Le climat est devenu fou…

Avec le réchauffement climatique, on marche un peu sur la tête. Depuis quelques jours, l’hémisphère nord semble fonctionner à l’envers. Il a fait plus froid en Floride qu’en Alaska et qu’en Islande, alors même que la Floride est censée avoir un climat tropical.

Le 28 janvier 2026, il a fait 0 °C à Orlando en Floride et +0,5 °C à Juneau en Alaska où les températures se situent à environ 3°C au-dessus des moyennes saisonnières. Le 2 février dernier, il a fait – 3 °C à Okeechobee en Floride et +7 °C à Reykjavik en Islande qui a connu un mois de janvier sans la moindre chute de neige, du jamais vu depuis 1929 et 1940. Dans la capitale islandaise, les températures se situent 9 °C au-dessus des moyennes de saison. Plus globalement, l’Islande a connu de la douceur extrême de manière répétitive ces dernières semaines ; on a relevé jusqu’à +19 °C fin décembre.

Depuis la mi-janvier 2026, l’est de l’Amérique du nord subit des descentes d’air polaire dues à un affaissement du vortex polaire qui se maintient habituellement au-dessus de l’Arctique. J’ai expliqué dans des notes précédentes pourquoi se produisent de temps en temps des descentes d’air extrêmement froid vers des latitudes plus basses.

Les ondulations du jet stream vers le sud de l’Amérique du nord ont permis à l’air glacial du vortex polaire de descendre jusqu’en Floride. Au même moment, une autre ondulation du jet stream remontait très haut en latitude, ce qui a permis à de l’air relativement doux de gagner tout l’ouest américain, jusqu’en Alaska. Cette situation semble de moins en moins rare puisqu’elle s’est déjà produite plusieurs fois en 2025. Ces ondulations du jet stream sont nettement plus marquées depuis les années 1990, en rapport avec le réchauffement climatique qui affaiblit une partie de ce courant de haute altitude avec des événements de réchauffement stratosphériques soudain (SSW). En conséquence, le jet stream circule de manière moins linéaire, et s’écroule de plus en plus d’un côté (vers le nord) ou de l’autre (vers le sud).

Le coup de froid dans le sud des États-Unis est remarquable. La température a chuté si bas et si brusquement que des milliers d’iguanes ont été retrouvés congelés au sol en Floride, après être tombés des arbres.. Cela ne veut pas dire qu’ils sont morts. Leur métabolisme se met en pause le temps du coup de froid, avant de se réveiller dès le redoux. Les lamantins se sont également regroupés dans les eaux les plus chaudes, notamment près des usines, pour survivre à la baisse des températures.

Il est prévu que le froid s’atténue en Floride dans les prochains jours. Dans l’Arctique, l’Islande et le sud de l’Alaska devraient continuer à connaître de la douceur. En revanche, une nouvelle descente de froid arctique significative devrait faire chuter les températures dans les paries Nord-Est et Mid-Atlantic de l’Amérique du Nord. Des températures inférieures à la normale et des records de froid sont attendus dans certaines régions, et le Weather Service précise que ce froid devrait persister jusqu’au 11 février 2026.

Source : presse américaine et islandaise, services météo..

 

Anomalies de températures dans le monde début février 2026 : en bleu les zones plus froides que la normale, et en rouge les zones plus chaudes. Source : Climate Reanalyzer.

Érosion littorale en France (suite)

Avec le réchauffement climatique et la hausse de niveau des océans, de plus en plus de littoraux dans le monde subissent des effondrements et le trait de côte recule année après année. J’ai déjà publié plusieurs notes signalant des effondrements en France métropolitaine, en particulier sur la côte atlantique, ou en outre-mer. Voici l’une de ces notes :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/04/06/erosion-littorale-en-france-500-communes-menacees/

Photo: C. Grandpey

Bien sûr, ce n’est pas au cœur de l’été, quand la mer est parfaitement étale, que l’on se rend compte le mieux des dégâts occasionnés par la montée des eaux. C’est au moment des marées à fort coefficient, lorsque sévit une tempête et que la houle est puissante que se produit l’érosion littorale. C’est ce qui vient de se passer à Biscarosse (16 000 habitants), station balnéaire des Landes, pendant la nuit du 31 janvier au 1er février 2026. Suite aux intempéries de cet hiver, symptômes du réchauffement climatique, une partie de la promenade de Biscarrosse Plage n’a pas résisté. Les vagues ont causé de gros dégâts et ont fait reculer la dune qui borde la plage. Tout un pan du rivage s’est effondré et la dune a reculé de 20 mètres. Les autorités expliquent que la houle puissante et le vent ont eu raison d’une partie de la promenade en béton, emportant avec elle quelques bancs publics. Fort heureusement, aucune victime n’est à déplorer. Certains accès à la plage et à la dune avaient été interdits depuis décembre 2025. La région connaît ces derniers mois de gros épisodes tempétueux et pluvieux qui accélèrent l’érosion du trait de côte.

Le Groupement d’intérêt public Littoral, qui regroupe les collectivités locales touchées par l’érosion depuis la Charente-Maritime jusqu’aux Pyrénées-Atlantiques, indique que Biscarrosse est l’une des stations des Landes les plus concernées par l’érosion. Le recul moyen se situe entre 1,70 m et 2 m par an. Lors d’hivers tempétueux, il peut atteindre 15, 20 ou 25 mètres. Selon le Groupement, plusieurs milliers de logements et commerces sont menacés par ce recul d’ici 2050, si rien n’est fait.

Depuis plusieurs années, Biscarosse s’est dotée d’un plan de lutte contre l’érosion. Au cœur de cette stratégie, il y a un nouvel ensablement de la dune, mais la tâche ressemble souvent au tonneau des Danaïdes et doit être recommencée régulièrement. Durant l’hiver 2023-2024, l’impact érosif avait nécessité un rechargement avoisinant 122 000 m³ de sable.

Vue de la dune effondrée. Les bulldozers semblent bien petits devant la tâche de ré-ensablement à effectuer (Crédit photo: presse régionale)

Pour prévenir tout accident lié au risque érosif et aux intempéries inhérentes, la ville de Biscarrosse avait prolongé certaines mesures de sécurité le 30 janvier, alors que le département avait été placé en vigilance Orange pluie inondations.

L’érosion littorale s’accélère sur tout le littoral aquitain. Le 30 janvier 2026, un peu plus au nord, à Lège-Cap-Ferret (Gironde), un immense blockhaus de béton de plusieurs tonnes a glissé une vingtaine de mètres plus bas. Initialement édifié au sommet de la dune, il se retrouve désormais les pieds dans l’eau.

Sur tout le littoral aquitain, les blockhaus qui trônaient autrefois en haut des dunes sont désormais soumis aux assauts des vagues (Photo: C. Grandpey)

Plus au nord, sur l’île d’Oléron (Charente-Maritime), la communauté de communes a choisi d’édifier un rempart « innovant » pour lutter contre l’érosion du littoral. Une lagune est menacée d’infiltration des eaux traitées par une station d’épuration de l’île. Un recul significatif du trait de côte était attendu pour 2030 mais les effets conjugués des tempêtes récentes et de la montée des eaux ont déjà rogné l’endroit sur 25 mètres, devançant les prévisions.

Oléron n’est pas seule à subir l’érosion du littoral atlantique. En 2023, à Soulac-sur-Mer (Gironde), le recul du trait de côte a nécessité la démolition de l’immeuble ‘Le Signal’, emblématique du phénomène.

Photo: C. Grandpey

Plus au sud, l’ancien institut hélio-marin de Labenne (Landes), construit en 1930 à 65 mètres de l’océan, est, lui aussi, en cours de démolition depuis octobre 2025.

Suite au recul du trait de côte, la démolition du phare de la Coubre, à une vingtaine de kilomètres de Royan (Charente-Maritime), a été actée en 2025.

Photo: C. Grandpey

Source : presse nationale et régionale.

La planète vit « au-delà de ses moyens » en eau, alerte un rapport de l’ONU // Our planet is living « beyond its means » in water, warns a UN report.

Les signes d’un effondrement durable des ressources en eau se multiplient. La planète consomme aujourd’hui plus d’eau douce qu’elle n’est capable d’en renouveler. Sous l’effet du réchauffement climatique et de décennies de surexploitation, de nombreuses régions du monde ne parviennent plus à se remettre des périodes de manque d’eau. Cette situation de « faillite hydrique », est omniprésente : elle touche des milliards de personnes avec des conséquences déjà visibles sur les sociétés, l’agriculture et les écosystèmes.

Au cours de ma conférence « Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique », j’alerte sur les conséquences de la fonte des glaciers sur la ressource en eau de notre planète. Je donne l’exemple du sud-est asiatique qui dépend en grande partie des glaciers himalayens pour son alimentation en eau. La chaîne himalayenne représente un véritable château d’eau pour toute l’Asie.

Le 20 janvier 2026, un rapport coordonné par le directeur de l’Institut de l’eau, de l’environnement et de la santé de l’Institut universitaire des Nations Unies explique que la planète est entrée dans l’ère de la « faillite mondiale de l’eau » : l’utilisation et la pollution des ressources en eau ont dépassé leur capacité de régénération naturelle et ne retrouveront jamais leurs niveaux antérieurs. Le rapport onusien appelle à une refonte radicale de l’agenda politique international dans le domaine de l’eau.
Le rapport explique que notre planète a dépassé le stade de « crise hydrique ». Une “crise” suggère quelque chose de temporaire. Or, dans de nombreux bassins, on se trouve dans un état post-crise durable, où l’usage et la pollution de l’eau ont dépassé les apports renouvelables, et où le capital naturel – nappes, zones humides, sols, rivières, glaciers – est endommagé de manière irréversible.
Le rapport révèle une vérité dérangeante : « de nombreuses régions vivent au-delà de leurs capacités hydrologiques et de nombreux systèmes hydriques essentiels sont déjà en faillite. »

L’analyse met en lumière une contraction accélérée des bassins versants et des zones humides : plus de la moitié des grands lacs du monde ont vu leur niveau d’eau baisser depuis le début des années 1990, tandis qu’environ 410 millions d’hectares de zones humides naturelles ont disparu en un demi-siècle, une superficie presque équivalente à celle de l’Union européenne. Parallèlement, environ 70 % des principales nappes phréatiques connaissent un déclin à long terme.

Source : ONU

L’impact sur la population est considérable : 2,2 milliards de personnes n’ont toujours pas accès à une eau potable gérée en toute sécurité ; 3,5 milliards n’ont pas accès à des installations sanitaires adéquates et près de 4 milliards sont confrontées à une grave pénurie d’eau pendant au moins un mois par an.
Selon le rapport, au cœur de cette crise se trouve la production alimentaire : l’agriculture absorbe 70 % des prélèvements mondiaux d’eau douce et subira une pression croissante à mesure que les aquifères s’épuisent à un rythme supérieur à leur capacité de recharge.

La quantité d’eau douce utilisée pour l’agriculture, l’industrie et les besoins domestiques a augmenté avec la croissance démographique. En 1950, la population mondiale était de 2,5 milliards d’habitants. Aujourd’hui, elle dépasse les 8 milliards. Source: The Conversation

On peut également lire dans le rapport que « la gestion de la faillite exige honnêteté, courage et volonté politique. […] Nous ne pouvons pas reconstruire les glaciers disparus ni reconstituer les aquifères fortement comprimés, mais nous pouvons empêcher de nouvelles pertes de ce capital naturel restant et repenser les institutions pour les adapter aux nouvelles contraintes. »

Source : Organisation des Nations Unies.

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Warnings are mounting : signs of a lasting collapse of water resources are multiplying. The planet is currently consuming more freshwater than it can replenish. Under the effects of climate change and decades of overexploitation, many regions of the world are no longer able to recover from periods of water scarcity. This situation of « water bankruptcy » is omnipresent: it already affects billions of people, with consequences already visible on societies, agriculture, and ecosystems.

During my conference, « Glaciers at Risk: The Effects of Global Warming, » I constantly alert to the consequences of melting glaciers on our planet’s water resources. I give the example of Southeast Asia, which depends largely on Himalayan glaciers for its water supply. The Himalayan range represents a veritable water tower for all of Asia.

On January 20, 2026, a report coordinated by the director of the United Nations University Institute for Water, Environment and Health explained that the planet had entered the era of « global water bankruptcy »: the use and pollution of water resources have exceeded their natural regeneration capacity and w never return to previous levels. The UN report calls for a radical overhaul of the international political agenda on water.
The report explains that our planet has passed the stage of a « water crisis. » A « crisis » suggests something temporary. However, in many basins, we are in a persistent post-crisis state, where water use and pollution have exceeded renewable inputs, and where natural capital—groundwater, wetlands, soils, rivers, glaciers—is irreversibly damaged.
The report reveals a disturbing truth: many regions are living beyond their hydrological capacity, and many critical water systems are already failing. The analysis highlights an accelerated contraction of watersheds and wetlands: more than half of the world’s large lakes have seen their water levels decline since the early 1990s, while approximately 410 million hectares of natural wetlands have disappeared in half a century—an area almost the size of the European Union. At the same time, about 70% of major groundwater aquifers are experiencing long-term decline.
The impact on the population is considerable: 2.2 billion people still lack access to safely managed drinking water; 3.5 billion lack access to adequate sanitation; and nearly 4 billion face severe water shortages for at least one month a year.
According to the report, at the heart of this crisis lies food production: agriculture consumes 70% of global freshwater withdrawals and will come under increasing pressure as aquifers are depleted at a rate exceeding their recharge capacity.
The report also states that “managing bankruptcy requires honesty, courage, and political will. […] We cannot rebuild lost glaciers or replenish severely compressed aquifers, but we can prevent further losses of this remaining natural capital and rethink institutions to adapt them to the new constraints.”

Source: United Nations.

Ice Memory Sanctuary (Antarctique) : la mémoire glaciaire de la Terre // Ice Memory Sanctuary (Antarctica) : Earth’s glacial memory

Tout comme certaines bibliothèques conservent précieusement des ouvrages datant de plusieurs siècles, la base de recherche franco-italienne Concordia en Antarctique va devenir le premier sanctuaire glaciaire de la planète. L’Ice Memory Sanctuary a été inauguré le 14 janvier 2026. On va pouvoir y conserver de précieux extraits des glaciers en voie de disparition sous l’effet du réchauffement climatique.

Les carottes de glace conservent la la mémoire climatique et environnementale de la Terre (Crédit photo : NISDC)

Creusée dans la glace, la grotte où seront entreposées les carottes de glace mesure 35 mètres de long et cinq de haut. Pour aménager le sanctuaire, on a creusé une tranchée jusqu’à environ une dizaine de mètres de profondeur dans la glace. On a ensuite installé un énorme ballon gonflable d’environ 5 mètres de diamètre et 30 mètres de long. Ce ballon a été gonflé et la neige a été ré-usinée de surface pour recouvrir le ballon couche par couche.Une fois que cette neige a durci, le ballon a été dégonflé et on a ainsi obtenu une cave naturelle. A une température constante de -52°C, elle accueille désormais et préserve pour les décennies à venir des carottes de glace forées dans les glaciers des montagnes ou dans les zones polaires du monde entier.

 Vue du couloir de stockage des carottes de glace (Crédit photo : Gaetano Massimo Macri _ PNRA-IPEV)

Ce projet, baptisé « Ice Memory », est mené par sept institutions scientifiques françaises, italiennes et suisses. Selon la fondation qui pilote le projet, c’est l’une des installations scientifiques de conservation les plus innovantes et les plus isolées jamais construites.

Le sanctuaire abrite déjà deux premières carottes de glace : l’une a été prélevée dans le massif du Mont-Blanc et une seconde a été forée au Grand Combin, en Suisse. Pesant 1,7 tonne, les deux cylindres sont partis mi-octobre 2025 de Trieste, en Italie, à bord d’un navire brise-glace. Ils ont ensuite traversé la Méditerranée, l’Atlantique, le Pacifique puis l’océan Austral et enfin la mer de Ross. Une fois arrivée, l’expédition a continué en avion jusqu’à Concordia, avec les carottes toujours maintenues à -20°C. Des dizaines d’autres suivront dans les prochaines années, issues de glaciers d’autres régions du monde (Andes, Caucase, Elbrouz, Spitzberg…).

Pour les membres du projet, il s’agit de préserver la « mémoire climatique et environnementale » pour « les futures générations de scientifiques ». En effet, les glaciers contiennent des informations sur notre passé. Au fil du temps, la glace a capturé des bulles d’air qui sont autant d’extraits de l’atmosphère des siècles passés.

 

Bulles d’air dans la Mer de Glace (Photo: C. Grandpey)

En les analysant, les chercheurs ont notamment pu étudier l’évolution de la température sur Terre et dater des éruptions volcaniques. Plus la glace est prélevée en profondeur, plus les scientifiques remontent dans le temps. Toutefois, sous l’effet du réchauffement climatique, les glaciers fondent de plus en plus vite. Selon une étude publiée en décembre 2025 dans la revue scientifique Nature Climate Change, au rythme du réchauffement actuel, autour de 80% des glaciers du monde auront disparu en 2100. Certains ont même déjà disparu, comme le glacier de Sarenne, dans les Alpes françaises. Depuis 1975, les glaciers ont perdu plus de 9 000 milliards de tonnes. Il est donc urgent de conserver des échantillons de ceux qui restent.

Source : presse française et italienne.

Il faut juste espérer que ce sanctuaire glaciaire résistera mieux au réchauffement climatique que la Réserve mondiale de semences au Svalbard:

claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2018/03/05/le-rechauffement-climatique-menace-la-reserve-mondiale-de-semences-du-svalbard-climate-change-threatens-the-svalbard-global-seed-vault/

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Just as some libraries carefully preserve books dating back centuries, the Franco-Italian Concordia research station in Antarctica is becoming the world’s first glacial sanctuary. The Ice Memory Sanctuary was inaugurated on January 14, 2026. It will house precious samples from glaciers threatened by global warming.
Carved into the ice, the cave where the ice cores will be stored is 35 meters long and five meters high. To create the sanctuary, a trench was excavated to a depth of about ten meters in the ice. A huge inflatable balloon, approximately 5 meters in diameter and 30 meters long, was then installed. This balloon was inflated, and the surface snow was re-machined to cover the balloon layer by layer. Once this snow had hardened, the balloon was deflated, creating a natural cavern. At a constant temperature of -52°C, it now houses and preserves for decades to come ice cores drilled from mountain glaciers and polar regions around the world.

This project, called « Ice Memory, » is being conducted by seven French, Italian, and Swiss scientific institutions. According to the foundation leading the project, it is one of the most innovative and isolated scientific conservation facilities ever built.
The sanctuary already houses two ice cores: one taken from the Mont Blanc massif and the other drilled from the Grand Combin in Switzerland. Weighing 1.7 tons, the two cylinders departed in mid-October 2025 from Trieste, Italy, aboard an icebreaker. They then crossed the Mediterranean, the Atlantic, the Pacific, the Southern Ocean, and finally the Ross Sea. Once they arrived, the expedition continued by plane to Concordia Airport, with the cores still maintained at -20°C. Dozens more will follow in the coming years, collected from glaciers in other regions of the world (the Andes, the Caucasus, Mount Elbrus, Svalbard, etc.).
For the project members, the goal is to preserve « climate and environmental memory » for « future generations of scientists. » Indeed, glaciers contain information about our past. Over time, the ice has trapped air bubbles, each a fragment of the atmosphere from centuries past.
By analyzing these fragments, researchers have been able to study the evolution of Earth’s temperature and date volcanic eruptions. The deeper the ice is extracted, the further back in time scientists can trace. However, due to global warming, glaciers are melting at an increasingly rapid pace. According to a study published in December 2025 in the scientific journal Nature Climate Change, at the current rate of warming, around 80% of the world’s glaciers will have disappeared by 2100. Some have already disappeared, such as the Sarenne Glacier in the French Alps. Since 1975, glaciers have lost more than 9 trillion tons. It is therefore urgent to preserve samples of those that remain.
Source: French and Italian press.

We can only hope that this glacial sanctuary will withstand global warming better than the Svalbard Global Seed Vault:

claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2018/03/05/le-rechauffement-climatique-menace-la-reserve-mondiale-de-semences-du-svalbard-climate-change-threatens-the-svalbard-global-seed-vault/