmes côtiers ». Contrairement à l’élévation relative du niveau de la mer, provoquée progressivement par le réchauffement climatique, une élévation résultant d’un séisme majeur se produira en quelques minutes, ne laissant aucun temps d’adaptation.
Le dernier méga-séisme survenu dans la zone de subduction de Cascadia, d’une magnitude de M9,0, s’est produit en 1700. D’après les archives archéologiques, des villages ont été engloutis et ont dû être abandonnés. De la côte nord de la Californie à l’État de Washington, les scientifiques estiment que le prochain puissant séisme pourrait provoquer un affaissement des terres de 0,5 à 2 mètres, soit la même ampleur que celle observée lors du séisme de 1700.
Actuellement, plus de 8 000 personnes vivent dans les plaines inondables le long des estuaires de la zone côtière de Cascadia. Toutefois, en cas d’affaissement important après un séisme, ce chiffre pourrait presque tripler et atteindre plus de 22 000. Près de 36 000 structures seraient également menacées.
La datation au radiocarbone révèle que plus de 11 puissants séismes se sont produits au large de la côte nord de la Californie, de l’Oregon et de l’État de Washington au cours des 6 000 à 7 000 dernières années, avec une répétition tous les 200 à 800 ans.
Selon une estimation publiée par Federal Emergency Management Agency (FEMA) qui gère les situations d’urgence, un séisme de magnitude M9,0 sur toute la longueur de la zone de faille de 1 280 kilomètres ferait 5 800 morts. Le tsunami qui en résulterait, avec une hauteur potentielle de 2,40 mètres et un préavis de 10 minutes pour les zones côtières, ferait 8 000 morts. Les pertes économiques pourraient atteindre 134 milliards de dollars.
Lors du méga-séisme de Cascadia en 1700, des récits oraux ont parlé de tsunamis de plus de 3 mètres de haut qui ont détruit des villages côtiers. À Anacla, un village situé sur ce qui est aujourd’hui l’île de Vancouver, seule une personne sur plus de 600 a survécu. Le tsunami était si violent qu’il a déraciné des arbres. Les résultats de la dernière étude devraient donc alerter les habitants et les autorités gouvernementales. Certains tronçons de la route 101 sont déjà régulièrement inondés lors des grandes marées. Les autorités devraient également se demander si des infrastructures essentielles, comme les aéroports, se trouveraient dans la zone inondable agrandie par le séisme. Les autorités pourraient également éviter de construire des infrastructures telles que des écoles, les casernes de pompiers et les stations d’épuration dans les zones à risque.
L’étude explique que la négligence du rôle des séismes côtiers majeurs serait une erreur. Des exemples sont là pour le prouver. Le séisme de magnitude M9,1 survenu au large de la côte est du Japon en 2011a provoqué un affaissement de terrain allant jusqu’à 1,80 mètre. Un autre séisme de magnitude M9,1 survenu près de Sumatra, en Indonésie, en 2004 a provoqué un affaissement de terrain allant jusqu’à 1,80 mètre. Les zones utilisées pour l’aquaculture ont depuis subi des inondations chroniques dues aux marées, avec à la clé une sursalinisation des sols. Le séisme de magnitude M9,2 survenu en Alaska en 1964 a provoqué un affaissement de plus de 1,80 mètre le long de la côte, rendant des routes, des quais et des zones littorales inhabitables. Enfin, un séisme de magnitude M9,5 au Chili en 1960 a provoqué jusqu’à 2,40 mètres d’affaissement côtier.
Source : The Los Angeles Times via Yahoo News.

Sur le site du séisme du Vendredi Saint 1964 à Anchorage, des panneaux explicatifs rappellent les dégâts subis par la région (Photo: C. Grandpey)

Anchorage a été sévèrement impactée par le séisme du 22 mars 1964 (Source: USGS)

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Dans le même temps, l’Axial Seamount, un volcan sous-marin au large de la côte nord-ouest des États Unis, pourrait bientôt entrer en éruption pour la première fois depuis dix ans. Des scientifiques de l’Université de Washington ont détecté une forte augmentation des petits séismes sous-marins et une inflation du plancher océanique (plus de 20 cm), signes d’une accumulation de magma sous le volcan. Malgré cette activité, les scientifiques affirment qu’il n’y a aucune menace pour les zones habitées le long de la côte. L’Axial se trouve en effet à environ 480 km à l’ouest de Cannon Beach, dans l’Oregon, à environ 1 410 m sous la surface de l’océan. Il se trouve directement sur la dorsale Juan de Fuca, là où les plaques tectoniques divergent (voir carte ci-dessus). J’ai écrit plusieurs notes sur ce blog à propos de l’Axial Seamount : 3 mai et 16 septembre 2015, 17 décembre 2016 et 18 juillet 2024.

Source : Médias américains.

Source : University of Washington

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I have several times drawn attention on this blog to the risk of a major earthquake on the U.S. West Coast. A monster earthquake off California, Oregon and Washington could cause some coastal areas to sink by more than 1.80 meters, dramatically heightening the risk of flooding and radically reshaping the region with little to no warning.

Those are the findings of a new study published late April in the journal Proceedings of the National Academy of Sciences. It examines the repercussions of a massive earthquake on the Cascadia subduction zone, which stretches from Northern California up to Canada’s Vancouver Island. The study concludes that in an earthquake scenario with the highest level of subsidence, the area at risk of flooding would expand by 300 square kilometers. According to the study, such a scenario would more than double the flooding exposure of residents, structures and roads, and officials would need to contend with a future of infrastructure that are either more frequently flooded or permanently inundated.

In other words, a powerful earthquake in this area would risk « drastically altering shorelines and causing profound, lasting impacts to coastal populations, infrastructure, and ecosystems. » Unlike relative sea-level rise that’s driven more gradually by global warming, a rise resulting from a major earthquake will happen within minutes, leaving no time for adaptation or mitigation.

The last megaquake on the Cascadia subduction zone, registering a magnitude M9.0, occurred in 1700. Based on archaeological evidence, villages sank and had to be abandoned. From California’s North Coast to Washington state, scientists say that the next great earthquake could cause land to sink by 0.5 to 2 meters, the same range seen during the 1700 earthquake.

Currently, more than 8,000 people live in flood plain areas along estuaries in the Cascadia coastal region. But in the event of a high level of subsidence after an earthquake, that figure would nearly triple to more than 22,000. Nearly 36,000 structures would be threatened.

Radiocarbon dating suggests there have been more than 11 great earthquakes off the shore of California’s North Coast, Oregon and Washington state over the last 6,000 to 7,000 years, recurring every 200 to 800 years.

One estimate published by the Federal Emergency Management Agency (FEMA) is that an M9.0 earthquake along the full length of the 1,280-kilometer fault zone would leave 5,800 dead from the earthquake alone. An additional 8,000 would die from the resulting tsunami that could rise as high as 2.40 meters and offer coastal areas as few as 10 minutes of warning. Total economic losses could hit $134 billion.

In the 1700 Cascadia megaquake, oral histories describe tsunamis more than 3 meters high wiping out coastal villages. In Anacla, a village on what is now called Vancouver Island, only 1 out of more than 600 people survived. The tsunami was so strong that it uprooted trees.

The results of the latest study should be a wake-up call to residents and government officials. There already are parts of U.S. Route 101 that routinely flood during exceptionally high king tides. Another factor officials should consider is whether crucial infrastructure, such as airports, would fall within the quake-expanded flood plain. Authorities may also want to consider avoiding building infrastructure such as schools, fire stations and wastewater treatment plants in areas at risk.

The study insists that neglecting the role of major coastal earthquakes would be shortsighted. One example was the M9.1 earthquake off Japan’s east coast in 2011, which caused some land to sink by up to 1.80 meters. Another M9.1 earthquake that struck near Sumatra, Indonesia, in 2004 caused land subsidence of up to 1.80 meters. Areas used for aquaculture have since suffered chronic tidal flooding, leading to oversalinization. The M9.2 earthquake in Alaska in1964 caused land to sink by more than 1.80 meters along the coast, rendering roads, docks and waterfront areas uninhabitable. At last, an M9.5 earthquake in Chile in 1960 caused up to 2.40 meters of coastal subsidence.

Source : The Los Angeles Times via Yahoo News.

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Meantime, Axial Seamount, an underwater volcano off the Pacific Northwest coast, could erupt soon for the first time in a decade. Scientists at the University of Washington have detected a sharp increase in small undersea earthquakes and seafloor inflation (more tha 20 cm), signs of magma buildup within the volcano. Despite the activity, experts say there is no threat to coastal communities. Indeed, Axial Seamount is located about 480 km west of Cannon Beach, Oregon. It lies submerged at a depth of roughly 1 410 m beneath the ocean’s surface. It sits directly on the Juan de Fuca Ridge, an underwater boundary where tectonic plates are diverging (see map above). Il have written several posts on this blog about Axial Seamount : May 3 and September 16, 2015, December 17, 2016 and July 18, 2024.

Source : U.S. news media.

Le risque sismique au Myanmar et en Turquie // The seismic risk in Myanmar and Turkey

Le 28 mars 2025, un séisme de magnitude M7,7 a frappé la région de Sagaing au Myanmar avec un épicentre proche de Mandalay, la deuxième plus grande ville du pays. Il s’agit du séisme le plus puissant à avoir frappé le Myanmar depuis 1912 et du deuxième plus meurtrier de l’histoire moderne du pays. Il a tué 5 352 personnes au Myanmar et 60 en Thaïlande.
Comme je l’ai écrit précédemment, la situation géologique et tectonique du Myanmar est bien connue. Le pays est coincé entre quatre plaques tectoniques qui interagissent dans des processus géologiques actifs. La faille de Sagaing, une faille transformante de 1 400 kilomètres, traverse le Myanmar ; elle constitue une frontière entre les plaques birmane et de la Sonde, qui glissent l’une sur l’autre. C’est la source sismique la plus importante et la plus active du Myanmar.

Contexte sismique au Myanmar avec la faille de Sagaing

Les scientifiques connaissent le contexte tectonique et sismique du Myanmar, mais sont incapables de prédire à quel moment les mouvements de failles peuvent déclencher des tremblements de terre destructeurs comme celui du 28 mars 2025.

La Turquie est un autre pays où le contexte tectonique et sismique est bien connu et où les sismologues sont encore incapables de prévoir les séismes. Un événement de magnitude M6,2 a frappé Istanbul le 23 avril 2025, blessant plus de 350 personnes, endommageant des bâtiments. Les scientifiques ont mis en garde quant au risque d’un événement de magnitude M7.0 ou plus, comme au Myanmar. Ils ont appelé à des mesures urgentes pour renforcer la préparation sismique de la ville.
Le séisme de magnitude M6,2 a été localisé dans la mer de Marmara, près d’Istanbul. Il a perturbé les réseaux mobiles et endommagé plusieurs bâtiments à Istanbul. On a notamment recensé des effondrements à Fatih, Bakırköy et Büyükçekmece. Le séisme a ravivé les craintes quant à la vulnérabilité sismique de la région. Les sismologues indiquent que le séisme du 23 avril n’était pas l’événement majeur auquel il faut s’attendre le long du segment Marmara de la faille nord-anatolienne. Ils expliquent que l’activité sismique en cours sur la faille de Kumburgaz accroît l’accumulation de contraintes, ce qui augmente la probabilité d’une rupture majeure. Cela signifie qu’un séisme dans la région pourrait dépasser la magnitude M7,0.

Contexte sismique en Turquie, avec la faille nord-anatolienne (en jaune)

Les sismologues turcs ont mis en garde contre la vulnérabilité d’Istanbul. La population compte entre 16 et 20 millions d’habitants et les infrastructures sont vieillissantes. Un séisme majeur pourrait provoquer un grand nombre d’effondrements de bâtiments, obstruer les rues étroites et submerger les services d’urgence. En 2023, les scientifiques ont parlé de la probabilité de 64 % qu’un séisme de magnitude M7.0 ou plus dans la région de Marmara d’ici 30 ans. Ils ont également critiqué la préparation d’Istanbul aux catastrophes, soulignant l’insuffisance des capacités hospitalières et de lutte contre les incendies, ainsi que les conséquences d’un développement urbain anarchique qui a limité la disponibilité de zones de rassemblement sûres. Les scientifiques ont également recommandé une action coordonnée des institutions gouvernementales, des municipalités et des citoyens, arguant que la transformation urbaine et les nouvelles constructions ne suffisent pas à elles seules à assurer la sécurité de la population.
Source : Médias d’information internationaux.

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On 28 March 2025, an M7.7 earthquake struck the Sagaing Region of Myanmar, with an epicenter close to Mandalay, the country’s second-largest city. It was the most powerful earthquake to strike Myanmar since 1912, and the second deadliest in Myanmar’s modern history, The earthquake killed 5,352 people in Myanmar and 60 in Thailand.

As I put it before, he geological end tectonic situation of Myanmar is well known. The country is wedged between four tectonic plates that interact in active geological processes. The Sagaing Fault, a 1,400-kilometre transform fault runs through Myanmar ; it is a boundary between the Burma and Sunda plates as they slide past each other. It is Myanmar’s largest and most active source of earthquakes.

Scientists know the tectonic and seismic context in Myanmar, but they are unable to say when the fault movements will trigger destructive earthqkaes like the event o 28 March 2025.

 

Turkey is another country where the tectonic and seismic context is well known and where seismologists are still unable to predict earthquakes. An M6.2 earthquake struck Istanbul on April 23, 2025, injuring more than 350 people, damaging buildings, and prompting warnings from seismologists about the potential for an M7+ event like in Myanmar. They called for urgent action to strengthen the city’s seismic preparedness.

The M6.2 quake struck the Sea of Marmara near Istanbul. It disrupted mobile networks and damaged several buildings in Istanbul, including collapses in Fatih, Bakırköy, and Büyükçekmece, and triggered renewed concerns about the region’s seismic vulnerability.

Seismologists indicate that the April 23 earthquake was not the anticipated major event along the Marmara segment of the North Anatolian Fault. They explain that ongoing seismic activity on the Kumburgaz fault is increasing stress accumulation, raising the likelihood of a significant rupture. This means that a future earthquake in the region could exceed M7.0.

Turkish seismologists have warned of Istanbul’s vulnerability. The population includes 16–20 million people and aging infrastructure. A major earthquake could cause widespread building collapses, obstruct narrow streets, and overwhelm emergency response efforts. In 2023, the scientists reported a 64% probability of an M7+ earthquake occurring in the Marmara region within 30 years. They also criticized Istanbul’s disaster preparedness, pointing to inadequate hospital and firefighting capacity, as well as the consequences of unplanned urban development, which has limited the availability of safe gathering areas. They recommended coordinated action by government institutions, municipalities, and citizens, arguing that urban transformation and new construction alone are insufficient to ensure the safety of the population..

Source : International news media.

Le risque sismique en Californie du Sud // The seismic risk in Southern California

La Californie du Sud, où se trouve Los Angeles, est une zone hautement sismique où plusieurs séismes ont été enregistrés ces dernières semaines. On peut se demander si le choix de Los Angeles pour les Jeux olympiques d’été de 2028 était raisonnable. Dans un remarquable article, le site The Watchers met en lumière le contexte géologique de la région.

Un séisme de magnitude M5,2 a frappé le comté de San Diego le 14 avril 2025. Il s’est produit le long de la zone de faille d’Elsinore, une importante faille décrochante en Californie du Sud, capable de déclencher des séismes de magnitude M7,8. La faille se situe à proximité de zones densément peuplées, notamment Los Angeles, Long Beach et Riverside, et le fait qu’elle soit restée inactive pendant longtemps pourrait faire redouter un événement sismique majeur.

Le séisme de magnitude M5,2 n’a causé ni blessés ni dégâts majeurs, mais il a rappelé le potentiel de la faille d’Elsinore à générer des séismes beaucoup plus importants. En effet, la faille fait partie d’un système complexe capable de provoquer des ruptures en cascade, avec des secousses pouvant affecter des millions de personnes.

Vue de la zone de faille d’Elsinore (Source :Southern California Earthquake Data Center – SCEDC)

La zone de faille d’Elsinore s’étend sur environ 180 km à travers la Californie du Sud, parallèlement à la faille de San Andreas et fait partie du système de failles de San Andreas. Elle coupe les Peninsular Ranges et passe à proximité de plusieurs grands centres urbains, ce qui en fait un risque sismique important.

La faille d’Elsinore (Source : NASA, ISS)

Selon le Centre de données sismiques de Californie du Sud (SCEDC), la faille glisse à raison d’environ 4 mm par an, ce qui génère une accumulation progressive de contraintes tectoniques. Bien que relativement calme ces dernières décennies, cette lente accumulation d’énergie contribue au risque sismique sur le long terme. Selon les sismologues californiens, un séisme débuterait sur la faille d’Elsinore et se propagerait sur la faille de Whittier. Ce processus enverrait une énergie considérable dans le bassin de Los Angeles, avec pour conséquence un des scénarios sismiques les plus dangereux.
Selon un modèle développé par l’USGS, un séisme de magnitude M7,8 le long du système Elsinore-Whittier pourrait provoquer de violentes secousses sur une vaste région. La faille d’Elsinore a été relativement calme historiquement. L’événement le plus important s’est produit le 15 mai 1910, près de la Temescal Valley, avec une magnitude estimée à M6. Ce séisme a causé des dégâts minimes.
La faille s’étire vers le sud-est jusqu’au Mexique où elle rejoint la faille de Laguna Salada. Le 23 février 1892, la faille de Laguna Salada a connu un séisme important, estimé entre M7,1 et 7,3. Cet événement a causé des dégâts dans le nord de la Basse-Californie et le sud de la Californie.
Plusieurs villes comme Torrance, Santa Monica et West Hollywood ont pris des mesures pour renforcer leurs bâtiments contre les séismes. Toutefois, à Los Angeles, les bâtiments à ossature métallique ne font toujours pas l’objet d’un programme de rénovation obligatoire, une lacune qui suscite des inquiétudes quant à la capacité de la ville à faire face au prochain puissant séisme.
Ces dernières années, seuls deux séismes d’une magnitude supérieure à M5,0 se sont produits dans les comtés de Los Angeles et d’Orange : un séisme de magnitude M5,1 en 2014 près de Brea et un séisme de magnitude M5,4 en 2008 près de Chino Hills. Le séisme de 2014 a causé 2,5 millions de dollars de dégâts, tandis que celui de 2008 a eu un impact minime.
Le fort risque sismique en Californie est dû à la situation géographique de cet État, à la limite de plaques tectoniques. La plaque Pacifique, où se trouvent des villes comme San Diego, Los Angeles et Santa Barbara, se déplace lentement vers le nord-ouest, tandis que la plaque nord-américaine, avec San Francisco, la Central valley et Big Bear Lake, se déplace dans la direction opposée. Ce mouvement fait s’accumuler les contraintes au fil du temps, et elles finissent par se libérer sous forme de séismes pouvant être destructeurs.
Croisons les doigts pour qu’aucun séisme majeur ne provoque de catastrophe pendant les Jeux de 2028…

Source : The Watchers.

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Southern California – the region that includes Los Angeles – is a highly seismic zone where several earthquakes have been recorded in the past weeks. One can wonder whether of Los Angeles for ther 2028 Summer Olympic Games was a cautious one. In a remarkable article, The Watchers website highlights the geological context of the region.

An M5.2 earthquake struck San Diego County on April 14th, 2025. It occurred along the Elsinore Fault Zone, a major strike-slip fault in Southern California capable of producing earthquakes up to M7.8. The fault runs near densely populated areas including Los Angeles, Long Beach, and Riverside, and its long period of limited activity may indicate an increased potential for a significant seismic event.

The M5.2 earthquake caused no injuries or major damage, but it drew renewed attention to the Elsinore Fault’s potential to generate much larger earthquakes. While historically quiet, the fault forms part of a complex system capable of producing cascading ruptures that could impact millions.

The Elsinore Fault Zone extends about 180 km through Southern California, running parallel to the San Andreas Fault and forming part of the broader San Andreas fault system. It cuts through the Peninsular Ranges and passes near several major population centers, making it a significant seismic hazard.

According to the Southern California Earthquake Data Center (SCEDC), the fault has a slip rate of approximately 4 mm per year, indicating gradual accumulation of tectonic strain. Though relatively quiet in recent decades, this slow deformation contributes to long-term seismic potential. According to Californian seismologists, an earthquake would start on the Elsinore Fault and move onto the Whittier Fault. This would send powerful energy straight into the L.A. Basin, making it one of the more dangerous earthquake scenarios.

In a model developed by the U.S.G.S., an M7.8 earthquake along the Elsinore-Whittier system could produce violent shaking across a wide region. The Elsinore Fault has been relatively quiet historically. The most significant recorded event occurred on May 15, 1910, near Temescal Valley, with an estimated magnitude of M6.0. This earthquake caused minimal damage.

The fault extends southeast into Mexico, connecting with the Laguna Salada Fault. On February 23, 1892, the Laguna Salada Fault experienced a significant earthquake, estimated between M7.1 and 7.3. This event caused damage in both northern Baja California and southern California.

Several cities like Torrance, Santa Monica, and West Hollywood have taken steps to strengthen their buildings against earthquakes. But in Los Angeles, steel frame buildings are still not part of any mandatory retrofit program, a gap that’s sparked concern about how ready the city really is for the next big quake.

In recent years, only two earthquakes with magnitudes above M5.0 have occurred beneath Los Angeles and Orange Counties : M5.1 earthquake in 2014 near Brea and M5.4 event in 2008 near Chino Hills. The 2014 earthquake caused 2.5 million dollars in damage, while the 2008 event resulted in minimal impact.

California’s high earthquake risk comes from its location on the edge of a tectonic plate boundary. The Pacific plate, home to cities like San Diego, Los Angeles, and Santa Barbara, is slowly shifting northwest, while the North American plate, holding San Francisco, the Central Valley, and Big Bear Lake, moves in the opposite direction. This movement builds up stress over time, which is eventually released in potentially destructive earthquakes.

Let’s cross our fingers that no major earthquake causes a disaster during the 2028 Games…

Source : The Watchers.

L’intelligence artificielle et la sismicité à Santorin // AI and seismicity at Santorini

Les chercheurs, présents au 10ème Forum économique de Delphes, le 13 avril 2025, ont révélé que l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) et d’une technique avancée d’apprentissage automatique leur a permis de détecter plus de 50 000 séismes à Santorin, dont certains se sont produits avant l’intense essaim de février 2025. C’est dix fois mieux qu’avec les méthodes traditionnelles. Les chercheurs affirment que cette détection précoce a amélioré les prévisions et les procédures d’alerte pendant la crise. Cependant, il faut noter que personne n’a pu déterminer si cette sismicité pouvait être le signe avant-coureur d’une éruption du volcan sous-marin Kolumbo, au nord-est de l’île de Santorin.
Une équipe du British Geological Survey (BGS) a utilisé un algorithme d’apprentissage automatique baptisé QuakeFlow pour traiter les données sismiques en temps réel grâce au cloud computing (informatique dématérialisée). Cette technologie avancée a permis une surveillance continue et précise de l’activité sismique. Grâce à QuakeFlow, l’équipe scientifique a pu détecter environ 1 500 séismes de faible intensité à partir de décembre 2024, bien avant le pic d’activité sismique de janvier 2025.
En février, l’intensification de l’activité sismique s’est transformée en une crise sérieuse, avec des dégâts aux infrastructures, des évacuations massives et la déclaration de l’état d’urgence. On a pensé que la sismicité était liée à une intrusion magmatique à une profondeur de 3 à 5 km sous Anydros, ce qui générait des contraintes tectoniques et activait des failles.
L’IA a identifié quatre phases sismiques qui confirmaient la présence d’une veine magmatique s’étendant vers le nord-est en direction d’Anydros.

 

Les données géodésiques ont indiqué une élévation de 4 cm de la caldeira en janvier 2025, suivie d’un affaissement de 12 cm près d’Anydros en deux semaines. Cela correspondait à un mouvement de magma de la chambre de Kammeni vers Anydros, avec environ 8 millions de mètres cubes en jeu. En mars 2025, la déformation s’est poursuivie à un rythme plus lent dans la caldeira orientale.
Des scientifiques grecs ont signalé un déclin progressif des essaims sismiques fin février, avec une diminution de la fréquence et de l’intensité des secousses. Cependant, des systèmes d’IA, tels que QuakeFlow, ont continué de surveiller et d’analyser les événements sismiques de moindre ampleur afin d’affiner les analyses.
Au plus fort de la crise sismique, on estimait qu’une éruption volcanique, en particulier du volcan Kolumbo, pourrait entraîner des pertes de 40 milliards d’euros pour la Grèce et jusqu’à 1 400 milliards de dollars américains sur cinq ans.
Le tourisme à Santorin, qui a contribué à hauteur de 5,9 milliards d’euros au PIB grec en 2022, a été confronté à d’importantes perturbations en raison des évacuations massives début février 2025. Malgré ces difficultés, les hôteliers ont exprimé leur optimisme en mars,; ils prévoyaient une forte reprise de leurs activités au cours de la saison estivale 2025.
Source : The Watchers.

Au vu de cette carte qui montre l’activité sismique dans la région de Santorin en février 2025, on voit parfaitement où se concentraient les événements. On remarque que la caldeira de Santorin et ses deux petites îles volcaniques, Nea Kameni et Palea Kameni, n’a jamais montré de signes significatifs de réveil. (Source : TW/SAM, Google)

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Researchers at the 10th Delphi Economic Forum on April 13th, 2025, revealed that the use of artificial intelligence (AI) with advanced machine learning technology enabled them to detect over 50 000 earthquakes in Santorini, some of which occurred before the intense earthquake swarm in February 2025. This is ten times more than with traditional methods.The researchers say that this early detection enhanced earthquake forecasting and improved warning procedures during the crisis. However, nobody was able to say whether the seismicity could be a precusror to an eruption of the underwater Kolumbo volcano, located to the north-east of Santorini.

A team at the British Geological Survey (BGS) utilized a machine learning algorithm known as QuakeFlow to process seismic data in real-time using cloud computing. This advanced technology allowed for continuous and precise monitoring of seismic activity. By applying QuakeFlow, the team was able to detect around 1 500 smaller earthquakes beginning in December 2024, well before the significant spike in seismic activity that occurred in January 2025.

By February, intensifying seismic activity had evolved into a serious crisis, leading to infrastructural damage, mass evacuations, and the declaration of an emergency.

It was lelieved that the seismicity was related to the intrusion of magma at a depth of 3–5 km below Anydros, causing tectonic stresses and activating faults.

AI identified four seismic phases suggesting the presence of a magmatic vein extending northeast toward Anydros. Geodetic data indicated a 4 cm elevation of the caldera by January 2025, followed by a 12 cm subsidence near Anydros within two weeks. This indicated magma movement from Kammeni’s chamber toward Anydros, with approximately 8 million cubic meters of magma. By March 2025, deformation continued at a reduced rate in the eastern caldera.

Greek scientists reported a gradual decline in seismic swarm activityin late February, with both the frequency and strength of tremors decreasing. However, AI systems, such QuakeFlow, continued to monitor and analyze smaller seismic events to refine assessments.

At the height of the seismic crisis, it was estimated that a volcanic eruption, especially of the Kolumbo volcano, could result in losses of 40 billion euros for Greece and up to 1.4 trillion US dollars globally over five years.

Tourism in Santorini, which contributed 5.9 billion euros to Greece’s GDP in 2022, faced significant disruptions due to mass evacuations in early February 2025. Despite the challenges, hoteliers expressed optimism by March, looking ahead to a strong recovery during the 2025 summer season.

Source : The Watchers.

https://watchers.news/