Arctique: La glace de mer continue à rétrécir // Arctic : Sea ice keeps shrinking

Selon le  National Snow and Ice Data Center (NSIDC) et la NASA, la glace de mer arctique vient d’atteindre une nouvelle fois, à la mi septembre 2019, le deuxième niveau le plus bas jamais enregistré. La fonte de la glace de mer est un problème pour les populations et les espèces sauvages de l’Arctique, comme les ours polaires et les morses. La glace de mer permet de réguler la température de la planète en influençant la circulation des courants atmosphériques et océaniques. Un scientifique de la NASA explique que « si on réduit la quantité de glace de mer, on commence à réchauffer l’Arctique, et lorsqu’on commence à réchauffer l’Arctique, on commence à modifier la circulation du jet-stream, qui régit le météo sur Terre ».
L’étendue de la glace de mer atteignait 4,1 millions de kilomètres carrés le 18 septembre 2019. Cela représente 2,1 millions de kilomètres carrés de moins que la moyenne. On se trouve à égalité avec 2007 et 2016 pour le deuxième niveau le plus bas jamais enregistré. La glace de mer – contrairement à la banquise – est de l’eau de mer qui a gelé et qui fond chaque été, puis regèle chaque hiver. Elle atteint sa plus grande superficie en mars de chaque année. 2019 se classe derrière 2012, année du plus bas niveau jamais enregistré. On mesure la glace de mer arctique depuis 1979. L’étendue minimale de cette année montre qu’il n’y a aucun signe d’une reprise d’extension de la couverture de la glace de mer.
Septembre est le mois où la glace de mer arctique atteint sa plus faible étendue de l’année, vers la fin de l’été dans l’hémisphère Nord. Selon la NASA – et comme je l’ai fait remarquer à propos de l’Alaska – l’été 2019 a été très chaud dans l’Arctique, avec des températures moyennes de 2,7 à 3,8 degrés Celsius supérieures à la normale.
Tant que l’on continuera à observer un rétrécissement de la glace de mer, il y aura un problème de survie des ours polaires. Cela signifie que l’espèce peut disparaître de certaines régions, avant même que la glace de mer disparaisse définitivement chaque année.
Selon la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) et la NASA, la quantité de glace de mer pendant l’été dans l’Arctique a régulièrement diminué au cours des dernières décennies en raison du réchauffement climatique causé par l’homme. Dans le même temps, suite à la parution du rapport du GIEC, le Département fédéral de l’Intérieur des Etats Unis affirme qu’« il n’y a pas de crise climatique ». Cherchez l’erreur !
Source: NOAA, NASA, NSIDC.

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Arctic sea ice shrank to its second-lowest level on record by mid September 2019, according to the National Snow and Ice Data Center (NSIDC) and NASA.

Sea ice affects Arctic communities and wildlife such as polar bears and walruses, and it helps regulate the planet’s temperature by influencing the circulation of the atmosphere and ocean. A NASA scientist explains that « if you decrease the amount of sea ice, you start warming up the Arctic, and when you start warming up the Arctic, you start changing the circulating of the jet stream, which brings weather to us here. »

Sea ice extent was measured at 4.1 million square kilometres on September 18th, 2019. That’s 2.1 million square kilometres below the average, tying with both 2007 and 2016 for second-lowest level on record. Sea ice is frozen ocean water that melts each summer, then refreezes each winter. Arctic sea ice reaches its largest area in March each year. This year ranks behind only 2012, when the lowest level on record was measured. Arctic sea ice has been measured since 1979. This year’s minimum sea ice extent shows that there is no sign that the sea ice cover is rebounding.

September is the month Arctic ice reaches its lowest extent of the year, toward the end of the Northern Hemisphere’s summer. According to NASA, it was a very warm summer in the Arctic, with average temperatures 2.7 to 3.8 degrees Celsius above normal.

The frequency of these bad ice years will make it impossible for polar bears to survive until another good year comes along. This means that polar bears may disappear from some subpopulations, even before sea ice is gone every year.

The amount of summer sea ice in the Arctic has been steadily shrinking over the past few decades because of man-made global warming, according to the National Oceanic and Atmospheric Administration and NASA. Meantime, following the latest IPCC report, the US Department of the Interior affirms that “there is not a climate crisis”.

Source: NOAA, NASA, NSIDC.

Photos: C. Grandpey

La fonte de l’Antarctique et son impact sur la planète // The melting of Antarctica and its impact on the planet

Quelques jours avant la publication à Monaco du rapport de l’ONU sur les océans et les zones recouvertes de glace sur Terre, un professeur de l’Institut de recherche sur les impacts du climat de Potsdam en Allemagne, également spécialiste de l’Antarctique, avait expliqué lors d’une conférence de presse l’impact du changement climatique sur cette région la plus froide du monde.
Nous savons depuis longtemps que le destin des régions côtières et des centaines de millions de personnes qui les habitent dépend du comportement de la glace en Antarctique, et plus particulièrement de l’Antarctique occidental, dont la fonte pourrait faire s’élever le niveau des océans d’au moins trois mètres. . Selon les climatologues et les glaciologues, il ne s’agit pas de savoir « si » cela va se produire, mais « quand ».
Tout d’abord, il convient de rappeler que le réchauffement climatique n’affecte pas le Groenland et l’Antarctique de la même manière. En Antarctique, 99% de la perte de glace se produit lorsque la glace glisse dans l’océan. La glace ne fond pratiquement pas à la surface de ce continent. A côté de cela, au Groenland, la moitié de la perte de glace est due à la fonte de surface, avec l’eau qui se jette dans l’océan. Lorsque la glace en Antarctique ou au Groenland glisse dans l’océan et devient une plate-forme littorale, elle entre en contact avec les eaux de surface. Comme je l’explique dans ma conférence «Glaciers en Péril», une augmentation ne serait-ce que d’un dixième de degré de la température de l’eau peut entraîner un déséquilibre important de la calotte glaciaire. Celle du Groenland est beaucoup moins étendue qu’en Antarctique, mais elle perd aussi beaucoup plus de masse. C’est parce que l’Antarctique est beaucoup plus froid.
Notre connaissance de l’Antarctique a beaucoup évolué au cours des dernières années. Il y a dix ans, la modélisation de ce continent ne révélait aucune perte de glace significative au cours de ce siècle. Certains se demandaient même si la masse de glace de l’Antarctique n’était pas en train d’augmenter. Aujourd’hui, tous les modèles font état d’une perte importante de la banquise. La calotte glaciaire du continent a perdu environ 150 milliards de tonnes chaque année depuis 2005. La quasi-totalité de la perte a eu lieu en Antarctique occidental. La perte de glace s’accélère, que ce soit au Groenland ou en Antarctique. Il n’y a plus aucune d’ambiguïté à ce sujet. Les études en cours nous disent que l’Antarctique occidental a franchi un point de non retour. Il est devenu instable et déversera toutes ses glaces les plus vulnérables dans l’océan.
Une étude menée en 2014 estimait que l’Antarctique pourrait faire s’élever de 50 centimètres le niveau des océans d’ici 2100. La dernière évaluation du GIEC indique 16 centimètres comme la fourchette la plus haute. En 2016, une étude très fiable introduisant de nouveaux processus physiques a été publiée dans la revue Nature. Elle proposait une hausse plus importante allant jusqu’à plus d’un mètre. Cette étude a été très critiquée et les résultats devront peut-être être révisés.
En ce qui concerne l’avenir, si nous respectons l’Accord de Paris, au mieux, l’élévation du niveau de la mer ralentira. Si nous ne le respectons pas, le phénomène va encore s’accélérer d’ici la fin du siècle. Comme je l’ai expliqué dans des notes précédentes, la partie la plus vulnérable de la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental – qui entraînerait une élévation de 3,5 mètres du niveau de la mer – se situe dans des dépressions au-dessous du niveau de la mer où l’eau de l’océan s’infiltre et vient saper la glace.
En ce qui concerne les effets de l’élévation du niveau de la mer sur les zones habitées, personne ne devrait craindre pour sa vie. Cependant, si New York se situe cinq mètres sous le niveau de la mer derrière des digues, il n’est pas certain que beaucoup de gens voudront y vivre. Selon le professeur de l’Institut de recherche de Potsdam, le véritable impact concerne les villes que nous allons perdre. Hong Kong est actuellement un symbole de la démocratie en Chine. La Nouvelle-Orléans est un bastion de la culture et New York un centre de culture et d’affaires. Nous allons également perdre Hambourg, Calcutta et Shanghai si nous n’arrêtons pas d’émettre des gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
Source: Médias américains.

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A few days before the release in Monaco of the UN report on oceans and Earth’s frozen zones, a professor at the Potsdam Institute of Climate Impact Research in Germany and a top expert on Antarctica, had explained in a press conference how climate change is impacting the world’s coldest region.

We have known for a long time that the fate of the world’s coastal regions and the hundreds of millions of people who inhabit them depend on the behaviour of ice in Antarctica, and more particularly West Antarctica whose melting could lift global oceans by at least three metres. According to climatologists and glaciologists, this not a matter of « if » but « when. »

First of all, it should be remembered that global warming does not affect Greenland and Antarctica the same way. In Antarctica, 99 percent of all ice loss occurs when the ice slides into the ocean. There is practically no ice melt on the surface. On the other hand, in Greenland, half of the ice loss is due to melt water that runs into the ocean. When ice in Antarctica or Greenland slides into the ocean and becomes an ice shelf, it comes into contact with surface water. As I explain in my conference “Glaciers at Risk”, even a tenth of a degree increase in the temperature of the water can lead to a significant ice sheet imbalance. Greenland’s ice sheet is much smaller than Antarctica’s, but sheds even more mass. That is because Antarctica is so much colder.

Our knowledge of Antarctica has much changed in the past years. Ten years ago the modelling of Antarctica showed no significant ice loss within this century. Indeed, there was some debate as to whether the continent might add ice mass. Today, all the models show an ice sheet loss at a significant rate. The continent’s ice sheet has shed about 150 billion tonnes of mass every year since 2005, virtually all of it in West Antarctica. Ice loss in both Greenland and Antarctica is accelerating. There is no longer any ambiguity. The current studies tell us that West Antarctica has passed a tipping point. It has become unstable and will discharge all its most vulnerable ice into the ocean.

A 2014 study estimated that we could get 50 centimetres of sea level from Antarctica by 2100 The last assessment of the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) said 16 centimetres was the upward limit. In 2016 an important study introducing new physical processes was published in Nature. It proposed an even higher contribution, of up to more than a metre. That study has been much criticised, and the findings may be revised.

Concerning the future, if we keep to the Paris Agreement, sea level rise will at best slow down. If we don’t, it will still be accelerating at the end of the century. As I explained in previous posts, the most vulnerable part of the West Antarctic ice sheet – equivalent to 3.5 metres of sea level rise – sits in depressions below sea level, where ocean water infiltrates and erodes the ice sheet from underneath.

Concerning the effects of sea level rise on inhabited areas, nobody should fear for their life. However, if New York winds up five metres below sea level behind dikes and levees, it is not sure that people will want to live there. The real impact lies with the cities we will lose. Hong Kong is currently a beacon of democracy in China. New Orleans is a bastion of culture, and New York of culture and business. We are also going to lose Hamburg, Calcutta and Shanghai if we do not stop emitting greenhouse gases into the atmosphere.

Source : US news media.

Antactique de l’Ouest (Source: NOAA)

Le glacier Thwaites est sous haute surveillance car sa fonte ferait directement et indirectement monter le niveau des océans (Source: NOAA)

Risque d’effondrement du glacier de Planpincieux (Val d’Aoste / Italie)

Suite à l’alerte lancée ce matin sur Facebook, voici quelques informations supplémentaires fournies par les autorités italiennes à propos du glacier de Planpincieux, sur le versant italien du Mont-Blanc, qui risque de s’écrouler et d’emporter avec lui des routes et des maisons habitées. Le risque a conduit le maire de Courmayeur à signer dans l’urgence un décret qui interdit la circulation la circulation et oblige l’évacuation de plusieurs maisons dans le secteur du Val Ferret, l’une des régions les plus fréquentées par les touristes du Val d’Aoste. Le premier magistrat a pris cette décision suite à une concertation avec les services techniques de la région, et après avoir constaté que la partie « dangereuse » du glacier accélérait son déplacement, qui atteint une vitesse de 50 à 60 centimètres par jour. La masse qui menace de tomber a un volume d’environ 250 000 mètres cubes.
Le maire de Courmayeur explique que « les rapports reçus des structures régionales et de la Fondazione Montagna Sicura montrent que la vitesse de glissement du glacier de Planpincieux a considérablement augmenté au cours de ces derniers temps. Le scénario d’un possible effondrement du glacier concerne le fond de vallée habité, en particulier la route d’accès locale à Planpincieux. Ce qui se passe actuellement révèle une fois de plus que la montagne est entrée dans une phase de profonds changements provoqués par les facteurs climatiques. Elle est donc particulièrement vulnérable. Dans le cas présent, il s’agit d’un glacier tempéré particulièrement sensible aux températures élevées.  »
Certains événements récents témoignent de la fragilité géologique du Val Ferret. Le dernier remonte au 7 août 2018 quand un glissement de terrain a tué un couple de touristes milanais qui circulait en voiture. Là aussi, il a fallu évacuer environ 250 personnes. Le glacier de Planpincieux fait l’objet d’une surveillance étroite par les glaciologues du CNR depuis 2013 en raison de sa vulnérabilité.

Source : Presse italienne.

Vue du glacier de Planpincieux, sur la face sud des Grandes Jorasses (Crédit photo: Wikipedia)

Saccage d’un glacier en Autriche : Le domaine skiable se justifie // Destruction of a glacier in Austria: Reaction of the ski resort

Suite au tollé provoqué par la diffusion par le WWF d’une photo montrant les pelleteuses à l’oeuvre sur le glacier de Pitztal, le domaine skiable rattaché au glacier a souhaité exercer son droit de réponse.

Selon la direction de la station de ski, « les travaux qui n’ont rien à voir avec une extension du domaine skiable. Il s’agit plutôt de la préparation annuelle du domaine skiable du glacier de Pitztal pour la prochaine saison automnale et hivernale. Concrètement, des crevasses sont remplies de neige ancienne et de glace pilée sur les pistes existantes du domaine skiable afin de garantir la sécurité des activités de ski en hiver. En raison du mouvement constant du glacier, de nouvelles crevasses se forment pendant les mois d’été. Chaque année, ces crevasses doivent être remplies juste avant les premières chutes de neige.  Ces travaux sont effectués par nous sous cette forme depuis 35 ans et exécutés de même sur d’autres glaciers accessibles aux skieurs. Cette année, le remplissage des crevasses a duré deux jours environ. »

Faut-il pour autant laisser ce type de pratiques perdurer? Comme le demande le site Internet de la revue Montagnes Magazine, qu’en est-il du projet de liaison Pitztal-Ötztal qui doit niveler 64 hectares du glacier et retirer 1,6 hectares de glace? Avec la même pratique qu’en Autriche, ne pourrait-on pas imaginer un nivellement de la surface de la Mer de Glace avec des engins pour mettre en place des pistes de ski de fond ?

On a vu cet été les problèmes rencontrés par les glaciers de Tignes et des  Deux-Alpes. Il y a de fortes chances pour que le réchauffement climatique mette tout le monde d’accord pour la pratique du ski dans ces différentes stations au cours des prochaines années.

Source : Montagnes Magazine.

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Following the outcry after the release by the WWF of the photo showing excavators at work on the Pitztal glacier, the ski area attached to the glacier wished to exercise its right of reply.
According to the management of the ski resort, « the work has nothing to do with an extension of the ski area. It is rather the annual preparation of the ski area of ​​the Pitztal glacier for the next autumn and winter season. Concretely, cracks are filled with old snow and crushed ice on the existing slopes of the ski area to ensure the safety of ski activities in winter. Due to the constant movement of the glacier, new crevasses form during the summer months. Each year, they must be filled just before the first snowfall. This work has been carried out by us in this form for 35 years and similarly performed onto other glaciers accessible to skiers. This year, filling the crevices lasted about two days. »
Should we allow this type of practice to continue? As the website of Montagnes Magazine asks, what about the Pitztal-Ötztal link project that will level 64 hectares of the glacier and remove 1.6 hectares of ice? With the same practice as in Austria, could we not imagine a levelling of the surface of the Mer de Glace so as to set up ski trails?
We have seen this summer the problems encountered by the glaciers of Tignes and Les Deux- Alpes. There is a good chance that global warming will solve the skiing problems in these different sites over the next few years.
Source: Montagnes Magazine.

Source: WWF