Le pergélisol

Avec le réchauffement climatique, je fais souvent référence à la fonte du pergélisol – en anglais permafrost – et à ses conséquences pour la planète. Voici quelques informations sur ce sol gelé qui risque de donner naissance à bien des problèmes dans les prochaines années.

Qu’est-ce que le pergélisol ?

Le pergélisol désigne la partie du sol gelée en permanence au moins pendant deux ans, et de ce fait, imperméable. Il existe dans les hautes latitudes mais aussi dans les hautes altitudes où je le désigne sous l’appellation ‘permafrost de roche’. Le gel assure la stabilité des parois rocheuses et empêche leur effondrement.

Le pergélisol couvre officiellement 23,9% de la surface terrestre soit 22 790 000 km2 ou un quart des terres émergées de l’hémisphère Nord. Il occupe 90 % du Groenland, 80 % de l’Alaska, 50 % du Canada et de la Russie, plus particulièrement la Sibérie. Il est généralement permanent au-delà du 60ème degré de latitude, tandis que le pergélisol alpin est plus sporadique.

 Source : NASA

Structure du pergélisol :

Le pergélisol est constitué thermiquement de trois couches : la première dite « active » dégèle en été et peut atteindre jusqu’à deux ou trois mètres d’épaisseur ; la seconde, soumise à des fluctuations saisonnières mais constamment sous le point de congélation, constitue la partie du pergélisol stricto sensu et s’étend jusqu’à une profondeur de 10 à 15 mètres ; la troisième peut atteindre plusieurs centaines de mètres, voire dépasser le millier de mètres ; elle ne connaît pas de variation saisonnière de température et est constamment congelée. La température s’y élève en allant vers le bas sous l’influence des flux géothermique et atteint 0 °C à la limite basse du pergélisol.

 (Source : Geological Socoety London)

 Hausse des températures et effets sur le pergélisol :

Dans sa partie la plus méridionale, le pergélisol atteint une température proche de zéro en été et il pourrait rapidement dégeler. Les climatologues canadiens pensent que sa limite sud pourrait remonter de 500 km vers le nord en un siècle. Un peu plus vers le nord, seule la «couche active» gagnera de l’épaisseur en été, induisant une pousse de la végétation mais aussi des mouvements de terrain déterminant des phénomènes de « forêts ivres » où les racines des arbres ne sont plus maintenues par le gel. On observera des modifications hydrologiques et hydrographiques. Les tourbières boréales seront transformées en zones humides gorgées d’eau qui feront le bonheur des moustiques.

 Tourbière humide suite au dégel du permafrost en Alaska

(Photo : C. Grandpey)

C’est bien sûr la zone active, la plus superficielle qui est la plus sous la menace du réchauffement climatique. Elle varie selon l’altitude et la latitude, mais aussi dans l’espace et dans le temps au rythme des glaciations et réchauffements, parfois brutalement dès que l’enneigement recule et laisse apparaître un sol foncé qui capte la chaleur que l’albédo des glaces et neige renvoyaient vers le ciel. Cette zone est aujourd’hui généralement profonde de quelques centimètres à quelques décimètres. Dans les zones nordiques les constructions reposent aujourd’hui sur des pieux enfoncés à plusieurs mètres de profondeur, et il est recommandé de conserver un vide sous les maisons.

Exemple d’immeuble construit sur pilotis à cause du permafrost en Yakoutie

(Crédit photo: Wikipedia)

Effets du dégel du pergélisol sur les sols :

Dans les Alpes, le pergélisol se retrouve au-dessus de 2 500 mètres sur les ubacs, autrement dit sur les versants à l’ombre, par opposition aux adrets qui désignent les versants au soleil. Un dégel de ces zones de haute montagne peut provoquer des éboulements importants.

L’Office fédéral suisse de l’environnement a publié une carte et une liste actualisée des zones habitées particulièrement menacées. Les dangers d’éboulements existent surtout pour les localités – comme Zermatt – qui se situent au fond des vallées. Les effondrements peuvent être d’autant plus meurtriers que les dépôts de matériaux laissés par les effondrements peuvent être remobilisés par les fortes pluies et provoquer de très dangereuses laves torrentielles. Les villages suisses de Bondo et Chamoson ont été victimes de ce phénomène.

La fonte de la glace du pergélisol est également susceptible de créer des mouvements importants des sols. Cela risque de poser des problèmes à certaines infrastructures comme les oléoducs posés sans fondations sur ces sols. Des travaux de consolidation sont ainsi régulièrement effectués sur les installations gazières de la péninsule de Yamal en Sibérie.

Conséquences d’une lave torrentielle à Chamoson (Photo : C. Grandpey)

Le pergélisol : une bombe à retardement :

Le pergélisol arctique, qui renferme 1500 milliards de tonnes de gaz à effet de serre, soit environ deux fois plus que dans l’atmosphère, est considéré comme une bombe à retardement. Selon les indices publiés en 2019 dans la revue Nature, le pergélisol canadien fond avec une intensité qui n’était attendue dans certaines régions que vers 2090 ; à l’échelle mondiale sa vitesse de fonte implique un risque « imminent » d’emballement.

Le dégel du pergélisol permet aux bactéries de se développer, et avec la fonte du pergélisol les déchets organiques deviennent accessibles aux microbes qui produisent du CO2 et du méthane. Ainsi, il pourrait émettre à l’avenir environ 1,5 milliard de tonnes de gaz à effet de serre chaque année. On assiste à une boucle de rétroaction car les gaz à effet de serre accélèrent le réchauffement de la planète et le réchauffement de la planète augmente la fonte du pergélisol.

Dégel du pergélisol : la peur des virus :

Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, le dégel du pergélisol est susceptible de libérer des virus, connus ou inconnus. En 2014, des scientifiques ont découvert dans le pergélisol deux virus géants, inoffensifs pour l’Homme, qu’ils ont réussi à réactiver. Cela prouve que si on est capable de ressusciter des virus âgés de 30 000 ans, il n’y a aucune raison pour que certains virus beaucoup plus embêtants pour les êtres vivants ne survivent pas également plus de 30 000 ans. En 2016, en Sibérie, un cadavre décongelé de renne a déclenché une épidémie d’anthrax qui a tué un enfant et décimé de nombreux troupeaux de rennes. Pour l’instant, la résurgence des virus se fait de manière locale, mais elle pourrait se répandre à l’ensemble de la planète. On vient de voir la catastrophe humaine, économique et sociale générée par le coronavirus.

Les rennes sont particulièrement exposés aux virus, mais aussi aux moustiques (Photo : C. Grandpey)

Le dégel du pergélisol et l’exploitation minière :

Des régions de Sibérie, auparavant désertiques et accessibles, recèlent d’importants gisements de gaz et de pétrole, ainsi que des métaux précieux comme l’or ou les diamants. Leur exploitation est en passe de devenir possible avec le réchauffement climatique. Des mines à ciel ouvert, d’une taille de 3 à 4 kilomètres de diamètre et jusqu’à un kilomètre de profondeur, ont été ouvertes pour exploiter ces gisements en retirant le pergélisol. Les bactériologistes mettent en garde sur ces exploitations à ciel ouvert où aucune précaution bactériologique n’est prise.

  Mine de diamant de Mirny en Sibérie (Crédit photo : Wikipedia)

 

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde.

Selon le Met Office islandais (IMO), le volcan Grímsvötn pourrait entrer en éruption à court terme, d’ici quelques semaines ou quelques mois.
Selon un volcanologue local, on enregistre une hausse des gaz magmatiques, en particulier dans la partie sud-ouest du volcan, près de l’endroit où se sont produites les éruptions de 2004 et 2011.
De plus, le volcan connaît une inflation révélatrice d’une ascension du magma. Une éruption est d’autant plus probable que le lac glaciaire du Grímsvötn se vidange en été, ce qui diminue la pression exercée sur le volcan.

La dernière éruption du Grimsvötn a eu lieu en 2011, avec un VEI 4. Le volcan a alors émis un panache de cendres et de vapeur qui s’est élevé à environ 20 kilomètres au-dessus du niveau de la mer. Les cendres ont réduit la visibilité à environ 50 mètres en certains endroits. L’éruption a également provoqué la fermeture de l’aéroport de Keflavik.
Source: OMI.

Plus de détails sur une note séparée à propos de ce risque éruptif du Grimsvötn et de l’activité sur la Péninsule de Reykjanes.

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L’AVO a enregistré une hausse de la sismicité sur le volcan Makushin (nord de l’île Unalaska, Est des Aléoutiennes) avec deux événements de magnitude supérieure à M 4. Il se peut que cette sismicité soit en relation avec de l’activité volcanique. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne et le niveau d’alerte volcanique sont respectivement passés à la couleur Jaune et à « Advisory » (Surveillance conseillée). L’AVO explique que « cette activité pourrait déboucher sur une éruption, mais ce n’est pas une certitude. »
Le Makushin est un gros stratovolcan recouvert de glace qui culmine à 2010 m. d’altitude. La caldeira sommitale, de 3 km de diamètre, est le siège de fréquentes petites éruptions de vapeur et de cendres; cependant, aucune éruption majeure n’a été observée au cours de ce siècle. Le village d’Unalaska et le port de Dutch Harbor se trouvent à 25 km à l’est du volcan Makushin.

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L’année dernière, à la fin de ma conférence au CDST de St Pierre (Martinique), certaines personnes m’ont posé des questions sur l’activité à Kick’em Jenny, un volcan sous-marin actif à 8 km au nord de la Grenade. Aucune activité particulière n’était signalée à l’époque.
Il semble que les choses soient en train de changer et que Kick ’em Jenny s’agite de nouveau. La dernière activité a été observée du 5 au 12 juin 2020, avec plus de 1 300 événements sismiques d’une magnitude allant jusqu’à M 1,8.

Bien que les signes d’activité aient diminué et que le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune (niveau 2 sur 4), il est demandé aux visiteurs et aux pêcheurs d’être vigilants lorsqu’ils traversent la zone. Le public doit observer une zone d’exclusion de 1,5 km par rapport au sommet du volcan.
Kick’em Jenny est entré en éruption au moins 14 fois depuis sa découverte en 1939. la plus récente a eu lieu le 29 avril 2017.
Source: Université des Antilles.

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L’activité du Sangay (Équateur) se concentre sur deux cratères sommitaux: le cratère central qui émet de la candre et des gaz, et le dôme Ñuñurcu qui émet de la lave. La lave, les écoulements pyroclastiques et les matériaux générés par les effondrements empruntent la ravine de la rivière Volcán sur le flanc SE. L’activité du Sangay s’est intensifiée les 8 et 9 juin 2020 avec des effondrements de fronts de coulées de lave, des coulées pyroclastiques sur le flanc SE et d’importantes émissions de cendres s’élevant jusqu’à 3 km au-dessus du cratère. Des retombées de cendres ont été signalées dans plusieurs provinces
Source: Instituto Geofísico.

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On enregistre actuellement une moyenne de 4 à 13 explosions par heure sur le Fuego (Guatemala), avec des panaches de cendres montant jusqu’à 1,1 km au-dessus du cratère. Des retombées de cendres sont signalées dans plusieurs zones sous le vent. Les ondes de choc provenant des explosions secouent parfois les maisons à proximité du volcan. Des matériaux incandescents sont projetés à 100-300 m de hauteur et provoquent des avalanches de blocs dans plusieurs ravines. Une nouvelle coulée de lave a parcouru 250 m le long de la ravine Seca sur le flanc NW le 12 juin 2020.
Source: INSIVUMEH.

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L’activité à White Island (Nouvelle-Zélande) montre actuellement une tendance à la baisse. La température au niveau des bouches qui émettent des gaz reste élevée (plus de 450°C). Bien que le magma demeure à faible profondeur, probablement à environ 1 km sous la surface, les émissions de gaz et la déformation du sol n’ont pas augmenté. De plus, la sismicité et le tremor volcanique restent à un niveau bas depuis février-mars. Le niveau d’alerte volcanique a été abaissé à 1 et la couleur de l’alerte aérienne reste au Jaune.
Source: GeoNet.

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Un survol du cratère du Popocatepetl (Mexique) a été effectué le 13 juin 2020 (http://www.cenapred.gob.mx/popo/2020/jun/v0614202.mp4). Il a permis d’observer l’intérieur du cratère qui présente un diamètre de 350-380 mètres et une profondeur de 100-150 mètres. Au fond du cratère subsistent des restes de matériaux d’un dôme de lave qui s’est probablement édifié au cours du mois de mai. Le dôme est régulièrement détruit par la pression des gaz.

Le niveau d’alerte volcanique reste à la couleur Jaune Phase 2. Un périmètre de sécurité de 12 km reste en place autour du Popocatepetl .

Source : CENAPRED.

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Here is some news of volcanic activity around the world.

According to the Icelandic Met Office (IMO), Grímsvötn volcano is showing signs that an eruption might occur in the short term, a matter of weeks or months..

According to a local atmospheric volcanologist, high levels of magmatic gasses are present in the southwest corner of the volcano, near the place where it erupted in 2004 and 2011.

In addition, the volcano is experiencing inflation, indicating magma ascent. An eruption is all the more likely as the Grímsvötn’s lake drains during summer, releasing pressure on the volcano.

Grimsvötn’s last eruption took place in 2011, with a VEI 4. The volcano emitted a plume of ash and steam that rose up to about 20 kilometres above sea level. Ash reduced visibility to about 50 metres in some places. It also caused the closure of Keflavik airport.

Source: IMO.

More details on a separate post about the eruptive hazard at Grimsvötn and activity on the Reykjanes Peninsula.

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AVO has recorded an increase in seismicity on Makushin volcano (northern Unalaska Island, eastern Aleutians) with two earthquakes with magnitudes above M 4. This seismicity may be associated with volcanic unrest. As a result the Aviation Colour Code and Volcano Alert Level havz been increased to YELLOW/ADVISORY, respectively. AVO explains that “this unrest could result a future eruption, however that is not a certainty.”

Makushin is a broad, ice-capped stratovolcano which rises to an elevation of 2010 m. The summit caldera, 3 km diameter, is the site of frequent steam and minor ash eruptions; however, no large eruptions have occurred in this century. The community of Unalaska and port of Dutch Harbor are located 25 km east of Makushin volcano.

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Last year, at the end of my conference at the CDST of St Pierre (Martinique), some people asked be about activity at Kick’em Jenny, an active submarine volcano 8 km off the north shore of Grenada,. The volcano was quiet by that time and no significant activity was observed. .

It looks as if things are changing and Kick ’em Jenny is showing new signs of unrest. The latest activity was observed from June 5th to 12th, 2020, with more than 1 300 earthquakes with magnitudes up to M 1.8.

Although the unrest has declined and the alert level remains at Yellow (level 2 out of 4), visitors and fishermen are asked to be vigilant when traversing the area. The public should observe an exclusion zone of 1.5 km from the summit of the volcano.

Kick’em Jenny erupted at least 14 times since it was discovered in 1939, most recently on April 29th, 2017.

Source: University of the West Indies.

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Activity at Sangay (Ecuador) is centered at two summit vents: the Central Crater which produces ash-and-gas emissions and the Ñuñurcu dome which effuses lava. Lava, pyroclastic flows, and collapsed material are channelled down the Volcán River drainage on the SE flank. Activity at Sangay intensified on June 8th and 9th, 2020 with lava-flow collapses, pyroclastic flows on the SE flank, and significant ash emissions rising up to 3 km above the crater. Ashfall has been reported in several provinces

Source: Instituto Geofísico.

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An average of 4-13 explosions per hour is currently recorded at Fuego (Guatemala), with ash plumes rusing as high as 1.1 km above the crater rim. Ashfall is reported in several downwind areas. Shock waves from explosions sometimes rattle houses in the vicinity of the volcano. Incandescent material is ejected 100-300 m high and causes avalanches of blocks in several drainages. A new lava flow travelled 250 m down the Seca drainage on the NW flank on June 12th, 2020.

Source : INSIVUMEH.

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Activity at White Island (New Zealand) recently showed a downward trend. Temperatures at the gas vents remained high (over 450°C). Although magma remains at a shallow depth, probably about 1 km below the surface, gas discharge and ground deformation have not increased. Additionally, seismicity and the volcanic tremor have been low since February-March. The Volcanic Alert Level has been lowered to 1 and the Aviation Colour Code remains at Yellow.

Source : GeoNet.

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An overflight of the crater of Popocatepetl (Mexico) was performed on June 13th, 2020 (http://www.cenapred.gob.mx/popo/2020/jun/v0614202.mp4). It allowed to observe the interior of the crater which has a diameter of 350-380 metres and a depth of 100-150 metres. At the bottom of the crater there are remains of materials from a lava dome which was probably built during the month of May. The dome is regularly destroyed by the pressure of the gases.
The volcanic alert level remains at Yellow Phase 2. Visitors are asled to keep outside a 12-km security perimeter around Popocatepetl.
Source: CENAPRED.

Cratère du Popocatepetl le 13 juin 2020 (Source: CENAPRED)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde, avec référence au rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution.

Comme je l’ai indiqué précédemment, un fort épisode éruptif a été observé sur le Sangay (Equateur) le mardi 9 juin 2020, avec une colonne de cendres qui s’est élevée jusqu’à 7 km d’altitude. Des retombées de cendres ont été observées dans plusieurs provinces. L’Instituto Geofisico indique que des coulées pyroclastiques ont dévalé le flanc sud-est du volcan. Le 9 juin au soir, le nuage de cendres s’étirait sur 400 km

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 L’épisode éruptif observé sur le Cleveland (Aléoutiennes / Alaska) le 1er juin 2020 a détruit le dôme de lave qui s’était formé en janvier 2019 et a évacué une grande quantité de matériaux du cratère sommital. Des coulées de débris ont parcouru environ 2,9 km le long du flanc E et plus de 2,7 km le long du flanc N. Aucune activité significative n’a été observée les jours suivants. Le niveau d’alerte volcanique reste à la Vigilance (Watch) et la couleur de l’alerte pour l’aviation est maintenue à l’Orange.
Source: AVO.

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Au Kamchatka, la couleur de l’alerte pour l’aviation reste à l’Orange pour le Karymsky, le Klyuchevskoy et le Sheveluch, ainsi que pour l’Ebeko sur l’île de Paramushir.

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Un séisme longue période a été enregistré sous le Nevados de Chillán (Chili) le 6 juin 2020. Le  panache de cendres qui a accompagné cet événement s’est élevé à plus de 760 m au-dessus de la bouche éruptive avant de s’étirer vers le nord-est. Des coulées pyroclastiques ont dévalé les flancs NW, N, E et SE du volcan. Le niveau d’alerte reste au Jaune et il est rappelé aux habitants de ne pas s’approcher du cratère à moins de 3 km
Source: SERNAGEOMIN.

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Le 9 juin 2020, GeoNet a indiqué qu’une émission de gaz de courte durée accompagnée d’un léger soulèvement de la zone autour de la bouche active avait été enregistrée la semaine précédente à White Island (Nouvelle-Zélande). L’activité était probablement liée à une nouvelle arrivée de magma à faible profondeur. Des températures élevées (autour de 450°C) continuent d’être enregistrées autour de la bouche active. Les émissions de gaz ont diminué les jours suivants, ce qui laisse supposer que l’activité a été de courte durée. Le niveau d’alerte volcanique reste à 2 et la couleur de l’alerte pour l’aviation reste au Jaune. L’accès du public à l’île est interdit.
Source: GeoNet.

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L’activité reste soutenue sur l’île volcanique Nishinoshima (Japon), avec de grandes coulées de lave et des panaches de cendre émis par le cône central (voir photo ci-dessous). Il est demandé aux pêcheurs de rester en dehors de la zone d’exclusion d’un rayon de 2,6 km autour de l’île.

En 2016, Nishinoshima présentait une superficie de 2.7 km2  qui atteint maintenant 2.89 km2 avec les derniers épisodes éruptifs.

Source : Garde Côte Japonais.

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Here is some news of volcanic activity around the world, with reference to the Smithsonian Institution’s Weekly Report.

As I put it previously, Sangay (Ecuador) went through a strong eruptive episode on Tuesday, June 9th, 2020, with an ash column that that rose up to 7 km above sea level. Ashfall was observed in several provinces. The Instituto Geofisico indicated that pyroclastic flows travelled down the southeastern flank of the volcano. On June 9th in the evening, the volcanic ash cloud was drifting over 400 km.

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The eruption at Cleveland (Aleutians / Alaska) on June 1st, 2020 destroyed the January 2019 lava dome and ejected a large amount of material from the summit crater. Volcanic debris flows travelled about 2.9 km down the E flank and more than 2.7 km down the N flank. No significant volcanic activity was noted in the following days. The Volcano Alert Level remains at Watch and the Aviation Colour Code is kept at Orange.

Source : AVO.

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In Kamchatka, the Aviation Colour Code remains at Orange for Karymsky, Klyuchevskoy and Sheveluch, as well as for Ebeko on Paramushir Island.

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A long-period earthquake was recorded beneath Nevados de Chillán (Chile) on June 6th, 2020. An ash plume associated with the earthquake rose more than 760 m above the eruptive vent and drifted NE. Pyroclastic flows descended the NW, N, E, and SE flanks. The Alert Level remains at Yellow and residents are reminded not to approach the crater within 3 km

Source: SERNAGEOMIN.

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On June 9th, 2020, GeoNet reported that a short-lived gas pulse and a minor uplift in the eruptive vent area were recorded the previous week at White Island (New Zealand). The activity was likely linked to new magma emplaced at a shallow depth. High temperatures (around 450°C) continue to be recorded in the vent area. Gas emissions declined during the next days, suggesting the activity was short-lived. The Volcanic Alert Level remains at 2 and the Aviation Color Code remained at Yellow. Public access to the island is prohibited.

Source: GeoNet.

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Activity is still high at Nishinoshima (Japan), with large lava flows and ash emissions from the central cone, as can be seen on the photo below. Fishermen are asked not to enter the marine exclusion zone of about 2.6 km from the island.

In 2016, the island was about 2.7 km2 but the eruptions that have occurred since 2017 increased the island to more than 2.89 km2.

Source: Japanese Coast Guard.

Vue du cône éruptif sur Nishinoshima (Crédit photo : JCG)

La fonte du permafrost et ses conséquences // Permafrost thawing and its consequences

Suite à la pollution majeure provoquée par le déversement d’une cuve de mazout dans une rivière de Sibérie, la Russie a ordonné une vérification complète des infrastructures à risque bâties sur le permafrost qui est en train de fondre sous l’effet du réchauffement climatique. Les piliers qui soutenaient le réservoir de stockage du mazout se sont enfoncés dans le sol qui a perdu de sa rigidité avec la fonte du pergélisol.

Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, la fonte du permafrost est prise très au sérieux par les autorités russes car elle fragilise les villes et les infrastructures, notamment minières, gazières et pétrolières. Le gouvernement russe considère ce dégel dans l’Arctique, où l’exploitation des ressources naturelles est une priorité stratégique du Kremlin, comme un risque majeur aux conséquences imprévisibles.

Les autorités russes disent avoir enfin stoppé la progression des hydrocarbures qui se sont déversés en particulier dans la rivière Ambarnaïa. Un barrage de confinement flottant a rapidement été mis en place et les polluants ont commencé à être pompés de cette rivière qui alimente le lac et le fleuve Piassino, très importants pour l’écosystème et les populations locales. Il est prévu de pomper les hydrocarbures et de les stocker sur place dans des conteneurs en attendant l’hiver, lorsque le gel aura rendu le terrain plus praticable.

Source : The Siberian Times.

Un point positif de cette pollution en Sibérie pourrait être une prise de conscience de la fonte du permafrost et de ses conséquences pour la planète. Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, la fonte du sol gelé est une bombe à retardement sanitaire et écologique qui menace d’accélérer le réchauffement climatique.

An fondant, le permafrost se réchauffe et libère progressivement les gaz qu’il neutralisait jusque-là. Le phénomène devrait s’accélérer et les scientifiques décrivent un cercle vicieux : les gaz émis par le permafrost accélèrent le réchauffement, qui accélère la fonte du permafrost.

Selon un rapport du GIEC paru en septembre 2019, une fonte majeure du permafrost pourrait se produire d’ici 2100 si les émissions de CO2 ne sont pas réduites. Cela provoquerait l’émission de dizaines voire de centaines de milliards de tonnes de gaz à effet de serre.

Outre ses effets climatiques, la fonte du permafrost représente aussi une menace sanitaire car le sol gelé abrite des bactéries et virus parfois oubliés. Il est bon de rappeler que, pendant l’été 2016, un enfant est mort en Sibérie de la maladie du charbon (anthrax), pourtant disparue depuis 75 ans dans cette région. Les scientifiques ont alors expliqué que l’origine remontait très probablement au dégel d’un cadavre de renne mort de l’anthrax il y a plusieurs dizaines d’années. Libérée, la bactérie mortelle, qui se conserve dans le permafrost pendant plus d’un siècle, a réinfecté des troupeaux. La menace ne se limite pas à l’anthrax. Des chercheurs ont découvert ces dernières années deux types de virus géants, dont l’un vieux de 30 000 ans, conservés dans le permafrost.

Source : La Voix du Nord.

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Following major pollution caused by the spilling of an oil tank into a Siberian river, Russia has ordered a full monitoring of the infrastructure built on permafrost which is melting under the effect of global warming. The pillars that supported the diesel storage tank sank into the ground which had lost its rigidity with the thawing of permafrost.
As I have put it several occasions, the melting of permafrost is taken very seriously by the Russian authorities because it weakens cities as well as mining, gas and oil infrastructure. The Russian government considers permafrost melting in the Arctic, where the exploitation of natural resources is a strategic priority of the Kremlin, as a major risk with unforeseeable consequences.
Russian authorities say they have finally stopped the progression oil spill, in particular in the Ambarnaïa river. A floating containment dam was quickly put in place and pollutants began to be pumped from this river which feeds the lake and the Piassino river, which are very important for the ecosystem and local populations. It is planned to pump the hydrocarbons and store them on site in containers until winter, when the frost makes the ground more solid and practical.
Source: The Siberian Times.

A positive point of this pollution in Siberia could be an awareness of the melting of permafrost and its consequences for the planet. As I have said many times, the melting of frozen ground is a health and environmental time bomb that threatens to accelerate global warming.
As it melts, permafrost heats up and gradually releases the gases it previously neutralized. The phenomenon is expected to accelerate and scientists describe a vicious circle: the gases emitted by permafrost accelerate warming, which accelerates the melting of permafrost.
According to an IPCC report published in September 2019, a major melting of permafrost could occur by 2100 if the CO2 emissions are not reduced. This would cause the emission of tens or even hundreds of billions of tonnes of greenhouse gases.
In addition to its climatic effects, the melting of permafrost also represents a health threat because the frozen soil contains bacteria and viruses that are sometimes forgotten. It is worth recalling that, during the summer of 2016, a child died in Siberia from anthrax, which had disappeared in the region for 75 years. Scientists then explained that the origin most likely dates back to the thawing of a reindeer corpse that had died of anthrax several decades ago. Released, the deadly bacteria, which has been stored in permafrost for more than a century, reinfected herds. The threat is not limited to anthrax. Researchers have discovered in recent years two types of giant viruses; one of them is 30,000 years old and was stored in permafrost.
Source: La Voix du Nord.

Source: Woods Hole Research Center

Effets de la fonte du permafrost sur le réseau routier en Alaska (Photo : C. Grandpey)