Nicolas Sarkozy et le changement climatique // Nicolas Sarkozy and climate change

drapeau-francaisAprès Claude Allègre, voici Nicolas Sarkozy !  S’exprimant devant des chefs d’entreprise, l’ancien chef de l’état a souhaité mettre l’accent sur la question du «choc démographique», éclipsée selon lui par les sujets climatiques. Il a renouvelé ses doutes quant à l’importance du réchauffement climatique et à la responsabilité humaine dans ce processus. «On a fait une conférence sur le climat. On parle beaucoup de dérèglement climatique, c’est très intéressant mais ça fait 4,5 milliards d’années que le climat change. L’homme n’est pas le seul responsable de ce changement», a estimé Nicolas Sarkozy. Ces déclarations font écho à des positions climatosceptiques déjà développées le 3 mai 2016, à l’occasion d’une «journée de travail sur l’environnement». Il déclarait alors : «La terre a une ancienneté de 4 milliards d’années. Des changements climatiques, la terre en a connu d’immenses. Il n’y a encore pas si longtemps, il y a 3 ou 4 millions d’années, il y a eu une période de glaciations immenses qui faisait que l’on allait à pied de l’Alaska jusqu’à l’Écosse (…) Ça a aussi permis la colonisation de la planète pas les êtres humains (…) Le changement climatique, le monde, la planète en a connu quantité», avait-il minimisé. Avant de convenir: «Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas s’en occuper».

Signataire de la charte environnementale de Nicolas Hulot et initiateur du Grenelle de l’environnement à partir de 2007, Nicolas Sarkozy a plusieurs fois assumé des positions controversées sur les questions relatives à l’écologie depuis son retour sur le devant de la scène politique. Il s’est notamment déclaré en faveur de l’exploitation du gaz de schiste, contre le principe de précaution, et pour le maintien de l’activité nucléaire à Fessenheim. «On a peur de quoi? D’un tsunami sur le Rhin?», avait-il ironisé devant les salariés de la centrale, en référence à Fukushima.

Source : Le Figaro.

De retour d’Alaska où le réchauffement climatique fait fondre les glaciers à une vitesse vertigineuse, je suis furieux quand je lis les déclarations de Nicolas Sarkozy. Elles rejoignent celles de Donald Trump – candidat républicain à l’élection présidentielle du mois de novembre – qui a déclaré d’emblée qu’il refuserait de mettre en pratique les promesses de la COP 21 de Paris.

A l’inverse de ces deux personnages, le Président Obama a eu le courage de se rendre en Alaska et de reconnaître que le réchauffement climatique n’était pas une illusion. «Le changement climatique perturbe déjà notre agriculture et nos écosystèmes, nos alimentations en eau et en nourriture, notre énergie et nos infrastructures ». Il a approuvé les conclusions de la COP 21 visant à protéger notre planète « pendant qu’il est encore temps ». Au cours de son voyage dans la Dernière Frontière, il a annoncé des mesures à l’attention des populations qui vont devoir quitter les côtes de l’Alaska à cause le la montée des eaux.

Au lieu de regarder la pointe de ses chaussures, Nicolas Sarkozy ferait bien d’aller jeter un coup d’œil aux glaciers alpins qui sont en passe de connaître le même sort que leurs homologues d’Alaska. Au train où vont les choses, les stations de sports d’hiver ont du souci à se faire, car les canons à neige ne suffiront bientôt plus à fournir l’or blanc. Pour terminer, je conseille à l’ancien président de jeter un coup d’œil à la courbe de Keeling qui montre l’évolution des émissions de CO2 dans l’atmosphère. A moins que son intelligence soit défaillante, je pense qu’il comprendra assez vite l’urgence de la situation !

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drapeau-anglaisAfter Claude Allègre, here is Nicolas Sarkozy! Speaking to business leaders, the former head of the state wished to focus on the issue of the « demographic crisis », which, in his opinion, has been eclipsed by climate issues. He reiterated his doubts about the importance of climate change and human responsibility in this process. « There was a climate conference. Much is said about climate change, it is very interesting but climate has changed over the past 4.5 billion years. Man is not the only one responsible for this change, »said Nicolas Sarkozy. These statements echo his positions already developed in May 3, 2016, during a « workday on the environment. » He said: « The Earth is 4 billion years old and has already gone through enormous climate changes. Not so long ago, 3 or 4 million years ago, there was a period of massive glaciation that allaowed to walk from Alaska to Scotland ( …) It also allowed the colonization of the planet by human beings (…) The world, the planet have experienced a lot of climate changes. » He however concluded saying:: « It does not mean that we should not take care. »
A signatory of Nicolas Hulot’s environmental charter and the initiator of the 2007 Grenelle Environment, Nicolas Sarkozy has repeatedly taken controversial positions on issues related to ecology since his return to the front of the political stage. He particularly expressed support for shale gas, against the precautionary principle, and for the maintenance of nuclear activity at Fessenheim. « What are we afraid of? A tsunami on the Rhine? « he had joked before employees of the plant, in reference to Fukushima.
Source: Le Figaro.

Back from Alaska where global warming melts the glaciers at breakneck speed, I was furious when I read Nicolas Sarkozy’s statements. They closely resemble those of Donald Trump – the Republican candidate in the November presidential election – who declared from the outset that he would refuse to implement the promises of the Paris COP 21.
Unlike these two persons, President Obama had the courage to go to Alaska and admit that climate change was not an illusion. « Climate change is already disrupting our agriculture and our ecosystems, our supplies of water and food, energy and infrastructure. » He endorsed the conclusions of the COP 21 to protect our planet « if we start now. » During his trip to the Last Frontier, he announced measures to the attention of the people who will have to leave the coast of Alaska because the rising ocean water.
Instead of looking at the tips of his shoes, Nicolas Sarkozy had better take a look at the alpine glaciers that are poised to suffer the same fate as their Alaskan counterparts. The way things are going, the ski resorts have the need to worry because the snow guns will soon no longer enough to provide white gold. In conclusion, I advise the former president to take a look at the Keeling curve that shows the evolution of CO2 emissions into the atmosphere. Unless his intelligence is faulty, I think he will quickly understand the urgency of the situation!

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La Mer de Glace, preuve irréfutable du réchauffement climatique

(Photo: C. Grandpey)

Le Krakatau et les cactus // Krakatau volcano and the cacti

drapeau-francaisIl y a 133 ans, en 1883, le Krakatau entrait en éruption, avec pour conséquences une baisse des températures et des perturbations météorologiques dans le monde entier. De l’autre côté de la planète, dans le sillage de l’éruption, une prolifération de cactus saguaro était observée dans le Désert de Sonora, la plus grande zone désertique d’Amérique du Nord, au coeur de l’Etat d’Arizona.
Une biogéographe américaine pense que les perturbations météorologiques subies par une grande partie de l’hémisphère nord suite à l’éruption du Krakatau ont généré des conditions idéales dans le désert de Sonora pour le développement des jeunes cactus.
Le saguaro est essentiel à la survie de nombreuses espèces dans le désert. Presque tous les animaux du Sonora les utilisent d’une façon ou d’une autre, comme site de nidification ou comme nourriture, ou comme refuge de fraîcheur dans ce lieu où les températures peuvent facilement dépasser 40°C pendant des semaines en été, époque où les plantules de saguaro viennent de germer.
Clé de voûte de l’écosystème du désert de Sonora, le saguaro (Carnegiea gigantea) est robuste à l’âge adulte, mais très fragile dans les premières années de sa vie. Alors que les adultes peuvent atteindre une hauteur de 12 mètres, les jeunes grandissent de quelques millimètres la première année. Ils sont sensibles à la chaleur et au froid, vulnérables à la sécheresse et au gel, dans leur environnement désertique. Les deux ou trois ans premières années sont les plus importantes ; les jeunes plantes exigent alors des étés frais, des hivers doux et des pluies suffisantes. La plupart du temps, tous les très jeunes saguaros meurent. Cependant, l’année qui a suivi l’éruption du Krakatau, les températures estivales dans l’hémisphère nord se sont situées 1,2°C en dessous de la moyenne. Pour le saguaro, ces perturbations climatiques semblent avoir constitué des conditions favorables à une nouvelle croissance.
Pour réaliser l’étude, la biogéographe s’est rendue dans la réserve naturelle de Kofa (Kofa National Wildlife Refuge) près de Yuma, en Arizona – où la rareté de l’eau repousse les limites physiologiques du saguaro – afin d’y prélever des échantillons montrant l’âge des cactus locaux. La scientifique a calculé l’âge de 250 individus et ajouté des données obtenues à partir de 30 sites dans le désert du nord de Sonora. Elle a ensuite comparé plusieurs générations de cactus aux données climatiques pour la région, ainsi qu’au Weighted Historical Dust Veil Index, un bon indicateur de la poussière générée par le volcanisme. Les années de prolifération des saguaros ont suivi les pics présents sur l’Index, en particulier dans l’environnement marginal de la réserve de Kofa. Les niveaux élevés de poussière volcanique correspondaient aux hivers plus chauds et plus humides de la région, et à la pluie plus abondante à la fin du printemps.
Il sera maintenant intéressant d’étudier la façon dont les cactus réagissent au changement climatique et au réchauffement planétaire. De l’avis de la chercheuse, les cactus saguaro ne sont pas menacés pour le moment, mais la nature imprévisible de leur reproduction inquiète certains scientifiques qui se demandent comment les cactus réagiront aux modifications climatiques. Le fait qu’un volcan comme le Krakatau, situé sur un autre continent, puisse profondément influencer une population de cactus en Arizona souligne l’interdépendance entre les écosystèmes et le climat de notre planète.
Source: Environmental News Network (ENN).

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drapeau-anglais133 years ago, in 1883, Krakatoa erupted, unleashing years of cool temperatures and weather disruptions around the world. On the far side of the planet, a bumper crop of saguaro cacti were getting their start in life in Arizona’s Sonoran Desert, in the wake of the Krakatoa eruption.

An American biogeographer believes that the volcanic climate perturbations that delivered disastrously cold and stormy weather to much of the Northern Hemisphere generated a combination of conditions in the Sonoran Desert that were just right for the delicate young cacti.

The saguaro is key to the survival of many species. Almost every animal in the Sonoran uses them in some way, as a nest site, or food, or a cool refuge in this desert where temperatures can easily exceed 40°C every day for weeks in summer, when saguaro seedlings have just germinated.

A keystone species of the Sonoran ecosystem, the saguaro (Carnegiea gigantea) is sturdy in maturity but delicate in the early years of its life. Though mature individuals can top 12 metres, new cacti grow only a few millimetres in the first year. Tiny young saguaros are susceptible to heat and cold, vulnerable to drying out or freezing in their desert environment. For a critical two to three years, until they grow large enough to withstand cold and drought, they demand cool summers, mild winters, and sufficient rain. In most years, all the baby saguaros die. However, in the year after the Krakatoa eruption, summer temperatures in the Northern Hemisphere fell 1.2°C below average. For the saguaro, the perturbations appear to have amounted to a collection of just right conditions for new growth.

In order to perform the study, the researcher went to Kofa National Wildlife Refuge near Yuma, Arizona, where limited water pushes the physiological limits of the saguaro, to sample the age structure of the local cacti. The scientist estimated the ages of 250 cacti, added data from 30 locations in the Northern Sonoran Desert and compared the generational cohorts of the cacti to climate datasets for the region and the annual Weighted Historical Dust Veil Index, an indicator of volcanism. Saguaro boom years tracked the peaks in the dust index, particularly in the marginal environment at Kofa. High volcanic dust levels also correlated with warmer, wetter, local winters, and more rain in late spring.

It will now be interesting to study how cacti react to climate change and global warming. In the researcher’s opinion, the saguaro cacti are not currently threatened, but the unpredictable nature of their reproduction makes some conservators nervous about how the giants will respond to a changing climate. That a volcano elsewhere on the continent, or even the other side of the world, can so profoundly influence a local population underscores interconnectedness of ecosystems and our global climate.

Source: Environmental News Network (ENN).

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Photos: C. Grandpey

Leçon de piano arctique // Arctic piano lesson

drapeau-francaisAlors que je suis en train de voyager à travers l’Alaska, avec les glaciers qui viennent vêler dans l’océan, voici une vidéo très originale montrant Ludovico Einaudi, compositeur italien de renom, en train de jouer du piano début juin sur une petite plate-forme flottante dans l’océan Arctique, au large des côtes Norvège, au milieu des icebergs vomis par un glacier.
https://youtu.be/dHpHxA-9CVM

Einaudi interprète une composition originale intitulée « Élégie pour l’Arctique, » qu’il a écrite pour l’occasion. Sa prestation a été organisée par Greenpeace dans le cadre d’une campagne visant à persuader nos dirigeants de protéger l’Arctique. Les scientifiques préviennent que la glace de l’Arctique fond beaucoup plus vite que prévu, ce qui peut avoir des conséquences graves pour le climat de la planète, la faune et les économies locales. Greenpeace alerte depuis longtemps sur la diminution de la banquise à cause de l’augmentation des températures. Cette région unique, en perdant sa protection de glace, s’expose à une exploitation sans limites, à la surpêche et aux forages pétroliers.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisWhile I am travelling across Alaska, with glaciers calving into the ocean, here is a very original video showing Ludovico Einaudi, the renowned Italian composer, playing the piano early in June, while floating on a small platform in the Arctic Ocean off the coast of Norway, among pieces of a sprawling nearby glacier.

https://youtu.be/dHpHxA-9CVM

Einaudi performed an original composition, « Elegy for the Arctic, » that he had written for the occasion. The performance was sponsored by Greenpeace as part of a campaign to persuade world leaders to safeguard the Arctic. Scientists have warned that the Arctic has been thawing much faster than expected. Those changes have potentially serious implications for the world’s climate, for wildlife and for local economies. Greenpeace has long insisted that as the ice cover decreases with rising temperatures, this unique area is losing its frozen shield, leaving it exposed to reckless exploitation, destructive overfishing and oil drilling.

Source: Alaska Dispatch News.

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Photo: C. Grandpey

Lichens et gaz volcaniques// Lichens and volcanic gases

drapeau francaisL’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) a récemment publié un article intéressant sur le comportement des lichens dans les régions volcaniques et plus particulièrement sur la Grande Ile d’Hawaii. En lisant l’article, on apprend que les lichens sont des organismes qui savent s’adapter à la vie dans les environnements extrêmes. Ils peuvent survivre à la chaleur, au froid, à la sécheresse, ou à l’humidité. Ils peuvent se développer à même le sol, sur l’écorce des arbres, sur des roches, ainsi que sur le métal rouillé ou le plastique. Ils apparaissent souvent dans des habitats non occupés par les plantes à graines qui sont plus envahissantes.
Sur la Grande Ile d’Hawaii, les lichens colonisent souvent de jeunes coulées de lave, en particulier celles composées de lave a’a. Les lichens contribuent au développement du sol en fournissant des matières organiques et, quand ils ont la capacité de fixer l’azote, ils peuvent l’ajouter à l’environnement. Cela permet de préparer le terrain pour le développement des espèces végétales. Certains types de lichens rencontrés à Hawaii sont également les premiers à coloniser des régions volcaniques ailleurs dans le monde comme les Caraïbes, les Açores, La Réunion, les îles Canaries, et en Afrique.
Bien qu’ils soient capables de tolérer des conditions environnementales extrêmes, certains lichens sont très sensibles à la pollution de l’air. Les lichens peuvent retenir pendant des dizaines ou des centaines d’années les produits chimiques qu’ils absorbent à partir de l’air et de l’eau. Depuis le milieu du 19ème siècle, quand la révolution industrielle a largement contribué à la pollution de l’air, les observateurs ont noté la rareté des lichens dans les milieux urbains.
Toutes les espèces de lichens n’ont pas la même sensibilité à la pollution de l’air, de sorte que la présence ou l’absence de certains lichens dans une zone peut être utilisée pour cartographier les concentrations de polluants. De nombreuses études à travers le monde ont utilisé les lichens pour évaluer la qualité de l’air.
Les lichens sont particulièrement sensibles au dioxyde de soufre (SO2), un polluant produit par les centrales fonctionnant au charbon et au pétrole, les processus industriels, les automobiles et les volcans, tels que ceux d’Hawaii. Le SO2 dissous dans l’eau devient de l’acide qui est facilement absorbé par les lichens et nuit à leur capacité de photosynthèse. Sans le sucre qui est produit par la photosynthèse et qui contribue à la vie du lichen, l’organisme ne pourrait pas prospérer et finir par mourir. Pour certaines espèces de lichens, le SO2 inhibe également la capacité à se reproduire.
Lorsque l’éruption sommitale du Kilauea a débuté en 2008 dans le cratère de l’Halema’uma’u, d’énormes quantités de SO2 ont été émises par le volcan et les lichens de la région ont beaucoup souffert. On est en droit de penser que la baisse significative des émissions de SO2 mesurées depuis 2008 pourrait se traduire par une reprise partielle de ces lichens. Les lichens peuvent aussi accumuler des éléments présents en faible quantité dans les émissions volcaniques. Des études effectuées sur le Kilauea, ainsi que sur l’Etna et Vulcano en Italie, montrent que dans les zones sous le vent lourdement impactées par les panaches volcaniques, les lichens contiennent une concentration plus élevée de polluants volcaniques tels que le fluor, le brome et des métaux tels que le cuivre, le plomb, le zinc, l’or, le mercure et l’antimoine.
Les zones riches en végétaux peuvent intercepter le SO2 et « nettoyer » l’air, ce qui génère un microclimat plus adapté aux lichens. Certains habitants d’Hawaï ont remarqué qu’ils étaient moins gênés par la pollution volcanique, ou vog, dans les zones fortement boisées que dans les zones voisines qui sont dépourvues de végétation.

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drapeau anglaisThe Hawaiian Volcanoes Observatory recently released an interesting article about the behaviour of lichens on volcanoes. We learn that lichens are tough organisms adapted to life in extreme environments. They can survive heat, cold, drought, or an abundance of rain. They live on bare soil, tree bark, woody debris, and rocks, as well as on rusty metal and plastic.

On Hawaii Island, lichens are important colonists of young lava flows, particularly aa lava. Lichens contribute to the accumulation of soil by supplying organic matter, and nitrogen-fixing lichens may add nitrogen to the environment. This helps set the stage for future development of plant communities. Certain types of lichens found in Hawaii are also important pioneers of young volcanic landscapes in other parts of the world, including the Caribbean, the Azores, La Reunion Island, the Canary Islands, and Africa.

Although able to tolerate environmental extremes, some lichens are quite sensitive to air pollution. Lichens retain the chemicals they absorb from air and water over periods of tens to hundreds of years. Since the mid-19th century, when the industrial revolution began producing increased levels of air pollution, observers have noted the scarcity of lichens growing in urban settings.

Lichen species differ in their sensitivity to air pollution, and the presence or absence of different lichens in an area has been used to map concentrations of pollutants. Hundreds of studies around the world have used lichens to assess air quality.

Lichens are particularly sensitive to sulphur dioxide (SO2), a pollutant produced by coal- and oil-burning power plants, industrial processes, automobiles, and volcanoes, such as those here in Hawaii. SO2 dissolved in water is acidic, is readily absorbed by lichens, and damages their ability to photosynthesize. Without the sugar which is produced through photosynthesis and which fuels the lichen’s life, the organism will fail to thrive and may eventually die. For some species, SO2 also inhibits the ability of lichens to reproduce.

When the summit eruption of Kilauea began in 2008 within Halema’uma’u Crater, huge amounts of SO2 were released, and lichens in the area suffered. One might expect that the significant decline in emissions measured since 2008 could be reflected in a partial recovery of these lichens. Lichens can also accumulate trace elements present in volcanic emissions. Studies at Kilauea, as well as at Mount Etna and Vulcano in Italy, show that in downwind areas heavily impacted by volcanic plumes, lichens contain a higher concentration of volcanic pollutants. These include fluoride, bromide, and metals, such as copper, lead, zinc, gold, mercury and antimony.

Heavily vegetated areas can intercept SO2, effectively “scrubbing” the air to provide a microclimate that is more hospitable to lichens. Some Hawaii residents have noted that they are less irritated by volcanic pollution, or vog, in heavily forested areas than in adjacent exposed areas.

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Photos: C. Grandpey