Le changement climatique menace les réserves gazières russes // Climate change threatens Russian gas reserves

drapeau-francaisC’est bien connu : la plupart des pays s’inquiètent vraiment du changement climatique quand des intérêts économiques ou financiers sont en jeu ; les populations viennent après. La Russie est un parfait exemple de cette approche dans la péninsule de Yamal, dans le nord de la Sibérie. Ce territoire s’étire sur environ 700 km ; il est bordé à l’ouest pas la Mer de Kara et à l’est par le Golfe d’Ob. La péninsule de Yamal recèle la majeure partie des réserves de gaz naturel russes, estimées à 20 milliards de tonnes dans l’Arctique russe.

Le problème à l’heure actuelle, c’est que les effets du changement climatique pourraient être catastrophiques pour la péninsule de Yamal. La hausse des températures accélère la fonte du permafrost, ce qui représente une menace pour les infrastructures locales. De plus, la hausse du niveau de la mer risque fort de faire disparaître la péninsule sous l’eau. Au cours des dernières années, plusieurs grosses compagnies pétrolières russes ont investi des sommes colossales dans l’exploitation du gaz naturel de Yamal. Aujourd’hui, ces compagnies font le forcing pour acquérir des licences afin d’exploiter le gaz le plus vite possible, pendant qu’il en est encore temps.

Source : The Barents Observer.

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drapeau-anglaisMost nations worry about climate change when their economic and financial interests are at stake. The populations come next. Russia is currently giving a good example of such an approach. The story is about the Yamal Peninsula in northern Siberia. It extends roughly 700 km and is bordered principally by the Kara Sea on the west and the Gulf of Ob on the east. The peninsula and surrounding areas hold the largest part of Russia’s gas resources which are estimated at 20 trillion cubic meters in the Russian Arctic.

The problem today is that the effects of climate change could be devastating for the Yamal Peninsula. Higher temperatures in the area accelerate the melting of the permafrost and consequently threatens local infrastructure. In addition, a higher sea level will ultimately put the flat peninsula under water. Several of Russia’s major petroleum companies have over the last years invested big sums in Yamal field development. Most of them today are rushing to get exploitation licenses in order to make the most of these gas resources as fast as possible.

Source : The Barents Observer.

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L’Indonésie et l’énergie géothermique // Indonesia and geothermal energy

drapeau-francaisL’Indonésie, avec ses innombrables volcans, détient environ 40 pour cent des réserves géothermiques mondiales, mais le pays a pris beaucoup de retard dans leur exploitation. Aujourd’hui, le gouvernement indonésien a l’intention de multiplier par cinq la production géothermique dans la prochaine décennie, bien que les obstacles soient énormes dans un pays qui croule sous le fardeau de la paperasserie et où les grands projets sont souvent retardés, voire annulés.
En Indonésie, la majeure partie de l’énergie électrique est générée à partir de ses abondantes réserves de charbon et de pétrole. A côté de cela, le pays a actuellement une capacité installée pour produire environ 1400 mégawatts d’électricité à partir de la géothermie. C’est suffisant pour fournir de l’énergie à 1,4 millions de foyers dans un pays où on en compte plus de 255 millions. Cela représente moins de cinq pour cent du potentiel géothermique estimé et place l’Indonésie loin derrière les deux principaux producteurs mondiaux que sont les États-Unis et les Philippines.
Toutefois, le gouvernement vise à accroître la capacité de production géothermique de l’Indonésie à près de 7200 mégawatts d’ici 2025, dans le cadre d’un plan plus vaste visant à stimuler le secteur des énergies renouvelables.

Le changement en matière de politique géothermique est dû à une nouvelle loi adoptée il y a deux ans et qui stipule que l’exploration géothermique n’est plus considérée comme une activité minière, comme c’était le cas auparavant. L’ancienne loi indiquait que l’industrie minière ne saurait être réalisée dans les vastes étendues de forêts protégées, censées contenir environ les deux tiers des réserves géothermiques de l’Indonésie.
Le gouvernement cherche également à amadouer les administrations locales en leur offrant jusqu’à un pour cent des recettes provenant de toute installation géothermique dans leur région.
Pourtant, les obstacles à la géothermie en Indonésie sont considérables. Bien que l’objectif prévu pour 2025 ne soit pas inaccessible, il sera extrêmement difficile à atteindre. L’un des problèmes les plus importants réside dans le coût d’exploration élevé. En effet, l’exploration de réserves géothermiques potentielles est une entreprise complexe qui demande beaucoup de temps et qui n’est pas toujours couronnée de succès. La construction d’une centrale géothermique coûte l’équivalent de 4 à 5 millions de dollars par mégawatt, contre 1,5 à 2 millions de dollars pour une centrale au charbon. Les investisseurs se sont également plaints du prix relativement bas offert par la compagnie d’électricité d’Etat pour acheter de l’électricité produite à partir d’une installation géothermique et qui, selon eux,  ne couvre pas la dépense initiale.
Pour couronner le tout, la bureaucratie compliquée de l’Indonésie réduit à néant de nombreux projet. 29 permis sont exigés de différents organismes gouvernementaux et ministères pour la construction d’une centrale géothermique. Les longues négociations avec de puissantes administrations locales peuvent également entraver le projet. L’article donne l’exemple d’une exploration géothermique qui a commencé sur un site en 1985 ; il a fallu attendre 15 ans pour que l’usine a commencé commercialiser de l’électricité. Les travaux sur une nouvelle unité pour accroître la production d’électricité ont été retardés en raison de négociations sur le coût .

Source : Phys.org.

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drapeau-anglaisIndonesia, with scores of volcanoes, holds an estimated 40 percent of the world’s geothermal energy reserves, but has long lagged behind in its use of the renewable power source.

Now the government is pushing to expand the sector five-fold in the next decade, although the challenges are huge in a country where the burden of red tape remains onerous, big projects are often delayed and targets missed.

The majority of Indonesia’s power is generated from its abundant reserves of coal and oil. It currently has installed capacity to produce about 1,400 megawatts of electricity from geothermal, enough to provide power to just 1.4 million households in the country off 255 million. That is less than five percent of geothermal’s estimated potential and behind the world’s two leading producers of the energy source, the United States and the Philippines.

But the government is aiming to increase Indonesia’s generating capacity to around 7,200 megawatts by 2025, as part of a broader plan to boost the renewables sector.

A major part of the drive is a law passed two years ago that means geothermal exploration is no longer considered mining activity, as it was previously. The old definition had held up the industry as mining cannot be carried out in the country’s vast tracts of protected forests, believed to contain about two-thirds of Indonesia’s geothermal reserves.

The government is also seeking to sweeten local administrations by offering them up to one percent of revenue from any geothermal plant in their area.

Still, the challenges are enormous. While achieving the 2025 target may be possible, it will be extremely difficult. One of the biggest problems is the high exploration costs needed at the outset, as checking for potential geothermal reserves is a complex, time-consuming business, that is not always successful. Building a geothermal plant costs the equivalent of $4 to $5 million dollars per megawatt, compared to $1.5 to $2 million for a coal-fired power station. Investors have also complained about what they say is the relatively low price offered by the state-run power company to buy electricity from a geothermal facility, which they claim usually doesn’t cover the large initial outlay.

To top it all, Indonesia’s complicated bureaucracy puts many projects off. 29 permits are required from different government agencies and ministries for a geothermal plant, and time-consuming negotiations with powerful local administrations can also hamper progress. The article gives the example of an exploration that first began at a site in 1985 but it was not until 15 years later that the plant began producing electricity commercially, while work on a new unit to boost power generation has been delayed due to negotiations over cost.

Source: Phys.org.

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Source: USGS.

Phot’Aubrac 2016: Rencontre avec Jean-Louis Etienne

Le week-end dernier, j’étais dans l’Aubrac, dans le cadre du festival Phot’Aubrac, une manifestation très sympa au cours de laquelle les photos sont exposées dans les villages autour de Nasbinals (Lozère), bien connu des pèlerins qui se rendent à Saint Jacques de Compostelle. Les vastes étables se trouvent transformées en galeries d’expositions !

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Invité du festival, Jean-Louis Etienne a présenté samedi soir une conférence autour du projet Polar Pod que vous pourrez découvrir à cette adresse :

http://www.jeanlouisetienne.com/polarpod/

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Le projet Polar Pod débutera en 2018. Il permettra en particulier de mieux étudier la capacité des eaux froides de l’Océan Arctique a absorber le CO2 contenu dans l’atmosphère. D’autres applications concerneront le comportement des animaux marins qui fréquentent la région.

A l’issue de la conférence, j’ai pu avoir un moment privilégié avec le médecin-explorateur. Je tenais à lui demander de me dédicacer son ouvrage  consacré à l’Expédition Erebus en 1994 car plusieurs participants étaient des amis personnels. Nous avons ensuite abordé le thème du réchauffement climatique. A l’inverse de Nicolas Sarkozy – dont les compétences scientifiques restent à prouver – Jean-Louis Etienne est persuadé que l’Homme est responsable de la hausse actuelle des températures sur la planète. Comme moi, il a pu constater en Alaska le recul spectaculaire et inquiétant des glaciers. Selon lui, à supposer qu’une politique de réduction des gaz à effet de serre soit mise en place – ce qui est loin d’être gagné – il faudra au moins un siècle pour que la terre retrouve son équilibre climatique. Il reconnaît par ailleurs qu’il est très difficile de convaincre le grand public de ce phénomène. Au cours de cette conversation à bâtons rompus, j’ai abordé le thème de la COP 21 et j’ai rappelé à Jean-Louis Etienne que l’Inde avait décidé d’augmenter sa production de charbon quelques jours après la fin de la conférence de Paris. Il m’a alors déclaré: » Connaissez-vous un pays producteur de charbon ou de pétrole qui décide spontanément, sans raison majeure, de baisser sa production? » La messe est dite!

Cette soirée à Nasbinals restera pour moi un excellent souvenir qui s’ajoutera à mes rencontres avec d’autres personnages hors du commun tels que Haroun Tazieff et Maurice Krafft.

J’ai également retrouvé au cours de cette soirée le biologiste marin de renommée mondiale Laurent Ballesta, souvent intervenu dans l’émission de Nicolas Hulot Ushuaia Nature. Il sera probablement l’invité de la prochaine édition de Phot’Aubrac en 2017.

La fonte de l’Arctique continue // The Arctic keeps melting away

drapeau-francaisLe National Snow and Ice Data Center (NSIDC) indique que la glace de mer dans l’Arctique semble avoir atteint son minimum saisonnier le 10 septembre 2016. La fonte relativement rapide de la glace de mer au cours des dix premiers jours de septembre a abouti à un résultat semblable à celui de 2007 ; c’est le deuxième plus faible depuis que sont effectuées les mesures satellitaires.
L’étendue minimale de glace de mer sans l’Arctique atteignait 4,14 millions de km2 le 10 septembre  2016. Elle se situe à 750 000 km2 au-dessus du record de 2012 qui était de 3,39 millions de km2. Cette étendue est toutefois bien inférieure aux écarts types constatés au cours des 37 années de relevés satellitaires

Pendant les dix premiers jours de septembre, l’Arctique a vu fondre la glace à un rythme plus rapide que la moyenne. La surface de glace a perdu en moyenne 34 100 km2 par jour contre 21 000 km2 par jour pour la période 1981-2010.
La vitesse de fonte du début du mois de septembre a largement dépassé celle pour la même période en 2012. C’est dans la mer des Tchouktches qu’elle a été le plus prononcée. Il se peut que ce soit la conséquence de deux cyclones forts qui ont impacté la région en août.
La couverture de glace de mer sur l’Océan Arctique et les mers environnantes régule la température de la planète, influe sur la circulation de l’atmosphère et des océans, et affecte la vie dans les communautés et les écosystèmes arctiques. Il semble de plus en plus probable que la réduction spectaculaire de la banquise arctique a des répercussions sur la météo dans les latitudes moyennes et est peut être en partie responsable des anomalies météorologiques de plus en plus fréquentes et parfois dévastatrices de ces dernières années.
J’ai eu l’occasion de survoler le Groenland et la Mer de Beaufort en me rendant en Alaska car j’avais fait une escale à Reykjavik. Comme le temps était clair, j’ai pu prendre un bon nombre de photos. En voici quelques unes ci-dessous.

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drapeau-anglaisThe National Snow and Ice Data Center (NSIDC) indicates that Arctic sea ice appears to have reached its seasonal minimum for 2016 on September 10th. A relatively rapid loss of sea ice in the first ten days of September has pushed the ice extent to a statistical tie with 2007 for the second lowest in the satellite record.

Arctic sea ice extent stood at 4.14 million km2 on September 10th, 2016. This year’s minimum extent is 750 000 km2 above the record low set in 2012 with 3,39 million km2 and is well below the two standard deviation range for the 37-year satellite record.

During the first ten days of September, the Arctic lost ice at a faster than average rate. Ice extent lost 34 100 km2 per day compared to the 1981 to 2010 long-term average of 21 000 km2 per day.

The early September rate of decline also greatly exceeded the rate observed for the same period in 2012. Recent ice loss has been most pronounced in the Chukchi Sea. This may relate to the impact of two strong cyclones that passed through the region during August.

The sea ice cover on the Arctic Ocean and surrounding seas regulates the planet’s temperature, influences the circulation of the atmosphere and ocean, and affects life in Arctic communities and ecosystems. It looks increasingly likely that the dramatic decrease in Arctic sea ice is impacting weather in mid-latitudes and may be at least partly responsible for the more dramatic, persistent and damaging weather anomalies we’ve seen so many of in recent years.

I happened to fly over Greenland and the Beaufort see on my way to Alaska as y flight had made a stopover in Reykjavik. As the weather was clear, I could take quite a good number of photos. Here are a few of them.

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Photos: C. Grandpey