Mauna Loa (Hawaii / Etats Unis)

drapeau francaisLa dernière éruption du Mauna Loa a eu lieu en1984 et le volcan est placé sous haute surveillance. Les paramètres montrent qu’il est actif et qu’une éruption est probable à plus ou moins long terme.

La sismicité est élevée dans plusieurs parties du volcan. Ainsi, sur l’Upper Southwest Rift Zone et sur le Mokuaweoweo Crater, on a enregistré près de 200 événements en avril. Aucun essaim sismique n’a été enregistré sur le flanc ouest mais la sismicité reste supérieure à la normale avec 13 événements pour le seul mois d’avril. Toutefois, cette sismicité est beaucoup plus faible que celle enregistrée avant les éruptions de 1975 et 1984.

Le gonflement de l’édifice est stable et semblable à celui observé depuis le milieu de l’année 2014.
Aucun changement significatif n’a été enregistré dans les mesures de SO2, CO2 au cours du mois d’avril.

A partir du 3 avril, la température des fumerolles dans le Mokuaweoweo Crater a connu une certaine hausse et est passée de 79,5°C à 83°C. C’est la plus forte hausse enregistrée par les capteurs jusqu’à présent.

Source : HVO.

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drapeau anglaisMauna Loa’s last eruption was in 1984 and the volcano is closely monitored. All parameters show it is active and an eruption is likely in the future.

Seismicity remains elevated in several parts of the volcano. Earthquake rates on the Upper Southwest Rift Zone and Mokuaweoweo Crater remain elevated, with nearly 200 events in April. Though there were no swarms on the west flank of Mauna Loa, earthquake rates remained above background with approximately 13 events occurring in April. However, all earthquakes in the past month have been small relative to sequences observed before eruptions in 1975 and 1984.
Inflation continues and is similar to the average rates measured since the start of the current inflationary period in mid-2014.

No significant changes in SO2, CO2 were recorded by the Mokuaweoweo gas and temperature monitors during April.

Beginning around April 3rd, fumarole temperature rose  om 79.5°C to 83°C by the end of the month. This is the highest temperature recorded by the fumarole monitor, thus far.

Source: HVO.

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Vue du cratère sommital du Mauna Loa  (Photo:  C.  Grandpey)

Hawaii (Etats Unis): Dégonflement du Kilauea et baisse du lac de lave // Deflation of Kilauea and drop of the lava lake

drapeau francaisLe sommet du Kilauea connaît actuellement un épisode significatif de dégonflement qui s’est accéléré au cours des dernières heures (voir la courbe du tiltmètre ci-dessous). Comme d’habitude, le lac de lave réagit à ce comportement du sommet. Sa surface se trouve en ce moment à plusieurs mètres sous le plancher du cratère de l’Halema’uma’u et aucun débordement n’a été observé au cours des derniers jours. Le lac de lave est maintenant à peine visible depuis la terrasse du Jaggar Museum.
La sismicité reste élevée sous le sommet du Kilauea ainsi que sur l’East Rift Zone et la Southwest Rift Zone. Par précaution, en raison de l’augmentation de l’activité sismique ces derniers jours (voir mes notes précédentes), le Parc des Volcans n’accordera plus, jusqu’à nouvel ordre, d’autorisations pour camper dans les zones situées en aval de la Crater Rim Drive. Le camping de Kulanaokuaiki est également fermé. Les sentiers sous le sommet sont ouverts pour une utilisation de jour seulement. Cependant, une grande partie du Parc reste ouverte, y compris la terrasse d’observation du Musée Jaggar.
L’augmentation de la sismicité et la chute du niveau de la lave dans l’Overlook Crater rappellent la situation vécue au moment de l’éruption fissurale de Kamoamoa en 2011. A cette époque, le HVO n’avait pas été en mesure de dire à quel endroit la lave sortirait. Un tel événement pourrait mettre en danger la vie des personnes qui se trouveraient sur l’East Rift Zone.

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drapeau anglaisThe summit of Kilauea is going through a significant deflation episode that has been accelerating in the past hours (see tiltmeter curve below). As usual, the lava lake is responding to the deflation. Its surface is now several metres below the original floor of Halema’uma’u crater and no more overflows have been observed over the past days. The surface of the lava lake is now barely visible from the terrace of the Jaggar Museum.  Seismicity remains elevated beneath Kilauea’s summit and upper East and Southwest Rift Zones. As a precaution due to the increased seismic activity of the past few days (see my previous notes), Hawaii Volcanoes National Park will not issue overnight backcountry permits for areas below Crater Rim Drive until further notice. Kulanaokuaiki Campground is also closed. The trails below the summit are open for daytime use only. However, much of the Park remains open, including the Jaggar Museum observation deck.
The increase in seismicity and the drop in the summit lava lake are similar to what was experienced with the Kamoamoa fissure eruption in 2011. When this happened, HVO was not able to tell where lava would emerge, and it could impact safe visitation anywhere along the East Rift Zone.

Kilauea 12 mai

Kilauea (Hawaii / Etats Unis): Situation relativement stable // A fairly stable situation

drapeau francaisLes derniers bulletins du HVO indiquent qu’il y a eu très peu de changements sur le Kilauea au cours des derniers jours. Les tiltmètres montrent une légère tendance au dégonflement de l’édifice volcanique. Le lac de lave sommital reste en dessous de la lèvre de l’Overlook Crater sans déborder sur le plancher du cratère de l’Halema’uma’u. La lave forme un bourrelet sur la lèvre du pit crater de sorte que son niveau se trouve à quelques mètres au-dessus du plancher de l’Halema’uma’u. C’est ce que les Américains appellent un « perched pond ».

La sismicité sous le sommet ainsi que sous l’East et la Southwest Rift Zone reste élevée, sans oublier deux séismes de M 3 dans la partie haute de l’East Rift Zone en fin de soirée le 9 mai. Plusieurs répliques du séisme de M 4.5 qui s’est produit au nord de Na’alehu ce même jour dans la matinée ont également été enregistrées.

Sur le site éruptif de l’East Rift Zone, des coulées de lave sont toujours actives sur 8 km en aval du cône du Pu’uO’o.

Voici une vidéo (en anglais) qui résume bien la situation actuelle:

https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=uSKB93E4vHI

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drapeau anglaisHVO’s latest updtes indicate there have been very few changes on Kilauea volcano. Tilmeters show a slight tendency to deflation and the summit lava lake remains below the rim of the Overlook crater without spilling onto the floor of Halema’uma’u Crater.The level of lava is a few metres above the foor of Halema’uma’u crater, forming a « perched pond ».

Seismicity beneath the summit and East and Southwest Rift Zones remains elevated, and included two M 3 earthquakes in the upper East Rift Zone late at night on May 9th. Several aftershocks of the M 4.5 earthquake located north of Na’alehu that same day in the morning have also been recorded.

At the East Rift Zone eruption site, surface flows are still active within about 8 km of Pu’uO’o.

Here is a video that gives a good summary of the current situation:

https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=uSKB93E4vHI

Le Mauna Loa (Hawaii) et les mesures du CO2 // Mauna Loa (Hawaii) and CO2 monitoring

drapeau-francaisL’Observatoire du Mauna Loa (MLO), un centre de recherche atmosphérique géré par la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), est situé à 3350 m d’altitude sur le flanc nord du Mauna Loa. C’est une structure essentielle pour la mesure des émissions de CO2 dans l’atmosphère. Les mesures en continu ont commencé en 1958, lorsque Charles David Keeling a installé des instruments – de haute technologie pour l’époque – et a commencé à mesurer scrupuleusement la quantité de CO2 dans l’air.
Une fois commencées, ces mesures ont montré, sans le moindre doute possible, que l’accumulation de CO2 dans l’atmosphère était bel et bien une réalité. Les instruments étaient tellement performants que pendant les mois d’été il était facile de détecter l’absorption saisonnière du CO2 par la végétation. En revanche, pendant les mois d’hiver, lorsque le feuillage dans l’hémisphère nord est plus rare, le niveau de CO2 augmentait.
Le Mauna Loa est aussi un volcan actif, et les scientifiques du Hawaiian Volcano Observatory (HVO) se sont parfois demandés si le gaz émis par le Mauna Loa affectait les valeurs de CO2 ambiantes enregistrées par le MLO. La réponse est non. Bien que les instruments du MLO puissent facilement détecter les émissions de CO2 provenant des zones de rift et de la caldeira sommitale lorsque les vents soufflent de cette direction, les scientifiques du MLO prennent soin d’exclure ces données des autres émissions de CO2. Les scientifiques du MLO sont tout à fait capables d’utiliser ces données pour estimer la quantité de CO2 rejetée par le volcan. Leurs résultats montrent que le Mauna Loa, lorsqu’il n’est pas en éruption, libère une fraction du CO2 émis par le Kilauea tout proche. Les mesures effectuées pendant dernière éruption du Mauna Loa en 1984 ont révélé des émissions comparables aux émissions quotidiennes du Kilauea à l’heure actuelle (environ 15 000 tonnes par jour).
15 000 tonnes est un montant équivalent aux émissions annuelles de 2400 véhicules utilitaires. Cependant, un examen attentif des émissions de CO2 par les volcans de la planète montre que c’est seulement pendant les plus importantes éruptions explosives (heureusement rares) que l’on observe des émissions de CO2 proches de celles produites dans le monde industrialisé moderne. Par exemple, la quantité de CO2 émise en 9 heures lors de l’éruption du Mont St. Helens en 1980 est équivalente à  2,5 heures d’émissions de CO2 par l’activité humaine. En moyenne, la quantité de CO2 libérée par les volcans est bien inférieure à ces chiffres. Tous les volcans de la Terre dans leur ensemble émettent moins de 1% du CO2 produit chaque année par les humains.

Voici la «courbe de Keeling» montrant l’évolution des concentrations de CO2 sur le Mauna Loa au cours des dernières décennies:
Keeling-curve

La «courbe de Keeling, » mérite vraiment les honneurs qu’elle a reçu le 30 Avril, 2015 de la part de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) et de l’American Chemical Society. Non seulement elle indique la tendance à la hausse constante de la concentration de CO2 dans l’atmosphère terrestre, mais elle a également été utilisée pour révéler des enregistrements de température et de concentration de CO2 jusqu’à il y a 500 000 ans. Pour ce faire, les scientifiques ont mis en relation les données enregistrées actuellement, celles concernant la température mondiale, les études relatives aux concentrations de CO2 et d’isotopes de deutérium (isotope naturel de l’hydrogène) présents dans l’air emprisonné dans les carottes de glace.
Les derniers relevés selon la méthode Keeling ainsi que les études de carottes de glace montrent de manière catégorique que les concentrations de CO2 dans l’atmosphère sont plus élevées que pendant les 500 0000 années écoulées. Ils montrent également que la plus importante hausse de CO2 coïncide avec l’industrialisation de la Terre, et que cette augmentation va de pair avec l’augmentation des températures moyennes à l’échelle mondiale.
Source: Volcano Watch / HVO.

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drapeau-anglaisThe Mauna Loa Observatory (MLO), a NOAA atmospheric research facility located at 3,350 m above sea level on Mauna Loa’s north flank is an essential structure for the measurement of CO2 emissions in the atmosphere. Continuous CO2 monitoring began on Mauna Loa in 1958, when Charles David Keeling installed state-of-the-art instrumentation and began carefully measuring the amount of CO2 in the air.

Once established, the record showed convincingly that CO2 buildup was indeed taking place. In fact, the technique worked so well that during summer months it easily detected the seasonal uptake of CO2 by increased vegetation. During winter months, when foliage in the northern hemisphere is scarcer, CO2 levels measured at the Mauna Loa location climbed.

But Mauna Loa is also an active volcano, and USGS Hawaiian Volcano Observatory (HVO) scientists are sometimes asked if gas released from the mountain affects the ambient CO2 values reported by MLO. The short answer is no. Although instrumentation at MLO can easily detect CO2 emissions from the rift and summit caldera emission sources when winds blow from that direction, MLO scientists are careful to exclude these data from the background CO2 record.

Remarkably, MLO staff have shown how to use these volcanically “contaminated” CO2 records to actually estimate the amount of CO2 discharged by the volcano. Their published findings show that Mauna Loa, when it’s not erupting, releases a fraction of the CO2 emitted by Kilauea. USGS measurements during Mauna Loa’s most recent eruption in 1984 found emissions comparable with Kilauea’s current daily rate (about 15,000 tons per day).

15,000 tons is an amount equivalent to the annual emissions from 2,400 sport utility vehicles. However, careful examination of global volcanic CO2 emissions show that only during rare and very large explosive eruptions do total volcanic emission rates come close to the rate of CO2 produced in the modern industrialized world. For example, the same amount of CO2 emitted during the 9-hour catastrophic eruption of Mount St. Helens in 1980 is released every 2.5 hours by human activity. On average, though, the proportion released by volcanoes is much less. All of Earth’s volcanoes taken together emit less than one percent of the CO2 produced each year by humans.

 

Here is the “Keeling Curve” showing the evolution of CO2 concentrations on Mauna Loa:

 Keeling-curve

 

The “Keeling Curve,” is truly worthy of the recognition it received on April 30th, 2015 from the National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) and the American Chemical Society. Besides documenting the steady upward trend of CO2 concentration in Earth’s atmosphere, this precise and modern CO2 record has been used to reconstruct temperature and CO2 concentration records as far back as 500,000 years ago. To accomplish this, scientists combined the current record, global temperature data, studies of CO2 and deuterium isotope concentrations found in the air trapped in ice cores.

Keeling’s modern record, along with the ice core studies, show conclusively that CO2 concentrations in the atmosphere are higher than they’ve been in at least half a million years. They also show that the sharpest and most significant CO2 increase coincided with Earth’s industrialization, and that this increase is mimicked by average global temperatures.

Source : Volcano Watch / HVO.

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Mauna-Loa-Observatory. On aperçoit derrière la première coupole la terrasse sur laquelle sont installés tous les instruments de mesure de l’atmosphère terrestre. (Photo :  C.  Grandpey)