L’Intelligence Artificielle au service de la volcanologie (suite) // Artificial Intelligence in the service of volcanology (continued)

L’intelligence artificielle (IA) est de plus en plus utilisée en sismologie et en volcanologie où elle pourrait contribuer à la prévision des séismes et des éruptions, événements parfois destructeurs. J’ai publié une note le 28 juillet 2024 expliquant comment les scientifiques utilisent l’IA. J’ai également ajouté que son utilisation dans la prévision volcanique et pour d’autres phénomènes naturels semble prometteuse. Cependant, il faut garder à l’esprit que l’intelligence artificielle relève des sciences exactes, tandis que les éruptions dépendent des caprices de la Nature, qui peuvent être imprévisibles !
Un nouvel article publié par des chercheurs de l’Université de Canterbury (Nouvelle-Zélande) explique qu’ils utilisent un nouvel outil, développé grâce à l’intelligence artificielle (IA), pour améliorer la prévision des éruptions volcaniques dans le monde.
L’équipe scientifique de l’Université de Canterbury a créé un modèle d’apprentissage automatique (machine learning, ML) capable d’identifier les premiers signes sismiques d’éruptions volcaniques. L’étude a analysé 41 éruptions sur 24 volcans sur une période de 73 ans. Cela a donné naissance à des schémas d’activité sismique pré-éruptive pouvant être appliqués à des volcans moins surveillés.
Les chercheurs ont introduit une technique d’apprentissage automatique appelée « apprentissage par transfert » (transfer learning, TL), qui identifie les signaux précurseurs communs à plusieurs volcans. Cette approche permet de prévoir les éruptions sur des sites où les instruments de mesure sont rares, voire inexistants. Les chercheurs affirment que leur méthode offre une solution rentable et évolutive pour améliorer les prévisions concernant les volcans dépourvus de surveillance ou mal surveillés.
Le modèle basé sur l’IA vise également à venir en aide aux régions disposant d’infrastructures de surveillance limitées, comme l’Asie du Sud-Est et l’Amérique centrale, où de nombreux volcans actifs restent sous-étudiés.
L’équipe de recherche a collaboré avec des observatoires volcaniques à travers le monde pour garantir que le modèle de prévision fournisse des données exploitables. Cette approche collaborative permet une intégration transparente avec les cadres de surveillance volcanique existants.
Les scientifiques de l’Université de Canterbury ont analysé 41 éruptions volcaniques sur 24 volcans différents, couvrant 73 années de données sismiques. Ils ont classé les volcans en trois groupes selon leur type éruptif : magmatiques, phréatiques et un groupe incluant tous les volcans. Le modèle ML a utilisé une fenêtre de données sismiques de 48 heures précédant les éruptions pour tester les modèles de prévision. Les résultats ont été évalués par un processus de validation croisée, reproduisant les conditions de prévision en temps réel.
La comparaison avec les méthodes de prévision traditionnelles, telles que la mesure de l’amplitude sismique en temps réel (RSAM), a révélé que le modèle ML était plus performant que les techniques conventionnelles. Il a notamment démontré une meilleure sensibilité à l’activité pré-éruptive pour les éruptions phréatiques.
Certains volcans, comme le Copahue, ont affiché des valeurs de prévision constamment élevées entre des éruptions rapprochées, ce qui pourrait nécessiter une amélioration du modèle. Les éruptions non annoncées, comme celle de Cordon-Caulle en 2011, ont présenté des limites en termes de prévision en raison de la faiblesse des signaux sismiques pré-éruptifs. Les améliorations pourraient inclure l’intégration des niveaux d’émissions gazeuses, des anomalies thermiques et des données magnétotelluriques dans les modèles de prévision. Les chercheurs prévoient également d’affiner la capacité du modèle à distinguer différents types d’activité volcanique, comme les éruptions à conduit ouvert et fermé.
Source : Université de Canterbury.

Éruption du Copahue en 2013 (Crédit photo: SERNAGEOMIN)

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Articicial intelligence (AI)is more and more used in seismology and volcanology, with the hope that it will help precict earthquakes and eruptions that can sometimes be destructive.I wrote a post on 28 July 2024 explaining how scientists are using AI, but I also added that the use of artificial intelligence in volcanic prediction and the prediction of other natural phenomena looks promising. However, one should keep in mind that artificial intelligence is part of exact science whereas eruptions depend on Nature’s whims which can be unpredictable !

A new article by researchers at the University of Canterbury (New Zealand) has resulted in a new tool, developed using artificial intelligence (AI), to improve the prediction of volcanic eruptions worldwide.

The University of Canterbury research team has created a machine-learning (ML) model capable of identifying early seismic warning signs of volcanic eruptions. The study analyzed 41 eruptions across 24 volcanoes over 73 years, revealing patterns in pre-eruption seismic activity that can be applied to less-monitored volcanoes.

The research introduces an ML technique known as transfer learning, which identifies shared precursor signals across multiple volcanoes. The approach allows for forecasting eruptions at sites with little to no prior instrumental eruption records. The researchers say that their method provides a cost-effective and scalable solution for improving forecasting at under-monitored volcanoes.

The AI-based model also aims to support regions with limited monitoring infrastructure, such as Southeast Asia and Central America, where many active volcanoes remain understudied.

The research team worked alongside international volcano observatories to ensure the forecasting model provides actionable data. The collaborative approach enables seamless integration with existing volcanic monitoring frameworks.

The scientists analyzed 41 volcanic eruptions from 24 different volcanoes, spanning 73 years of seismic data. The researchers categorized volcanoes into three groups based on eruption type: magmatic, phreatic, and a global pool that included all volcanoes. The ML model used a 48-hour window of seismic data leading up to eruptions to train forecasting models The model’s performance was assessed through a cross-validation process mimicking real-time forecasting conditions.

Comparisons with traditional forecasting methods, such as Real-Time Seismic Amplitude Measurement (RSAM), revealed that the ML model outperformed conventional techniques. In particular, the model demonstrated better sensitivity to pre-eruptive activity for phreatic eruptions.

Some volcanoes, such as Copahue, displayed consistently high forecasting values between closely spaced eruptions, which may require further refinement of the model. Unheralded eruptions, such as the 2011 Cordon Caulle event, presented limitations in forecasting capabilities because of weak pre-eruption seismic signals.

Future improvements may include incorporating gas emission rates, thermal anomalies, and magnetotelluric data into the forecasting models. The researchers also plan to refine the model’s ability to distinguish between different types of volcanic activity, such as open versus closed conduit eruptions.

Source : University of Canterbury.

https://www.canterbury.ac.nz/

Sismicité et bradyséisme dans les Champs Phlégréens (Italie) : la réalité scientifique // Seismicity and bradyseism in the Phlegraean Fields (Italie) : scientific reality

Suite au dernier séisme qui a secoué la région des Champs Phlégréens et de Naples le 13 mars 2025, beaucoup de gens redoutent une éruption volcanique qui serait un désastre étant donné la très forte densité de population dans cette région.

Comme toujours dans un contexte anxiogène, il faut garder la tête froide et prendre en compte la réalité sur le terrain. Pour cela, il suffit de consulter le site de l’INGV qui met en ligne les paramètres scientifiques concernant les Champs Phlégréens et donne un avis sur l’évolution de la situation.

https://www.ov.ingv.it/index.php/monitoraggio-e-infrastrutture/bollettini-tutti/boll-sett-flegrei

Dans le bulletin du 11 mars 2025, l’INGV explique qu’au cours de la semaine du 3 au 9 mars 2025 (donc quelques jours avant l’événement du 13 mars), on a enregistré 89 séismes de magnitude Md≥0,0 (Mdmax=3,2 ± 0,3) dans la région des Campi Flegrei. Cette tendance correspond à la situation des derniers mois, en sachant que certains séismes sont susceptibles de présenter une intensité supérieure à celle mentionnée dans le bulletin.
S’agissant de la déformation du sol, les données des 3 dernières semaines montrent une reprise du soulèvement du sol, avec une valeur préliminaire de vitesse moyenne mensuelle d’environ 30±5 mm/mois. Cette valeur est préliminaire et sera affinée en fonction des données supplémentaires disponibles dans les prochaines semaines.

Pouzzoles: Temple de Sérapis et traces de l’activité bradysismique

Aucune variation significative des paramètres géochimiques n’a été signalée. Le capteur de température installé à proximité de la fumerolle de Pisciarelli a montré une valeur moyenne d’environ 96 °C.

Sur la base de l’activité volcanique décrite ci-dessus, l’INGV indique qu’ « aucun élément n’émerge de nature à suggérer des évolutions significatives à court terme. »
En bref, les paramètres géophysiques et géochimiques n’incitent pas à la panique. Toutefois, des essaims sismiques comme ceux observés à la mi-février 2025, ou des secousses de plus forte intensité comme celle du 13 mars ne sauraient être exclus, et on ne peut malheureusement pas prévoir le moment de leur déclenchement.

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Une équipe de chercheurs de l’INGV a analysé l’évolution de la déformation du sol et de l’activité sismique dans les Campi Flegrei de 2000 à 2023. Elle a quantifié leur accélération au fil du temps et établi une relation exponentielle entre le soulèvement maximal de la caldeira et le nombre cumulé d’événements sismiques. L’étude a été publiée dans la revue Communications Earth & Environment. Un aspect particulièrement intéressant concerne la relation entre la déformation du sol et le nombre de séismes enregistrés. L’étude a mis en évidence une relation exponentielle claire entre le soulèvement maximal de la caldeira et le nombre cumulé de séismes enregistrés. Cette relation diffère de la relation linéaire observée lors de la dernière crise bradysismique de 1982-1984. De plus, cette relation exponentielle s’est renforcée à partir de 2020 environ, c’est-à-dire à mesure que le soulèvement de la caldeira s’approchait du niveau maximal atteint lors de la crise de 1982-1984. Cette relation explique pourquoi le soulèvement de la caldeira enregistré ces dernières années s’est accompagné d’une activité sismique plus intense que les années précédentes.

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Following the recent earthquake that shook the Phlegraean Fields and the Naples region on March 13th, 2025, many people fear a volcanic eruption which would be disastrous given the region’s very high population density.
As always, in an anxiety-provoking context, we must keep a cool head and consider the reality on the field. To do this, we just need to have a look at the INGV website, which provides the scientific parameters concerning the Phlegraean Fields and provides a conclusion on the evolving situation.
https://www.ov.ingv.it/index.php/monitoraggio-e-infrastrutture/bollettini-tutti/boll-sett-flegrei

In the bulletin released on March 11th, 2025, INGV explains that during the week of March 3 to 9, 2025 (i.e., a few days before the event of March 13), 89 earthquakes with magnitudes Md≥0.0 (Mdmax=3.2 ± 0.3) were recorded in the Campi Flegrei area. This trend corresponds to the situation of recent months, bearing in mind that some earthquakes are likely to be of greater intensity than that mentioned in the bulletin.
Regarding ground deformation, data from the last 3 weeks show a resumption of ground uplift, with a preliminary monthly average velocity value of approximately 30 ± 5 mm/month. This value is preliminary and will be refined based on additional data available in the coming weeks.
No significant variations in geochemical parameters have been reported. The temperature sensor installed near the Pisciarelli fumarole showed an average value of approximately 96°.

Based on the volcanic activity described above, INGV states that « no evidence has emerged that would suggest significant changes in the short term. »
In short, the geophysical and geochemical parameters do not give rise to panic. However, seismic swarms like those observed in mid-February 2025, or more intense tremors like the one on March 13, cannot be ruled out, and unfortunately, the timing of their onset cannot be predicted.

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A team of INGV researchers analyzed the evolution of ground deformation and seismic activity in the Campi Flegrei from 2000 to 2023. They quantified their acceleration over time and established an exponential relationship between the maximum caldera uplift and the cumulative number of seismic events. The study was published in the journal Communications Earth & Environment. A particularly interesting aspect concerns the relationship between ground deformation and the number of recorded earthquakes. The study reveals a clear exponential relationship between the maximum caldera uplift and the cumulative number of recorded earthquakes. This relationship differs from the linear relationship observed during the last bradyseismic crisis of 1982-1984. Moreover, this exponential relationship strengthened from around 2020 onwards, i.e., as caldera uplift approached the maximum level reached during the 1982-1984 crisis. This relationship explains why caldera uplift recorded in recent years has been accompanied by more intense seismic activity than in previous years.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Le Fuego (Guatemala) est entré en éruption le 10 mars 2025 avec des fontaines de lave de 300 m de hauteur. La cendre est montée jusqu’à 5 km d’altitude et les coulées pyroclastiques ont dévalé les flancs du volcan sur 5 à 7 km. Les autorités ont évacué près de 300 familles, soit environ 1 000 personnes, tout en avertissant que 30 000 autres personnes de la région pourraient être en danger et devraient évacuer elles-mêmes si nécessaire. Des bus ont amené les évacués avec leurs effets personnels jusqu’à une mairie transformée en abri temporaire. Aucune victime n’a été signalée dans l’immédiat.
Une alerte a été lancée par les autorités le 9 mars afin de coordonner les secours et les mesures préventives. Le gouvernement a suspendu les activités scolaires dans la région et fermé une route traversant le village qui relie le sud du pays à Antigua, la destination touristique la plus populaire du Guatemala. L’INSIVUMEH a recommandé aux compagnies aériennes de prendre des précautions en raison des cendres qui se sont répandues sur une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Fuego.

L’activité a ensuite commencé à diminuer et, le 10 mars à 11h30 (heure locale), les explosions n’étaient plus continues. L’INSIVUMEH a publié un rapport à 18h00 indiquant que l’activité et la sismicité étaient revenues à la normale. De grandes quantités de cendres n’étaient plus observéesées dans l’air. Les anomalies thermiques n’étaient plus, non plus, détectées dans les données satellitaires.

La dernière éruption du volcan remonte à juin 2023. Une éruption en 2018 a officiellement tué 194 personnes et fait 234 disparus, mais le bilan réel est bien plus lourd. .
Source : INSIVUMEH, Conred.

 

Image webcam du Fuego le 10 mars 2025

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Toujours pas d’éruption en Islande, même si le soulèvement du sol à Svartsengi a dépassé celui des éruptions précédentes. Certains volcanologques pensent que le cycle éruptif actuel sur le chaîne de cratères de Sundhnúkagígar touche à sa fin. D’autres se demandent si l’activité éruptive ne risquait pas de migrer vers le secteur de Krysuvik qui a connu deux essaims sismiques ces derniers jours. Cette hypothèse est critiquée par d’autres scientifiques qui pensent que l’éruption pourrait se produire fin mars dans la même zone que lors des derniers événements. C’est le point de vue du Met Office qui fait état d’une hausse de la sismicité et pense que l’éruption (si éruption il y a) aura lieu, comme précédemment, sur la chaîne de cratères de Sundhnúkur.

Toujours un gonflement du sol….mais pas d’éruption! (Source: Met Office)

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Le mont Spurr (Alaska) présente toujours des signes d’activité. Lors de récents survols, les scientifiques de l’AVO ont observé d’importantes émissions de gaz provenant de fumerolles récemment réactivées au niveau de Crater Peak. L’activité sismique et la déformation du sol se poursuivent. L’augmentation des émissions de gaz confirme l’intrusion de nouveau magma dans la croûte terrestre sous le volcan et indique qu’une éruption est probable, mais pas certaine, dans les prochaines semaines ou les prochains mois. Si elle se produit, il s’agira probablement d’une éruption explosive, comme celles de 1953 et 1992, qui ont duré quelques heures et produit des nuages ​​de cendres provoquant de légères retombées sur les localités de la partie centre-sud de l’Alaska. Source : AVO.

Source: AVO

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Comme je l’ai indiqué dans ma note du 12 mas 2025, l’épisode 13 de l’éruption du Kilauea (Hawaï) s’est terminé à 15h13 (heure locale) le 11 mars 2025. La bouche nord a brusquement cessé ses fontaines de lave à 15h11. Par la suite, la fontaine au niveau de la bouche sud est devenue instable et a également cessé son activité à 15h13. L’épisode 13 a duré 12 heures et 37 minutes, et les coulées de lave ont recouvert plus de 60 % du plancher du cratère de l’Halemaʻumaʻu.
Comme précédemment, un tilt déflationniste a été observé pendant l’épisode, et l’inflation a repris à 15h13 après la fin des fontaines, signe probable d’un 14ème épisode éruptif.
Les émissions de SO2 ont atteint environ 40 000 tonnes par jour lorsque les fontaines de lave étaient les plus actives. Des retombées de cheveux de Pele ont été signalées à Pahala, à environ 40 kilomètres sous le vent, au sud-ouest de l’Halemaʻumaʻu. Chaque épisode éruptif du Kilauea depuis le 23 décembre 2024 a duré de 13 heures à 8 jours et les épisodes ont été séparés par des pauses de moins de 24 heures à 12 jours.

Fontaines de lave de l’épisode 13 (image webcam)

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L’activité éruptive est toujours intense sur le Poás (Costa Rica) et se poursuit à un niveau élevé. Début mars, de fréquentes éruptions phréatiques éjectaient des matériaux jusqu’à 50 m au-dessus du plancher du cratère. Ces éruptions étaient quasi continues au niveau de la Boca C et sporadiques à la Boca A. Une déformation radiale et une inflation étaient détectées dans et autour du cratère. Le 7 mars 2025, le niveau d’alerte a été relevé à 3 sur une échelle de 4 niveaux et la couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs).
Dans un rapport spécial publié le 9 mars, l’OVSICORI a signalé que deux ondes de choc avaient signalé un événement éruptif. Des panaches de vapeur s’élevaient alors à plusieurs centaines de mètres de hauteur et des matériaux étaient probablement éjectés jusqu’à 200 m au-dessus de la bouche la plus active, bien que la confirmation visuelle ait été masquée par les panaches. Les éruptions phréatiques généraient des panaches de gaz et de vapeur s’élevant jusqu’à 1 km de hauteur.
L’activité s’est poursuivie les 9 et 10 mars, principalement depuis la Boca C. Les éruptions phréatiques éjectaient des matériaux à 200-400 m au-dessus du fond du cratère et généraient des panaches de vapeur et de gaz s’élevant jusqu’à 1 km de hauteur. Des blocs atteignant 1 mètre de diamètre retombaient sur le plancher du cratère.
L’activité éruptive se poursuivait le 11 mars à des niveaux similaires. Des séismes d’intensité modérée à élevée sont toujours enregistrés et l’inflation se poursuit.
Source : OVSICORI.

Image webcam de l’activité du Poas en mars 2025

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Une forte anomalie thermique a été détectée au-dessus du Bezymianny (Kamchatka) sur des images satellites entre le 28 février et le 6 mars 2025. Des avalanches de débris incandescents dévalaient quotidiennement le flanc sud-est et l’incandescence sommitale était visible au cours de la nuit. Des panaches de cendres générés par les avalanches de débris s’élevaient jusqu’à 2,2 km au-dessus du sommet. La couleur de l’alerte aérienne reste Orange (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs).
Source : KVERT.

Crédit photo: KVERT

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity in the world:

Fuego (Guatemala) erupted on March 10th, 2025, with lava fountains 300 m high. The ash rose up to 5 km above sea level and pyroclastic flows rushed down the flanks of the volcano over 5 to 7 km. Authorities have evacuated nearly 300 families or about 1,000 people, while warning that another 30,000 people in the area could be at risk and should evacuate themselves if necessary. Buses brought evacuees carrying belongings to a town hall turned into a temporary shelter.There is no immediate report of casualties.

An alert was issued by the authorities on March 9th in order to coordinate the response and preventive measures.The government suspended local school activities and closed a road through the village that links the south of the country to Antigua, Guatemala’s most popular tourist destination. INSIVUMEH recommended that air traffic take precautions due to ash that has spread about 50km west of Fuego.

Activity began to decrease and by 11:30 (local time) on March 10th explosions were no longer continuous. INSIVUMEH issued a report at 18:00 noting that activity and seismicity had returned to normal levels. Large amounts of ash were no longer detected in the air. Thermal anomalies were also no longer detected in satellite data.

Fuego last erupted in June 2023. A 2018 eruption officially killed 194 people and left another 234 missing, but the real death toll was much higher. .

Source : INSIVUMEH, Conred.

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Still no eruption in Iceland, although ground uplift at Svartsengi has exceeded that of previous eruptions. Some volcanologists believe that the current eruption cycle on the Sundhnúkagígar crater row is coming to an end. Others wonder whether eruptive activity could not migrate to the Krysuvik area which has experienced two seismic swarms in recent days. This hypothesis is criticized by other scientists who believe that the eruption could occur by the end of March in the same area as during the last events. This is the view of the Met Office which reports an increase in seismicity and believes that the eruption (if there is one) will take place, as previously, on the Sundhnúkur crater row.

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Mt Spurr (Alaska) is still showing signs of unrest. During recent overflights, AVO scientists observed elevated gas emissions from newly reactivated fumaroles at the volcano’s Crater Peak vent. Elevated seismic activity and ground deformation continue. The increase in gas emissions confirms that new magma has intruded into the Earth’s crust beneath the volcano and indicates that an eruption is likely, but not certain, to occur within the next few weeks or months. If it happens, it is likely to be an explosive eruption like those that occurred in 1953 and 1992 which lasted a few hours and produced ash clouds that caused minor ashfall on southcentral Alaska communities.

Source : AVO.

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As I put it in my post of 12 March 2025, Episode 13 of the Kilauea eruption (Hawaii) ended at 3:13 p.m. (local time) on March 11 2025.  The north vent ceased fountaining abruptly at 3:11 p.m. Subsequently, the south fountain became unsteady and also ceased activity by 3:13 p.m. Episode 13 lasted for 12 hours and 37 minutes, and lava flows have covered more than 60% of Halemaʻumaʻu crater floor.

Like previously, deflationary tilt was observed during the episode, and inflation resumed at 3:13 p.m. after fountaining ceased, the sign of a likely 14th eruptive episode. .

SO2 emissions reached about 40,000 tonnes per day during high fountaining. Peleʻs hair was reported falling in the town of Pahala about 40 kilometers downwind to the southwest of Halemaʻumaʻu.

Each episode of Halemaʻumaʻu lava fountaining since December 23, 2024, has continued for 13 hours to 8 days and episodes have been separated by pauses in eruptive activity lasting less than 24 hours to 12 days.

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Eruptive activity is still intense at Poás (Costa Rica) and continues at a high level. In early March, requent phreatic eruptions ejected material as high as 50 m above the crater floor. The phreatic eruptions were almost continuous at Boca C and sporadic and Boca A. Radial deformation and inflation were detected in and around the crater. On 7 March 2025, the Alert Level was raised to 3 pon a scale of 4 levels and the Aviation Color code was raised to Orange (the second highest color on a four-color scale).
In a special report issued on 9 March, OVSICORI reported that two shock waves signalled an eruptive event. Steam plumes rose several hundred meters and material was likely ejected as high as 200 m above the vent, though visual confirmation was obscured by the plumes. Phreatic eruptions generated gas-and-steam plumes that rose as high as 1 km.

Activity continued during 9-10 March mainly from Boca C. The phreatic eruptions ejected material 200-400 m above the crater floor and generated steam-and-gas plumes that rose as high as 1 km. Blocks up to 1 meter in diameter were ejected from the vents onto the crater floor.

Eruptive activity continued on 11 March at similar levels, moderate- to high-level tremor was recorded, and inflation continued.

Source : OVSICORI.

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A strong thermal anomaly over Bezymianny (Kamchatka)was identified in satellite images during 28 February-6 March 2025. Incandescent debris avalanches descended the SE flanks daily and summit incandescence was visible during dark hours. Ash plumes generated from debris avalanches rose as high as 2.2 km above the summit. The Aviation Color Code remains at Orange (level 2 on a four-color scale).

Source : KVERT.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Kilauea (Hawaï) : fin de l’épisode 13, avant le 14ème ? // End of episode 13, before 14 ?

L’épisode 13 de l’éruption du Kilauea s’est terminé à 15h13 (heure locale) le 11 mars 2025. La bouche nord a brusquement cessé ses fontaines de lave à 15h11. Par la suite, la fontaine au niveau de la bouche sud est devenue instable et a également cessé son activité à 15h13. L’épisode 13 a duré 12 heures et 37 minutes, et les coulées de lave ont recouvert plus de 60 % du plancher du cratère de l’Halemaʻumaʻu.
Comme précédemment, un tilt déflationniste a été observé pendant l’épisode, et l’inflation a repris à 15h13 après la fin des fontaines, signe probable d’un 14ème épisode éruptif.
Les émissions de SO2 ont atteint environ 40 000 tonnes par jour lorsque les fontaines de lave étaient les plus actives. Des retombées de cheveux de Pele ont été signalées à Pahala, à environ 40 kilomètres sous le vent, au sud-ouest de l’Halemaʻumaʻu. Chaque épisode éruptif du Kilauea depuis le 23 décembre 2024 a duré de 13 heures à 8 jours et les épisodes ont été séparés par des pauses de moins de 24 heures à 12 jours.
Source : HVO.

De hautes fontaines de lave ont été observées pendant l’épisode 13

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Episode 13 of the Kilauea eruption ended at 3:13 p.m. (local time) on March 11 2025.  The north vent ceased fountaining abruptly at 3:11 p.m. Subsequently, the south fountain became unsteady and also ceased activity by 3:13 p.m. Episode 13 lasted for 12 hours and 37 minutes, and lava flows have covered more than 60% of Halemaʻumaʻu crater floor.

Like previously, deflationary tilt was observed during the episode, and inflation resumed at 3:13 p.m. after fountaining ceased, the sign of a likely 14th eruptive episode. .

SO2 emissions reached about 40,000 tonnes per day during high fountaining. Peleʻs hair was reported falling in the town of Pahala about 40 kilometers downwind to the southwest of Halemaʻumaʻu.

Each episode of Halemaʻumaʻu lava fountaining since December 23, 2024, has continued for 13 hours to 8 days and episodes have been separated by pauses in eruptive activity lasting less than 24 hours to 12 days.

Source : HVO.