La glace n’est plus une menace pour les pêcheurs islandais // Ice is no longer a threat to Icelandic fishermen

Un article paru dans l’Iceland Monitor nous explique les dangers que peuvent rencontrer les pêcheurs au large de l’Islande à cause de la glace qui s’est détachée de la banquise arctique. Aujourd’hui, les progrès de la technologie apportent une aide précieuse aux professionnels de la mer. C’est ce qu’explique une géographe du département des Sciences de la Terre à l’Université d’Islande.

Bien que les icebergs soient moins fréquents autour de l’Islande qu’auparavant, principalement en raison du réchauffement climatique dans l’hémisphère nord, ils peuvent encore s’avérer dangereux. Aujourd’hui, ils sont surtout un danger pour les pêcheurs et autres professionnels de la mer. Il est donc primordial de surveiller activement les mouvements de la glace à proximité des zones de pêche, surtout lorsque les conditions météorologiques la poussent dans des directions inattendues où elle peut prendre les navires par surprise.

Des progrès considérables ont été réalisés ces dernières décennies en matière de surveillance de la glace autour de l’Islande. Dans les années 1980, les scientifiques s’appuyaient sur les rapports des navires ; lorsque un navire rencontrait de la glace, le capitaine en informait les services météorologiques. Des alertes étaient alors émises si la glace était jugée trop proche ou présente dans des zones où elle pouvait surprendre les marins.
Au fil des années, de nouvelles données satellitaires sont devenues disponibles, permettant de voir à travers les nuages et même dans l’obscurité. La résolution des cartes s’est également considérablement améliorée.

Vers l’an 2000, ces données étaient extrêmement coûteuses, mais elles sont désormais quasiment gratuites. Les scientifiques peuvent ainsi accéder aux images satellitaires plusieurs fois par semaine et les marins eux-mêmes peuvent y accéder rapidement, quelques minutes après le passage du satellite.

Une autre aide précieuse a été apportée par l’avion TF-SIF des garde-côtes islandais, équipé d’un radar, permettant ainsi aux scientifiques de ne plus se contenter des données satellitaires.

Toutefois, ces dernières années, le changement le plus important a concerné la glace elle-même, en particulier au cours des deux dernières décennies. Le principal changement concerne la diminution drastique de la banquise pluriannuelle dans l’océan Arctique. On appelle banquise pluriannuelle une glace qui a survécu à un ou plusieurs étés. Avec la hausse des températures, la couverture de glace le long du Groenland oriental et dans l’océan Arctique s’est réduite et amincie. Par conséquent, la glace qui atteint l’Islande aujourd’hui n’est généralement constituée que de petits fragments qui ne persistent que quelques jours, principalement près de Hornstrandir.

La glace dans les zones de pêche est problématique, surtout en cas de présence d’icebergs ou de growlers, ou lorsque la visibilité est mauvaise et que la mer est agitée. Mais les pêcheurs islandais connaissent très bien la glace, en particulier ceux qui pêchent au large des fjords de l’Ouest. Aujourd’hui, les pêcheurs sont presque les seuls à rencontrer régulièrement des morceaux de banquise, et cela fait longtemps que d’importantes quantités de glace n’ont pas atteint la côte islandaise. La dernière fois remonte à 1979, même si quelques problèmes ont été constatés depuis cette date.

Source : Iceland Monitor. Photos: C. Grandpey.

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An article in the Iceland Monitor explains the dangers that fishermen off the coast of Iceland face due to ice that has broken off from the Arctic sea ice. Today, technological advancements are providing invaluable assistance to maritime professionals, as explained by a geographer from the Department of Earth Sciences at the University of Iceland.

Although icebergs are now less common around Iceland than in the past, mostly due to warming in the Northern Hemisphere, it can still be dangerous. Today, it is mainly fishermen and other seafarers who encounter sea ice. It therefore remains very important to maintain active monitoring of ice movement when it approaches fishing grounds, especially when weather conditions push it in unexpected directions and catch vessels off guard.

A lot of progress has been made in the past decades for the monitoring of sea ice around Iceland. In the 1980s, scientists relied on ship reports ;when vessels encountered sea ice, they would call it in to the Met Office. Warnings had to be issued if the ice was considered dangerously close or in areas where seafarers wouldn’t expect it.

Gradually, all kinds of new satellite data became available, allowing to see through clouds and even in darkness. Map resolution also improved dramatically.

Around the year 2000, this data was extremely expensive, but now it’s more or less free, so scientists can access such images several times a week and seafarers can now rapidly access the data themselves.

Another innovation was the Icelandic Coast Guard aircraft TF-SIF, which is equipped with radar, so that scientists are no longer dependent on when the next radar satellite happens to pass over.

In the past years, the biggest change has been in the ice itself, especially over the past two decades.

The main change is that so-called multi-year sea ice in the Arctic Ocean has decreased dramatically. Multi-year ice is ice that has survived one or more summers. The ice cover along both East Greenland and in the Arctic Ocean has been shrinking and thinning. As a consequence, the ice reaching Iceland today is usually just small fragments that remain for only a few days, mostly near the Hornstrandir area. It is inconvenient when sea ice covers fishing grounds, and danger mainly arises if there are icebergs or thick floes mixed in, or if visibility is poor and sea conditions are bad.

But Icelandic fishermen understand the ice very well, especially those fishing off the Westfjords. Today, fishermen are almost the only group regularly encountering sea ice, and it has been a long time since large amounts reached the coast. The last truly severe sea ice year was 1979, though there have been some issues since then.

Source : Iceland Monitor.

Nouvelles de l’île de la Réunion

Le préfet de l’île de la Réunion a réuni l’ensemble des acteurs concernés par l’éruption du Piton de la Fournaise . Ainsi, le 17 avril 2026, le comité d’experts s’est réuni afin de faire un point sur l’activité du volcan, ses conséquences et les conditions possibles de réouverture de l’Enclos.

L’OVPF a rappelé que la sismicité est toujours présente depuis le 11 avril avec un remplissage du réservoir magmatique laissant envisager la possibilité d’une nouvelle éruption. L’ensemble des services a conclu que la réouverture de la partie haute de l’Enclos demeure prématurée, en raison des fortes incertitudes concernant l’état des sentiers et la plate-forme du cratère Dolomieu. S’agissant des sentiers et des tunnels de lave de la partie basse de l’Enclos, plusieurs visites techniques sont programmées au cours des quinze prochains jours afin d’évaluer leurs conditions de réouverture.

Source : Préfecture de la Réunion.

Photo: C. Grandpey

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L’éruption du Piton de la Fournaise, débutée le 13 février, semble cette fois bien terminée. Elle a duré près de 50 jours et avait débuté brutalement, surprenant des randonneurs qui se trouvaient au sommet du volcan. Ils avaient été évacués par hélicoptère.

Cette éruption a marqué les esprits par sa longueur, mais aussi par la quantité de la lave émise et les innombrables coulées de laves qui ont dévalé les Grandes Pentes avant de traverser la RN2 le 12 mars 2026, puis s’écouler dans l’océan Indien, quatre jours plus tard.

Crédit photo: OVPF

La situation semblant s’être stabilisée, les scientifiques de l’OVPF ont donné leur feu vert pour que la reconstruction de la Route des Laves puisse commencer. La Région Réunion a annoncé le début des travaux lundi 27 avril. Ils se dérouleront en deux phases. Un première sera consacrée au terrassement du chantier. La circulation et le stationnement le long de la RN2 resteront interdits.

La seconde phase consistera en la mise en œuvre des équipements de sécurité. La circulation sera ponctuellement autorisée par convois aux seules heures de pointe du matin et du soir. Le stationnement restera interdit durant cette période. Les dates et horaires des convois seront communiqués dans les prochaines semaines.

Les engins sont actuellement sur place. De part et d’autre des 900 mètres de route coupée par les coulées, des brise-roches ont commencé la construction d’une piste provisoire qui devrait être mise en service d’ici 4 semaines. Dans 3 mois, la route pourrait être livrée sur deux voies. La route définitive sera livrée avant la fin de l’année, s’il n’y a pas eu une autre éruption entre temps. Dans son dernier bulletin du 21 avril 2026, l’OVPF rappelle que la présence d’un trémor, même de faible intensité et fluctuant, indique la présence de magma à faible profondeur. Une reprise des émissions de lave n’est pas à exclure et l’alerte 2.2 est toujours d’actualité.

Source : Réunion la 1ère.

Mont Rainier (État de Washington / États Unis) : la peur des lahars // The fear of lahars

  J’ai attiré l’attention à plusieurs reprises sur ce blog sur le risque de lahars sur le mont Rainier (4892 m), situé à proximité de Seattle et de sa zone industrielle, avec des sociétés comme Boeing et Microsoft.

 Photos : C. Grandpey

Le volcan n’a pas connu d’éruption majeure depuis 1 000 ans. Pourtant, il inquiète de nombreux volcanologues américains. Son potentiel de destruction ne réside pas seulement dans les coulées de lave qui, en cas d’éruption, ne s’étendraient probablement pas à plus de quelques kilomètres au-delà des limites du Parc national. De nombreux scientifiques redoutent la survenue d’un lahar, une coulée de boue rapide composée d’eau et de roches, provenant de la fonte rapide de la glace ou de la neige lors d’une éruption, et qui emporte des débris en dévalant les vallées et les ravines sur les flancs d’un volcan. Dans le monde, des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes vivent dans des zones sous la menace de lahars.
Personne n’a oublié celui de novembre 1985 lorsque le Nevado del Ruiz est entré en éruption en Colombie. Quelques heures seulement après le début de l’événement, un torrent de boue a déferlé sur la ville d’Armero, tuant plus de 23 000 personnes en quelques minutes.

Crédit photo : Wikipedia

Les scientifiques américains font remarquer que le mont Rainier possède environ huit fois plus de glaciers et de neige que le Nevado del Ruiz au moment de son éruption, de sorte qu’il existe un risque de lahar beaucoup plus important.

Cependant, après plusieurs visites au mont Rainier, j’ai constaté que les glaciers ont considérablement fondu en raison du réchauffement climatique. De ce fait, la masse de glace sur la montagne est moins impressionnante qu’il y a quelques décennies. Cela signifierait moins d’eau et de matériaux entraînés vers le bas de la montagne par les coulées de boue.

Le glacier Nisqually a beaucoup fondu ces dernières années, ici en 2002 et 2015 (Photos: C. Grandpey)

Les lahars se produisent généralement lors d’éruptions volcaniques, mais peuvent aussi être provoqués par des glissements de terrain et des séismes. Les géologues ont trouvé des preuves qu’au moins 11 lahars importants provenant du mont Rainier ont atteint la zone environnante – la plaine de Puget (Puget Lowlands), par exemple – au cours des 6 000 dernières années. Les scientifiques n’ont pas établi de lien entre les lahars, survenus il y a environ 500 ans, et une quelconque activité volcanique. Ils ont pu avoir été causés par d’importants glissements de terrain sur la montagne. C’est la menace d’un tel lahar, déclenché par un soudain glissement de terrain, qui inquiète particulièrement les volcanologues. Il faudrait à un tel lahar seulement 10 minutes pour atteindre des zones habitées, et 60 minutes pour atteindre les grandes agglomérations les plus proches, ce qui est très bref.

Photo : C. Grandpey

Une étude de 2022 a modélisé les deux pires scénarios. Dans la première simulation, un lahar de 260 millions de mètres cubes et de 4 mètres de hauteur prend sa source sur le flanc ouest du Mont Rainier. La coulée de débris atteint la région densément peuplée d’Orting environ une heure après son déclenchement, et elle se déplace à une vitesse d’environ 4 mètres par seconde.

Photo : C. Grandpey

Une deuxième zone à « risque élevé » mentionnée dans l’étude de 2022 est la vallée de la rivière Nisqually, où un puisant lahar pourrait déplacer suffisamment d’eau du lac Alder pour provoquer le débordement du barrage.
Suite à l’éruption du mont Saint Helens en 1980, l’USGS a mis en place un système de détection des coulées de boue sur le mont Rainier en 1998. Ce système a été modernisé et étendu depuis 2017. Une vingtaine de sites sur les flancs du volcan et les deux zones identifiées comme les plus exposées aux coulées de boue sont désormais équipés de sismomètres qui transmettent des données en temps réel, ainsi que d’autres capteurs, notamment des capteurs à infrasons, des webcams et des récepteurs GPS.

Photo : C. Grandpey

En mars 2024, quelque 45 000 élèves de Puyallup, Sumner-Bonney Lake, Orting, White River et Carbonado ont participé à un exercice d’évacuation en cas de lahar. C’était la première fois que plusieurs districts scolaires y participaient le même jour. Selon les autorités américaines, ce fut le plus grand exercice de prévention de lahar au monde.

Un exercice d’évacuation similaire a été organisé le 23 avril 2026. Environ 45 000 élèves de localités situées au sud de Seattle et à l’ouest du mont Rainier ont participé au plus grand exercice mondial d’évacuation en cas de lahar, organisé désormais tous les deux ans.

Photo : C. Grandpey

Source : Observatoire Volcanologique des Cascades.

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I have drawn attention several times on this blog to the lahar hazard on Mount Rainier which lies close to Seattle and its industrial environment. The volcano has not produced a significant volcanic eruption in the past 1,000 years. Yet, it has many US volcanologists worried. The mountain’s destructive potential does not really lie with lava flows, which, in the event of an eruption, would probably not extend more than a few kilometers beyond the boundary of Mount Rainier National Park. Many scientists fear the prospect of a lahar, a fast moving slurry of water and rock originating from ice or snow rapidly melted by an eruption that picks up debris as it rushes through valleys and drainage channels. One should not forget that there are tens, if not hundreds of thousands of people who live in areas that potentially could be impacted by a large lahar.

The deadliest lahar in recent memory was in November 1985 when Colombia’s Nevado del Ruiz volcano erupted. A river of mud swept over the town of Armero, killing over 23,000 people in a matter of minutes. U.S. Scientists warn that Mount Rainier has about eight times the amount of glaciers and snow as Nevado del Ruiz had when it erupted, so that there is the potential to have a much more catastrophic mudflow. However, in the wake of several visits to Mount Rainier, I noticed that glaciers have melted quite a lot because of global warming. As a result, the mass of ice on the mountain is less impressive than it was a few decades ago. This would mean less water and material being carried down the mountain by mudflows. .

Lahars typically occur during volcanic eruptions but also can be caused by landslides and earthquakes. Geologists have found evidence that at least 11 large lahars from Mount Rainier have reached into the surrounding area – the Puget Lowlands – in the past 6,000 years. Scientists have not connected the most recent of these lahars, which occurred about 500 years ago, with any kind of volcanic activity. They may have been caused by large landslides on the mountain. It is the threat of a similar, spontaneous landslide-triggered lahar that particularly worries volcanologists. It would take such an event 10 minutes to reach the nearest places where people are living, and 60 minutes to the nearest large communities. Those are really short time frames

A 2022 study modeled two worst-case scenarios. In the first simulation, a 260 million-cubic-meter, 4-meter deep lahar would originate on the west side of Mount Rainier. The debris flow could reach the densely populated lowlands of Orting about one hour after an eruption, where it would travel at the speed of about 4 meters per second.

A second area of “pronounced hazard” mentioned in the 2022 stury is the Nisqually River Valley, where a massive lahar could displace enough water from Alder Lake to cause the 100-meter-tall Alder Dam to spill over.

In the wake of the 1980 Mount St. Helens eruption, the USGS set up a lahar detection system at Mount Rainier in 1998, which since 2017 has been upgraded and expanded. About 20 sites on the volcano’s slopes and the two paths identified as most at risk of a lahar now feature seismometers that transmit real-time data and other sensors including infrasound sensors, web cameras and GPS receivers.

In March 2024, some 45,000 students from Puyallup, Sumner-Bonney Lake, Orting, White River and Carbonado participated in a lahar evacuation drill. It was the first time that multiple school districts practiced on the same day, making it the world’s largest lahar drill.

A similar evacuation drill was organized on 23April 2026. About 45,000 students in communities south of Seattle and west of Mount Rainier participated in the world’s largest lahar evacuation drill which is organised once every two years.

Source : Cascades Volcano Observatory.

Réchauffement climatique : Vers un été 2026 caniculaire ?

Concentrations de CO2 : 431,64 ppm

Concentrations de CH4 : 1945,85 ppb

Nous approchons de la fin du mois d’avril 2026 et la ville de Limoges près de laquelle j’habite fait actuellement partie des plus chaudes de France. Les températures sont dignes de celles d’un mois d’été. Bien sûr, beaucoup de gens sont ravis. La semaine dernière, alors que je pédalais le long du littoral atlantique, j’ai pu voir que les plages étaient déjà bien garnies, ainsi que les pistes cyclables où beaucoup de vacanciers circulaient bien sûr sans casque. J’ai compris pourquoi cet élément de sécurité n’est pas obligatoire pour les plus de 12 ans. Les vacanciers sont des électeurs.

Cela étant dit, le mercure a flirté avec les valeurs estivales dans le sud-ouest avec plusieurs semaines d’avance, et les climatologues anticipent désormais un été anormalement chaud en France et plus largement en Europe.

Comme disait ma grand-mère, il n’y a plus de saisons. Les épisodes de chaleur surgissent plus tôt, dépassent les seuils traditionnels et fragilisent les territoires. Météo-France a enregistré une température de 30,5°C à Biscarosse (Landes) le lundi 06 avril, ce qui a égalé le record mensuel établi en avril 2011, donc déjà sous l’influence du réchauffement climatique qui a vraiment débuté dans les années 1970. Les 30 °C à Biscarosse sont enregistrés avec environ deux mois d’avance par rapport à la moyenne historique de la ville, située au début juin. Météo-France fait remarquer que ce coup de chaud précoce revient chaque année plus tôt dans le sud-ouest, mais rarement à une telle intensité. Toujours en relation avec les conséquences du réchauffement climatique, le trait de côte a reculé brutalement à Biscarrosse au mois de février 2026,. Alors qu’il perd habituellement jusqu’à deux mètres par an, une dune s’est effondrée sur une vingtaine de mètres, emportant la promenade du front de mer.

Crédit photo: presse régionale

Le 7 avril, date qui m’est chère, le seuil des 25 °C a été observé sur une grande partie du nord de la France.. Que ce soit à Paris ou à Rennes, on se trouvait une douzaine de degrés au-dessus des normales saisonnières qui, rappelons le, ont déjà été relevées le 28 juin 2022.

Le printemps 2026 est chaud, mais le plus inquiétant, c’est que les modèles météorologiques dessinent un été anormalement chaud en France. Le dernier rapport Copernicus en date du 29 avril 2026 indique qu’au moins 95 % de l’Europe a connu des températures supérieures à la moyenne lors de l’année 2025. Les vagues de chaleur deviennent de plus en plus fréquentes et de plus en plus sévères. L’Europe multiplie les records de chaleur et les températures mondiales ont dépassé de 1,47°C le niveau préindustriel. Ces températures nourrissent les catastrophes naturelles, les inondations, les cyclones. L’accord de Paris prévoyait de limiter le réchauffement à 1,5 °C, limite atteinte en 2024, année la plus chaude jamais recensée.

Pour les mois à venir, Copernicus, qui combine huit modèles différents, juge quasi certain que juillet et août dépasseront nettement les températures de référence sur la majeure partie du continent. En juillet, le signal apparaît marqué au nord-ouest et au sud-est. En août, il s’étend à l’ensemble du territoire français. Si des chiffres précis ne peuvent être avancés en ce moment, la convergence des huit simulations rend peu probable un été tempéré. Les anomalies pourraient se traduire par des journées caniculaires plus fréquentes, avec des pointes au-delà de 40 °C dans plusieurs régions.

Un autre facteur doit être pris en compte pour les mois à venir. Comme je l’ai indiqué dans des notes précédents, on assiste au retour du phénomène de réchauffement El Niño dans le Pacifique oriental, ce qui ne manquera pas d’aggraver le scénario à venir. On pense que El Niño pourrait atteindre une intensité record dans la seconde moitié de l’année 2026, avec un prolongement qui annonce une année 2027 de tous les records. Certains spécialistes évoquent même un super El Niño susceptible de redessiner les régimes pluviométriques planétaires. Ce type d’événement, observé en 1997 et 2015, modifie en profondeur la circulation atmosphérique sur tous les continents.

Source: Copernicus

Certes, l’Europe ne subit pas directement les événements extrêmes liées à El Niño, mais elle en ressent les effets indirects. Les étés deviennent plus secs et les dômes de chaleur plus durables. Dans ce contexte, le réchauffement d’origine anthropique renforce encore ces dynamiques.

Si l’été 2026 est fait de canicules à répétition, va se poser le problème de l’eau, en France et dans de nombreuses régions du monde. Notre pays a connu de fortes pluies accompagnées d’inondation à grande échelle au cours de l’hiver dernier, mais la majorité de cette eau est partie dans l’océan. On s’en rendait compte ces dernières semaines avec la couleur marron de la mer dans tout l’estuaire de la Gironde, jusqu’à la Grande Côte.

Il sera intéressant de comparer le bilan thermique de 2026 en France à celui de 2025

Source : Copernicus, Météo-France.

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Glaciers : enquête sur une disparition

À voir ou à revoir en ce moment sur ARTE l’excellent documentaire intitulé « Glaciers : enquête sur une disparition », réalisé en 2025. Tout est dit. Des scientifiques et de nombreux citoyens expliquent pourquoi les glaciers fondent aussi vite et quelles seront les conséquences pour notre planète. Le film est très loin de la télé-réalité dont se nourrissent la plupart des téléspectateurs aujourd’hui. Je crains fort qu’il n’ait pas l’impact souhaité par ses auteurs sur la population. Pourtant, la guerre de l’eau est une menace réelle.

Le glacier du Rhône ne cesse de reculer….jusqu’au jour où le fleuve ne coulera plus (Photo: C. Grandpey)