Volcans du monde // Volcanoes of the world

Plusieurs événements ont été signalés depuis ma dernière note sur l’activité volcanique dans le monde.

L’éruption dans la Meradalir (Islande) a pris fin le 21 août 2022 à 4h30 du matin, après plusieurs jours de déclin d’activité. Rien n’indique une reprise d’activité à court terme. Les scientifiques islandais attendent toutefois que le calme soit parfaitement revenu sur le site pour déclarer l’éruption officiellement terminée.

Image webcam

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L’activité reste modérée sur le Sabancaya (Pérou) evec une moyenne d’une trentaine d’explosions par jour. Elles génèrent des panaches de cendres qui montent à environ 2,6 km au-dessus du volcan.

Source: IGP.

Crédit photo: IGP

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Au Kamchatka, la couleur de l’alerte aérienne reste à l’Orange our l’Ebeko, le Karymsky et le Sheveluch. Elle est Jaune pour le Bezymianny.

Source: KVERT.

Cratère de l’Ebeko (Crédit photo: KVERT)

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En Alaska, une explosion de courte durée s’est produite à 21h47 (UTC) le 21 août 2022 sur le Semisopochnoi. Elle a généré des émissions de cendres observées grâce aux webcams locales. Cet événement est similaire à l’activité éruptive observée au cours de l’année écoulée sur ce volcan. La couleur de l’alerte aérienne et le niveau d’alerte volcanique ont été relevés respectivement à Orange et Watch (Vigilance).
De petites éruptions avec des dépôts de cendres mineurs à proximité du cratère nord du mont Cerberus, ainsi que des nuages de cendres de moins de 3 km d’altitude ont caractérisé l’activité récente du Semisopochnoi.
Source : AVO.

Source: AVO

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L’éruption du Kilauea (Hawaï) se poursuit. Au cours de la semaine dernière, la lave était toujours émise par la bouche dans la partie ouest du cratère de l’ Halema’uma’u où toute la lave est confinée. Les émissions de SO2 restent élevées et ont été mesurées pour la dernière fois à 2 200 tonnes par jour le 10 août 2022. La sismicité est élevée mais stable, avec peu de séismes et la présence du tremor éruptif.
Source : HVO.

Crédit photo: HVO

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Des observateurs ont indiqué que le 22 août 2022, un panache de cendres du Chikurachki (île de Paramushir / Russie) s’est élevée à 2 km au-dessus du niveau de la mer, incitant le KVERT à faire passer à l’Orange la couleur de l’alerte aérienne (le deuxième niveau sur une échelle de quatre couleurs).

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Le 21 août 2022, le PHIVOLCS a relevé à 1 (sur une échelle de 0 à 5) le niveau d’alerte du Mayon (Philippines) à 1 suite à des changements au niveau du dôme de lave sommital qui s’était mis en place en 2018. Des changements dans la morphologie du dôme et une extrusion estimée à environ 40 000 mètres cubes ont été détectés entre le 6 juin et le 20 août. Une légère inflation, notamment sur les flancs NO et SE, a également été enregistrée depuis avril. Sur la base de ces données, le PHIVOLCS a déclaré que la croissance du dôme était probablement le résultat d’une pressurisation des gaz à faible profondeur.

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Le 11 août 2022, le SERNAGEOMIN a indiqué que le dôme de lave sur le plancher du cratère Nicanor du Nevados de Chillán (Chili) avait grandi au cours des jours précédents. La partie du dôme visible avec la webcam était rougeâtre et composée de blocs. Une augmentation des émissions de SO2 et des explosions plus intenses ont été détectées depuis le 18 juillet. De même, une augmentation de l’intensité et de l’occurrence d’anomalies thermiques dans le cratère a été observée depuis ce même jour. Une explosion le 10 août a été suivie de l’anomalie thermique la plus intense enregistrée au cours du dernier mois. Le niveau d’alerte reste au Jaune. Le public doit rester à au moins 2 km du cratère.
Source : SERNAGEOMIN.

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Several events have been reported since my previous post about volcanic activity around the world.

The eruption in Meradalir (Iceland) came ton an end on August 21st, 2022 at 4:30 am. Activity had declined during the previous days. There is no indication of a resumption of activity in the short term. However, Icelandic scientists are waiting for calm to return to the site before declaring the eruption officially over.

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Activity remains moderate on Sabancaya (Peru) with an average of about thirty explosions per day. They generate ash plumes that rise about 2.6 km above the volcano.
Source: IGP.

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In Kamchatka, the aviation colour code remains Orange for Ebeko, Karymsky and Sheveluch. It is kept at Yellow for Bezymianny.

Source: KVERT.

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In Alaska, a short-lived explosion occured at 21:47 (UTC) on August 21st, 2022 at Semisopochnoi. It produced ash emissions observed in local webcams. This event is similar to eruptive activity observed over the last year at this volcano. The Aviation Color Code and Volcano Alert Level have been raised to Orange and Watch, respectively. .

Small eruptions producing minor ash deposits within the vicinity of the active north crater of Mount Cerberus and ash clouds usually under 3 km above sea level have characterized the recent activity at Semisopochnoi.

Source: AVO. .

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The eruption of Kilauea (Hawaii) continues. Over the past week, lava haskept erupting from the western vent within Halemaʻumaʻu crater where all lava is confined. SO2 emission rates remain elevated and were last measured at 2,200 tonnes per day on August 10th, 2022. Seismicity is elevated but stable, with few earthquakes and ongoing volcanic tremor.

Source: HVO.

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Observers reported that on August 22nd, 2022 an ash emission from Chikurachki (Paramushir Island / Russia) rose to 2 km a.s.l., prompting KVERT to raise the Aviation Color Code to Orange (the second highest level on a four-color scale).

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On August 21st, 2022, PHIVOLCS raised the Alert Level for Mayon (Philippines) to 1 (on a 0-5 scale) noting changes at the summit lava dome that was emplaced in 2018. Changes in morphology of the dome and minor extrusion estimated at about 40,000 cubic meters were detected between June 6th and August 20th. Minor inflation, particularly on the NW and SE flanks, had also been recorded since April. Based on the data PHIVOLCS stated that the dome growth was likely the result of gas pressurization at shallow depths.

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On August 11th, 2022, SERNAGEOMIN reported that the lava dome on the floor of Nevados de Chillán’s Nicanor Crater (Chile) had grown taller in the previous few days. The portion of the dome that was visible with the webcam was reddish and rocky. The report noted that an increase in SO2 emissions and more intense explosions had been detected since July 18th. Similarly, an increase in the intensity and occurrence of thermal anomalies in the crater had been noted since that day. An explosion on August 10th was followed by the most intense thermal anomaly recorded during the last month. The Alert Level remains at Yellow. The public should stay at least 2 km away from the crater.

Source: SERNAGEOMIN.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Plusieurs événements ont été signalés depuis ma dernière note sur l’activité volcanique dans le monde.

L’éruption continue dans la Meradalir (Islande) mais le débit de la lave a considérablement diminué depuis le début de l’éruption le 3 août 2022. C’est ce que révèlent les dernières mesures publiées par l’Institut des Sciences de la Terre de l’Université d’Islande. Alors que le débit atteignait 11 mètres cubes par seconde entre le 4 et le 13 août, il est tombé à 3-4 mètres cubes par seconde le 14 août. L’Institut ajoute qu’il est impossible de dire à ce stade si la fin de l’éruption est proche ou s’il ne s’agit d’une baisse d’activité temporaire.

L’éruption était poussive hier soir. Les belles gerbes de lave étaient moins fréquentes et le champ de lave actif se réduit de jour en jour. Il serait surprenant que l’éruption dure encore très longtemps, d’autant plus que le tremor éruptif est sur le déclin. La sismicité sur la péninsule de Reykjanes ne semble pas annoncer un regain d’activité.

Le site éruptif hier soir (Image webcam)

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De l’incandescence nocturne et des événements éruptifs sont toujours observés au niveau du cratère Minamidake du Sakurajima (Japon). Les panaches s’élèvent jusqu’à 2,5 km au-dessus du cratère et des matériaux sont éjectés jusqu’à 1,7 km au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 3.
Source : JMA.

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Au Kamchatka, la couleur de l’alerte aérienne reste à l’Orange our l’Ebeko, le Karymsky et le Sheveluch. Elle est Jaune pour le Bezymianny.

Source: KVERT.

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En Alaska, une lente émission de lave se poursuit sur le Great Sitkin sans changement significatif. La couleur de l’alerte aérienne et le niveau d’alerte volcanique restent respectivement à Orange et Watch (Vigilance).

Une éruption mineure est en cours au niveau d’une bouche sur le flanc supérieur Est du Pavlof. De nombreuses petites explosions sont détectées chaque jour sur les réseaux locaux et régionaux. Le niveau d’alerte volcanique et la couleur de l’alerte aérienne restent respectivement à Watch (Vigilance) et Orange.
Source : AVO.

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L’éruption de l’Ibu (Indonésie) se poursuit avec des panaches de cendres s’élevant jusqu’à 1,5 km au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4), et le public est invité à rester à au moins 2 km du cratère actif et à 3,5 km du côté N.
Source : CVGHM.

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L’éruption du Kilauea (Hawaii) se poursuit sans changement significatif.

Source: HVO.

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L’éruption du Merapi (Indonésie) se poursuit. La sismicité reste à des niveaux élevés. Plusieurs avalanches de lave descendent la ravine de la rivière Bebeng sur le flanc SO, parfois sur 1,5 km. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester à 3-7 km du sommet.
Source : CVGHM.

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L’éruption du Semeru (Indonésie) se poursuit. Le VAAC de Darwin indique que les panaches de cendres montent à des altitudes de 4,3 à 4,6 km. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4). Le public est prié de rester à au moins 5 km du sommet.
Source : VAAC de Darwin.

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Une hausse significative de la sismicité a été observée sur le Sangay (Equateur) le 12 août 2022 et a été suivie par l’émission d’une coulée de lave qui est descendue sur plus de 1 km sur le flanc SE. Une activité strombolienne était visible au sommet. Des panaches de cendres sont montés jusqu’à 3,5 km au-dessus du volcan, avec des retombées dans les provinces de Chimborazo et de Guayas où plusieurs vols ont été annulés. La sismicité a retrouvé un niveau normal le 16 août 2022.
Source : Instituto Geofisico.

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Several events have been reported since my previous post about volcanic activity around the world.

The eruption continues in Meradalir (Iceland) but the rate of lava flow has decreased significantly since the eruption began on August 3rd, 2022, according to the latest measurements published by the University of Iceland’s Earth Sciences Institute. While the flow rate had measured 11 cubic metres per second between August 4th and 13th, it dropped to 3-4 cubic metres per second on August 14th. The Institute says it is impossible to say at this stage whether the end of the eruption is near, or whether it is only a temporary low point.

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Nighttime incandescence and eruptive events are still observed at Sakurajima‘s Minamidake Crater (Japan). Volcanic plumes rise as high as 2.5 km above the crater and material is ejected las high as 1.7 km above the summit. The Alert Level remains at 3.

Source: JMA.

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In Kamchatka, the aviation colour code remains Orange for Ebeko, Karymsky and Sheveluch. It is kept at Yellow for Bezymianny.

Source: KVERT.

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In Alaska, slow lava effusion continues at Great Sitkin with no significant changes. The Aviation Color Code and the Volcano Alert Level remain at Orange and Watch, respectively.

A minor eruption is ongoing at a vent on Pavlof’s upper E flank. Multiple small daily explosions are detected on local and regional networks. The Volcano Alert Level and the Aviation Color Code remain at Watch and Orange, respectively.

Source: AVO.

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The eruption of Ibu (Indonesia) continues with ash plumes rising as high as 1.5 km above the summit. The Alert Level remains at a 2 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay at least 2 km away from the active crater and 3.5 km away on the N side

Source: CVGHM.

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The eruption of Kilauea (Hawaii) continues with no significant changes.

Source: HVO.

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The eruption at Merapi (Indonesia) continues. Seismicity remains at high levels. Several lava avalanches travel down the Bebeng drainage on the SW flank,over 1.5 km. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay 3-7 km away from the summit.

Source: CVGHM.

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The eruption of Semeru (Indonesia) continues. The Darwin VAAC indicates that ash plumes rise to altitudes of 4.3-4.6 km. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4). The public is asked to stay at least 5 km away from the summit..

Source: Darwin VAAC.

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A significant increase in seismicity was observed on Sangay (Ecuador) on 12 August 2022 and was followed by the effusion of a lava flow that descended more than 1 km on the SE flank. Strombolian activity was visible at the summit. Ash plumes rose as high as 3.5 km above the summit, with ashfall in the provinces of Chimborazo and Guayas. Several flights were cancelled. Seismicity decreased to previous levels by 16 August 2022.

Source: Instituto Geofisico.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Le lac de lave au sommet du Kilauea (Hawaii) // Kilauea’s summit lava lake (Hawaii)

L’éruption du Kilauea se poursuit. La lave continue d’être émise par une bouche dans la partie ouest du cratère de l’Halema’uma’u. Les émissions de SO2 restent importantes, à environ 1 900 tonnes par jour. La sismicité est élevée mais stable, avec peu de séismes et la présence du tremor volcanique.
L’éruption n’a pas fait la Une des journaux récemment, mais cela ne signifie pas que l’activité n’est pas intéressante. Elle se poursuit sans fluctuations importantes.
Le modèle d’activité qui a caractérisé le comportement du sommet du Kilauea pendant des siècles, se résume à un cycle d’effondrement et de remplissage. Le plancher de la caldeira s’effondre et/ou s’affaisse – souvent en raison d’une éruption sur la zone de rift – et les éruptions qui surviennent par la suite au sommet remplissent d’une nouvelle lave la dépression ainsi formée. Destruction et reconstruction se succèdent de manière répétitive.
De nombreux cycles d’effondrement et de remplissage du cratère sommital se sont produits au cours des années 1800 et au début des années 1900. Dans chaque cas, la lave a fini par revenir au sommet et a rempli une grande partie ou la totalité de la dépression.
L’effondrement du fond du cratère en 2018 a été l’un des plus grands événements de ce type au cours des 200 dernières années. Au cours des 18 derniers mois, la lave a fait sa réapparition dans le cratère de l’Halemaʻumaʻu et a lentement rempli la nouvelle dépression. Depuis son retour en décembre 2020, la lave a rempli environ 17% du volume de la dépression creusée par l’éruption de de 2018.
Ce qui est intéressant dans l’activité actuelle, c’est la manière dont la lave remplit le cratère. Dans le scénario le plus simple, on pourrait imaginer que la lave se déverse simplement dans l’Halema’ma’u et recouvre les coulées précédentes, pour finalement remplir le cratère. Si une partie du remplissage se fait de cette manière, une grande partie est «endogène». En d’autres termes, la lave émise par la bouche éruptive arrive sous la croûte de surface, de manière invisible, et elle soulève le fond du cratère. C’est un peu comme si on gonflait un matelas pneumatique géant
Cette évolution de l’éruption peut être suivie à l’aide d’outils modernes. Un télémètre laser mesure en continu la surface de la lave toutes les secondes, avec une précision centimétrique. Les webcams installées sur la lèvre de l’Halemaʻumaʻu montrent parfaitement comment se produit le soulèvement du fond du cratère. Le processus de croissance endogène est bien illustré par la webcam postée sur la lèvre est de l’Halemaʻumaʻu. Les images en accéléré fournies par cette webcam montrent que la partie centrale du fond du cratère est soulevée comme un piston, sans pratiquement se fracturer.
Le lac de lave actif qui occupe une partie relativement réduite du fond du cratère, se soulève progressivement avec le reste du fond du cratère. Le télémètre laser montre des fluctuations du niveau de la lave active dans le lac, qui vient se superposer à une tendance à la hausse progressive du fond du cratère sous l’effet de ce soulèvement lent.
De grandes fissures se sont développées autour de cette partie centrale du fond du cratère. Au-delà des fissures, le long des parois, le comportement de la lave est plus complexe. Cette région externe est souvent déformée par la croissance endogène en dessous.
Ce type de croissance endogène du fond du cratère a déjà été observé dans les années 1800 et au début des années 1900, mais on ne l’a pas vraiment observé au cours du dernier siècle sur le Kilauea.
On peut observer le comportement du sommet du Kilauea grâce aux webcams accessibles sur le site Web du HVO (www.usgs.gov/hvo).
Source : USGS, HVO

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The eruption of Kilauea continues. Lava keeps erupting from the western vent within Halemaʻumaʻu crater. SO2 emission rates remain elevated at about 1,900 tonnes per day. Seismicity is elevated but stable, with few earthquakes and ongoing volcanic tremor.

The eruption has not made the news recently, but that does not mean activity is not noteworthy. It is continuing with no significant fluctuations.

The pattern of activity has typified Kilauea’s summit behaviour for centuries, with a cycle of collapse and refilling. The caldera floor collapses and/or subsides – often due to an eruption on the rift zone – and subsequent summit eruptions fill the depression with new lava. Destruction and reconstruction follow each other in a retetitive way.

Numerous cycles of collapse and refilling occurred during the 1800s and early 1900s. In each instance, lava eventually returned to the summit and filled much or all of the depression.

The collapse of the crater floor in 2018 was one of the largest such events in the past 200 years. Over the past year and a half, lava has been erupting in Halemaʻumaʻu crater and slowly refilling the new depression. Since its return to Halemaʻumaʻu in December 2020, lava has refilled about 17% of the volume of the 2018 collapse.

What is also interesting about the current activity is the manner in which the lava is refilling the crater. In the simplest scenario, we might imagine the lava in Halemaʻumaʻu simply pouring in over earlier flows, stacking up and filling the crater. While a portion of the refilling is being done in this manner, a major amount of the refilling is “endogenous.” In other words, lava from the eruptive vent is supplied beneath the solidified surface crust, out of view, lifting the crater floor. It’sa bit like inflating a giant air mattress

This growth can be tracked using modern tools. A continuous laser rangefinder measures the lava surface every second, with centimeter precision. Webcams operating on the rim of Halemaʻumaʻu show the nature of uplift clearly. The process of endogenous growth is well illustrated with the webcam on the east rim of Halemaʻumaʻu. Timelapse images from this webcam show the central portion of the crater floor is being lifted like a piston, largely without fracturing.

The active lava lake which forms a relatively small portion of the crater floor, has essentially been lifted up gradually with the remainder of the crater floor. The laser rangefinder shows short-term fluctuations in the level of the active lava in the lake, superimposed on a gradual upward trend of the crater floor due to this slow uplift.

Around the perimeter of this central portion of the crater floor, a series of large cracks have developed. Beyond the cracks, along the margins of the crater floor, the behaviour is more complex. This outer region is often tilted and deformed from the endogenous growth below.

This type of endogenous growth was already observed in the 1800s and early 1900s. But it has not been observed so much in the past hundred years on Kilauea.

The behaviour of the Kilauea summit can be observed through the webcams on the HVO website (www.usgs.gov/hvo).

Source: USGS, HVO.

 

Cette photo est prise depuis la lèvre Ouest. On peut voir que la surface du lac est composée de grandes plaques crustales séparées par des zones d’accrétion incandescentes. On aperçoit aussi des projections de lave le long de la bordure Est. Le lac et le fond du cratère tout autour, formés de lave solidifiée, sont progressivement soulevés par l’apport endogène de lave sous la surface. (Crédit photo : USGS)

L’éruption de 1200 du Hualalai (Hawaii) // The 1200 Hualalai eruption (Hawaii)

Le Mauna Loa et le Kilauea sont les volcans les plus actifs de l’île d’Hawaï. Cependant, il ne faudrait pas oublier le Hualalai qui est le troisième volcan le plus actif de l’île. Il domine les zones densément peuplées de Kailua-Kona et de la côte centrale de Kona.
Le Hualalai entre en éruption beaucoup moins souvent que ses voisins. Les éruptions sont séparées par des siècles, plutôt que des années ou des décennies, comme c’est le cas pour le Mauna Loa et la Kilauea. L’activité la plus récente du Hualalai est un essaim sismique en 1929, qui correspondait probablement à une intrusion magmatique dans le volcan. La dernière éruption s’est produite en 1800-1801 (voir ma note du 22 mars 2018). Les coulées de lave de 1800 à 1801 ont recouvert presque toute la zone correspondant aujourd’hui à l’aéroport international de Kona. Les prochaines éruptions de Hualalai pourraient donc constituer une menace directe pour Kailua-Kona et les localités environnantes.

Avant celle de 1800-1801, une éruption – récente à l’échelle géologique – du Hualalai a été celle de Wahapele. Elle a probablement eu lieu entre 1200 et 1400 après JC. On ne sait pas combien de temps a duré l’événement, mais si l’on se réfère à des éruptions similaires à Hawaii, il a probablement duré quelques semaines à quelques mois, mais probablement pas plus de quelques années.
La source de cette éruption était le cratère Wahapele, une bouche sur le flanc sud du Hualalai à 1 540 mètres d’altitude (voir la carte ci-dessous). L’éruption a commencé avec l’édification du cône de projections (spatter cone) de Wahapele. Il a atteint environ 700 mètres de diamètre avec une pente faible. Au cours de cette première phase, le volcan a émis quelques courtes coulées de lave a’a et pahoehoe.
L’éruption est ensuite devenue violente. Une partie du cône s’est effondrée. Cependant, contrairement à ce qui s’est passé pour le Pu’uO’o en 2018, l’effondrement du Wahapele a débouché sur une éruption phréatique, donc explosive. On ne sait pas combien de temps cette phase éruptive a duré, peut-être quelques jours ou plus. Une éruption similaire du Kilauea en 1924 a duré 18 jours. Ce que l’on sait, c’est que les fragments de roche éjectés au cours de cette phase ont couvert au moins 10 kilomètres carrés. Certains blocs mesuraient une cinquantaine de centimètres de diamètre. Des matériaux à grains plus fins ont également été émis par le volcan. La couche de dépôts avait par endroits une épaisseur de 3 mètres.
Après la phase explosive de l’éruption, un cône plus petit s’est formé dans le cône de la première phase. Ce nouveau cône mesurait environ 400 mètres de diamètre. Dans le même temps, une importante coulée de lave a’a s’est dirigée vers l’ouest, atteignant l’océan à environ 16 kilomètres de distance. À son point le plus large, la coulée mesurait un peu moins de 5 kilomètres de diamètre. Des plongées effectuées dans les années 1980 ont révélé que la coulée a avancé sur environ 2 kilomètres dans l’océan.
Sur terre, la zone occupée par la bouche éruptive et les coulées de lave de l’éruption du Wahapele occupe un peu plus de surface que l’éruption dans la Lower East Rift Zone du Kīlauea en 2018. C’est la troisième plus grande coulée émise par le Hualālai en termes de superficie.
Comparée au Kilauea et au Mauna Loa, l’activité volcanique du Hualalai demande une surveillance différente. En effet, la chambre magmatique du Hualalai se trouve à 20-30 km sous la surface. Elle est donc environ 10 fois plus profonde que les chambres magmatiques du Kilauea ou du Mauna Loa. Des chambres magmatiques aussi profondes provoquent rarement des déformations de surface. Il se pourrait donc qu’une éruption du Hualalai se produise sans beaucoup de signes avant-coureurs, comme un essaim sismique déclenché par l’ascension du magma vers la surface. L’éruption de 1800-01 montre que le magma peut se déplacer de la profondeur vers la surface en moins d’une journée. Bien qu’il s’agisse du pire scénario, il est bon de se tenir prêt à une telle éventualité. Pour le moment, le HVO n’enregistre aucun signe d’activité sur le Hualalai, mais l’Observatoire conseille aux habitants de s’abonner au Volcano Notification Service – service d’information volcanique – pour se tenir informés.
Source : HVO, USGS.

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Mauna Loa and Kilauea are the most active volcanoes on he Island of Hawaii. However, one should not forget Hualalai which is the island’s third-most active volcano. It underlies the most populated areas of Kailua-Kona and the central Kona coast.

Hualalai erupts much less often than its neighbours, with centuries rather than years or decades separating eruptions. The most recent documented activity was an earthquake swarm in 1929, which likely corresponded to an intrusion of magma into the volcano. Its most recent eruption occurred in 1800-01 (see my post of 22 March 2018). The erupted lava flows from 1800-01 underlie almost the entire Ellison Onizuka Kona International Airport. Future eruptions from Hualālai might pose a direct threat to Kailua-Kona and the surrounding communities.

Taking into account the geological timescale, nother recent Hualalai eruption was the Wahapele eruption, which likely occurred sometime between 1200 and 1400 AD. We do not know how long the event lasted, but based on similar eruptions in Hawaii, it probably lasted a few weeks to months, but probably not more than a few years.

The source of this eruption was Wahapele crater, a vent on the south flank of Hualalai at 1,540 meters elevation (see map below). The eruption started with the building of the Wahapele spatter cone. It grew to be about 700 meters across with a shallow slope. During this first phase there were a few short lava flows, both a’a and pahoehoe.

The eruption then turned violent. Part of the cone collapsed. However, unlike what happened at Pu’uO’o in 2018, the collapse at Wahapele led to an explosive phreatic eruption. It is unclear how long this phase of the eruption lasted ; it could have been a few days or longer. A similar eruption at Kilauea in 1924 lasted 18 days. What we do know is that rock fragments ejected during this phase covered at least 10 square kilometers. Some of the rock chunks were half a meter across. Finer grained material was also produced, and in places these deposits reached a thickness of 3 meters.

After the explosive phase of the eruption, a smaller cone was formed within the cone of the first phase. This new cone was about 400 meters across. At the same time, a large a’a flow headed west, reaching the ocean about 16 kilometers away. At its widest point, the flow was just under 5 kilometers across. Submersible dives in the 1980s suggest that this flow continued for about 2 kilometers into the ocean.

On land, the vent area and lava flows from the Wahapele eruption cover slightly more than Kīlauea’s 2018 Lower East Rift Zone eruption. It is the third largest known flowfor Hualālai in terms of area covered by the lava.

Compared to Kilauea and Mauna Loa, Hualalai poses a different challenge for monitoring volcanic activity. Hualalai’s magma chamber sits 20-30 km beneath the surface, about 10 times deeper than the magma chambers of Kilauea or Mauna Loa. Magma chambers this deep rarely cause surface deformation, so there might not be much warning prior to an eruption, like a seismic swarm triggered by magma moving to the surface. Evidence from the 1800-01 eruption suggests that magma can move from depth to the surface in less than a day. While this is a worst case scenario, it is good to be prepared. For the time being, HVO does not see any indication of volcanic unrest at Hualalai, but the Observatory encourages residents to subscribe to the Volcano Notification Service to stay informed.

Source : HVO, USGS.

Schéma montrant l’éruption du Hualalai en 1200 (Source: USGS)

En rouge l’éruption de 1200-1400 et en orage l’éruption de 1800-1801 (Source: USGS: HVO)

Le long de la route qui conduit au sommet du Hualalai (Photos: C. Grandpey)