Les émissions de SO2 du Kilauea pendant l’éruption de 2018 // Kilauea’s SO2 emissions during the 2018 eruption

L’éruption du Kilauea dans la Lower East Rift Zone (LERZ) en 2018 a libéré d’énormes quantités de dioxyde de soufre (SO2) et l’ensemble de l’archipel hawaïen a parfois été envahi par le brouillard volcanique, ou vog.
Pour mesurer les émissions de SO2, les volcanologues utilisent un spectromètre. L’instrument est généralement installé à bord d’un véhicule ou un avion qui passe sous le panache de SO2 et mesure l’absorption de lumière par le gaz. Plus il y a de SO2, moins la lumière ultraviolette (UV) atteint le spectromètre. En 2018, il y avait tellement de SO2 que le spectromètre pouvait à peine détecter cette lumière, ce qui n’a guère facilité les mesures.
Le spectromètre mesure la lumière UV sur une gamme de longueurs d’onde. Normalement, avec de faibles émissions de SO2, on examine les longueurs d’onde où l’absorption de SO2 est importante, ce qui permet de détecter de très faibles quantités de gaz. En 2018, la situation a été beaucoup plus compliquée car aucune lumière UV n’atteignait l’instrument. Les scientifiques du HVO ont alors examiné une partie du spectre UV où l’absorption de SO2 est 500 fois plus faible, de sorte qu’une certaine quantité de lumière UV restait détectable.
Après avoir traité les mesures dans la nouvelle gamme de longueurs d’onde, les données ont révélé que pendant la majeure partie du mois de juin et début juillet 2018, les fractures dans la LERZ ont émis près de 200 000 t / j (tonnes / jour) de SO2. Ce sont les niveaux d’émission les plus élevés jamais mesurés sur le Kilauea avec le spectromètre UV qui a commencé à être utilisé vers la fin des années 1970. Il se peut que les premières fontaines de lave du Pu’uO’o en 1983, et peut-être l’éruption du Mauna Loa en 1984, aient montré des niveaux de SO2 similaires, mais ces mesures ont probablement souffert de la même sous-estimation que les premières mesures effectuées par le HVO en 2018. Elles avaient alors révélé des émissions de 15000 t / j (tonnes / jour). Malheureusement, les données fournies par le spectromètre des années 1980 ne peuvent pas être traitées de la même manière que les données de 2018.
Les scientifiques du HVO estiment que l’éruption de 2018 a émis plus de 10 Mt (mégatonnes, ou millions de tonnes) de SO2 entre mai et début août. Au cours de ces trois mois, le Kilauea a émis cinq fois plus de SO2 que pendant la seule année 2017. Peu d’éruptions récentes sur Terre ont émis autant de SO2, et lorsqu’elles l’ont fait, il s’agissait généralement d’éruptions explosives majeures sur des stratovolcans.
L’éruption fissurale de l’Holuhraun (Islande) en 2014 également émis environ 10 Mt de SO2, mais en 6 mois, et non 3 comme le Kilauea. À titre de comparaison, la plus grande éruption volcanique du siècle dernier, celle du Pinatubo (Philippines) en 1991, n’a émis que deux fois plus de SO2 que celle du Kilauea en 2018, mais de manière explosive en une seule journée.
Depuis la fin de l’éruption de 2018, le Kilauea a émis beaucoup moins de SO2. Fin 2018, les émissions étaient d’environ 30 t / j au sommet et sur le Pu’uO’o, et presque nulles dans la LERZ. Début 2019, le Pu’uO’o a retrouvé des niveaux proches de zéro. Bien que du SO2 se dissolve dans l’eau du lac dans le cratère de l’Halema’uma’u, les niveaux d’émission de SO2 en ce moment sont les plus bas observés sur le Kilauea depuis plus de 30 ans.
Source: USGS / HVO.

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Kilauea’s Lower East Rift Zone (LERZ) eruption in 2018 released huge amounts of sulphur dioxide (SO2) and the whole Hawaiian archipelago was sometimes invaded by the volcanic fog, or vog.

To measure SO2 emission rates, volcanologists use a spectrometer. The instrument is mounted to a vehicle or aircraft, which passes under the SO2 plume and measures the absorption of sunlight by SO2 overhead. The more SO2, the less ultraviolet (UV) light reaches the spectrometer. In 2018, there was so much SO2 that the spectrometer could barely detect any UV light at all, which made it difficult to determine the exact amount of gas overhead.

The spectrometer measures UV light over a range of wavelengths. Normally, with low SO2 emissions, one examines wavelengths where SO2 absorption is significant, which allows to detect even very small amounts of gas. But 2018 was different as nearly no light was reaching the instrument. HVO scientists examined a part of the UV spectrum where SO2 absorption is 500 times weaker, so some UV light would still be detectable.

After re-processing all measurements in the new wavelength range, the data revealed that for much of June and early July of 2018, fissures in the LERZ emitted nearly 200,000 t/d (tonnes/day)of SO2. These are the highest SO2 emission rates measured at Kilauea using the UV spectrometer technique, which began in the late 1970s. Early Pu’uO’o high lava fountains, and perhaps Mauna Loa’s 1984 eruption, may have had similar emission rates, but those measurements likely suffered from the same underestimation as HVO’s initial 2018 analyses which revealed emissions of 15,000 t/d (tonnes/day). Unfortunately, because of older spectrometer technology, data from the 1980s cannot be reprocessed in the same way as 2018 data.

HVO scientists now estimate that the 2018 eruption emitted over 10 Mt (megatonnes, or millions of tonnes) of SO2 between May and early August. In those three months alone, Kilauea emitted five times the SO2 it emitted in the year 2017. Few recent eruptions on Earth have released that much SO2, and when they do, they are generally large explosive eruptions at stratovolcanoes.

Most similar to Kilauea’s eruption was the 2014 Holuhraun fissure eruption in Iceland, which also emitted about 10 Mt of SO2, though in 6 months rather than just 3. For comparison, the largest volcanic eruption of the past century, Mount Pinatubo in the Philippines in 1991, only released about twice the SO2 mass of Kilauea’s 2018 eruption, albeit explosively on a single day.

Since the extremely high emissions in 2018 ended, Kilauea has been releasing far less SO2. By late 2018, SO2 emissions were about 30 t/d at the summit and Pu’uO’o, and near-zero in the LERZ. By early 2019, Pu’uO’o had dropped to near-zero levels as well. Though some additional SO2 is dissolving into the new lake in Halema‘uma‘u Crater, current emission rates are the lowest that have been observed at Kilauea in over 30 years of measurements.

Source: USGS / HVO.

Emissions de SO2 au sommet du Kilauea et sur l’East Rift Zone (Photos : C. Grandpey)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde.

L’Etna (Sicile) reste actif avec, de temps en temps, des épisodes stromboliens. L’un d’eux a été observé au Nouveau Cratère SE (NCSE) à 02:12 (UTC) le 22 mai 2020, avec le passage momentané au Rouge de l’alerte aérienne. L’événement a produit un nuage de cendres qui s’est élevé jusqu’à 4,5 km au-dessus du niveau de la mer.
L’activité strombolienne se poursuit également dans la Voragine, avec des émissions périodiques de cendres.
L’amplitude du tremor a légèrement augmenté au cours de l’épisode éruptif au NCSE, mais les mesures de déformation du sol ne montrent pas de variations significatives.
Source: INGV.

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 Le Kilauea (Hawaï) n’est pas en éruption. Son niveau d’alerte reste à « Normal ». Les données de surveillance montrent niveaux normaux de sismicité et de déformation du sol, de faibles taux d’émissions de SO2. On n’a observé que de rares modifications géologiques depuis la fin de l’éruption en septembre 2018. La mare d’eau au fond de l’Halema’uma’u continue de s’étendre et de s’approfondir lentement.
Le Mauna Loa (Hawaï) n’est pas en éruption lui non plus et son niveau d’alerte reste  à ADVISORY (surveillance conseillée). Ce niveau d’alerte ne signifie pas qu’une éruption est imminente ou va se produire à court terme.

Des séismes de faible amplitude sont régulièrement enregistrés sous la zone sommitale du volcan. La plupart d’entre eux se produisent à des profondeurs inférieures à 8 km. Les mesures GPS montrent une augmentation lente de l’inflation sommitale, signe de la poursuite de l’alimentation du système magmatique superficiel du volcan.
Source: HVO.

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Le 25 mai 2020, un panache de cendres du Karymsky (Kamchatka) était visible sur les images satellites, ce qui a incité le KVERT à élever à l’Orange la couleur de l’alerte aérienne. L’activité explosive du 27 mai a généré des panaches de cendres qui ont atteint 5 km au-dessus du niveau de la mer.
La couleur de l’alerte aérienne reste à l’Orange sur l’Ebeko, le Klyuchevskoy et le Sheveluch.
Source : KVERT.

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L’incandescence reste visible de nuit au niveau du cratère Minamidake du Sakurajima (Japon). Des événements explosifs envoient régulièrement des matériaux incandescents et des panaches de cendres à plusieurs centaines de mètres au-dessus du cratère. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle à 5 niveaux).

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L’activité éruptive reste intense sur le Fuego (Guatemala). Dans la soirée du 20 mai 2020, une nouvelle coulée de lave a parcouru 300 m dans la ravine Ceniza. Les explosions produisent des ondes de choc et des panaches de cendres qui s’élèvent à environ 1 km au-dessus du sommet. Des avalanches de blocs sont encore observées dans plusieurs ravines.
Source: INSIVUMEH.

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L’activité éruptive se poursuit sur le Semeru (Indonésie). Les blocs de lave qui se détachent de l’extrémité des coulées parcourent 400 à 700 m dans la ravine Kembar sur le flanc sud du volcan. Les panaches de cendres montent à 200-500 m au-dessus du cratère. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et il est rappelé au public de rester en dehors d’un rayon de 1 km du sommet et de 4 km sur le flanc SSE.

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En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez une vidéo intéressante montrant le cratère Voulvoul édifié par la dernière éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion). Le document d’Alain Bertil montre l’épaisse couche de lapilli qui recouvre la zone éruptive. On peut voir que la lave en éruption était très fluide, avec de grandes quantités de soufre. Cette fluidité explique également les impressionnants écheveaux de cheveux de Pelé observés sur toute la zone sommitale et même au-delà. De grandes fractures concentriques tranchent le sol autour du nouveau cratère et continuent à émettre de petits panaches de vapeur. Bien que l’éruption se soit produite il y a plus d’un mois, on peut encore entendre dans le sol le bruit émis par le refroidissement de la lave.
https://youtu.be/XmutcGPT0ZU

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Here is some news of volcanic activity around the world.

 Mt Etna (Sicily) remains active with occasional strombolian episodes. One of them was observed at the New Southeast Crater (NSEC) at 02:12 UTC on May 22nd, 2020, forcing authorities to momentarily raise the Aviation Colour Code to Red. The event produced an ash cloud that rose up to 4.5 km above sea level.

Strombolian activity continues at Voragine with periodic ash emissions.

Volcanic tremor amplitude slightly increased during the increase in activity at the NSEC, but ground deformation measurements do not show any significant variations.

Source : INGV.

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Kilauea (Hawaii) is not erupting. Its Alert level remains at NORMAL. The monitoring data show typical rates of seismicity and ground deformation, low rates of SO2 emissions and only minor geologic changes since the end of eruptive activity in September 2018. The water lake at the bottom of Halema‘uma‘u continues to slowly expand and deepen.

Mauna Loa (Hawaii) is not erupting and remains at Volcano Alert Level ADVISORY. This alert level does not mean that an eruption is imminent or going to happen in the short term.

Small-magnitude earthquakes are regularly recorded beneath the volcano’s summit area. Most of them occur at shallow depths less than 8 km. GPS measurements show slowly increasing summit inflation consistent with magma supply to the volcano’s shallow storage system.

Source: HVO.

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On May 25th, 2020, an ash plume from Karymsky (Kamchatka) was visible in satellite images, prompting KVERT to raise the Aviation Colour Code to Orange. Explosive activity on May 27th generated ash plumes that rose up to 5 km above sea leval.

The Aviation Colour Code remains at Orange on Ebeko, Klyuchevskoy, and Sheveluch.

Source: KVERT.

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Incandescence can still be seen at night at Sakurajima’s Minamidake Crater (Japan). Explosive events send amincandescent material and ash plumes several hundred metres above the crater. The Alert Level remains at 3 (on a 5-level scale).

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Activity is still high at Fuego (Guatemala). In the evening of May 20th, 2020, a new lava flow travelled 300 m down the Ceniza drainage . Explosions produce shock waves and ash plumes that rise about 1 km above the summit. Avalanches of blocks are still observed in several drainages.

Source: INSIVUMEH.

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Eruptive activity continues at Semeru (Indonesia). Incandescent material from the ends of lava flows descends 400-700 m in the Kembar drainage (on the S flank). Ash plumes rise 200-500 m above the crater. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4), and the public is reminded to stay outside a 1-km radius from the summit and 4 km on the SSE flank.

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By clicking on the link below, you will see an interesting video showing the Voulvoul Crater built by the last eruption of Piton de la Fournaise (Ile de la Reunion). Alain Bertil’s document shows the thick layer of lapilli that covers the eruptive area. One can see that the erupted lava was very fluid, with large amounts of sulphur. This fluidity also accounts for the huge volumes of Pele’s hair that were observed all over the summit area. Large cracks can be seen around the new crater, still emitting small steam plumes. Although the eruption occurred more than a month ago, one can still hear in the ground the noise made by the cooling of the lava.

https://youtu.be/XmutcGPT0ZU

Vue du Piton Voulvoul (image issue de la vidéo)

Le mois de mai sur le Kilauea (Hawaii) // May on Kilauea Volcano (Hawaii)

Le mois de mai est particulièrement riche en éruptions sur le Kilauea. Plusieurs d’entre elles ont débuté, évolué ou pris fin au cours de ce mois. Dans son dernier « Volcano Watch », le HVO a examiné quelques uns des événements les plus marquants entre le 19ème et le 21ème siècle.

La première éruption du Kilauea décrite par des missionnaires occidentaux a eu lieu en 1823. Une fracture de 10 kilomètres de long baptisée «The Great Crack» a donné naissance à la coulée de Keaiwa dans la Lower Southwest Rift Zone (zone de fracture SO) au début de l’été de cette même année. À l’époque, les Hawaïens ont raconté que «Pélé était sortie d’une caverne souterraine et avait débordé dans la plaine… L’apparition de la lave a été soudaine et violente, a brûlé un canot et en a emporté quatre autres dans la mer. À Mahuku [Bay], le puissant torrent de lave est entré dans la mer… »

L’éruption de 1840 a commencé le 30 mai dans la partie inférieure du District de Puna et a duré 26 jours. Il existe peu de témoignages oculaires de cet événement qui a montré l’importance du travail sur le terrain pour déterminer la chronologie des événements. La cartographie géologique révèle que l’éruption de 1840 a probablement ressemblé à celle de 2018.

En 1922, dix ans après la création de l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (le HVO), une éruption fissurale a commencé le 28 mai vers 21 heures au niveau des cratères Makaopuhi et Napau sur l’East Rift Zone (zone de fracture E) du Kilauea.

Il a fallu aux scientifiques du HVO 30 minutes de voiture, puis trois heures de marche pour atteindre le Makaopuhi Crater. Le lendemain, une autre équipe scientifique s’est approchée par le côté est et a observé de faibles projections dans le Napau Crater avant d’atteindre le Makaopuhi. Les deux équipes ont dû traverser des zones de végétation dense et difficile pendant plusieurs heures avant d’atteindre les sites éruptifs.

L’éruption explosive de l’Halema’uma’u en 1924 a duré 17 jours et a pris fin le 28 mai. Un volumineux panache de cendre s’est échappé du cratère pendant cette éruption qui a tué une personne le 18 mai 1924, le même jour de mai que la célèbre éruption du Mont St. Helens.

Une éruption fissurale de trois jours et demi a commencé le 31 mai 1954 dans le cratère de l’Halema’uma’u. Cette éruption a été l’une des premières du Kilauea à avoir été annoncée grâce au réseau de surveillance géophysique. Les scientifiques du HVO avaient observé des signes d’augmentation de la pression magmatique sous le sommet et déclaré que «dans de telles conditions, une éruption pourrait survenir avec sans prévenir longtemps à l’avance». Le premier séisme a réveillé la population à 3 h 42, le tremor est apparu à 4 h 09 et une lueur rouge a été observée dans le ciel à 4 h 10.

L’éruption dans la partie basse du District de Puna en 1955 s’est terminée le 26 mai après 88 jours d’activité dans la même zone que l’éruption de 2018. Cette éruption a dévasté des terres agricoles et isolé le village de Kapoho.

Le 24 mai 1969, le Mauna Ulu est entré en éruption dans l’Upper East Rift Zone du Kilauea. Cet événement a fait suite à une décennie de brèves éruptions fissurales. Les scientifiques du HVO pensaient que cette nouvelle éruption allait durer entre une semaine et un mois. Ce ne fut pas le cas. L’activité s’est concentrée sur une bouche unique entre les cratères Alae et Alo aujourd’hui recouverts par la lave, et s’est poursuivie presque continuellement pendant quatre ans et demi ! Cette longue éruption a permis aux volcanologues du HVO d’étudier et de comprendre les processus volcaniques. L’éruption a permis d’analyser comment se comportent les coulées de lave, les fluctuations de leur vitesse en fonction de la pente, le phénomène de gas pistoning, et la formation des laves en coussins (pillow lavas) lorsque la lave entre dans l’océan.

Lors de l’éruption de 2018 dans la Lower East Rift Zone, la Fracture n°8 s’est réactivée une dernière fois le 24 mai, brièvement accompagnée le 27 mai par l’ouverture de la Fracture n°24. Dans la soirée du 27 mai, la principale coulée de lave issue de la Fracture n°8 a commencé a progresser vers l’océan. Cette éruption est sans aucun doute celle qui a été le mieux documenté sur le Kilauea.
Source: USGS / HVO.

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The month of May has been quite rich on Kilauea, with several notable eruption beginnings, changes, and endings. In its latest “Volcano Watch”, HVO examined a few significant events that marked the last three centuries.

The first eruption of Kilauea documented by western missionaries occurred in 1823. A 10-kilometre-long fissure called “the Great Crack” produced the Keaiwa Flow on the Lower Southwest Rift Zone sometime in the early summer. At the time, local Hawaiians explained that “Pele had issued from a subterranean cavern and overflowed the lowland … The inundation was sudden and violent, burnt one canoe, and carried four more into the sea. At Mahuku [Bay], the deep torrent of lava bore into the sea…”

The 1840 eruption in lower Puna began on May 30th and lasted for 26 days. Few eyewitness accounts exist of this eruption, which emphasized the importance of geological fieldwork to reconstruct the chronology of events that occurred. Geologic mapping indicated 1840 may have been similar to the 2018 eruption.

In 1922, ten years after the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) was founded, a fissure eruption began around 9 p.m. on May 28th in Makaopuhi and Napau craters on Kilauea’s East Rift Zone. HVO scientists drove for 30 minutes and then hiked three hours to reach Makaopuhi. The next day, another field party approached from the east and saw weak spattering in Napau Crater before reaching Makaopuhi Crater. Both teams endured hours of jungle bushwhacking to reach the eruption sites.

The explosive 1924 eruption of Halema’uma’u lasted 17 days and ended activity on May 28th. The crater unleashed a large ash cloud that killed one person on May 18th, 1924, a day later associated with the famous Mount St. Helens eruption.

A 3.5-day-long fissure eruption started on May 31st, 1954 in Halema’uma’u crater. This eruption was one of the first at Kilauea to be “anticipated” through geophysical monitoring. HVO scientists had noted signs of increasing pressurization at the summit and stated that “under such conditions, an eruption might come with very little forewarning.” The first earthquake woke residents at 3:42 a.m., seismic tremor started at 4:09 a.m., and at 4:10, there was red glow in the sky.

The 1955 lower Puna eruption ended on May 26th after 88 days of activity in the same area as the recent 2018 eruption. This eruption devastated farmland and isolated Kapoho Village.

Mauna Ulu began erupting on Kilauea’s Upper East Rift Zone on May 24th, 1969. It followed a decade of short-lived fissure eruptions and HVO staff suspected it would be another week-to-month-long event. However, activity focused at a single vent between the now buried ‘Alae and Alo’i craters and continued there almost continuously for 4.5 years. This sustained activity allowed HVO staff to document, study and understand volcanic processes in great detail. The eruption advanced understanding of how lava flows advance and inflate, the effect of lava velocity and slope on flow textures, gas-pistoning behaviour, and the formation of pillow basalts when lava flows into the ocean.

During the 2018 Lower East Rift Zone eruption, fissure 8 reactivated for a final time on May 24th and was joined briefly on May 27th by the final fissure (#24) opening. In the evening of May 27th, the main fissure 8 lava flow began its advance towards the ocean. This eruption was arguably the best-documented eruption at Kilauea yet.

Source : USGS / HVO.

L’éruption de l’Halema’uma »u en 1924 (Source : USGS / HVO)

Eruption 2018 : coulée issue de la Fracture n°8 (Crédit photo : HVO)

 

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde. La situation est restée relativement calme ces derniers jours.

En lisant la presse réunionnaise, on apprend que le cône volcanique formé lors de la dernière éruption du Piton de la Fournaise  du 2 au 6 avril 2020, en plein confinement, vient d’être baptisé « Piton Voulvoul ». Le choix de ce nom par l’Observatoire, le Parc national et la Cité du volcan a été orienté par l’importante quantité de cheveux de Pélé émis par cette éruption et éparpillés sur la majeure partie de l’île de La Réunion. Dans la Plaine des Sables, ces cheveux de Pélé ont même pris d’étranges formes de rouleaux et d’amas qui ne sont pas sans rappeler les fameux « virevoltants », qui poussés par le vent, filent dans les rues des petites villes de l’Ouest américain. Ils font penser aux « moutons de poussière » que l’on peut retrouver sur le sol des maisons et que l’on appelle « Voulvoul » en créole réunionnais.
Par ailleurs, le mot  » Voulvoul  » vient du malgache « Volvolo » qui veut dire « petits poils », comme ceux retrouvés dans les jardins et sur les voitures durant cette éruption. Alors que la Réunion vient de fêter le 10 mai 2020 « la 15ème Journée nationale des mémoires de l’esclavage, des traites et leurs abolitions », le choix de ce nom permet également d’honorer la mémoire des premiers esclaves malgaches de La Réunion, qui ont enrichi la langue réunionnaise d’un certain nombre de mots, tel que « Voulvoul ».

Source : Réunion la 1ère, Journal de l’Ile.

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Dans son dernier bulletin en date du 22 mai 2020 au matin, l’INGV indique que l’on observe actuellement une augmentation de l’activité strombolienne dans le Nouveau
Cratère Sud-Est de l’Etna (Sicile). L’activité explosive génère un nuage de cendre qui
atteint 4500 m de hauteur avant de dériver vers le SO. On observe toujours une activité explosive  dans la Voragine.
L’amplitude du tremor connaît en ce moment une certaine hausse, avec de grandes fluctuations autour des valeurs moyennes et élevées.
On ne relève pas de déformation significative de l’édifice volcanique.

Source : INGV.

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L’incandescence est visible de nuit au niveau du cratère Minamidake du Sakurajima (Japon). Des explosions génèrent des panaches de cendre s’élevant jusqu’à 2 km au-dessus du cratère. Des matériaux sont projetés à 600-900 m du cratère. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 5 niveaux).
Source: JMA.

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Les panaches éruptifs montent jusqu’à 600 – 1 000 m au-dessus du cratère du Mont Aso (Japon), provoquant des retombées de cendres dans les zones sous le vent. Les émissions de SO2 atteignent en moyenne 1 300 tonnes par jour. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 5).
Source: JMA.

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Au Kamchatka, la couleur de l’alerte aérienne reste à l’Orange pour le Sheveluch, l’Ebeko et le Klyuchevskoy, et au Jaune pour le Karymsky.
Source: KVERT.

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Des explosions phréatiques sont toujours observées sur le Rincón de la Vieja (Costa Rica). Les panaches de vapeur s’élèvent généralement à 500 m au-dessus du cratère. Certains événements incluant parfois des sédiments génèrent des panaches s’élevant à 1 km au-dessus du cratère.
Source: OVSICORI.

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Une moyenne quotidienne de 12 explosions est enregistrée sur le Sabancaya (Pérou), avec des panaches de gaz et de cendres s’élevant jusqu’à 2,5 km au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à l’Orange et le public est prié de rester en dehors d’un rayon de 12 km.
Source: IGP.

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La lave continue à avancer sur 200-300 m dans la ravine Kembar sur le flanc sud du Semeru (Indonésie). Des blocs se détachent du front de coulée et roulent sur une distance maximale   de 1,2 km du cratère. Le niveau d’alerte reste à 2 et le public est invité à rester en dehors d’un rayon de km du sommet et 4 km sur le flanc SSE.
Source: CVGHM.

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En raison de la pandémie de Covid-19, la plupart des parcs nationaux ont été totalement fermés aux États-Unis. Certains d’entre eux rouvrent lentement et partiellement. C’est le cas de Yellowstone où seulement deux entrées (sur 5) sont à nouveau accessibles.
Dans le parc national des volcans d’Hawaii, l’accès a été rouvert à quelques routes et sentiers, mais la plupart des autres zones du parc restent fermées pour le moment. Les permis à des fins commerciales continuent d’être suspendus. De toute façon, tous les vols internationaux vers les États-Unis sont actuellement à l’arrêt.
Source: NPS.

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Here is some news of volcanic activity around the world. The situation has been relatively quiet during the past days.

When reading the local press of Reunion Island, one learns that the volcanic cone formed during the last eruption of Piton de la Fournaise (April 2nd to 6th, 2020), during the lockdown, has just been named « Piton Voulvoul ». The choice of this name by the Observatory, the National Park and the City of the Volcano is largely due to the large amount of Pele’s hair emitted by this eruption and scattered over most of the island. In the Plaine des Sables, Pele’s hair has even taken on strange shapes of rolls and clusters which are reminiscent of the famous « tumbleweeds », pushed by the wind, that go spinning in the streets of the small towns of the American West. They are reminiscent of the « dust bunnies » that can be found on the floor of houses and that are called « Voulvoul » in Reunion Creole.
Furthermore, the word « Voulvoul » comes from the Malagasy « Volvolo » which means « little hairs », like those found in gardens and on cars during this eruption. While Reunion celebrated on May 10th, 2020 « the 15th National Day of memories of slavery and its abolition, the choice of this name also makes it possible to honor the memory of the first Madagascan slaves of Reunion, who have enriched the Reunionese language with a certain number of words, such as « Voulvoul ».
Source: Réunion la 1ère, Journal de l’Ile.

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In its latest update (May 22nd, 2020 in the morning), INGV indicates that there is currently an increase in Strombolian activity at Mt Etna’s New South-East Crater (Sicily). Explosive activity generates an ash cloud 4500 m high which then drifts SW. There is still an explosive activity in Voragine.
The amplitude of the tremor is currently experiencing a certain increase, with large fluctuations at the medium and high values.
There is no significant deformation of the volcanic edifice.
Source: INGV.

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 Incandescence can be seen at night at Sakurajima’s  Minamidake Crater (Japan). Explosive events are observed, with plumes rising as high as 2 km above the crater. Material is ejected 600-900 m away from the crater. The Alert Level remains at 3 (on a 5-level scale).

Source : JMA.

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Volcanic plumes are rising 600-1,000 m above Asosan’s crater (Japan), causing ashfall in areas downwind. SO2 emissions reach an average of 1,300 tons per day. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-5).

Source: JMA.

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In Kamchatka, the aviation colour code remains at Orange for Sheveluch, Ebeko, and Klyuchevskoy, and Yellow for Karymsky.

Source: KVERT.

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Phreatic explosions are still recorded at Rincón de la Vieja (Costa Rica). Steam plumes usually rise 500 m above the crater. A few events are characterized by plumes rising 1 km above the crater and may include sediments.

Source : OVSICORI.

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A daily average of 12 explosions is recorded at Sabancaya (Peru), with gas and ash plumes rising as high as 2.5 km above the summit. The Alert Level remains at Orange and the public is asked to stay outside of a 12-km radius.

Source : IGP.

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Lava is still travelling 200-300 m in the Kembar drainage on the S flank of Semeru (Indonesia). Blocks from the lava fronts are reaching a maximum distance of 1.2 km from the crater   The Alert Level remains at 2, and the public is reminded to stay outside a 1-km radius from the summit and 4 km on the SSE flank.

Source: CVGHM.

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Because of the Covid-19 pandemic, most national parks have been totally closed in the United States. Some of them are slowly and partially reopening. This is the case of Yellowstone where only two entries (out of 5) are again accessible.

In Hawaii Volcanoes National Park access has been reopened to a few roads and trails but most other areas in the park remain closed at this time. Commercial and special use permits continue to be suspended. Anyway, all international flights to the U.S. are currently suspended.

Source: NPS.

Il va falloir patienter avant de pouvoir admirer de nouveau les superbes sources chaudes du Parc de Yellowstone (Photo: C. Grandpey)