Mystère autour de l’histoire volcanique de l’île de Pâques // Mystery around Easter Island’s volcanic history

Le 30 septembre 2024, j’ai publié une note expliquant qu’aucun effondrement de population n’avait eu lieu dans le passé sur l’île de Pâques. De nouveaux articles parus dans la presse scientifique ces derniers jours nous apprennent que les plus anciennes laves de l’île de Pâques se sont formées il y a environ 2,5 millions d’années dans la partie supérieure d’une plaque océanique à peine plus ancienne que les volcans eux-mêmes. C’était, du moins, la théorie généralement acceptée jusqu’à présent.
En 2019, une équipe de géologues cubains et colombiens s’est rendue sur l’île de Pâques pour dater avec précision l’île qui héberge plusieurs volcans éteints. Pour ce faire, ils ont eu recours à la datation des minéraux de zircon qui permettent d’évaluer l’âge des chambres magmatiques. Lorsque le magma refroidit, ces minéraux se cristallisent. Ils contiennent un peu d’uranium, qui se transforme en plomb par désintégration radioactive.
Dans la mesure où on connaît le temps mis par ce processus, on peut mesurer depuis combien de temps ces minéraux se sont formés. L’équipe scientifique a donc recherché ces minéraux et en a trouvé des centaines. Leur analyse a surpris les chercheurs car non seulement leur âge n’est pas de 2,5 millions d’années (l’âge supposé de l’île de Pâques), mais leur origine remonte bien plus loin dans le temps, jusqu’à 165 millions d’années. De plus, l’analyse chimique des zircons montre que leur composition est plus ou moins la même dans tous les cas.
Les volcans de Rapa Nui – l’autre nom de l’île de Pâques – n’ont pas pu être actifs pendant 165 millions d’années, car la plaque située en dessous d’eux n’était pas aussi ancienne. La seule explication est que les minéraux anciens proviennent de la source du volcanisme de l’île, dans le manteau terrestre sous la plaque, bien avant la formation des volcans actuels.

Cependant, cette hypothèse a posé à l’équipe scientifique une autre énigme. Les volcans comme ceux de l’île de Pâques sont des « volcans de point chaud » qui sont fréquents dans l’océan Pacifique ; Hawaï en est un bon exemple. Ils sont formés par des panaches mantelliques qui s’élèvent lentement des profondeurs de la Terre. En s’approchant de la base de la plaque tectonique, les roches du panache et du manteau environnant fondent et donnent naissance à des volcans. Les scientifiques savent depuis les années 1960 que le panache mantellique reste en place très longtemps quand la plaque se déplace au-dessus de lui. Au fur et à mesure que la plaque se déplace, le panache mantellique produit un nouveau volcan. Là encore, l’archipel hawaïen illustre parfaitement ce processus. Cela explique les alignements de volcans sous-marins éteints dans l’océan Pacifique, avec un ou plusieurs volcans actifs à l’extrémité de la chaîne. Les chercheurs se sont demandé si cela signifiait que le panache mantellique sous l’île de Pâques était actif depuis 165 millions d’années.
Pour répondre à cette question, ils avaient besoin de preuves issues de la géologie de la Ceinture de Feu du Pacifique où les plaques océaniques plongent dans le manteau terrestre. Ils se sont alors heurtés à une nouvelle difficulté. En effet, en s’enfonçant, les plaques datant d’il y a 165 millions d’années ont depuis longtemps disparu dans les zones de subduction. S’agissant de l’île de Pâques, il semble que le plateau qui existait à l’époque de la formation de l’île ait disparu sous la Péninsule Antarctique il y a environ 110 millions d’années. La chaîne de montagnes, dont les traces sont encore bien visibles à Rapa Nui, pourrait être le résultat de la subduction d’un plateau volcanique qui s’est formé il y a 165 millions d’années. En conséquence, cela montre que le panache mantellique de l’île de Pâques a pu avoir été actif pendant cette période. Cela permettrait de résoudre le mystère géologique de l’île : les anciens minéraux de zircon seraient des vestiges de magmas antérieurs qui ont été ramenés à la surface de la terre, en même temps que des magmas plus jeunes, lors d’éruptions volcaniques.
Un autre problème se pose. La théorie classique du tapis roulant (pour expliquer le mouvement des plaques tectoniques) est difficile à concilier avec l’observation selon laquelle les panaches mantelliques restent en place alors que tout ce qui les entoure continue de bouger. Un scientifique de l’Université d’Utrecht (Pays Bas) a déclaré : «Les panaches mantelliques montent si vite qu’ils ne sont pas affectés par le manteau qui se déplace avec les plaques, et de nouveaux matériaux de panache arrivent constamment sous la plaque pour former de nouveaux volcans.» Dans ce cas, les anciens fragments du panache, avec les anciens zircons, ont probablement été emportés par ces courants mantelliques, loin de l’emplacement de l’île de Pâques, et ne peuvent donc pas se trouver maintenant à la surface. Le scientifique d’ajouter : «Nous en tirons la conclusion que ces minéraux anciens n’ont pu être préservés que si le manteau entourant le panache est resté aussi immobile que le panache proprement dit.» La découverte des minéraux anciens sur l’île de Pâques tend donc à montrer que le manteau terrestre se déplace probablement plus lentement qu’on ne l’a toujours supposé.
Source : Synthèse de plusieurs articles parus dans la presse scientifique.

 

Illustration de la tectonique et du comportement du panache mantellique sur l’île de Pâques (Source : Université d’Utrecht)

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On September 30th, 2024, I wrote a post explaining that no population collapse had occurred in the past on Easter Island. New articles released in the scientific press explain us today that Easter Island’s oldest lava deposits formed some 2.5 million years ago on top of an oceanic plate not much older than the volcanoes themselves.

In 2019, a team of Cuban and Colombian geologists travelled to Easter Island to accurately date the island which harbours several extinct volcanoes. To do so, they resorted to the dating of dating zircon minerals. When magma cools, these minerals crystallize. They contain a bit of uranium, which turns into lead through radioactive decay.

As we know the time it takes this process to happen, we can measure how long ago those minerals formed. The scientific team team thus looked for those minerals and found hundreds of them. They came as a surprise because not only they were not 2.5 million years old as expected (this was the supposed age of Easter Island), but from much further back in time, up to 165 million years ago.

Chemical analysis of the zircons showed that their composition was more or less the same in all cases.

The volcanoes of Rapa Nui – the other name for Easter Island – cannot have been active for 165 million years, because the plate below them is not even that old. The only explanation then is that the ancient minerals originated at the source of volcanism, in the Earth’s mantle beneath the plate, long before the formation of today’s volcanoes. However, that theory presented the team with another conundrum.

Volcanoes like those on Easter Island are ‘hotspot volcanoes’ which are common in the Pacific Ocean; Hawaii is a good example. They form from large mantle plumes that slowly rise from the Earth’s depths. When they get close to the base of the Earth’s plates, the rocks of the plume as well as from the surrounding mantle melt and form volcanoes. Scientists have known since the 1960s that mantle plumes stay in place for a very long time while the Earth’s plates move over them. Every time the plate shifts a bit, the mantle plume produces a new volcano. One again, the Hawaiian archipelago perfectly illustrates the process. It explains the rows of extinct underwater volcanoes in the Pacific Ocean, with one or a few active ones at the end. The researchers wondrered whether that meant that the mantle plume under Easter Island had been active for 165 million years.

To answer that question, they needed evidence from the geology of the ‘Ring of Fire’ where oceanic plates subduct into the Earth’s mantle. They encountered a new difficulty because the plates from 165 million years ago have long since disappeared in the subduction zones. It appears that the plateau that existed at the time of the formation of Easter Island must have disappeared under the Antarctic Peninsula some 110 million years ago. The mountain range, whose traces are still clearly visible at Rapa Nui could well be the effect of subduction of a volcanic plateau that formed 165 million years ago. As a consequence, it shows that the Easter Island mantle plume could very well have been active for that long. This would solve the geological mystery of Easter Island: the ancient zircon minerals would be remnants of earlier magmas that were brought to the surface from deep inside the earth, along with younger magmas in volcanic eruptions.

But then another problem presents itself. The classical ‘conveyor belt theory’ is already difficult to reconcile with the observation that mantle plumes stay in place while everything around them continues to move.

One researcher said : “People explained this by saying that plumes rise so fast that they are not affected by a mantle that was moving with the plates. And that new plume material is constantly being supplied under the plate to form new volcanoes.” But in that case, old bits of the plume, with the old zircons, should have been carried off by those mantle currents, away from the location of Easter Island, and could not now be there at the surface. “From that, we draw the conclusion that those ancient minerals could have been preserved only if the mantle surrounding the plume is basically as stationary as the plume itself.” The discovery of the ancient minerals on Easter Island therefore suggests that the Earth’s mantle moves much slower than has always been assumed.

Source : Summary of several articles in the scientific press.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

En Islande, l’accumulation de magma se poursuit sous Svartsengi. Selon les relevés GPS et les modélisations les plus récentes, le volume de magma sous Svartsengi semble représenter les deux tiers de celui qui existait avant la dernière éruption du 22 août 2024. Avec environ 14 millions de mètres cubes accumulés actuellement, la probabilité d’une éruption devrait augmenter début novembre si l’accumulation reste constante.
L’activité sismique a légèrement augmenté ces derniers, avec environ cinq événements quotidiens le long du dyke sous Svartsengi. Selon le Met Office, cette sismicité montre que la pression augmente.
Source : Met Office islandais.

Graphique montrant la progression de l’accumulation du magma sous Svartsengi (Source : Met Office)

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Toujours en Islande, une hausse inhabituelle de l’activité hydrothermale a été observée ces derniers jours sur le site de Geysir. En particulier, le Strokkur a été plus actif que d’ordinaire. Ses éruptions sont plus hautes et plus puissantes. Certaines d’entre elles ont même été si nerveuses que des pierres ont été projetées. Un représentant de l’Agence de l’Environnement a confirmé que de nombreuses sources chaudes du secteur sont plus actives qu’avant.
Le Strokkur entre en activité plus souvent qu’avant, avec des jets qui atteignent jusqu’à 30 mètres de hauteur. Cependant, le Met Office précise qu’il n’a observé aucun changement dans le fonctionnement du geyser proprement dit. La situation est surveillée et les scientifiques essayent de comprendre la cause de cette hausse d’activité.
Les touristes qui visitent Geysir ont été invités à être prudents et à rester à bonne distance des sources chaudes. Il convient de noter que de telles fluctuations de l’activité hydrothermale sont observées de temps en temps à Yellowstone (États-Unis) sans conséquences majeures.
Source : Iceland Monitor.

Photo: C. Grandpey

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Une activité explosive intracratèrique est actuellement observée au sommet de l’Etna (Sicile), sans émission de cendres ou de lave, grâce aux caméras de surveillance thermique. Cette activité est localisée dans le cratère NE, tandis que de légères et sporadiques émissions de cendres sont observées au cratère SE, ainsi qu’une activité de dégazage des autres cratères sommitaux. L’INGV a fait passer à l’Orange la couleur de l’alerte aérienne.
Les instruments de l’Institut montrent que le tremor éruptif se situe actuellement dans des valeurs moyennes. L’activité volcanique reste confinée à une altitude de 3 300 mètres au-dessus du niveau de la mer et n’a pas d’impact sur le trafic aérien à l’aéroport international de Catane.

Source : La Sicilia.

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Le Kanlaon – ou Canlaon – (Philippines) a émis 3 244 tonnes de SO2 le 19 octobre 2024, dans le cadre de la hausse continue de son activité. Cette hausse est liée à des mouvements de magma à faible profondeur sous le volcan, ce qui est susceptible d’annoncer d’éventuelles éruptions explosives.
Le PHIVOLCS a également signalé plusieurs brefs épisodes d’émissions de cendres grises. Ils ont duré entre deux et six minutes et ont généré des panaches qui se sont élevés à environ 500 m au-dessus du cratère.
Le volcan est en alerte de niveau 2 depuis le 3 juin 2024, à la suite d’une éruption qui a envoyé des panaches de cendres jusqu’à 5 000 m. de hauteur.

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Toujours aux Philippines, des événements éruptifs phréatiques se produisent toujours périodiquement au Taal. On observe des remontées de fluides chauds dans le lac. Des émissions de vapeur et de gaz parfois volumineuses s’élèvent jusqu’à 1,8 km au-dessus du cratère. Le niveau d’alerte reste à 1 et PHIVOLCS rappelle au public que l’ensemble de Taal Volcano Island est une zone de danger permanent (PDZ). L’accès au Main Crater est interdit.
Source : PHIVOLCS.

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Une hausse de la sismicité associée à la fracturation de roches est enregistrée sur le volcan Hudson (Arc volcanique andin sud) depuis le 16 octobre 2024, avec 160 événements volcano-tectoniques dont la magnitude la plus élevée était de M 2,5 le 17 octobre, à 2,9 km à l’ESE du centre de la caldeira, et à une profondeur de 4,4 km. Un séisme longue période (LP) a été détecté le 17 octobre. Un séisme volcano-tectonique a également été enregistré le 19 octobre.
Le niveau d’alerte reste au Vert (le niveau le plus bas sur une échelle de quatre couleurs).
Source : SERNAGEOMIN.

Crédit photo: SERNAGEOMIN

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Toujours sur l’Arc volcanique andin sud, le SERNAGEOMIN a signalé une incandescence nocturne au niveau du cratère du Copahue le 16 octobre 2024. Une augmentation de l’activité de surface a été observée le 19 octobre, avec une émission de cendres qui s’est élevée à 200 m au-dessus du cratère.
Le niveau d’alerte reste Vert et il est rappelé au public de se tenir à au moins 500 m du cratère.

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Une hausse de l’activité et des risques potentiels a été signalée sur le volcan Iya (arc volcanique de la Sonde), au vu des données de surveillance visuelle et instrumentale du 16 au 22 octobre 2024. Le niveau d’alerte a été relevé à 2 (sur une échelle de 1 à 4) le 17 octobre, et le public est invité à rester à au moins 2 km de la zone active du cratère.

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Toujours en Indonésie, l’éruption du Dukono se poursuit. Des panaches de vapeur et de cendres s’élèvent chaque jour de 100 à 800 m au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4), et le public est invité à rester en dehors de la zone d’exclusion de 3 km.
Source : CVGHM.

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L’Observatoire Volcanologique de Goma (OVG) indique que l’émission de lave se poursuit sur le Nyamulagira (République Démocratique du Congo). Selon un bulletin spécial édité le 2 octobre 2024, trois coulées de lave étaient actives sur les flancs N et O ; la plus longue atteignait 7 km au NO de la lèvre du cratère. Une forte sismicité dans la zone a également été signalée dans un bulletin spécial émis le 14 octobre. Au cours des nuits du 13 et 14 octobre, une lueur intense était visible dans le cratère.

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Le 22 octobre 2024, GeoNet a signalé que l’éruption de White Island (Nouvelle-Zélande) avait pris fin, bien que des émissions de gaz et de vapeur soient encore observées. Un survol effectué le 18 octobre et de récentes images webcam et satellite montrent que le niveau d’activité a diminué, sans signes d’éruptions ou d’émissions de cendres. Le niveau d’alerte volcanique a été ramené à 2 (sur une échelle de 0 à 5) et la couleur de l’alerte aérienne a été abaissée au Jaune. Il faut garder à l’esprit que l’accès à White Island est strictement interdit depuis l’éruption de décembre 2019 qui a tué 22 touristes et gravement blessé des dizaines de survivants.

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L’activité éruptive se poursuit sur le Popocatépetl (Mexique). Le réseau sismique enregistre de nombreux événements longue période (LP) chaque jour. Ils s’accompagnent d’émissions de vapeur et de gaz. Des retombées de cendres ont été signalées dans plusieurs localités sous le vent. Selon le VAAC de Washington, les panaches de cendres visibles sur les webcams et les images satellites du 17 au 21 octobre 2024 s’élevaient à 5,8-7,3 km au-dessus du niveau de la mer.
Le niveau d’alerte reste au Jaune, Phase 2 et le public est prié de rester à au moins 12 km du cratère.
Source : CENAPRED.

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L’éruption du Novarupta-Katmai s’est produite en 1912 en Alaska, mais l’Observatoire Volcanologique d’Alaska (AVO) indique que du 18 au 19 octobre 2024, des vents violents à proximité du Katmai et de la Vallée des Dix Mille Fumées soulevé des cendres jusqu’à 1,8 km d’altitude au sud-est et au nord-ouest. Les cendres atteignent souvent l’île Kodiak où elles génèrent des nuages ​​de poussière et du brouillard. Le niveau d’alerte volcanique reste à Normal, le niveau le plus bas sur une échelle à quatre niveaux.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ». .
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity in the world:

In Iceland, magma accumulation is going on beneath Svartsengi. According to the most recent GPS readings and model estimates, the volume of magma beneath Svartsengi is now predicted to be two-thirds of that which existed before the last eruption on August 22nd, 2024. With around 14 million cubic meters currently accumulated, the likelihood of an eruption is likely to grow in early November if the accumulation rate remains constant.

Seismic activity has increased slightly recently, with approximately five minor daily earthquakes happening along the dike beneath Svartsengi. According to the Met Office, they indicate that pressure is increasing.

Source : Icelandic Met Office.

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Still in Iceland, unusual and increased hot spring activity has been observed in the Geysir area. Strokkur has been unusually active in recent days. Its eruptions are higher and more powerful than before. Some of them have even been so vigorous that stones have been thrown up. A representative from the Environment Agency has confirmed that many hot springs in the area are now far more powerful than before.

The hot springs now erupt more often than before, with strokes that reach up to 30 meters. However, the Met Office specifies that there have been no changes to Geysir itsel. The situation is being monitored and an attempt is made to analyze the cause of this increased activity.

Tourists in the Geysir area have been asked to be careful and stay at a safe distance from the hot springs. It should be noted that similar fluctuations in hydrothermal activity are occasionally observed at Yellowstone (United States) without major consequences.

Source : Iceland Monitor.

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INGV’s thermal surveillance cameras currently show an intracrater explosive activity at the summit of Mt Etna (Sicily), without emission of ash or lava. This activity is located at the NE Crater, while mild and sporadic ash emissionsare observed at the SE Crater, and degassing activity from the other summit craters. However, the aviation color code has been raised to Orange.
The Institute’s instruments show that the eruptive tremor is currently at medium values. Volcanic activity remains confined to an altitude of 3,300 meters above sea level and has no impact on air traffic at Catania International Airport.
Source: La Sicilia.

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Kanlaon (Philippines) emitted 3 244 tonnes of SO2 on October 19th, 2024, as part of its ongoing increased unrest. The increase is linked to shallow magmatic movement beneath the volcano, raising concerns about potential explosive eruptions.

PHIVOLCS also reported several brief episodes of gray ash emissions. They lasted between two to six minutes and produced plumes that rose approximately 500 m above the crater.

The volcano has been under Alert Level 2 since June 3rd, 2024, following a significant eruption that sent ash plumes as high as 5 000 m.

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Still in the Philippines, phreatic eruptive events periodically continue at Taal. Hot fluids upwelling in the lake are persistently observed. Steam-and-gas emissions that are sometimes voluminous rise as high as 1.8 km above the crater. The Alert Level remains at 1 and PHIVOLCS reminds the public that the entire Taal Volcano Island is a Permanent Danger Zone (PDZ). Access to the Main Crater is prohibited.

Source : PHIVOLCS.

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An increase in seismicity associated with rock-fracturing has been recorded at Hudson (Southern Andean Volcanic Arc) since 16 October 2024, with160 volcano-tectonic events whose highest magnitude was M 2.5 on 17 October, 2.9 km ESE from the center of the caldera and at a depth of 4.4 km. A long-period earthquake was also detected on 17 October. A volcano-tectonic earthquake was detected on 19 October.

The Alert Level remains at Green (the lowest level on a four-color scale).

Source : SERNAGEOMIN.

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Still on the Southern Andean Volcanic Arc, SERNAGEOMIN reported nighttime crater incandescence at Copahue on 16 October 2024. An increase in surface activity was observed on 19 October, with an ash emission that rose 200 m above the crater.

The Alert Level remains at Green and the public is reminded to stay 500 m away from the crater.

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An increase in activity and potential hazards have been reported at Iya (Sunda Volcanic Arc), based on visual and instrumental monitoring data during 16-22 October 2024. The Alert Level was raised to 2 (on a scale of 1-4) on 17 October, and the public is asked to stay 2 km away from the active crater area.

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Still in Indonesia, the eruption at Dukono continues. Daily steam znd ash plumes rise 100-800 m above the summit. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4), and the public is asked to remain outside the 3-km exclusion zone.

Source : CVGHM.

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The Observatoire Volcanologique de Goma (OVG) reports that lava effusion at Nyamulagira (Democratic Republic of Congo) continues. According to a special bulletin issued on 2 October 2024, three lava flows were active on the N and W flanks, with the longest reaching 7 km NW from the crater rim. Strong seismicity in the area was also reported in a special bulletin issued on 14 October. During the nights of 13 and 14 October an intense glow was visible in the crater.

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On 22 October 2024, GeoNet reported that the eruption at White Island (New Zealand) had ended, though gas-and-steam emissions could still be observed. Based on observations from an overflight on 18 October and recent webcam and satellite images, the level of activity had decreased, with no evidence of eruptions or ash emissions. The Volcanic Alert Level was lowered to 2 (on a scale of 0-5) and the Aviation Color Code was lowered to Yellow. People should bear in mind that access to White Island has been strictly prohibited since the December 2019 eruption that killed 22 tourists and gravely injured tens of survivors.

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Eruptive activity continues at Popocatépetl (Mexico). The seismic network records numerous long-period events per day that are accompanied by steam-and-gas emissions. Asfall has been reported in several downwind communities. According to the Washington VAAC ash plumes visible in webcam and satellite images during 17-21 October 2024 rose to 5.8-7.3 km above sea level.

The Alert Level remains at Yellow, Phase Two and the public is asked to stay 12 km away from the crater.

Source : CENAPRED.

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The Novarupta-Katmai eruption occurred in 1912 in Alaska, but the Alaska Volcano Observatory (AVO) reports that during 18-19 October 2024 strong winds in the vicinity of Katmai and the Valley of Ten Thousand Smokes dispersed unconsolidated ash up to 1.8 km a.s.l. to the SE and NW. The ash often travels as far as Kodiak Island where it causes dust and fog clouds.The Volcano Alert Level remains at Normal (the lowest level on a four-level scale).

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ». .

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Selon l’Observatoire Volcanologique de Goma (OVG), relayé par l’Agence Afrique, le Nyiamuragira (République Démocratique du Congo) est de nouveau entré en éruption le 12 octobre 2024. Le volcan était toujours en activité le 14 octobre au moment de la diffusion de l’information. La dernière éruption de ce volcan remonte au 14 mars 2023.

Selon l’OVG, les images satellite montrent un débordement de lave qui, depuis le cratère, se déverse en trois coulées sur les flancs nord, ouest et sud-ouest du volcan. La coulée la plus avancée a parcouru environ sept kilomètres. Une forte lueur est visible au niveau du sommet du volcan depuis la ville de Goma.

Crédit photo : OVG

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Dans une mise à jour publiée le 16 octobre 2024, l’AVO confirme l’augmentation progressive de l’activité volcanique au cours des derniers mois sur le Mont Spurr (Alaska). [Voir ma note de ce même jour.] Les capteurs GNSS ont enregistré une déformation verticale et latérale du sol depuis mars 2024. Un soulèvement atteignant jusqu’à 4 cm a été enregistré. Une augmentation de l’activité sismique a également été constatée depuis avril. D’autres indications d’une hausse d’activité incluent l’apparition d’un petit lac de fonte d’environ 3800 m2 dans le cratère sommital au début de l’été 2024.
Suite à la hausse notable de la sismicité, l’AVO a élevé la couleur de l’alerte aérienne au JAUNE et le niveau d’alerte volcanique à ADVISORY (surveillance conseillée). Cependant, l’Observatoire précise qu’il n’y a aucune indication qu’une éruption soit imminente. Souvent, ce type de sismicité et de déformation du sol diminue sans que survienne une éruption.

Vue du lac de cratère le 18 septembre 2024 (Source: AVO)

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Des événements éruptifs phréatiques se poursuivent périodiquement sur le Taal (Philippines). On observe toujours une remontée de fluides chauds dans le lac. Des émissions de vapeur et de gaz s’élèvent quotidiennement jusqu’à 3 km au-dessus du cratère. La sismicité reste significative. Les émissions de SO2 restent également à des niveaux élevés. Le niveau d’alerte volcanique reste à 1 (sur une échelle de 0 à 5) et le PHIVOLCS rappelle au public que l’ensemble de Volcano Island est une zone de danger permanent (PDZ) interdite d’accès.

 

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Toujours aux Philippines, l’activité éruptive se poursuit sur le Kanlaon. Elle se caractérise par une sismicité élevée et des émissions de dioxyde de soufre. Les émissions de gaz et de vapeur s’élèvent de 400 à 750 m au-dessus du sommet. Les émissions de SO2 sont en moyenne de 1 919 à 6 011 tonnes/jour. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 0 à 5) et le PHIVOLCS rappelle au public de rester en dehors de la zone de danger permanent d’un rayon de 4 km.

 

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L’Instituto Geofísico del Perú (IGP) indique que l’éruption du Sabancaya se poursuit avec une moyenne quotidienne de 11 explosions qui génèrent des panaches de gaz et de cendres s’élevant jusqu’à 1,5 km au-dessus du sommet. Des anomalies thermiques au niveau du dôme de lave dans le cratère sommital sont observées dans les images satellite. Le niveau d’alerte reste à Orange (niveau 3 sur une échelle de quatre couleurs) et le public est prié de rester à l’extérieur d’un rayon de 12 km autour du volcan.

Crédit photo : IGP

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L’activité éruptive se poursuit sur le Stromboli (Sicile). Les images de la webcam montrent une activité strombolienne au niveau de deux bouches dans la zone Nord de la partie supérieure de la Sciara del Fuoco et d’au moins deux bouches dans la zone C-S (cratère centre-sud) sur la terrasse cratèrique. Les bouches éruptives de la zone N produisent des explosions de faible intensité à raison de 7 à 14 événements par heure. L’activité de spattering est parfois intense pendant de longues périodes. Les 8 et 9 octobre 2024, cette activité a donné naissance à une coulée de lave qui a descendu la Sciara del Fuoco et s’est arrêtée juste avant le littoral. Les explosions dans les bouches de la zone C-S éjectent des téphras à plus de 250 m de hauteur. Le niveau d’alerte reste au Jaune (niveau 2 sur une échelle à quatre niveaux).
Source : INGV.

Source: INGV

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En Islande, le soulèvement du sol se poursuit dans la région de Svartsengi, mais il n’y a actuellement aucun signe d’éruption imminente. Dans le même temps, l’accès à Grindavík sera de nouveau libre le 21 octobre 2024, mais les habitants et les visiteurs doivent rester conscients des risques toujours présents et des évacuations potentielles.
Depuis le 11 novembre 2023, l’accès à Grindavík est interdit, sauf aux services d’urgence, aux habitants, aux employés de la ville, aux entrepreneurs et aux personnes venant en aide à la population. La ville restera accessible sauf si une situation d’urgence est à nouveau décrétée en raison d’une éruption volcanique ou d’activité sismique.
La circulation à destination et en provenance de Grindavík continuera d’être surveillée électroniquement par mesure de sécurité, au cas où une évacuation deviendrait nécessaire. Les habitants et les visiteurs resteront dans la ville à leurs propres risques. Le but de la réouverture est de protéger Grindavik et ses activités économiques, bien qu’il soit trop tôt pour prévoir ce que deviendra la ville sur le long terme.
Conformément aux mesures de sécurité en vigueur, il est conseillé aux habitants de Grindavik de rester dans les rues et d’éviter les espaces ouverts et les propriétés privées. Il n’est pas prévu de rouvrir les écoles, les crèches ou les activités récréatives à Grindavík.
Source : Médias d’information islandais.

Malgré cette réouverture, Grindavik reste sous la menace d’une activicité sismique et éruptive (Source: presse islandaise)

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ». .
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity in the world:

According to the Goma Volcanological Observatory (OVG), relayed by Agence Afrique, Nyiamuragira (Democratic Republic of Congo) erupted again on October 12th, 2024. The volcano was still active on October 14th at the time the information was released. The last eruption of this volcano dates back to March 14th, 2023.
According to the OVG, satellite images show an overflow of lava which, from the crater, gives birth to three flows on the northern, western and southwestern flanks of the volcano. The most advanced flow traveled about seven kilometers. A strong glow can be seen from Goma at the summit of the volcano.

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In an update released on October 16th, 2024, AVO confirms the gradual increase in volcanic unrest over the past months at Mount Spurr (Alaska). See my post of October 16th. GNSS receivers have detected sustained upward and outward ground deformation since March 2024. A total of 4 cm of uplift was recorded by the stations closest to the source of deformation. An increase in seismic activity has also been noted since April. Other indications of elevated activity include the development of a small melt lake about 3,800 square meters in area in the summit crater in early summer of 2024.

Because this is a notable increase in seismicity, AVO has raised the Aviation Color Code to YELLOW and the Volcano Alert Level to ADVISORY. However, the Observatory specifies that there are no indications that an eruption is imminent. Often this type of seismicity and ground deformation will decline without producing an eruption.

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Phreatic eruptive events periodically continue at Taal (Philippines). The upwelling of hot fluids in the lake is permanently observed, and daily steam-and-gas emissions rise as high as 3 km above the crater rim. Seismicity is still significant. SO2 emissions remain at elevated levels. The Alert Level remains at 1 (on a scale of 0-5), and PHIVOLCS reminds the public that the entire Taal Volcano Island is a Permanent Danger Zone (PDZ) that should remain prohibited.

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Still in the Philippines, eruptive activity continues at Kanlaon Volcano. It is characterized by elevated seismicity and sulfur dioxide emissions. Gas-and-steam emissions rise 400-750 m above the summit. SO2 emissions average 1,919-6,011 tonnes/day. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 0-5) and PHIVOLCS reminds the public to remain outside the 4-km-radius Permanent Danger Zone.

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The Instituto Geofísico del Perú (IGP) indicates that the eruption at Sabancaya continues with a daily average of 11 explosions that generate gas-and-ash plumes rising as high as 1.5 km above the summit. Thermal anomalies over the lava dome in the summit crater are identified in satellite data. The Alert Level remains at Orange (level 3 on a four-color scale) and the public is asked to stay outside a 12 km radius from the volcano.

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Eruptive activity continues at Stromboli (Sicily). Webcam images show Strombolian activity at two vents in Area N within the upper part of the Sciara del Fuoco and from at least two vents in Area C-S (South-Central Crater) on the crater terrace. The vents in Area N produce low-intensity explosions at a rate of 7-14 events per hour. Spattering activity is sometimes intense for long periods of time. On 8 and 9 October 2024, this activity was followed by the formation of a lava flow that descended the Sciara del Fuoco, stopping before the coastline. Explosions at the vents in Area C-S eject tephra over 250 m above the vent. The Alert Level remains at Yellow (level 2 on a four-level scale).

Source : INGV.

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In Iceland, ground uplift is continuing in the Svartsengi area but there are currently no signs of an impending eruption. Meantime, Grindavík will reopen to all visitors on October 21st, 2024, though people should remain aware of ongoing risks and potential evacuations.

Since 11 November 2023, Grindavík has remained closed to all except emergency responders, residents, town employees, businesses, contractors, and those assisting residents. The town will remain open unless an emergency phase is declared again due to volcanic eruptions or seismic activity.

Traffic to and from Grindavík will continue to be monitored electronically as a safety precaution, in case evacuation becomes necessary. Residents and visitors will remain in the risk zone at their own risk. The purpose of reopening is to protect the town and its valuable economic activities, though it is too early to predict the town’s long-term future.

According to safety measures in place in Grindavík, people are advised to stay on the town’s streets and avoid open spaces and private properties. There are no plans to reopen schools, kindergartens, or recreational activities in Grindavík.

Source : Icelandic news media.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Réchauffement climatique : sévère sécheresse en Amazonie // Global warming : severe drought in the Amazon

Avec l’accélération du réchauffement climatique, de plus en plus d’événements extrêmes frappent notre planète, avec des ouragans, des sécheresses, des inondations, etc. Le bassin amazonien est actuellement confronté à l’une des pires sécheresses de son histoire. En juin 2024, des images satellites de l’Amazone et de ses affluents montraient des eaux vives et un niveau d’eau élevé. Aujourd’hui, à peine trois mois plus tard, les images des mêmes endroits montrent que le lit des rivières est complètement asséché. Les épisodes de sécheresse actuels sont les pires auxquels l’Amazonie ait été confrontée depuis le début des relevés en 1950. Ces conditions extrêmes bouleversent des vies, empêchent la navigation et menacent les dauphins, une espèce en voie de disparition dans la région. Des photos et des vidéos spectaculaires ont été diffusées dans les médias. Sur une photo, on peut voir une barge échouée sur des dunes de sable, là où les eaux coulaient il n’y a pas si longtemps. Sur une autre, un dauphin mort gît sur le sable ; en 2023, ce fut le sort de plus de 200 autres dauphins.

Le niveau du Rio Negro, l’un des principaux affluents de l’Amazone, baisse actuellement de 17,5 centimètres par jour en moyenne, selon les services météorologiques brésiliens. Dans certains endroits, comme la capitale Brasilia, on a recensé plus de 140 jours sans pluie. Le bassin amazonien souffre d’une situation qui ne s’est jamais produite auparavant. Selon les autorités, les changements sont « absolument énormes ». Elles ont exprimé leur inquiétude pour les quelque 60 % de Brésiliens dont la vie et les moyens de subsistance sont affectés par les conditions extrêmes. Outre les dangers immédiats pour l’emploi et l’approvisionnement alimentaire de nombreux Brésiliens, les autorités sont préoccupées par les causes de cette saison de sécheresse anormalement précoce et extrêmement grave.

Bien que le phénomène météorologique El Niño soit toujours présent, bien qu’en forte régression, ses effets sont encore sensibles et sont intensifiés par l’océan Atlantique plus chaud. La World Weather Attribution a calculé que la sécheresse de 2023 dans le bassin amazonien était 30 fois plus probable en raison de ces nouvelles conditions. Un chercheur de l’Institut national brésilien de recherche spatiale prévient que ces changements,qui viennent s’ajouter à la déforestation, poussent la région « vers un point de non-retour » au-delà duquel la situation deviendra irréversible.

Les sécheresses s’accompagnent également d’un risque d’incendie de forêt. La perte d’une partie encore plus grande de la couverture forestière de l’Amazonie serait un désastre. En 2022, la forêt amazonienne retenait 56,8 milliards de tonnes de carbone.

Personne n’est en mesure de faire remonter le niveau de l’eau des rivières dans le bassin amazonien. Les mesures à prendre pour réduire l’impact de la sécheresse en Amazonie incombent aux gouvernements et aux grandes entreprises qui doivent mettre en œuvre des plans pour réduire les émissions contribuant au réchauffement de la planète. De plus, des efforts de reforestation et de régénération du bassin amazonien préserveront sa biodiversité et contribueront ainsi à stabiliser la région. Les scientifiques affirment que les gouvernements peuvent atténuer l’impact des futures sécheresses en diminuant les niveaux de déforestation, en restaurant les forêts et en aidant les populations à s’adapter.

Source : Yahoo Actualités.

 

Vue de la sécheresse dans le Bassin de l’Amazon (Crédit photo : presse brésilienne)

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With the acceleration of global warming, more and more extreme events are affecting our planet, with hurricanes, droughts, floods, and so on. The Amazon Basin is currently facing one of the worst droughts of its history.

In June 2024, satellite images of the Amazon River and its tributaries captured healthy rushing waters and high water lines. Now, a mere three months later, images of the same locations depict completely dry riverbeds.

The current disastrous droughts are the worst that the Amazon has faced since records began in 1950. they are upending lives, stranding boats, and threatening endangered dolphins. Shocking photos and videos have been released in the media. In one picture, one can see a barge ship stranded high and dry on sand dunes, where waters used to flow. In another, a dead dolphin lies on the sand; in 2023, this was the fate of more than 200 dolphins.

The Rio Negro, which is one of the Amazon’s largest tributary rivers, is currently falling 17.5 centimeters a day on average, according to Brazil’s weather service. And in some places, like the capital of Brasília, there have been more than 140 days without rain.

The Amazon Basin is suffering a situation that has never happened before. Authorities are forced to admit that the changes as « absolutely enormous. » They have voiced concern for the approximately 60% of Brazil whose lives and livelihoods will be affected by the extreme conditions.

Aside from the immediate dangers to jobs and food supply for many Brazilians, officials are highly worried about the causes behind this unseasonably early and extremely severe drought season. While the El Niño weather pattern is still occurring, although strongly declining, its effects were extended and intensified by a warmer Atlantic Ocean. The World Weather Attribution calculated that the 2023 drought in the Amazon Basin was made 30 times more likely to occur due to these changing conditions.

A research scientist at Brazil’s National Institute for Space Research warns that these changes, combined with deforestation, are pushing the area « toward a potential tipping point » beyond which the situation will become irreversible.

With the droughts also comes the wildfire risk. Losing more of the Amazon’s forest cover would be devastating. It was holding 56.8 billion metric tons of carbon as of 2022.

While nobody can directly raise water levels, the highest impact on the Amazon’s drought will come from governments and large corporations who execute their plans to reduce their planet-warming emissions. Additionally, working to reforest and regenerate the Amazon Basin will preserve its critical biodiversity, helping stabilize the area. Scientists say that governments can mitigate the impact of future droughts by decreasing levels of deforestation, restoring forests and helping communities adapt.

Source : Yahoo News.