Les coulées de lave du Pu’uO’o (Hawaii) // The lava flows of Pu’uO’o (Hawaii)

drapeau francaisAu cours des quatre derniers mois, la coulée du 27 juin s’est limitée à de petites émissions de surface de lave pahoehoe disséminées à travers une vaste zone s’étendant sur une distance de 8 km à partir du sommet du Pu’uO’o. Ces coulées éphémères correspondent à d’innombrables « fuites » du tunnel principal. Depuis le mois de mars 2015, le tunnel principal est inactif à partir de 6 km du Pu’u O’o.

Certaines coulées de surface sont également alimentées par un second tunnel de lave, beaucoup plus court, qui a commencé à se former lorsque le tunnel d’origine s’est rompu près de sa source sur le flanc du Pu’uO’o. Un nouveau lobe de lave est alors apparu et s’est dirigé vers le nord-est le 21 février. Cette coulée a en partie recouvert les anciennes laves de la coulée du 27 juin ainsi que le tunnel principal.
Depuis la fin mars, la surface couverte par les coulées actives varie entre 3,6 et 5,3 hectares environ. Ces coulées ont des températures de surface supérieures à environ 200 ° C.
La situation actuelle est une bonne nouvelle pour le district de Puna. Il n’y a aucune menace à court terme pour les zones habitées. Actuellement, les coulées de lave actives sont bien en amont de l’extrémité de la coulée de 27 juin qui avait parcouru 23 km depuis le  Pu’uO’o et menacé à plusieurs reprises des habitations, des entreprises, les structures électriques et de communication, ainsi que la Route 130.
Cependant, l’histoire éruptive du Pu’uO’o montre que la situation actuelle ne sera pas éternelle. On ne sait bien sûr pas comment elle évoluera, mais un changement au niveau du cratère du Pu’uO’o entraînerait probablement une modification de l’activité et de la trajectoire suivie par les coulées de lave.

S’agissant du cratère sommital de l’Halema’uma’u, la surface du lac de lave se trouve actuellement à une cinquantaine de mètres sous la lèvre. Elle est donc invisible depuis la terrasse du Jaggar Museum.

D’un point de vue strictement volcanique, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent en ce moment à Hawaii, mais l’archipel recèle de très nombreux autres points d’intérêt.

Source : HVO.

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drapeau anglaisDuring the past four months, the June 27th lava flow has consisted of small surface pāhoehoe flows scattered across a broad area within 8 km of Pu’uO’o. These flows are fed by countless leaks (referred to as “lava breakouts”) from the main lava tube. The tube beyond this distance became completely inactive in March 2015.

Some surface flows are also being fed from a second, much shorter tube that began forming when the original tube ruptured near its source on Pu’uO’o, sending a lobe of lava toward the northeast on February 21st. This younger lobe advanced across older parts of the June 27th flow and even over the main tube.

Since late March, the combined surface area of the active flows has varied between about 3.6 and 5.3 hectares. The “active” flows are assumed to have surface temperatures greater than about 200°C.

This pattern of activity is good news for the Puna District. There is no short-term threat of inundation of residential areas from the current series of flows. Currently, active lava flows are far upslope from the tips of the June 27th flow that reached as far as 23 km from Pu’uO’o and repeatedly threatened residential areas, businesses, electric and communication utilities, and Highway 130.

However, the history of Pu’uO’o shows that the current pattern of lava-flow activity will not last. When and how the activity will evolve is, of course, not known at this time, but a change in the erupting vent on Pu’uO’o would likely result in a change in the flow activity or direction.

HVO

Source: HVO.

Le Kilauea sous haute surveillance // Kilauea volcano is fully monitored

drapeau francaisLes volcans ne connaissent pas la même gestion du temps que les humains. Ils ne prennent pas en compte la notion d’heures de travail et le besoin de sommeil. C’est la raison pour laquelle ils doivent être surveillés en permanence. Les techniques de surveillance ont beaucoup évolué au cours des dernières décennies et les méthodes du passé ont été remplacées par des ordinateurs.
Les alarmes sont utilisées depuis longtemps à l’Hawaiian Volcano Observatory (HVO). Au cours des premières phases de l’éruption du Kilauea le long de l’East Rift Zone en 1983, les scientifiques du HVO voulaient savoir exactement à quel moment la lave allait commencer à déborder du cratère du Pu’uO’o, un événement qui indique généralement l’apparition de fontaines de lave. A cette époque, le personnel du HVO devait dérouler une lourde et encombrante bobine de câble en cuivre à travers l’ouverture où la lave était censée s’échapper du cratère du Pu’uO’o. Grâce à ce câble, une tension constante était communiquée par radio au HVO, et quand les données fournies par ce câble étaient soudain interrompues, les scientifiques savaient que lave avait coupé le circuit.
Aujourd’hui, des moyens beaucoup plus élaborés sont utilisés pour déclencher les alarmes lorsque le comportement des volcans hawaïens se modifie. Les appels et autres sonneries téléphoniques automatisés ont été remplacés par des sms et des courriels.
Par exemple, le système Swarm Alarm du HVO enregistre chaque heure les séismes qui se produisent dans un certain secteur de la zone sommitale du Kilauea. Le système avertit automatiquement l’Observatoire si le nombre dépasse le seuil fixé par le sismologue de service. En effet, un essaim sismique inhabituel peut signaler un changement dans le système volcanique susceptible de déboucher sur une nouvelle émission de lave.
Un autre système d’alarme s’appuie sur des inclinomètres électroniques. Les variations  d’inclinaison de la pente de l’édifice volcanique ne sont pas inhabituelles car le volcan répond aux mouvements du magma dans les réservoirs superficiels. Toutefois, si des variations d’inclinaison significatives sont détectées, un programme informatique envoie un message d’alerte invitant les scientifiques à contrôler attentivement la situation.
Le HVO utilise des caméras thermiques qui surveillent le cratère Pu’uO’o. Ces caméras prennent des photos toutes les deux minutes et, si un point chaud remplit plus de cinq pour cent des images, un message texte est envoyé, accompagné d’une image. Lors de la réception d’un tel message, les scientifiques du HVO vérifient d’autres données (y compris des images plus récentes fournies par les webcams) pour voir si la lave remplit ou déborde du cratère.
Le HVO utilise également l’imagerie thermique fournit par le satellite GOES (Geostationary Operational Environmental Satellite) pour détecter les températures du sol anormalement élevées dans des secteurs autres que le sommet du Kilauea et le champ de lave du Pu’uO’o. Si de telles températures anormales sont repérées, un programme informatique envoie un message texte avec une image intégrée aux géologues du HVO afin que la situation puisse être étudiée.
Source: HVO.

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drapeau anglaisVolcanoes don’t keep time as humans do. They do not take into account the notion of regular working hours and the need for sleep. This is the reason why they need to be monitored permanently. Surveillance techniques have much changed over the past decades and the methods of the past have been replaced by computers.

For instance, alarms have long been used at the Hawaiian Volcano Observatory (HVO). During the early episodes of Kilauea’s ongoing East Rift Zone eruption, HVO scientists wanted to know exactly when lava began spilling out of the Pu‘u O’o crater, which usually indicated the onset of lava fountains. This was in 1983, years before the advent of webcams!  So, HVO staff had to use a heavy spool of copper cable over rugged lava flows and across the spillway where lava would first flow down the side of Pu’uO’o. Using this cable, a steady voltage was radioed back to HVO, and when readings from this electronic tripwire were suddenly interrupted, scientists knew lava had broken the circuit.

Today, far more sophisticated ways are used to trigger alarms when the status of Hawaiian active volcanoes changes. Automated phone calls, pages, and ringing bells have been replaced by texts and emails.

For example, HVO’s Swarm Alarm counts earthquakes occurring in a certain region of Kilauea’s summit area within the past hour. The system automatically notifies the Observatory’s monitoring group if the number surpasses the threshold set by HVO’s seismologist. Indeed, an unusual cluster of earthquakes could signal a change in the volcanic system that may lead to a new outbreak of lava.

Another alarm system monitors the slope of the ground using electronic tiltmeters. Slow changes in tilt are not unusual as the volcano adjusts in response to magma shifts within shallow reservoirs. However, if more rapid changes are detected, a computer program sends texts to notify us that it’s time to take a closer look at what else is happening.

HVO deploys thermal cameras that look into the Pu’uO’o crater. These cameras take fresh pictures every two minutes, and, if a hot spot fills more than five percent of the images, send a text message with an embedded image. Upon receiving such a message, HVO scientists check other data (including more recent webcam images) to see if lava is filling or overflowing the crater.

HVO also uses Geostationary Operational Environmental Satellite (GOES) thermal imagery to look for elevated ground temperatures in areas other than at Kilauea’s summit and on the Pu’uO’o lava flow field. If elevated temperatures are found, a computer program sends a text message with an embedded image to HVO geologists so that the situation can be further investigated.

Source : HVO.

GOES-program_large

Un scientifique de l’USGS programme un émetteur satelliatire GOES sur un site de contrôle des émissions de CO2.

(Photo: USGS)

Hilo (Hawaii) et le séisme de 1960 au Chili // Hilo (Hawaii) and the 1960 earthquake in Chile

drapeau francaisLe 22 mai 1960, un puissant séisme de M 9,5 a secoué le Chili et généré un énorme tsunami qui a atteint Hawaï quelque 15 heures plus tard, avec des effets dévastateurs pour Hilo où 61 personnes ont perdu la vie.
Un photographe anonyme a pris des photos en noir et blanc de cette scène de destruction. Il ya des raisons de croire que c’était un militaire car la série de clichés contient des images d’avions de l’US Air Force qui sont allés au Chili dans le cadre d’une aide internationale. Plus de 50 ans plus tard, un bénévole de la bibliothèque de Providence (Rhode Island) a retrouvé les photos et les a apportées au Tsunami Museum de Hilo. Ces photos représentent désormais une pièce du puzzle qui retrace l’histoire de la ville de Hilo.
Après le tsunami, le centre de Hilo a été transformé en un espace vert dont les Liliuokalani Gardens constituent la pièce maîtresse.
Si un puissant séisme semblable à celui survenu au Chili devait se reproduire, le nombre de morts à Hawaï ne serait probablement pas aussi élevé. Des balises ont été mises en place sur l’Océan Pacifique; elles permettraient d’observer la vitesse de déplacement du raz de marée. Aujourd’hui, le Centre d’Alerte aux Tsunamis dans le Pacifique (PTWC) basé à Hawaï donne des informations et évalue le risque de tsunami pour l’archipel.
Vous pouvez avoir accès au PTWC en cliquant sur ce lien: http://ptwc.weather.gov/
Des images de la ville de Hilo après le tsunami peuvent être vues à cette adresse:
http://westhawaiitoday.com/news/local-news/photos-1960-chile-earthquake-donated-pacific-tsunami-museum

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drapeau anglaisOn May 22nd 1960, a powerful M 9.5 earthquake shook Chile and generated a huge tsunami that reached Hawaii some 15 hours later and wreaked havoc in Hilo where 61 people died.
An unknown photographer came to the scene of destruction and documented the wreckage in stark black-and-white images. There are reasons to believe he was a military as the collection contains photographs of United States Air Force planes, which came to Chile as part of an international aid coalition.
More than 50 years later, a library volunteer in Providence, Rhode Island, came across the photographs and brought them to the Tsunami Museum in Hilo. Now the photos represent a puzzle piece that fits into the story of Hilo itself.
After the tsunami, Hilo downtown area was rebuilt as a green space, with Liliuokalani Gardens as its centerpiece.
Should a similar powerful earthquake occurred again in Chile, the death toll in Hawaii would probably not be so high. Beacons have been set up over the Pacific ocean, which would help to see haw fast the tidal wave is moving. Today, the Pacific Tsunami Warning Center (PTWC) in Hawaii is giving information and assessing the risk of a tsunami for the archipelago.
You can have access to the PTWC by clicking on this link: http://ptwc.weather.gov/
Photos of Hilo after the 1960 tsunami can be seen at this address:
http://westhawaiitoday.com/news/local-news/photos-1960-chile-earthquake-donated-pacific-tsunami-museum

Du Mauna Loa à la planète Mars (suite) // From Mauna Loa to Mars (continued)

drapeau francaisLe Mauna Loa est un volcan actif étroitement surveillé par les instruments du HVO. Ces derniers mois, il est aussi devenu un laboratoire pour la NASA dans la perspective de missions vers Mars dans les prochaines décennies.
Les six scientifiques qui vivaient depuis huit mois (voir ma note du 1er avril 2014) sous un dôme sur les pentes du Mauna Loa pour simuler la vie sur Mars sont sortis de leur isolement la semaine dernière. Ils ont été autorisés à quitter la structure qui avait été installée à 2500 mètres d’altitude sur les pentes du volcan et ont pu à nouveau apprécier l’air frais sur leur peau. C’était la première fois qu’ils quittaient le dôme sans avoir au préalable enfilé une combinaison spatiale.
Ces scientifiques faisaient partie d’une expérience financée par la NASA et dont le but était de d’observer comment des hommes pouvaient travailler en équipe en situation d’isolement total. Ils ont été contrôlés par les caméras de surveillance, des capteurs épiant leurs moindres mouvements et d’autres contrôleurs électroniques. L’emplacement de la coupole sur le volcan (voir photo ci-dessous), le silence de cet environnement et son isolement simulé ont créé des conditions semblables à celles de l’espace. En regardant par les hublots, les scientifiques ne voyaient qu’un univers de champs de lave et de montagnes.
L’observation des émotions et des faits et gestes des membres de l’équipe scientifique dans une situation d’isolement total pourrait donner des indications précieuses aux équipes au sol lors des missions futures et permettre de déterminer si un membre de l’équipe est en train de déprimer ou connaît des problèmes de communication. Un séjour de huit mois dans un espace confiné présente des défis, mais les membres de l’équipe pouvaient se changer les idées en faisant des expériences scientifiques et en se livrant à des séances de yoga. Ils pouvaient également utiliser un tapis roulant fonctionnant à l’énergie solaire et un home-trainer pendant les après-midi où brillait le soleil.
Lorsque les premiers membres de l’équipe ont émergé de la coupole, ils se sont jetés sur les aliments qui leur avaient le plus manqué, comme la pastèque, les œufs, les pêches et les croissants, nourriture très différentes des aliments lyophilisé qu’ils avaient consommé pendant les huit mois de leur séjour en isolement !

Source: Presse hawaiienne.

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drapeau anglaisMauna Loa is an active volcano closely monitored by the instruments of the Hawaiian Volcano Observatory. These last months, it has become a test field for NASA with the perspective of missions to Mars in the coming decades.

Six scientists who were living under a dome on the slopes of Mauna Loa for eight months (see my note of April 1st 2014) to simulate life on Mars emerged last week from isolation. They stepped outside a dome that had been set up 2500 metres up the slopes of the volcano and could again feel fresh air on their skin. It was the first time they left the structure without donning a spacesuit.

These scientists are part of a human experiment funded by NASA whose purpose was to track how they worked together as a team in complete isolation. They were monitored by surveillance cameras, body-movement trackers and electronic surveys. The dome’s volcanic location (see photo below), silence and its simulated airlock seal provided an atmosphere similar to space. Looking out the dome’s porthole windows, all the scientists could see were lava fields and mountains.

Observing the crew members’ emotions and performance in the isolated environment could help ground crews during future missions to determine if a crew member is becoming depressed or if the team is having communication problems. Spending eight months in a confined space with six people had its challenges, but crew members relieved stress by doing team workouts and yoga. They were also able to use a solar-powered treadmill and stationary bike, but only in the afternoons on sunny days.

The first thing crew members did when they emerged from the dome was to eat foods they had missed, like watermelon, eggs, peaches and croissants, very different from the freeze-dried food they had been consuming during their stay in isolation!

Source: Hawaiian newspapers.

Coupole

Vue de la coupole sur le flanc du Mauna Loa, avec le Mauna Kea à l’arrière-plan.

(Crédit photo: Neil Scheibelhut / University of Hawaii at Manoa)