Sécheresse et manque d’eau en Alaska ! // Drought and water shortage in Alaska !

Comme je l’ai écrit précédemment (voir mes messages des 4 et 6 juillet 2019), l’Alaska a connu une vague de chaleur sévère cet été, une situation sans précédent. La conséquence est que plusieurs régions souffrent d’une sécheresse et d’un manque d’eau jamais observés auparavant. Dans un village, les autorités coupent12 heures par jour l’approvisionnement en eau destiné à la population. Dans un autre, les toilettes à chasse automatique sont basculées en mode et les restaurants servent des repas sur des assiettes en carton.
L’été chaud et sec en Alaska a entraîné des conditions extrêmes dans les communautés autochtones de Nanwalek et de Seldovia, dans la Péninsule de Kenai. Les autorités en charge de la région ont été contraintes de publier une déclaration de catastrophe naturelle.
Des conditions de sécheresse intense affectent de plus en plus l’État, exacerbées par les feux de forêt qui continuent de brûler. La ville d’Anchorage est envahie par la fumée en provenance d’un important incendie de forêt qui brûle depuis plusieurs semaines dans la Péninsule de Kenai. La ville dispose d’une bonne quantité d’eau dans ses réservoirs, contrairement à certaines petites communautés comme Nanwalek et Seldovia qui dépendent de la fonte des neiges et de la pluie pour remplir leurs réserves. La pénurie d’eau se fait durement sentir. En moyenne annuelle, la région reçoit près de 22 centimètres de pluie de juin à août; cet été, elle a reçu un peu moins de 8 centimètres.
Selon des chercheurs en climatologie de l’université d’Alaska à Fairbanks, de tels scénarios deviendront de plus en plus fréquents avec le réchauffement climatique, mais cela ne signifie pas pour autant qu’une telle sécheresse se produira chaque année.
Dans la Péninsule de Kenai, le réservoir d’eau de Nanwalek ne contient que 210 000 litres, autrement dit moins de deux jours d’approvisionnement en temps normal, lorsque le village consomme environ 115 000 litres par jour. Chaque jour, les autorités locales coupent l’eau la nuit, entre 21 heures et 9 heures. Comme l’eau stagne dans les citernes la nuit, il est conseillé aux habitants de faire bouillir leur eau pour éviter toute contamination.
Comme Nanwalek, Seldovia, à 15 kilomètres au nord-est, n’a reçu qu’une fraction de ses précipitations normales. De juin à août, le village de 220 habitants en temps normal a reçu un peu moins de 4 centimètres de précipitations, contre une moyenne d’environ 14 centimètres. Le 5 septembre 2019, Seldovia avait pour environ 16 jours et demi d’eau dans son réservoir. Pour l’économiser, les gens utilisent de l’eau non potable pour des usages non alimentaires comme la lessive. L’école a désactivé la chasse automatique dans les toilettes et a imité les restaurants en utilisant des assiettes et des couverts jetables.
Selon le National Weather Service, il devrait pleuvoir au cours de la fin de semaine sur les zones arides du centre-sud, notamment sur les deux villages, mais il ne devrait pas s’agir de précipitations abondantes. La semaine prochaine devrait revenir à des conditions plus sèches. Dans l’ensemble, il semblerait que la région commence à retrouver un peu d’humidité, mais le déficit en eau persistera cette année.
Source: Anchorage Daily News.

————————————————-

As I put it before (see my posts of 4 and 6 July 2019), Alaska went through a severe heatwave this summer, a situation that had never been seen before. The consequence is that several regions are suffering from a drought and a lack of water. In one Alaska village, officials are shutting off the public water supply 12 hours each day. In another, automatic flush toilets have been switched to manual flushing, and restaurants are serving meals on paper plates.

Alaska’s hot, dry summer has led to extreme measures in the Native communities of Nanwalek and Seldovia in the Kenai Peninsula, prompting regional officials to issue a disaster declaration.

The arid conditions are more widespread in the State, exacerbated by wildfires still burning. Anchorage is still fielding smoke drifting from a major wildfire that has been burning for several weeks in the Kenai Peninsula. The city has plenty of water in its system, unlike a handful of small communities that rely on snow melt and rain like Nanwalek and Seldovia to fill their reserves. Their water shortages are acutely felt. In an average year, the area receives nearly 22 centimetres of rain from June to August; this summer, it received slightly less than 8 centimetres.

According to climate researchers at the University of Alaska Fairbanks, such scenarios could become more common with climate warming, but that doesn’t mean it will happen every year.

In the Kenai peninsula, Nanwalek’s water tank has only 55,000 gallons in it, less than a two-day supply in normal times when the village goes through about 30,000 gallons a day. So local leaders are shutting off the water system between 9 p.m. and 9 a.m. daily. Because the tanked reserve is standing still at night, residents must boil their water to ward off possible contamination.

Seldovia, 15 kilometres to the northeast, also received a fraction of its normal rainfall. From June to August, the community of about 220 fulltime residents received slightly about 4 centimetres, compared with the average of about 14 centimetres. Seldovia has about 16½ days of water left in its reservoir, as of September 5th. To conserve, people are using non-potable water for nonfood uses like laundry. The school has turned off the automatic flushing in toilets and joined restaurants by using disposable plates and utensils.

Over the weekend, some rain is forecast for parched south-central areas, including the two villages, but it is not expected to be a super wet storm, according to the National Weather Service.

Next week is expected to return to drier conditions. Overall, however, the area is expected to begin a wetter pattern, but it won’t be as wet as expected this time of year.

Source : Anchorage Daily News.

Vue de la Péninsule de Kenai, durement touchée par la sécheresse et les incendies de forêt cet été (Source: Google Maps)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

L’INGV indique qu’une éruption majeure a eu lieu sur le Stromboli à 10h17 (GMT) – 12h17 (heure locale) – le 28 août 2019. La source de l’explosion se situait dans la zone centre-sud de la terrasse cratèrique. Les matériaux projetés par l’explosion se sont répandus sur la terrasse et le long de la Sciara del Fuoco, jusqu’à la mer.
La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge.
Il est intéressant de lire le dernier rapport (27 août 2019) du Laboratorio Geofisica Sperimentale. Les auteurs expliquaient que l’activité volcanique était soutenue sur le Stromboli, avec des épisodes de spattering dans la partie nord-est de la région sommitale où les projections montaient à une hauteur de 150 mètres. On observait une activité explosive modérée dans la partie centrale / sud-ouest de la terrasse cratèrique, avec des explosions riches en cendres. Les coulées dans la partie sud-ouest de la Sciara del Fuoco étaient toujours actives avec un débit de lave stable. Le tremor volcanique montrait des valeurs élevées. Le nombre d’événements VLP était stable à des valeurs très élevées, tandis que leur amplitude montrait une tendance à la baisse. AUCUN ÉVÉNEMENT ERUPTIF MAJEUR N’ETAIT PRÉVU. Cela montre encore une fois que notre capacité à prévoir les éruptions, même sur des volcans bien équipés, est très faible. Boris Behncke (INGV Catane) a déclaré: « Pour le moment, il est hautement improbable que les excursions reprennent vers le sommet du Stromboli. La gestion du tourisme sur ce volcan fera certainement l’objet d’un examen approfondi. Avec des explosions comme celles du 3 juillet et d’aujourd’hui, il y aurait eu des morts au sommet. » Comme je l’ai déjà écrit, les excursions au Pizzo avec les guides ont été annulées après le dernier paroxysme du volcan le 3 juillet 2019.

Note personnelle : L’activité éruptive était particulièrement intense hier soir dans la partie NE de la zone sommitale dont la morphologie a été modifiée par l’événement du matin. Le Cratère NE est plus grand, ce qui laisse libre cours à l’activité strombolienne qui s’y déroule. On notera la présence d’une bouche éruptive en dessous de l’échancrure qui s’est ouverte dans la lèvre N du cratère. Certaine événements étaient particulièrement forts (voir capture d’écran ci-dessous). On aperçoit sur les images de la webcam Skyline la coulée de lave sur la Sciara del Fuoco. Il faudra être vigilant car il ne serait pas surprenant que tous les matériaux qui s’accumulent depuis pas mal de temps déstabilisent par gravité la base sous-marine de la Sciara, avec un effondrement susceptible de générer un tsunami, comme cela s’est produit dans le passé.

Voici une petite vidéo montrant l’éruption depuis la mer. Impressionnant!

++++++++++

 La JMA indique qu’une nouvelle éruption mineure a eu lieu sur l’Asama (Japon) à 19h28 (heure locale) le 25 août 2019. L’événement a généré un nuage de cendre qui est monté à environ 600 mètres au-dessus du cratère.
La JMA a indiqué que de nouvelles explosions et des coulées pyroclastiques pouvaient encore se produire dans un rayon de 2 km du cratère.
L’éruption a été précédée d’un autre événement semblable le 7 août 2019. Le niveau d’alerte est alors passé de 1 à 3. Il a ensuite été abaissé à 2 (sur une échelle de 1 à 5) le 19 août 2019.

++++++++++

L’Institut de Géophysique du Pérou (IGP) indique que l’activité éruptive de l’Ubinas se poursuit. On enregistre une activité sismique qui semble liée à la montée du magma. De la même façon, le cratère continue à émettre des gaz magmatiques et de la vapeur d’eau visibles sur les caméras de surveillance du volcan. Les images satellitaires révèlent des anomalies thermiques qui indiquent la proximité du magma de la surface. Au vu de ces paramètres, il faut s’attendre à l’apparition d’une nouvelle activité explosive à court terme.

++++++++++

Dans les Iles Aléoutiennes (Alaska), le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune sur le Cleveland et à la couleur Orange sur le Shishaldin et le Semisopochnoi.

++++++++++

Au Kamchatka, la couleur de l’alerte aérienne est maintenue à la couleur Orange sur le Sheveluch, le Klyuchevskoy, le Karymsky et l’Ebeko car des explosions peuvent se produire à tout moment, avec des nuages de cendre susceptibles de perturber le trafic aérien. Le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune sur le Bezymianny.

++++++++++

En cliquant sur l’onglet « Photo and video » du site web du HVO, on peut voir une série de clichés montrant la caldeira du Kilauea et le Pu’uO’o qui ont été profondément modifiés par l’éruption de 2018. La petite mare d’eau au fond de l’Halema’uma’u a tendance à s’agrandir, mais il faudra encore beaucoup de temps pour que l’on observe un lac d’acide comme celui du Kawah Ijen. Il est fort probable que le Kilauea sera de nouveau entré en éruption d’ici là !

https://volcanoes.usgs.gov/volcanoes/kilauea/multimedia_chronology.html?newSearch=true&display=custom&volcano=1&resultsPerPage=20

 ————————————-

INGV indicates that a major eruption took place at Stromboli at 10:17 (UTC) on August 28th, 2019. The source of the explosion was located in the central-southern area of the crater terrace. The products generated by the explosion spread throughout the terrace and along the Sciara del Fuoco, rolling down to the coastline.

The Aviation Colour Code has been raised to Red.

It is interesting to read the latest report (August 27th, 2019) released by the Laboratorio Geofisica Sperimentale. The authors explained that volcanic activity was high at Stromboli, with spattering in the north-eastern part of the summit area where scoriae are ejected up to 150 metres high. One observed moderate explosive activity in the Central/SW part of the crater terrace, with ash-rich explosions. The lava flows in the SW part of the Sciara del Fuoco, were still active with a stable effusive rate. The volcanic tremor oscillated over high values. The number of VLP events was stable at very high values, while the VLP amplitude shows a decreasing trend. NO MAJOR ERUPTIVE EVENT WAS ANTICIPATED. This again shows that our ability to forecast eruptions, even on well-equipped volcanoes is very low. As Boris Behncke (INGV Catania) declared: « For the moment it is highly unlikely that there will be excursions onto the summit of Stromboli anytime soon. The whole handling of tourism on this volcano will certainly be thoroughly reviewed. With explosions like those of July 3rd and today, there would have been no chance of survival for anybody at the summit. »  As I put it before, excursions with guides to the Pizzo have been cancelled since the volcano’s last paroxysm on July 3rd.

Personal remark: Eruptive activity was particularly intense last night in the NE part of the summit area whose morphology was modified by the morning event. The NE Crater is larger, which gives free rein to the strombolian activity that takes place in it. One can observe an eruptive vent below the notch which has opened in the N rim of the crater. Some events were particularly strong (see screenshot below). The images of the Skyline webcam show the lava flow on the Sciara del Fuoco. One should be be vigilant because it would not come as a surprise if all the materials which have accumulated for a long time should destabilize by gravity the underwater base of the Sciara, with a collapse likely to generate a tsunami, as this happened in the past.

See above a short video showing the eruption from the sea. Very impressive!

++++++++++

JMA indicates that another small scale eruption took place at Asama volcano (Japan) at 19:28 (local time) on August 25th, 2019. The eruption generated an ash plume that rose about 600 metres above the crater.

JMA warned of possible additional explosions and pyroclastic flows within about a 2 km radius of the crater.

The eruption followed another similar eruption on August 7th, 2019. The alert level was then raised from 1 to 3. It was later lowered to 2 (on a scale of 1-5) on August 19th, 2019.

++++++++++

The Institute of Geophysics of Peru (IGP) indicates that the eruptive activity of Ubinas continues. The seismic activity which is being recorded seems to be related to magma ascent. In the same way, the crater continues to emit magmatic gases and water vapour visible on the volcano surveillance cameras. Satellite images reveal thermal anomalies that indicate that magma is close to the surface. Given these parameters, one can expect new explosive activity in the short term.

++++++++++

In the Aleutians (Alaska), the alert level is kept at Yellow on Cleveland, and at Orange on Shishaldin and Semisopochnoi.

++++++++++

In Kamchatka, the aviation colour code is kept at Orange on Sheveluch, Karymsky Klyuchevskoi and Ebeko because explosive activity may occur without warning, with ash plumes that may disturb air traffic in the region. The alert level is kept at Yellow for Bezymianny.

++++++++++

By clicking on the « Photo and video » tab of the HVO website, one can see a series of images showing the Kilauea caldera and Pu’uO’o that have been profoundly modified by the 2018 eruption. The pool of water at the bottom of Halema’uma’u tends to grow, but it will take a long time for an acid lake like Kawah Ijen to be seen. It is likely that Kilauea will have  again erupted by then!
https://volcanoes.usgs.gov/volcanoes/kilauea/multimedia_chronology.html?newSearch=true&display=custom&volcano=1&resultsPerPage=20

Sismogramme de l’éruption sur le Stromboli le 28 aoû 2019 (Source: INGV)

Evénement éruptif dans le Cratère NE du Stromboli dans la soirée du 28 août 2019 (Webcam Skyline)

Juillet 2019, le plus chaud de tous les temps et « notre maison brûle » // July 2019, the hottest ever and « our house is on fire »

On vient d’en avoir la confirmation officielle : Juillet 2019 a été le mois de juillet le plus chaud de tous les temps. La température moyenne de la planète a été supérieure de 0,577°C à la moyenne du 20ème siècle. Juillet 2019 a été le mois de juillet le plus chaud des 140 dernières années, selon les dernières données de la NOAA. Jusqu’à présent, le mois le plus chaud était juillet 2016. Neuf des 10 mois de juillet les plus chauds ont été enregistrés depuis 2005, et les cinq dernières années ont été les cinq années les plus chaudes. Le mois de juillet 2019 a également été le 43ème mois de juillet consécutif et le 415ème mois consécutif avec des températures globales supérieures à la moyenne.

Causés par des températures anormalement élevées, des incendies de forêt brûlent dans le monde entier, avec des fumées qui envahissent le ciel depuis l’Alaska jusqu’à l’Amazonie. La fumée de certains incendies est si épaisse que les satellites peuvent la photographier depuis l’espace.

Les incendies ont provoqué des évacuations, en particulier sur l’île espagnole de Gran Canaria où plus de 8 000 personnes ont dû fuir les flammes. Les autorités ont déclaré que le feu qui ravage des zones boisées générait des flammes pouvant atteindre 50 mètres de hauteur dans la zone du parc naturel de Tamadaba. L’île est très fréquentée par les touristes, mais les autorités ont déclaré que les zones de villégiature n’avaient pas été touchées, même si la fumée était parfaitement visible.

L’Arctique dans son ensemble a connu des feux de forêt particulièrement intenses cet été, notamment dans des régions comme le Groenland où il n’y a généralement pas d’incendies. On estime que la quantité de dioxyde de carbone émise par les incendies dans les régions du cercle polaire arctique en juin 2019 dépassait la totalité du CO2 émis au cours de ce même mois de 2010 à 2018. Les incendies ont tendance à se situer plus au nord que d’habitude, et certains ont enflammé des sols tourbeux où le feu peut couver pendant des mois.
Les forêts boréales arctiques sont particulièrement menacées. On assiste à une espèce de cycle infernal. En effet, plus il y a d’incendies, plus de terres se trouvent découvertes ; ces terres vont davantage se réchauffer dans les années à venir car les arbres ne sont plus là pour faire de l’ombre, ce qui fera fondre le pergélisol qui, à son tour, va libérer du carbone et du méthane, des gaz à effet de serre qui contribuent à des étés plus chauds et à davantage d’incendies.

L’incendie de la région du Mont McKinley en Alaska, qui a détruit une cinquantaine de structures à environ 160 kilomètres au nord d’Anchorage, préoccupe les autorités. Au printemps, les scientifiques avaient prédit une longue saison de feux de forêts en Alaska car la neige avait fondu plusieurs semaines plus tôt que d’habitude dans de nombreuses régions de l’État. Le mois de juillet en Alaska a été le plus chaud de tous les temps et le feu qui couvait depuis longtemps au Swan Lake au sud d’Anchorage a repris de la vigueur. Une épaisse fumée a envahi la Péninsule du Kenai, obligeant les autorités à utiliser des voitures pilotes pour guider les véhicules sur les routes de la région. Les Alaskiens sont inquiets car cette année les incendies se rapprochent des zones habitées.

Selon des scientifiques américains, la forêt amazonienne résiste généralement assez bien au feu, mais à cause du réchauffement climatique, elle est plus sèche que d’habitude. Les fermiers pratiquent souvent de l’écobuage à cette période de l’année pour défricher des zones destinées à l’agriculture, mais la forêt amazonienne a connu en 2019 un nombre record d’incendies. Selon l’Institut national de la recherche spatiale (INPE), les données satellitaires ont détecté plus de 72 000 incendies depuis janvier, soit une augmentation de 83% par rapport à 2018. La hausse a été particulièrement significative dans les Etats occupés en totalité ou partiellement par la forêt amazonienne, comme celui du Mato Grosso, avec 13 682 départs de feu, soit une hausse de 87% par rapport à toute l’année 2018. Les émissions de fumées pour le mois d’août pour l’ensemble de l’Amazonie sont les plus élevées depuis 2010.
Source: USA Today.

———————————————–

It has just been officially confirmed that July 2019 was the hottest month of July of all times. The average global temperature in July was 0.577°C above the 20th century average, making it the hottest July in the 140-year record, according to NOAA’s latest data. The previous hottest month on record was July 2016. Nine of the 10 hottest recorded Julys have occurred since 2005; the last five years have ranked as the five hottest. Last month was also the 43rd consecutive July and 415th consecutive month with above-average global temperatures.

Caused by unusually high temperatures, wildfires are burning across the globe, clogging the sky with smoke from Alaska to the Amazon. Smoke from some of the fires is so bad satellites can see it from space.

The fires have forced evacuations, most recently on Spain’s Gran Canaria in the Canary Islands, where more than 8,000 people have been forced to flee. Authorities said the fire burning in forested areas was generating flames up to 50 metres tall in the area of Tamadaba Natural Park. The island is popular with tourists, but officials said the resort areas were so far unaffected, although smoke was widely visible.

The Arctic as a whole has seen unusually high wildfire activity this summer, including areas such as Greenland that typically don’t see fires. One estimate found that the amount of carbon dioxide emitted from fires burning within the Arctic Circle in June 2019 was greater than all of the CO2 released in the same month from 2010 through to 2018 put together. The fires appear to be further north than usual, and some appear to have ignited peat soils where fires can smolder for months.

The Arctic’s boreal forests are particularly at risk. Indeed, there is a reinforcing loop: The more fires you have, the more land you open up, so in future years you are going to warm that land more because the trees are not there to shade it, which will in turn melt permafrost, which will then release carbon and methane, which are greenhouse gases, which contribute to warmer summers and more fires.

One of the biggest concerns is the McKinley Fire in Alaska, which has destroyed at least 50 structures about 160 kilometres north of Anchorage. Experts this spring predicted a long fire season in Alaska because the snow melted several weeks earlier than usual in many parts of the state. July was Alaska’s hottest month ever, and the long-smoldering Swan Lake Fire roared back to life, clogging the area with smoke and forcing officials to use pilot cars to lead vehicles through the smoky area on the Kenai Peninsula. Alaskans have become concerned because this year’s fires burned close to populated areas.

U.S. scientists say the Amazonian rain forest is typically resistant to fire, but climate changes have left it drier than usual. And while this is the time of year when farmers often set fires in the area to clear off areas for agriculture, the Amazon rain forest has experienced a record number of fires this year. The country’s space agency, the National Institute for Space Research (INPE) said its satellite data detected more than 72,000 fires since January, an 83% increase over the same period of 2018. The August emissions for the overall Amazonia areas are the highest since 2010.

Source: USA Today.

Anomalies de température globale en juillet par rapport à la période 1981-2010 (Source : RSS, UAH, ERA5, NCEP-NCAR, via le site global-climat)

La fumée amazonienne vue depuis l’espace (Source: NASA)

Le rapport du GIEC et la situation en Alaska ! // The IPCC report and the situation in Alaska !

Dans son dernier rapport, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) met l’accent sur les effets de l’agriculture et de la sylviculture sur la dégradation des sols et leur forte influence sur le  réchauffement climatique. On remarquera que ce même rapport se garde bien de parler de la pollution des industries, des transports, ou du secteur pétrolier. Il est plus facile de demander à la population qu’aux lobbies de faire des efforts ! S’agissant de la déforestation, la France n’est pas vraiment concernée car nos forêts sont relativement bien gérées. La déforestation affecte surtout des régions du monde comme l’Amazonie ou l’Indonésie, premier producteur d’huile de palme de la planète qui émet plus de gaz à effet de serre que les États-Unis!

Les écologistes français se sont bien sûr engouffrés dans la brèche offerte par le GIEC en proposant des solutions qui n’ont pas grand-chose à voir avec les causes du réchauffement climatique. Inciter la population à manger moins de viande pour contrer le réchauffement climatique est à mes yeux une vaste rigolade. La cause du problème se trouve ailleurs ! Alors que les médias commentaient le rapport du GIEC – des commentaires qui ne mèneront nulle part, car nos dirigeants ne prendront jamais les mesures nécessaires – une autre situation était au moins aussi préoccupante.

Au cours des dernières semaines, l’Alaska a enregistré les niveaux de glace de mer les plus bas jamais observés, avec des températures record et des incendies de forêt qui ont dévasté plusieurs parties de cet Etat. Certaines zones de mer sont totalement libres de glace. Cela n’a jamais eu lieu aussi tôt dans l’année et aura des conséquences sur le climat arctique et sur la Terre dans son ensemble.
D’après le National Snow and Ice Data Center (NSIDC), centre national de données sur la neige et la glace, le mois d’août 2019 connaît les niveaux de glace de mer arctique les plus bas de tous les temps. La meilleure preuve de cette situation catastrophique se trouve probablement à Point Barrow, le point le plus septentrional de l’Alaska. À Point Barrow, il faut aller à 480 ou 560 kilomètres des côtes pour trouver de la glace de mer en ce moment Historiquement, à cette période de l’année, il devrait y avoir de la glace près ou le long de la côte de l’Alaska, et non à des centaines de kilomètres de distance.
Selon le NSIDC, la glace de mer est un indicateur d’autres problèmes climatiques. L’atmosphère se réchauffe. Les océans se réchauffent. La glace de mer est victime de ces deux phénomènes à la fois.
Contrairement à ce que pensent beaucoup de gens, la fonte de la glace de mer dans les mers arctiques ne joue aucun rôle dans la montée des océans. La glace qui est à l’origine de l’élévation du niveau de la mer -la glace continentale – est largement présente au Groenland. En revanche, la glace de mer de l’Alaska exerce une influence sur la température de la planète avec l’albédo qui, en renvoyant une partie de l’énergie solaire dans l’espace, contribue à abaisser la température. Sans albédo, la température s’élève car la mer absorbe l’énergie solaire

Le changement climatique que l’on observe actuellement rend l’Arctique particulièrement vulnérable. La région se réchauffe de plus en plus vite. Au cours des deux dernières décennies, elle s’est réchauffée environ deux fois plus vite que le reste de la planète dans son ensemble.
Les Alaskiens, en particulier les populations autochtones, ont leur mode de vie profondément modifié par la fonte de la glace de mer, surtout les communautés qui en dépendent pour la chasse. La chasse au morse a été problématique en 2019 ; il y a eu très peu de jours où la glace était suffisamment robuste pour que les communautés autochtones puissent s’y installer pendant les mois d’hiver et de printemps.

Alors que les Alaskiens sont les plus touchés par la fonte de la glace, le reste du monde en ressentira également les effets. Avec l’absence de glace qui entraîne une hausse des températures, le pergélisol des régions arctiques est en train de fondre, ce qui ajoute du dioxyde de carbone dans l’atmosphérique et contribue au réchauffement climatique.
Les scientifiques pensent que nous avons atteint un point de non retour dans la région, sauf si nous réussissons à inverser les émissions de gaz à effet de serre. La partie est loin d’être gagnée !
Source: Time.

—————————————————–

In its latest report, the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) focuses on the effects of agriculture and forestry on soil degradation and their strong influence on global warming. It should be noted that this same report is careful not to talk about the pollution of factories, transport, or the oil industry. It is easier to ask people than lobbies to make efforts! Regarding deforestation, France is not really concerned because our forests are relatively well managed. Deforestation mainly affects parts of the world such as the Amazon or Indonesia, the world’s largest producer of palm oil that emits more greenhouse gases than the United States!

French ecologists have of course engulfed in the gap offered by the IPCC by proposing solutions that have little to do with the causes of global warming. Encouraging the population to eat less meat to counter global warming is, to my mind, a huge joke. The cause of the problem lies elsewhere! While the media were commenting the GIEC report – comments that will lead to nowhere as our political leaders will never take the necessary measures – another situation was at least as preoccupying.

Alaska has seen the lowest levels of sea ice ever this summer as record temperatures and wildfires hit the region with some areas completely ice free, an event which has never occurred so early in the year and has ramifications for the arctic climate and the Earth as a whole.

Compared to all other recorded years of research, August 2019 has the lowest levels of arctic sea ice ever, according to the National Snow and Ice Data Center (NSIDC). The best evidence of this situation lies probably at Point Barrow, Alaska’s northernmost point. At Point Barrow, there is no sea ice within 480 to 560 kilometres at the moment. Historically, at this time of year there should still be some ice close to or along the coast of Alaska, not hundreds of kilometres away.

According to NSIDC, sea ice is an indicator of other climate issues. The atmosphere is warming. The oceans are warming. The sea ice is getting hit by both sides of climate change.

While most people think of melting ice in the context of sea levels, the loss of sea ice actually plays no role in the rising water. The ice that causes rising sea levels – frozen freshwater land ice – is largely present in Greenland. Instead, Alaska’s sea ice affects the Earth’s temperature. It is crucial for the ‘albedo’ by reflecting some of the solar energy back to space, thus lowering the temperature. With no albedo, the sea absorbs the solar energy and temperatures increase.

The climate change we are currently observing is making the Arctic especially vulnerable. The Arctic is warming up very strongly, a phenomenon called Arctic amplification. Over the past couple of decades, the Arctic has been warming up at roughly twice the rate as the globe as a whole.

Alaskans, especially the indigenous populations, have been impacted by the melting ice and have seen their way of life altered by the changing environment, particularly communities who rely on the sea ice for hunting. Walrus has been a big problem in 2019 and there have been very few days when the ice was sturdy enough for indigenous communities to even get onto it during the winter and spring.

While Alaskans are the most dramatically affected by the melting ice, the rest of the world will also feel some impacts. As melting ice leads to increased temperatures, there is a potential for the permafrost in Arctic regions to melt, adding to atmospheric carbon dioxide..

Glaciologists think we have reached a point of no return in the region unless we can reverse greenhouse gas emissions.

Source: Time.

La glace de mer s’éloigne de plus en plus des côtes de l’Alaska (Photo: C. Grandpey)