Etna (Sicile) et Kilauea (Hawaii)

L’Etna (Sicile) semble reparti pour une série de « paroxysmes » dont il a le secret. Après celui qui a secoué le Cratère SE (CSE) dans la matinée du 21 décembre, une nouvelle séquence éruptive a débuté le 22 décembre vers 2h50 GMT, avec une forte augmentation de l’activité strombolienne dans au moins deux bouches. Cette activité a soudain évolué en une fontaine de lave qui a alimenté deux coulées. L’une s’est dirigée vers le sud-ouest en se ramifiant pour former deux branches. L’autre s’est dirigée vers l’est, à l’intérieur de la Valle del Bove. Du point de vue sismique, au moment de l’événement, le tremor a montré un pic identique à celui qui était apparu la veille.  Il a ensuite chuté à des valeurs normales.

Source : INGV.

Le dernier paroxysme vu par la webcam L.A.V.E.

Le tremor pendant les deux derniers épisodes éruptifs (Source : INGV)

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Dans le même temps, l’éruption du Kilauea (Hawaii) continue. Elle se concentre au fond du gouffre ouvert pendant l’éruption de 2018 dans le cratère de l’Halema’uma’u. Les webcams montrent que peu à peu un nouveau lac de lave est en train de se former.

Les scientifiques du HVO reconnaissent avoir été surpris par la rapidité du déclenchement de l’éruption. L’activité sismique sur le Kilauea avait certes montré une certaine hausse au cours des derniers jours, mais pas au point de voir la lave percer la surface du volcan!

L’éruption a lieu à l’intérieur du Parc National des Volcans d’Hawaï qui reste ouvert au public. Cependant, les autorités du parc demandent aux visiteurs d’être conscients que l’événement se déroule pendant la pandémie de Covid-19, et de se comporter de manière responsable, avec distanciation sociale et port de masque. Tous les secteurs du Parc ouverts avant le début de la nouvelle éruption restent accessibles. Les points de vue les plus intéressants pour observer la nouvelle éruption comprennent Wahinekapu (Steaming Bluff), Kilauea Overlook, Keanakāko’i, Waldron Ledge et d’autres points de vue le long de la Crater Rim Trail. Toutefois, Nahuku (Thurston Lava Tube) reste fermé en raison de la pandémie de Covid-19 car la distanciation sociale serait difficile à mettre en oeuve.

Le lac de lave au fond de l’Halema’uma’u (Source : webcam HVO)

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It looks as if Mt Etna has started a new series of « paroxysms. »  After the eruptive episode on the South-East Crater (SEC) of December 21st in the morning, a new eruption started on December 22nd at about 02:50 GMT with a strong increase n Strombolian activity in at least two vents. This activity was followed by a lava fountain that fed two flows. The former travelled SW, forming two branches. The latter moved toward the Valle del Bove. From a seismic point of view, the tremor displayed a strong spike at the time of the event, just like it did on December 21st. It later dropped to normal values.

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At the same time, the eruption of Kilauea continues. It is developing at the bottom of the chasm that opened during the 2018 eruption in Halema’uma’u Crater. The webcams show that a new lava lake is growing at the bottom of the crater.

HVO scientists admit they were surprised by how quickly the eruption started. Seismic activity on Kilauea had shown some increase in recent days, but they did not expect to see lava pierce the surface of the volcano!

The eruption is taking place within Hawaii Volcanoes National Park which remains open to the public. However, Park authorities ask visitors to be fully aware that we are in the middle of the COVID-19 pandemic and to recreate responsibly, maintain social distance and to wear a mask. All areas that were open in the park before the new eruption began remain open. Vantage points for viewing the new eruption include Wahinekapu (Steaming Bluff), Kilauea Overlook, Keanakāko’i, Waldron Ledge and other overlooks along Crater Rim Trail. However, Nahuku (Thurston Lava Tube) remains closed due to COVID-19 concerns.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

La dernière éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) a pris fin le 8 décembre 2020. Dans les jours qui ont suivi, l’OVPF a continué à enregistrer de la sismicité, comme cela se produit souvent sur le volcan après une éruption. Il est probable que des réajustements se produisent dans la chambre magmatique superficielle. L’Observatoire n’a pas publié de nouveaux bulletins depuis le 9 décembre. Le site nous apprend toutefois qu’il n’y a pas d’activité, que le niveau d’alerte est « Sauvegarde » et que les sentiers de la partie haute de l’Enclos Fouqué et d’accès au sommet restent fermés.

Comme je l’ai indiqué précédemment, la chambre magmatique superficielle est probablement en cours de remplissage depuis sa vidange en avril 2020. Il faut donc s’attendre à de nouveaux événements éruptifs de courte durée le temps qu’elle se remette à flot définitivement.

Dernière minute : La préfecture de La Réunion a annoncé le retour en phase de Vigilance du Piton de la Fournaise ce vendredi 18 décembre. Le public pourra donc accéder à la partie haute de l’Enclos à compter du samedi 19 décembre.

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En Indonésie, l’éruption du Lewotolo se poursuit avec des panaches de cendres s’élevant jusqu’à 1 km au-dessus du sommet. Des explosions stromboliennes sont observées la plupart des nuits avec des projections de matériaux au-dessus du cratère. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est invité à rester à 4 km du cratère.

Des avalanches de blocs continuent de dévaler le flanc ouest du Merapi. Une comparaison des photos prises le 29 novembre et le 8 décembre montre quelques changements morphologiques dans la zone sommitale. Cependant, des images de drone du 5 décembre ne révèlent aucune arrivée de nouveaux matériaux sur le dôme de lave dans le cratère.

L’éruption du Semeru se poursuit. Des matériaux incandescents sont éjectés à 50-100 m au-dessus du sommet. Des coulées pyroclastiques et des avalanches de blocs descendent toujours les flancs S et SE du volcan. Des explosions sont enregistrées par le réseau sismique. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4), avec une zone d’exclusion générale de 1 km et des extensions à 4 km dans le secteur SSE. Source: PVMBG.

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Au Guatemala, des explosions se produisent toujours sur le Fuego avec  des panaches de cendres jusqu’à 1,1 km au-dessus du cratère. Ces explosions génèrent des ondes de choc qui font vibrer les bâtiments jusqu’à 20 km du sommet. Les avalanches de blocs descendent plusieurs ravines et atteignent parfois les zones de végétation. Des retombées de cendres sont souvent signalées dans les zones sous le vent.

Une bouche s’est ouverte au NNO du sommet de Pacaya et a laissé échapper une coulée de lave qui s’est dirigée vers l’ouest-sud-ouest. La coulée de lave qui s’est ouverte en octobre sur le flanc OSO est toujours active : elle présente plusieurs ramifications dont les longueurs sont comprises entre 400 et 600 m. On observe quotidiennement des explosions stromboliennes au niveau du cône dans le cratère Mackenney, avec des projections de matériaux jusqu’à 150 m au-dessus du cratère.

L’activité s’est intensifiée sur le Santiaguito au cours des derniers jours. Des coulées pyroclastiques ont été observées sur les flancs du volcan et des retombées de cendres ont été signalées dans les zones sous le vent.

Plus précisément, l’activité s’est intensifiée le 11 décembre 2020 lorsque le Santiaguito a envoyé une colonne de cendres jusqu’à 3 300 m d’altitude.

Le 13 décembre, l’INSIVUMEH a indiqué que des coulées pyroclastiques avaient été observées le long des pentes ouest-sud-ouest du volcan.

Il est conseillé à la population de rester à l’écart du volcan.

Source: INSIVUMEH.

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Sur l’Etna (Sicile), l’activité strombolienne a continué jusqu’au 15 décembre 2020 sur le Cratère SE, au niveau d’au moins deux bouches. La bouche la plus à l’Est envoyait des lambeaux de lave sur la lèvre du cratère. Dans le même temps, une activité explosive discontinue était observée dans la Voragine.

La visite sur le terrain du 14 décembre a permis de confirmer l’effondrement de la partie SO du cône du Cratère SE. Cet effondrement a généré les trois coulées pyroclastiques décrites précédemment.

Comme je l’indiquais dans mes notes précédentes, l’épisode éruptif du 13 décembre a également donné naissance à deux coulées de lave à la base du Cratère SE ainsi que sur le flanc sud-ouest. La coulée principale s’est élargie à la base du cratère pour former au moins quatre lobes dans la zone entre le Cratère SE et les Crateri Barbagallo. L’un des lobes a a continué à avancer dans la direction SSO puis s’est arrêté entre les Crateri Barbagallo et le Monte Frumento Supino. La coulée de lave SO a suivi la même trajectoire que la coulée Sud ; elle a atteint et contourné vers l’ouest le Monte Frumento Supino où son front s’est élargi et épaissi. Lors de la visite sur le terrain, les deux coulées de lave n’étaient plus alimentées et étaient en cours de refroidissement.

Du point de vue sismique, le tremor éruptif a présenté des fluctuations tout en restant à un niveau élevé les 13 et 14 décembre. Il a rapidement chuté le 15 décembre pour retrouver des valeurs moyennes. Les données de déformation du sol ne montrent pas de variations significatives.

Source : INGV.

En cliquant sur ce lien, vous verrez une vidéo du dernier épisode éruptif:

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Here is some news of volcanic activity around the world :

The last eruption of Piton de la Fournaise (Reunion Island) came to an end on December 8th, 2020. In the days that followed, OVPF continued to record seismicity, as often happens on the volcano after an eruption. Readjustments probably occur in the shallow magma chamber. The Observatory has not published any new bulletins since December 9th. However, the website informs the public that there is no activity, that the alert level is « Sauvegarde » and that the trails to the upper part of the Enclos Fouqué, as well as access to the summit remain closed.

As I put it previously, the shallow magma chamber has probably been filling since its drainage in April 2020. More eruptive events of short duration are therefore likely until it finally gets afloat.

Last minute : The alert level for Piton de la Fournaise was lowered to « Vigilance » on December18th, 2020. This means that the Enclos and the summit trails will be open to the public as soon as December 19th in the morning.

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In Indonesia, the eruption at Lewotolo continues with ash plumes rising as high as 1 km above the summit. Strombolian explosions can be observed most nights ejecting material above the summit crater. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4) and the public is asked to stay 4 km away from the summit crater.

Rock avalanches still travel down Merapi’s western flank. A comparison of photos taken on 29 November and 8 December showed some morphological changes in the summit area; however, drone footage from 5 December revealed no new lava dome material in the summit crater.

The eruption of Semeru continues. Incandescent material is ejected 50-100 m above the summit. Pyroclastic flows and rock avalanches still descend the S and SE flanks of the volcano. Explosions are recorded by the seismic network. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4), with a general exclusion zone of 1 km and extensions to 4 km in the SSE sector.

Source: PVMBG.

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In Guatemala, explosions are still occurring at Fuego, generating ash plumes as high as 1.1 km above the crater. They generate shock waves that rattle buildings within 20 km of the summit. Block avalanches descend several drainages, sometimes reaching vegetated areas. Ashfall is often reported in downwind areas.

A new lava flow has emerged from a vent NNW of Pacaya’s summit and has travelled as far as 250 m WSW. The branched lava flow which opened in October on the WSW flank is still active, with lengths between 400 and 600 m. Strombolian explosions from the cone in Mackenney Crater are observed on most days; they eject material as high as 150 m above the crater.

Activity increased on Santiaguito during the past days. Pyroclastic flows have been seen travelling along the slopes of the volcano and ashfall has been reported in downwind areas.  .

More specifically, activity intensified on December 11th, 2020 when Santiaguito sent an ash column up to 3 300 m above sea level.

On December 13th, INSIVUMEH reported that pyroclastic flows were observed along the west-southwest slopes of the volcano.

People have been advised to stay away from the volcano.

Source: INSIVUMEH.

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On Mt Etna (Sicily), Strombolian activity continued until December 15th, 2020 at the SE Crater. The easternmost vent constantly sent shreds of lava over the crater rim. At the same time, discontinuous explosive activity was observed within Voragine.

The field visit on December 14th confirmed the collapse of the SW part of the SE Crater cone. This collapse generated the three pyroclastic flows described previously.

As I indicated in my previous posts, the eruptive episode of December 13th  also produced two lava flows at the base of the SE Crater as well as on the southwest flank. The main flow widened at the base of the crater to form at least four lobes in the area between the SE Crater and the Crateri Barbagallo. One of the lobes continued to travel in the SSW direction and then stopped between the Crateri Barbagallo and the Monte Frumento Supino. The SW lava flow followed the same direction as the South lava flow; it reached and bypassed Monte Frumento Supino westward, where her lava front widened and thickened. During the field visit, the two lava flows were no longer fed and were cooling.

From a seismic point of view, the eruptive tremor showed fluctuations but remained above background level on December 13th and 14th. It sharply declined on December 15th and retrieved medium values. The ground deformation data does not show significant variations.

Source: INGV.

L’image de la caméra thermique installée sur la Montagnola à une altitude de 2600 m montre l’activité strombolienne à partir de trois bouches éruptives sur le Cratère SE de l’Etna, ainsi que la nouvelle coulée de lave émise par la fissure qui s’est ouverte pendant le paroxysme du 13 décembre.

Forte activité éruptive sur l’Etna (Sicile) // Strong eruptive activity on Mt Etna (Sicily)

7 heures : La webcam de L’Association Volcanologique Européenne (L.A.V.E.) montre que depuis la soirée du 13 décembre 2020 vers 22 heures, on observe une intensification de l’activité éruptive de l’Etna avec l’ouverture de deux fissures sur le flanc sud du Cratère Sud-Est. Les fissures alimentaient deux coulées de lave qui se dirigeaient vers le sud-ouest et le sud. Les fronts de coulées se sont stabilisés à une altitude d’environ 2850m. Le tremor a montré une hausse significative, en particulier au moment de l’émission de fontaines de lave, comme on peut le voir ci-dessous, avant de diminuer par la suite.  On n’observe pas de déformation significative de l’édifice volcanique. Affaire à suivre.

Source : INGV.

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11 heures : Il semble que l’activité se soit stabilisée sur l’Etna. Le tremor reste au-dessus de son niveau de base, mais a beaucoup diminué après l’épisode éruptif de la nuit dernière. Contrairement à ce que l’on a pu lire sur les réseaux sociaux, il ne s’agissait pas d’une éruption majeure, mais juste d’un événement que certains vont qualifier de «paroxysme» de l’Etna. Il a malgré tout été fort spectaculaire, avec de belles fontaines de lave de plusieurs dizaines de mètres de hauteur, et deux coulées de lave qui se sont dirigées vers le S et le SW. Leurs fronts se sont immobilisés à environ 2 850 m d’altitude.

La couleur de l’alerte aérienne est d’abord passée au Rouge, avant d’être abaissée à l’Orange.

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18 heures : Une visite sur le terrain a permis aux scientifiques de l’INGV d’évaluer la situation suite à la crise éruptive de la nuit dernière. Ils confirment la présence d’une activité strombolienne d’intensité variable à l’intérieur du Cratère SE. Par ailleurs, les deux coulées de lave émisses à partir des fractures ouvertes sur le flanc sud du cratère sont en cours de  refroidissement et plus aucune lave n’est émise. L’activité éruptive génère encore un nuage de cendre qui atteint une altitude maximale d’environ 4 km.

Au cours de la reconnaissance sur le terrain, il est apparu que des modifications morphologiques étaient intervenues sur le Cratère SE. En particulier, la partie sud-ouest du cratère a subi des effondrements qui ont déclenché trois coulées pyroclastiques pendant la crise éruptive de la nuit dernière. L’une d’elle a parcouru une distance d’environ 2 km.

Sismicité et déformation n’ont pas varié depuis les bulletins précédents diffusés par l’INGV.

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7:00 am : The LAVE webcam shows that since the evening of December 13th, 2020 at10 p.m. or so, there has been an intensification of the eruptive activity of Mt Etna with the opening of two fissures on the southern flank of the Southeast Crater. The fissures fed two lava flows that headed southwest and south. The flow fronts stabilized at an altitude of about 2850m. The tremor showed a significant increase when lava fountains were emitted, as can be seen below, before decreasing thereafter. No significant deformation of the volcanic edifice is observed. To be continued.

Source: INGV.

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11:00: It seems activity has stabilised on Mt Etna. The tremor is still above background levels but has much declined after last night’s eruptive event. Contrary to what has been suggested on social networks, it was not a major eruption, but just an event that some people would can a “paroxysm” of Mt Etna. However, it was quite dramatic, starting with nice lava fountains several tens of meters high and two lava flows that travelled towards the S and SW, with fronts that stopped at an altitude of about 2 850 m.

The Aviation Colour Code was first raised to Red, then lowered to Orange.

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6 p.m : A field visit allowed INGV scientists to assess the situation following last night’s eruptive crisis. They confirm the presence of Strombolian activity of varying intensity inside the SE Crater. In addition, the two lava flows emitted from the fissures on the southern flank of the crater are cooling and no more lava is emitted. Eruptive activity still generates an ash cloud which reaches a maximum altitude of about 4 km. During the field reconnaissance, it appeared that morphological changes occurred at the SE Crater. In particular, the southwestern part of the crater suffered collapses that triggered three pyroclastic flows during last night’s eruptive crisis. One of them travelled a distance of about 2 km. Seismicity and deformation have not changed since the previous INGV reports.

Source : INGV

Piège volcanique en hiver // A volcanic trap in winter

Quand j’étais plus jeune, avec une plus grande passion pour les volcans, et quand il y avait aussi moins de restrictions d’accès, il m’est arrivé de visiter l’Etna en hiver. Il n’y avait plus de touristes et un silence parfait régnait sur le volcan, parfois rompu par le bruit des explosions au niveau des cratères sommitaux.

Il y avait souvent pas mal de neige et j’avais reçu des conseils de prudence de la part de volcanologues confirmés comme Haroun Tazieff et François Le Guern, ainsi que mon ami Antonio Nicoloso, chef des guides sur l’Etna.

Il existe en effet des pièges cachés par la neige sur les flancs d’un volcan actif. Les gaz chauds émis par les fumerolles font fondre la neige et la glace par en dessous, de sorte que la surface devient fragile et on peut tomber dans un trou ou une fracture si on ne fait pas attention. Comme on est seul, il n’y a personne pour porter secours et aider à sortir de cette situation difficile. De plus, les fumerolles émettent des gaz toxiques qui peuvent rapidement devenir dangereux pour la santé. Pour terminer, lors de mes virées hivernales sur l’Etna dans les années 2000, les téléphones portables (on ne parlait pas encore de smartphones) et leurs réseaux n’étaient pas aussi performants qu’aujourd’hui ; donc difficile d’appeler à l’aide.

C’est une telle mésaventure qui est arrivée en décembre 2020 à une femme qui faisait du ski sur les pentes du Mont Hood (Oregon), un volcan potentiellement actif de la Chaîne des Cascades aux États-Unis. Elle skiait avec son mari lorsqu’elle a disparu dans une bouche creusée par une fumerolle et rendue invisible par la couverture de neige. Cette femme a eu beaucoup de chance car une personne qui se trouvait à proximité a assisté à la scène et a pu lui porter secours. Équipé d’une corde, l’homme a réussi à sortir la femme de la cavité. Il est à noter qu’elle était une skieuse confirmée et prudente. Elle avait de l’eau, des chaussures techniques et portait un casque.

La littérature montagnarde mentionne un accident similaire aux Etats-Unis, mais avec des conséquences beaucoup plus dramatiques. En avril 2006, trois membres d’une patrouille de ski sont morts après être tombés dans la fumerolle de Mammoth Mountain en Californie.

Peu de temps après une forte tempête de neige, un groupe de 6 patrouilleurs se déplaçait le long d’une clôture à peine visible destinée à protéger l’accès à la fumerolle volcanique bien connue sur le site de Mammoth Mountain. Au moment de leur passage, la neige qui dissimulait la bouche s’est effondrée. Deux membres de la patrouille de ski ont disparu dans la cavité de 6 mètres de profondeur et ont rapidement perdu connaissance.

Un appel de détresse a été lancé et d’autres patrouilleurs sont arrivés peu après avec du matériel de sauvetage. Pendant que des membres de la patrouille tentaient de creuser une ouverture dans la partie inférieure de la bouche éruptive pour atteindre les victimes, un autre homme est descendu dans la cavité en tenant un masque à la main. Il a perdu connaissance en 30 secondes, avant même de pouvoir fixer le masque sur son visage.

Un autre patrouilleur est descendu jusqu’à la moitié de la cavité et il a rapidement réalisé le danger représenté par les épais nuages de gaz,. Il a appelé les secours et a tout juste eu le temps d’apposer son masque à oxygène sur son visage avant de perdre connaissance.

En raison des gaz nocifs émis par la fumerolle, les membres de la patrouille de ski et leurs collègues venus les aider se sont partagés en plusieurs équipes et ils ont travaillé pendant une quinzaine de minutes jusqu’à ce qu’une ouverture suffisamment grande puisse être creusée pour permettre l’accès aux victimes. .

Finalement, des patrouilleurs dotés de masques à oxygène (ce qui n’a pas empêché l’un d’eux de brièvement perdre connaissance en sortant) ont réussi à extraire les dernières victimes. Les cadavres ont été extirpés peu après avec l’aide des pompiers portant des équipements adaptés, en particulier pour la respiration.

De nombreux membres de la patrouille de ski ayant participé au sauvetage ont été pris momentanément de nausées, de vomissements et d’étourdissements. Toutes les personnes symptomatiques ont été admises dans un hôpital et ont été placées en observation pendant la nuit, mais aucune n’a nécessité une intervention médicale significative. Les autopsies des 3 patrouilleurs décédés ont révélé un œdème pulmonaire, une hypertrophie des cavités cardiaques et des hémorragies internes. Les médecins ont conclu qu’il s’agissait de décès par asphyxie.

Source: Los Angeles Times et autres médias d’information américains.

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When I was younger, with a greater passion for volcanoes, and when there were fewer access restrictions on volcanoes, I happened to visit Mount Etna in the winter. There were no more tourists and a perfect silence prevailed on the volcano, except the noise of the eruptions at the summit craters.

There was usually quite a lot of snow and I had been advised to be cautious by confirmed volcanologists like Haroun Tazieff and François Le Guern, as well as my friend Antonio Nicoloso, head of the guides on Mt Etna.

Indeed, there are traps hidden by the snow on the flanks of an active volcano. Hot gasses released by the fumaroles melt the snow and the ice from below, so that the surface becomes fragile and you may fall in a hole or a fissure if you are not careful. As you are alone, it will be quite impossible to have someone help you get out of this difficult situation. Moreover, fumaroles emit toxic gases that can rapidly become dangerous to the health. At the time of my trips to Mt Etna, smartphones and their networks were not as performing as today, so it was difficult to ask for help.

This is what happened in December 2020 to a woman who was skiing on the slopes of Mount Hood (Oregon), a potentially active volcano of the Cascade Range in the United States. She was skiing with her husband when she plunged into a snow-covered fumarole. She was quite lucky because a quick-thinking bystander rushed to help. Equipped with a rope, the man secured himself to it and hoisted the woman out of the hole. It should be noted that the woman was a frequent and cautious skier. She had water and was wearing traction devices on her feet as well as a helmet.

Mountain literature mentions one similar accident in the U.S. In April 2006, three members of a ski patrol died after they fell into the Mammoth Mountain Fumarole in California.

Shortly after a heavy snowstorm, a group of 6 ski patrol members was moving along a barely visible fence protecting the boundaries of a well-known volcanic fumarole on Mammoth Mountain, when the snow around the covered vent collapsed. Two members of the ski patrolslid into the 6-metre-deep hole and rapidly lost consciousness.  An emergency distress call was placed and additional ski patrollers arrived with rescue equipment soon after. While others attempted to dig a rescue hole through a lower section of the vent to reach the victims, one ski patrol member descended into the hole with a nonrebreathable oxygen mask in hand, but lost consciousness within 30 seconds before he could affix the mask.

An additional patroller descended partway down the hole, quickly recognized the dangers of the overwhelming fumes, called out for rescue, and affixed his oxygen mask just prior to losing consciousness.

Because of the noxious gasses emitted by the fumarole, the remaining members of the initial ski patrol party plus additional patrollers who responded to the distress call worked in brief shifts for approximately 15 minutes until a sufficiently large hole could be dug to allow access to the victims. Eventually, patrollers using nonrebreathable oxygen masks (one of whom was overcome by fumes and briefly lost consciousness upon exiting) successfully extracted the last victims, while the corpses of the dead men were removed soon after with the aid of fire department personnel wearing self-contained breathing apparatus.

Many of the ski patrol members involved in the rescue experienced transient nausea, vomiting, and dizziness. All symptomatic patients were admitted to a local hospital for overnight observation, but none required significant medical intervention.

Autopsies on the 3 deceased patrollers revealed pulmonary edema, enlargement of all 4 cardiac chambers, and internal hemorrhages. The doctors concluded it was death by asphyxiation.

Source: Los Angeles Times and other U.S. news media.

L’Etna en hiver… Photos extraites de mon diaporama « L’Etna de glace et de feu », primé dans plusieurs festivals.