Émissions de CO2 : C’est bien, mais ça ne dit pas tout !

Dans un article publié dans la rubrique Environnement, le média d’information France Info nous explique que dans les articles consacrés au réchauffement climatique, les données d’émissions de gaz à effet de serre sont souvent primordiales. C’est en effet leur quantité, relâchée dans l’atmosphère par les activités humaines, qui va aggraver ou ralentir ce phénomène et ses conséquences sur nos sociétés.

En moyenne, un Français émet 9 tonnes de CO2 par an. Pour bien comprendre ces données et avoir les bons ordres de grandeur, France Info a décidé d’intégrer à tous les articles publiés dans sa rubrique Environnement un nouvel outil : le comparateur carbone de l’Agence de la transition écologique (Ademe). Autrement dit, lorsqu’une quantité de CO2 est citée dans un texte, celle-ci est surlignée en couleur. Si on clique sur ce surlignage, un petit encadré compare cette quantité de carbone avec des équivalents issus du quotidien. En cliquant sur la flèche, on peut faire varier les équivalents pour trouver celui qui sera le plus parlant.

Pour proposer ces équivalents, l’outil s’appuie sur les données de l’Ademe : « Empreinte » et « Agribalyse ». La première donne les émissions générées par la fabrication et la consommation de produits et services de grande consommation ; la seconde est consacrée aux produits agricoles et alimentaires.

France Info intègre déjà des outils de l’Ademe, pour plus de pédagogie sur ces enjeux complexes. En bas de la rubrique Environnement sur le site Internet de France Info, on peut trouver une aide pour bien trier ses déchets, un calculateur d’empreinte carbone pour connaître l’impact de ses activités sur le climat, un comparateur des émissions de plusieurs modes de transport pour un même trajet donné, ou encore un calendrier des fruits et légumes de saison.

Source : France Info.

Cet article est fort intéressant, de même que les solutions suggérées pour contrôler, voire réduire, son empreinte carbone. Toutefois, comme je l’ai rappelé à plusieurs reprises, il n’est pas suffisant de prendre en compte les seules ÉMISSIONS de CO2.

Le réchauffement climatique est avant tout géré par les CONCENTRATIONS de ce gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Or, ces concentrations ne font qu’augmenter au fil des années. On le sait car elles sont mesurées au sommet du volcan Mauna Loa (4169 m) à Hawaï et elles permettent d’établir la Courbe de Keeling qui révèle qu’en ce moment les concentrations de CO2 ont atteint plus de 430 parties par million (ppm), ce qui est énorme. Avant la révolution industrielle, ces concentrations étaient seulement de 279 ppm.

Un événement a permis de se rendre compte de la dissociation entre émissions et concentrations de CO2 : la pandémie de Covid 19. Au plus fort de la pandémie, l’économie mondiale a connu un coup d’arrêt spectaculaire, avec des industries et des transports en chute libre. Sur la terre ferme, on s’est vite rendu compte qu’il y avait moins de pollution. Ainsi, en Inde, on voyait la chaîne himalayenne de beaucoup plus loin.

Dans le même temps, je consultais régulièrement la Courbe de Keeling et je me rendais compte que, non seulement, les concentrations de CO2 ne se stabilisaient pas, mais elles continuaient d’augmenter.

La conclusion est facile : à supposer que par un coup de baguette magique nos émissions polluantes baissent soudainement (on peut rêver !), il faudra des décennies avant que l’atmosphère terrestre retrouve un semblant d’équilibre et de pureté. Au vu de l’inutilité des différentes COP et leur absence de décisions contraignantes, un tel revirement de situation n’est pas pour demain !

 

Courbe de Keeling montrant l’évolution des concentrations de CO2 sur un an (relevé du 12 janvier 2026).

Conférences 2026 !

Plusieurs conférences sont au programme de l’année 2026.

Je présenterai « La Campanie, des Champs Phlégréens à Pompéi » le 30 avril 2026 au Palais des Congrès de Rochefort (Charente-Maritime)

Au départ de Pouzzoles, je conduis le spectateur à travers la Campanie avec une première étape dans la Solfatara, une cocotte-minute prête à exploser. Puis, nous escaladons les pentes du Vésuve dont la prochaine éruption pourrait être dévastatrice. Nous déambulons ensuite dans les rues de Herculanum et Pompéi, détruites par le volcan en l’an 79.
La conférence est illustrée par des photos que j’ai prises sur les différents sites. Elle se poursuit, comme les précédentes présentations, par un diaporama d’une vingtaine de minutes, en fondu-enchaîné sonorisé, intitulé « La Java des Volcans ». Il fait voyager à travers l’île indonésienne de Java qui héberge plusieurs volcans aussi explosifs que le Vésuve.

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Je présenterai « Volcans et Risques Volcaniques »  le 7 mai 2026 à 15 heures à la Salle de la Gomière à Châtellerault (Vienne).

Séismes et volcans sont souvent associés dans la pensée populaire. Il est malheureusement impossible de prévoir les tremblements de terre.
Le but de la conférence « Volcans et Risques volcaniques  » est de faire le point sur la situation en volcanologie. Les statistiques montrent que les volcans ont souvent été meurtriers dans le passé.
Les techniques modernes permettent-elles d’en savoir plus sur les humeurs des monstres de feu? Sommes nous capables aujourd’hui d’éviter que les volcans tuent? Ce sont quelques unes des questions auxquelles j’essaye de répondre.
La conférence s’accompagne d’un diaporama en fondu-enchaîné sonorisé intitulé « L’Etna, de glace et de feu ».

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Je présente à partir de 2026 une nouvelle conférence intitulée « Contes, mythes et légendes volcaniques. » Elle aura lieu le 26 novembre 2026 à 14h30 au Centre Universitaire Maurice Faure de Cahors (Lot).

Stromboli, Etna, Kilauea, Krakatau…. Autant de noms qui font rêver mais suscitent aussi la crainte. Malgré le risque éruptif, les volcans les plus actifs de la planète ont toujours fasciné les hommes. Les contes et légendes abondent, comme si l’homme essayait, à travers ces récits, de se rassurer devant les forces de la Nature.

Le but de ma conférence est de faire voyager le public à travers le monde, de l’Islande à Hawaï, non pas en décrivant le phénomène éruptif, mais en se plongeant dans des contes, mythes et légendes racontés souvent par des peuples qui n’avaient pas notre connaissance scientifique pour expliquer les événements auxquels ils assistaient.

Comme pour mes conférences précédentes, celle-ci sera suivie d’un diaporama en fondu-enchaîné, d’une vingtaine de minutes, intitulé Hawaï, le Feu de la Terre.

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J’ai présenté ma conférence « Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique » à Parthenay (Deux-Sèvres) le 6 janvier 2026. Elle est disponible pour d’autres dates.

Lors de mes voyages à travers le monde pour étudier les phénomènes volcaniques, j’ai eu l’occasion de parcourir des terres nordiques et de me rendre compte de l’impact du réchauffement climatique sur les glaciers.
Aucun continent n’est épargné, pas plus l’Afrique avec le Kilimandjaro que l’Asie avec la chaîne himalayenne. Une prise de conscience est urgente, faute de quoi notre société sera confrontée à de graves problèmes.
Le but de ma conférence « Glaciers en péril – Les effets du réchauffement climatique  » est de sensibiliser la population à une catastrophe annoncée. Elle s’accompagne d’un diaporama en fondu-enchaîné sonorisé illustrant la situation glaciaire en Alaska.

Photos: C. Grandpey

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Si votre association ou votre comité d’entreprise sont intéressés par les sujets proposés, leurs responsables peuvent me contacter par mail à claude.grandpey@orange.fr

Kilauea (Hawaï) : 40ème épisode éruptif ! // Kilauea (Hawaii) : Episode 40 !

Les fontaines de lave de l’épisode 40 du Kilauea ont mis un certain temps à apparaître. À partir du 10 janvier, elles ont été précédées de nombreuses et spectaculaires débordements, principalement de la bouche sud, bien que la bouche nord ait également été active ces dernières heures. L’une des coulées issues de ces débordements a couvert une distance de 1 km dans le cratère de l’Halema’uma’u.

C’est la bouche nord qui a donné naissance aux fontaines de lave qui ont commencé à jaillir à 8 h 22 (heure locale) le 12 janvier 2026. Leur hauteur a augmenté progressivement pour culminer à environ 200 mètres. La bouche sud n’émet pas de fontaines spectaculaires, mais on y observe toujours des fontaines en dôme et une activité de spattering.

Les émissions de gaz volcaniques ont augmenté significativement avec l’apparition des grandes fontaines de lave. Les émissions de SO2 atteignent généralement 50 000 à 100 000 tonnes par jour lors d’un épisode éruptif.

Source : HVO.

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L’Épisode 40 a brutalement pris fin le 12 janvier à 18h04 (heure locale), après près de 10 heures de fontaines de lave continues. Ce qui m’a surpris dans cet épisode, c’est la durée de l’activité préliminaire et le volume de lave émis lors des nombreux débordements de la bouche éruptive sud.

Les coulées de lave ont recouvert environ la moitié, voire les deux tiers, du plancher du cratère de l’Halemaʻumaʻu. Les fontaines de lave de l’Épisode 40 ont produit 5,5 millions de mètres cubes de lave. Le débit éruptif moyen était d’environ 190 mètres cubes par seconde.

Depuis la fin du 40ème épisode, on a enregistré une inflation de 1,5 microradians du Kilauea. Cela signifie qu’un 41ème épisode éruptif est probable d’ici quelques jours.

Source: HVO.

Images webcam montrant l’un des débordements qui ont précédé l’apparition des fontaines de lave. 

Captures d’écran des fontaines de lave de l’Épisode 40.

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It took the lava fountains of Kilauea’s Episode 40 quite a lot of time to appear. Starting on January 10th, they were preceded by a large number of dramatic overflows, mainly from the south vent, although the north vent was active too in the past hours. O,re of the flows covered a distance of 1 km in Halema’uma’u Crater.

Lava fountaining began at 8:22 a.m. (local time) on January 12, 2026 at the north vent. Their height increased progressively and reached about 200 meters. Sustained lava fountains are not erupting from the south vent  but intermittent lava spattering and small dome fountains continue.

Volcanic gas emission rates increased significantly with the onset of sustained lava fountaining. The SO2 emission rate is typically 50,000-100,000 tonnes/day during an eruptive episode.

Source : HVO.

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Episode 40 of the Kilauea eruption ended abruptly at 6:04 p.m. (local time) on January 12 after nearly 10 hours of continuous lava fountaining. What surprised me about this episode was the duration of the precursory activity and the volume of lava emitted during the numerous overflows of the south vent.

Lava flows covered about one half to two thirds of the Halemaʻumaʻu crater floor. Episode 40 produced 5.5 million cubic meters of lava during the high fountain eruption. The average effusion rate was approximately 190 cubic meters per second.

Since the end of episode 40, Kīlauea has inflated 1.5 microradians. This means a 41st eruptive episode is likely in a few days.

Source: HVO.

Islande, Hawaï, Etna : 3 approches de l’activité éruptive

Quand l’activité éruptive est apparue en Islande en 2020-2021 dans la Geldingadalir et la Meradalir, les autorités ont tout de suite compris que l’éruption pourrait devenir une attraction touristique, un bonus économique et une source de revenus, surtout après l’épidémie de Covid. Une campagne publicitaire a même été lancée pour inciter les touristes étrangers à venir admirer l’éruption. Sur place, tout a été fait pour faciliter l’accueil des visiteurs : parking, toilettes, bornes wifi, etc. et sentiers balisées pour accéder au spectacle.

Un afflux de touristes en Islande pour assister à l’éruption signifiait également plus de personnes à risque. Même si l’éruption semblait inoffensive, il existait des risques non négligeables. Il a été déconseillé – mais jamais interdit ! – aux enfants, aux femmes enceintes, aux personnes âgées et à celles souffrant de problèmes respiratoires de se rendre sur le site de l’éruption.

Certains touristes ont ignoré les mises en garde et se sont aventurés entre les coulées de lave, avec le risque de se trouver encerclés, mais personne n’a parlé d’arrestation, ni même de verbalisation. Ce genre de sanction ne fait pas partie de l’état d’esprit islandais.

La police a mis en garde à plusieurs reprises sur les risques occasionnés par les gaz volcaniques, mais les avertissements ont souvent été ignorés. Là encore, aucune intervention et aucune verbalisation. Cette même politique est adoptée sur la plage de sable noir de Reynisdjara où des touristes se mettent régulièrement en danger et où certaines personnes ont perdu la vie. Les Islandais ont fait le nécessaire pour prévenir du danger, mais aucune intervention policière n’est prévue, ni aucune sanction.

Cela ne veut pas dire que les Islandais laissent tout faire. S’il y a danger sur autrui, c’est différent. La vitesse est étroitement contrôlée sur les routes et vous devrez mettre la main au portefeuille si vous êtes en infraction. De la même façon, les agressions, l’usage de la drogue sont sévèrement réprimandés.

L’éruption islandaise : un succès populaire (Crédit photo: Iceland Review)

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Aux États Unis, c’est à Hawaï que le spectacle d’une éruption est en ce moment le plus intéressant. Depuis la fin de l’année 2024, le Kilauea entre régulièrement en activité, avec de très prectaculaires épisodes de fontaines de lave. Le 40ème épisode ne devrait d’ailleurs pas tarder à se déclencher. L’éruption se trouve à l’intérieur du Parc National des Volcans où plusieurs plateformes d’observation ont été aménégées. Attention ! C’est là et pas à l’intérieur du cratère de l’Halema’uma’u qu’il faut rester pour admirer le spectacle. Si vous ne respectez pas les conditions imposées par les autorités, cela risque de vous coûter très cher. Le non-respect de la loi aux États Unis peut vite vous conduire en prison.

Site d’observation de l’éruption à Hawaï (Crédit photo: NPS)

Il en va de même sur d’autres sites éruptifs aux États Unis, comme Yellowstone, par exemple. Des sentiers avec caillebotis sont souvent prévus pour s’approcher des sources chaudes. Si vous ne respectez pas ces sentiers et si vous essayez de vous approcher encore davantage, vous êtes presque certain de vous faire harponner par un ranger en faction à proximité. Vous aurez droit, au mieux, à une sévère remontrance et l’affaire risque vite de tourner au vinaigre en cas de contestation.

Connaissant la rigidité de l’état d’esprit américain et son côté procédurier, je me suis débrouillé pour obtenir un permis de travail à l’intérieur du Parc des Volcans d’Hawaï. Contrairement à ce qui se passe en France, les autorités américaines ont accepté d’examiner mes travaux sur Vulcano, l’Etna et le Stromboli, même si je ne suis pas scientifique de formation. Elles m’ont octroyé l’autorisation que j’avais sollicitée pour travailler sur le processus de refroidissement de la lave. Je dois ajouter que mon bilinguisme français-anglais a bien facilité les choses.

Au chevet des coulées de lave (Photo: C. Grandpey)

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En Sicile, l’Etna est un autre monde. J’ai eu la chance de le fréquenter à une époque où le principe de précaution n’avait pas encore envahi notre société et où il était relativement facile de déambuler sur le volcan. Haroun Tazieff avait grandement facilité mon contact avec les guides et leur chef, le regretté Antonio Nicoloso est devenu un de mes amis intimes. Je pouvais faire ce qui me plaisait sur le volcan.

Au cours de la longue éruption de 1991-93, la situation était plus délicate car la lave menaçait la bourgade de Zafferana Etnea. Il fallait montrer patte blanche pour s’en approcher. Une lettre de recommandation de Tazieff (Garouk avait été très sensibles aux travaux que j’effectuais à Vulcano) m’a permis de faire des approches intéressantes. Un jour, les carabiniers ont même accepté de me redescendre à mon lieur d’hébergement à bord de leur véhicule !

Aujourd’hui, les portes se sont refermées. Chaque accès de colère du volcan s’accompagne d’ordonnances balancées par les maires des localités etnéennes. La Guarda di Finanzia verbalise à tour de bras (Elle l’a fait sur l’île de Vulcano au cours de la dernière hausse d’activité). Il faudrait jouer en permanence au chat et à la souris pour s’approcher d’une coulée de lave. Ce type d’approche d’un site éruptif n’est pas ma tasse de thé. De toute façon, le monde le la photo n’a plus le charme d’autrefois ; il a été, lui aussi, bouleversé par l’arrivée du numérique et des smartphones qui permettent de mitrailler sans fin. Je reste donc à la maison et me contente des images, parfois très belles, proposées par les webcams.

On parle aujourd’hui d’adopter en Sicile une autre politique qui permettrait aux touristes d’assister à une éruption en toute sécurité. C’est bien, mais l’Etna n’est pas le Kilauea et la mentalité sudiste sicilienne n’a rien à voir avec celle nordique de l’Islande.

Comme le disent si bien les Anglo-saxons : Wait and see !

Au plus près de l’éruption de 1991-1993 (Photo: C. Grandpey)