Islande : la lave de l’éruption a recouvert la Grindavíkurvegur // Iceland : lava from the eruption has flowed over Grindavíkurvegur

Le Met Office islandais a annoncé que la lave avait traversé la Grindavíkurvegur juste au nord des digues de terre de Svartsengi, en ouvrant une brèche dans ces remparts. L’événement a eu lieu le 8 juin au matin ; la lave qui s’était accumulée en amont de la digue de terre s’est ensuite répandue rapidement vers la route. C’est la troisième fois que de la lave recouvre la route dans ce secteur.

En conséquence, le Blue Lagoon a été fermé. Le Met Office ajoute que « c’est quelque chose qui était attendu ». Le front du champ de lave se trouve à environ 800 mètres des conduites d’eau chaude et avance dans cette direction. Le Mat Office affirme que la situation est sous étroite surveillance et qu’un nouveau débordement de lave ne peut être exclu dans les prochains jours.
Les pompiers sont prêts à éteindre d’éventuels incendies de végétation.
Source  : Iceland Monitor.
Une bouche reste active sur la fracture éruptive, même si on a observé un certain déclin ces derniers jours. Le tremor éruptif reste relativement stable. Cela fait maintenant plus de 10 jours que l’éruption a commencé.

Vue du front de lave d’une hauteur impressionnante en train de recouvrir la Grindavíkurvegur le 8 mai en fin de matinée (Crédit photo : Protection Civile).

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The Icelandic Met Office has announced that lava has reached Grindavíkurvegur Road just north of the Svartsengi defense walls in which a gap has been filled. A lava pond broke on June 8th in the morning and subsequently lava flowed rapidly toward the road. This is the third time that lava has flowed over the road in these areas. As a consequence, the Blue Lagoon has been closed. The Met Office adds that “it was something that was expected to happen.” The front of the lava field has reached about 800 meters away from the hot water pipelines and is slowly moving towards them. The Mat Office says that the situation will be closely monitored, and another surge cannot be ruled out in the coming days.

The local fire department is on standby ready to shut down possible wildfires.

Source : Iceland Monitor.

La bouche éruptive reste active sur la fracture, même si on a observé un certain déclin ces dernier jours. Le tremor éruptif reste relativement stable. Cela fait plus de 10 jours que l’éruption a commencé.

Mai 2024 : la hausse des températures continue ! // May 2024 : the increase in temperatures continues !

Bien qu’il ait été plus humide que d’habitude en France, le mois de mai 2024 a été globalement plus chaud dans le monde que n’importe quel autre mois de mai, avec une température moyenne de l’air de 15,91°C, soit 0,65°C au-dessus de la moyenne 1991-2020 pour un mois de mai, et 0,19°C. °C au-dessus du précédent maximum atteint en mai 2020. C’est ce que vient d’indiquer l’agence européenne Copernicus dans un rapport publié début juin.
L’agence ajoute que mai 2024 est le douzième mois consécutif le plus chaud. A noter qu’une série semblable de records mensuels de températures à l’échelle de la planète s’est déjà produite en 2015-2016.
Le mois de mai 2024 a été supérieur de 1,52°C à la moyenne estimée du mois de mai pour la période de référence préindustrielle (1850-1900).
La température moyenne dans le monde au cours des 12 derniers mois (juin 2023 – mai 2024) est la plus élevée jamais enregistrée. Elle se situe 0,75°C au-dessus de la moyenne 1991-2020 et 1,63°C au-dessus de la moyenne préindustrielle 1850-1900.
La température moyenne en Europe pour mai 2024 a été de 0,88 °C supérieure à la moyenne de mai 1991-2020, ce qui en fait le troisième mois de mai le plus chaud jamais enregistré sur le continent.

Les températures ont été inférieures à la moyenne dans l’est du Pacifique équatorial, ce qui indique qu’un épisode La Niña est en développement, mais la température de l’air au-dessus de l’océan est restée à un niveau inhabituellement élevé dans de nombreuses régions.
La température moyenne à la surface de la mer pour mai 2024 entre le 60°S et le 60°N a été de 20,93°C, la valeur la plus élevée jamais enregistrée pour le mois. C’est le quatorzième mois consécutif où la température de surface de la mer est la plus chaude.
Source : COPERNICUS.

Anomalies globales de température de l’air en surface (°C) de janvier 1979 à mai 2024 présentées séparément pour chaque mois civil. Elles sont relatives à la moyenne de la période de référence 1991-2020.

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Although it was more humid than usual in France, May 2024 was warmer globally than any previous May in the data record, with an average surface air temperature of 15.91°C, which is 0.65°C above the 1991-2020 average for May and 0.19°C above the previous high set in May 2020. This is the piece of information released by the Copernicus European Agency in a report published early June.

The agency adds that May 2024 is the twelfth month in a row that is the warmest in the ERA5 data record for the respective month of the year. While unusual, a similar streak of monthly global temperature records happened previously in 2015-2016.

May 2024 was 1.52°C above the estimated May average for the pre-industrial reference period (1850-1900).

The global-average temperature for the past 12 months (June 2023 – May 2024) is the highest on record, at 0.75°C above the 1991-2020 average and 1.63°C above the 1850-1900 pre-industrial average.

The average European temperature for May 2024 was 0.88°C above the 1991-2020 average for May, and the third warmest May on record for the continent. Temperatures were below average over the eastern equatorial Pacific, indicating a developing La Niña, but air temperatures over the ocean remained at an unusually high level over many regions.

The sea surface temperature (SST) averaged for May 2024 over 60°S–60°N was 20.93°C, the highest value on record for the month. This is the fourteenth month in a row that the SST has been the warmest in the ERA5 data record for the respective month of the year.

Source : COPERNICUS.

Les Plages du Débarquement face au réchauffement climatique // D-Day beaches are confronted with global warming

Le 20 février 2023, j’ai publié une note alertant sur l’érosion côtière sur les plages du Débarquement en Normandie. A l’occasion du 80ème anniversaire du Débarquement, de nombreux articles parus dans la presse internationale alertent à nouveau sur l’une des conséquences du réchauffement climatique.
Les plages du Débarquement du 6 juin 1944 attirent des milliers de personnes qui viennent en pèlerinage pour célébrer cet anniversaire de la libération de la France. Près de 150 000 soldats alliés ont débarqué ou ont été parachutés dans la région ce jour-là. Parmi eux, il y avait plus de 14 000 Canadiens. Parmi ces Canadiens, 381 ont été tués, 584 ont été blessés et 131 ont été capturés. A ne jamais oublier.
Le problème pour ces foules de visiteurs, c’est qu’aujourd’hui, en raison de l’érosion côtière, certaines plages du Débarquement disparaissent. Les deux tiers du littoral subissent les assauts des vagues, selon un rapport du GIEC Normandie publié en 2023, et rédigé par des spécialistes et des scientifiques de la région. Le rapport, qui explore les conséquences locales du réchauffement climatique, évoque également les problèmes liés aux inondations. Il fait référence à une étude de l’INSEE publiée en 2020, qui révèle que plus de 122 000 habitants et 54 000 emplois sont « menacés par le risque d’inondation marine ».
En Normandie, on s’inquiète également de l’avenir des monuments, musées et souvenirs qui ornent les plages où les alliés ont débarqué pendant la Seconde Guerre mondiale en 1944. L’Office du tourisme de Normandie a recensé 124 lieux de mémoire dans la région, dont la majorité se trouvent à proximité du trait de côte.
Parmi les solutions possibles pour faire face à l’érosion figurent le renforcement des plages, le déplacement des musées et des monuments loin de la côte et, pour les habitants menacés, la relocalisation définitive des habitations. Le maire de Sainte-Marie-du-Mont, la petite localité qui domine Utah Beach, affirme que des efforts sont prises pour renforcer la plage. Elles consistent notamment à éloigner les touristes des dunes et à planter des d’oyats pour les stabiliser.

Le musée d’Utah Beach face à la mer (image musée)

Des oyats pour stabiliser les dunes…

…mais qui ont parfois bien du mal à résister aux assauts des vagues (Photos: C. Grandpey)

Comme je l’ai écrit dans ma note de février 2023, le musée du débarquement d’Utah Beach est en sécurité pour le moment. Mais l’un de ses sites américains voisins, le Monument des Rangers de la Pointe du Hoc, se trouve au sommet d’une falaise en très mauvais état qui a subi de nombreux glissements de terrain dus à l’érosion naturelle. Le dernier glissement de terrain, survenu en novembre 2023, a entraîné la fermeture d’un des bunkers du site américain.
A 40 kilomètres plus loin le long de la côte, à Juno Beach, lieu du débarquement canadien, la menace n’est pas aussi imminente car la dune gagne sur la mer. Cependant, la directrice du Juno Beach Center affirme que ce n’est qu’une question de temps avant que le centre et ses monuments ne soient inondés. « Il ne s’agit pas de savoir si le Juno Beach Center et tous ses monuments seront inondés, mais quand.» Aujourd’hui, la lutte contre l’érosion côtière à Juno Beach n’est pas très différente de celle menée par les forces alliées il y a 80 ans sur cette même plage. Selon la directrice, « en 1944, les soldats qui sont venus ici luttaient pour la paix et la liberté et contre les dictateurs. Quelle est la principale menace pour la démocratie et la paix dans le monde aujourd’hui, si ce n’est le réchauffement climatique ? »
Source  : CBC via Yahoo Actualités.

Photo: C. Grandpey

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On February 20th, 2023, I released a post alerting to coastal erosion on D-Day beaches in French Normandy. With the 80th anniversary of the landing, numerous articles can be read in the international press alerting again to one consequence of global warming.

The hallowed beaches of the D-Day invasion on June 6th, 1944, are one of the main attractions for the thousands who are making the pilgrimage to the coast of northern France to celebrate the 80th anniversary of its liberation from the Nazis. Nearly 150,000 Allied troops landed or parachuted into the invasion area that day, including more 14,000 Canadians. Of those Canadians, 381 were killed, 584 were wounded, and 131 were captured. We should never forget this.

Those who wish to pay their respects to the sacrifices made along that coastline in 1944 are doing so on borrowed time. As a result of coastal erosion, some of the beaches of D-Day are disappearing.

Two-thirds of the coast is already eroding, according to a 2023 report from the Normandy Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC), which is composed of regional specialists and scientists. The report, which explores the local consequences of global warming, also mentions flooding concerns. It references a 2020 study by the national statistics bureau of France (INSEE), which reveals more than 122,000 residents and 54,000 jobs are « threatened by this marine flooding hazard. »

There’s also concern about the future of the monuments, museums, and memorabilia that adorn the beaches where the allies landed during the Second World War in 1944. The Normandy tourism office lists 124 places of remembrance across the region, the majority of which are near the coast.

Some possible solutions to the erosion include reinforcing the beaches, relocating museums and monuments away from the coast, and for those residents whose well-being is at risk, moving away altogether. The mayor of Sainte-Marie-du-Mont, the small community crowned by Utah Beach, says efforts are being made to bolster the beach. They include keeping tourists off the dunes and planting d’oyats to stabilize the sand dunes.

As I put it in the February 2023 post, the Utah Beach Landing Museum is secure for now. But one of its American sister sites, the Pointe du Hoc Ranger Monument, is perched upon a crumbling cliff face that has suffered numerous landslides as a result of natural erosion. The most recent landslide in November 2023 forced the closure of one of the U.S. site’s bunkers.

A further 40 kilometres along the coast, at Juno Beach, the site of the Canadian landing, the threat is not as imminent because the dune is gaining on the sea. However, the director of the Juno Beach Centre says it’s only a matter of time before the centre and its monuments are flooded. « It is not a question of if the Juno Beach Centre and all its monuments will be flooded, but when. » Today, the fight agains coastal erosion in Juno Beach is not too dissimilar from the one taken up by the Allied forces 80 years earlier on the very same beach. She added : « In 1944, the soldiers who came herewere fighting for peace and freedom and against dictators. What is the main threat to democracy and peace in the world today if not climate change? »

Source : CBC via Yahoo News.

L’agonie des glaciers de Glacier National Park (Montana / USA) // The slow death of glaciers in Glacier National Park

Le 8 juillet 2015, j’ai écrit une note à propos du Parc National des Glaciers (PNG) que je venais de visiter dans le Montana, près de la frontière avec le Canada. J’indiquais que, comme en Alaska ou en France, les effets du réchauffement climatique y étaient évidents. « Il ne fait absolument aucun doute que le recul des glaciers est en cours et de nombreux glaciers ont déjà disparu. »

On estime qu’il y avait environ 150 glaciers dans le PNG en 1850, et la plupart étaient encore présents en 1910, lorsque le parc a été créé. En 2010, les scientifiques estimaient qu’il ne restait plus que 25 glaciers de plus de 10 hectares. En 2015, un modèle climatique informatique prévoyait que certains des plus grands glaciers du parc auraient disparu avant 2030. Cela signifiait que tous les glaciers du parc allaient disparaître au cours des prochaines décennies, voire avant, car bon nombre d’entre eux reculaient plus rapidement que prévu.

Vue du Parc National des Glaciers en 2015 (Photo : C. Grandpey)

Aujourd’hui, en 2024, la situation du Parc national des Glaciers ne s’est pas améliorée. Les quelques glaciers restants continuent de fondre. D’ici la fin de ce siècle, il n’en restera plus aucun. Ils sont tout simplement trop petits pour survivre même au niveau de réchauffement climatique le plus bas. Les modèles scientifiques montrent que leur mort est inévitable.
Des études montrent que d’ici 2030, le volume de glace ne sera plus que de moitié environ par rapport à ce qu’il était vers 2017, avant de tendre inexorablement vers zéro d’ici 2100.

Les légendes qui accompagnent le graphique confirment la disparition quasi totale des glaciers du Parc national des Glaciers d’ici 2100. Une analyse de l’USGS montre que certains facteurs tels que l’épaisseur de la glace, la situation à l’ombre et les effets du vent peuvent influer sur le moment exact de la disparition de la glace, mais la petite taille des glaciers fournit peu de protection contre le réchauffement climatique.
Source : Services des parcs nationaux, USGS.

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On July 8th, 2015, I wrote a post about Glacier National Park (GNP) I had just visited in Montana, close to the border with Canada. I indicated that like in Alaska or in France, the effects of global climate change were strikingly clear. « There is absolutely no doubt glacier recession is underway, and many glaciers have already disappeared. »

It has been estimated that there were approximately 150 glaciers in GNP in 1850, and most glaciers were still present in 1910 when the park was established. In 2010, scientists considered there were only 25 glaciers larger than 10 hectares remaining in the Park. In 2015, a computer-based climate model predicted that some of the park’s largest glaciers would vanish by 2030. This meant that all the park’s glaciers could disappear in the next several decades or even earlier, as many of the glaciers are retreating faster than their predicted rates.
Today, in 2024, the situatio at Glacier National Park has not improved. The few remaining glaciers keep melting. By the end of this century, none will be left. They are simply too small to survive even the lowest realistic levels of warming. Scientific models show their deaths are inevitable. Glacier National Parkwill have no glaciers.

Studies show that by around 2030, the volume of ice in the local glaciers will only be around half of what it was in around 2017, before inexorably sloping towards zero by 2100.

Research notes accompanying the chart confirm the near total Glacier National Park glacier disappearance by 2100. USGS analysis shows that localised factors such as ice thickness, shading, and wind effects may mediate the exact timing of ice disappearance, yet the small size of the glaciers provides little buffer against a warming climate.

Source : National park Services, USGS..