Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : l’Enclos est fermé… pour cause d’éboulement !

Le Piton de la Fournaise n’est pas en éruption, mais les médias réunionnais indiquent qu’un éboulement s’est produit le 6 août 2025 au matin dans les escaliers du Pas de Bellecombe, principal accès à l’Enclos. En raison de cet éboulement, l’accès est pour l’heure totalement interdit. Des agents de l’ONF et la gendarmerie se sont rendus sur place. Huit randonneurs présents dans l’Enclos au moment de l’incident ont été évacués par hélicoptère vers le Pas de Bellecombe. Aucun blessé n’est à signaler. Des travaux de sécurisation vont devoir être réalisés après l’inspection du site et des dégâts causés. Une fermeture prolongée du sentier de plusieurs semaines est donc envisagée. Les sentiers Kapor et Rivals sont eux aussi fermés.

À noter que l’éboulement est lié à un phénomène d’érosion et n’a absolument rien à voir avec l’activité éruptive du Piton de la Fournaise. C’est le calme plat en ce moment sur le volcan.

Source: presse locale.

Photo: C. Grandpey

L’apprentissage automatique au service des sismologues // Machine learning to help seismologists

Des algorithmes d’apprentissage automatique appliqués aux données de formes d’ondes de 2008 à 2022 ont révélé 86 276 séismes sous la caldeira de Yellowstone, soit environ dix fois plus que les données précédentes obtenues avec des techniques traditionnelles. Le catalogue révisé, basé sur 15 années de données de formes d’ondes, a été publié dans Science Advances le 18 juillet 2025. Il a été réactualisé par des chercheurs de la Western University, de Universidad Industrial de Santander et de l’U.S.G.S.
Ce nouveau catalogue a été rendu possible grâce à l’application de techniques avancées d’apprentissage automatique et d’un modèle de vitesse 3D spécifique à chaque région. Il montre dans quelle mesure l’intelligence artificielle peut améliorer radicalement la détection et la caractérisation de l’activité microsismique dans les régions volcaniques complexes.
Avant cette nouvelle approche, la détection des séismes reposait en grande partie sur des inspections manuelles et des algorithmes traditionnels, ce qui limitait l’échelle et la granularité des données sismiques. Pour surmonter ces obstacles, les chercheurs ont entraîné un modèle d’IA distinct pour chaque station sismique du réseau de Yellowstone.
Cette approche a permis une définition précise de la magnitude de chaque événement, même lors de périodes de chevauchement d’essaims. Lors de tests de validation, le modèle a récupéré 83 % des séismes précédemment documentés et identifié 855 nouveaux événements sur une période de seulement 10 jours, dont plus de 99 % ont été confirmés comme étant de véritables séismes.
Plus de la moitié des séismes se sont produits en essaims, généralement sans secousse principale dominante. L’analyse a révélé que les essaims étaient probablement déclenchés par une combinaison de lente migration des fluides et de variations soudaines de pression dans les systèmes hydrothermaux.
Le nouveau modèle réactualisé a permis de localiser avec précision les séismes et d’estimer leur magnitude en tenant compte des hétérogénéités du sous-sol qui affectent la propagation des ondes sismiques. Les chercheurs pensent que ces résultats pourraient contribuer à améliorer l’évaluation des risques dans d’autres régions volcaniques. Une meilleure imagerie sismique permet d’éviter plus facilement les zones où les mouvements de fluides déclenchent souvent des séismes.
Source : The Watchers.

Photo: C.Grandpey

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Machine learning algorithms applied to waveform data from 2008 to 2022 have revealed 86 276 earthquakes beneath the Yellowstone caldera, which is about 10 times more than previously recorded. The revised catalogue, based on 15 years of waveform data, was published in Science Advances on July 18, 2025. It was created by researchers from Western University, Universidad Industrial de Santander, and the U.S.G.S.

The new catalogue was made possible through the application of advanced machine learning techniques and a region-specific 3D velocity model. It demonstrates how artificial intelligence can radically improve detection rates and characterization of microseismic activity in complex volcanic regions.

Prior to this new approach, earthquake detection relied heavily on manual inspections and traditional algorithms, limiting the scale and granularity of the seismic record. To overcome these limitations, researchers trained a separate AI model for each seismic station in the Yellowstone network.

This approach allowed accurate magnitude assignment, even during periods of overlapping swarm events. In validation tests, the model recovered 83% of previously documented earthquakes and identified 855 new events over just a 10-day window, with over 99% of those confirmed as real earthquakes.

More than half of the earthquakes were found to occur in swarms, typically lacking a dominant mainshock. The analysis revealed that swarms were likely triggered by a combination of slow fluid migration and sudden pressure changes in hydrothermal systems.

This model helped accurately locate earthquakes and estimate magnitudes by accounting for heterogeneities in the subsurface that affect seismic wave propagation. Researchers say the findings could help improve hazard assessments in other volcanic regions. Better seismic imaging makes it easier to avoid areas where fluid movement often triggers earthquakes.

Source : The Watchers.

Islande : fin de l’éruption // Iceland : end of the eruption

L’éruption qui avait débuté le 16 juillet 2025 sur la péninsule de Reykjanes est désormais terminée. Le Met Office explique que le tremor volcanique et l’activité explosive ont cessé au cours du week-end. Aucune activité n’est actuellement observée au niveau des cratères. Cependant, les visiteurs du site de l’éruption doivent savoir qu’il est très dangereux de marcher sur de la lave nouvellement émise, car la croûte superficielle peut s’effondrer sous les pas sans prévenir et de la lave encore incandescente peut se trouver juste en dessous. De plus, la pollution gazeuse peut encore dépasser les seuils de danger à proximité du site de l’éruption.
Comme je l’ai déjà indiqué, le soulèvement du sol a repris à Svartsengi d’environ 2 à 3 centimètres. Cela confirme que le magma continue de s’accumuler et que si le soulèvement se poursuit, on pourrait assister à de nouvelles éruptions.

Image de drone d’Isak Finnbogason, souvenir de la dernière éruption

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The eruption that began on July 16 2025 on the Reykjanes Peninsula has now come to an end.  The Met Office explains that volcanic tremor and explosive activity ceased over the weekend. No activity is currently observed in the craters. However, visitors to the eruption site are warned that it is very dangerous to walk on newly formed lava, as the surface crust may collapse without warning and glowing lava may lie just beneath. Moreover, gas pollution can still exceed danger thresholds in the vicinity of the eruption site.

As I put it before, uplift has resumed at Svartsengi by approximately 2–3 centimeters. This confirms that magma is still accumulating, and if uplift continues, it could lead to new magma intrusions and future eruptions.

Le réchauffement climatique menace la tombe de Chateaubriand

Tout comme son homologue atlantique, le littoral de la Manche est exposé à l’érosion et au recul du trait de côte. La ville de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) est en première ligne des conséquences du réchauffement climatique. Le niveau de la mer monte de quatre millimètres par an.

Photo: C. Grandpey

Situé à flan de falaise, sur la pointe occidentale de l’ilot du Grand-Bé à Saint-Malo, le tombeau de l’écrivain français François-René de Chateaubriand, mort en 1848, est de plus en plus menacé par l’érosion. Certaines associations craignent de le voir s’effondrer.

Photo: C. Grandpey

Devant la tombe, un panneau indique aux passants qu’un « grand écrivain français a voulu reposer ici pour n’y entendre que la mer et le vent ».

Photo: C. Grandpey

Désormais, une rambarde est installée pour empêcher les curieux de s’approcher. Bien sûr, certains font fi de l’interdiction et semblent ne pas de rendre compte à quel point la falaise est friable et menace de s’effondrer.

Photo: C. Grandpey

Les Malouins ont remarqué ce recul de la falaise. L’érosion s’est accélérée de manière spectaculaire au cours des dernières décennies. Pour s’en rendre compte, il suffit de regarder des photos du début du 20ème siècle. On y voit des personnes debout autour de la grille qui protège le tombeau. On estime qu’il y avait encore une marge d’au moins deux mètres avant le vide.

Aujourd’hui, la menace d’effondrement du tombeau est évidente. Cette crainte de l’effondrement semble aussi ancienne que la mort de Chateaubriand. Il se dit qu’en 1848, au moment de son enterrement, « il y avait déjà des textes qui disaient ‘attention elle va tomber’ ! »

Photo: C. Grandpey

La mairie de Saint-Malo a commandé une étude géologique pour « prendre la meilleure décision possible. » Selon l’adjointe au maire, il n’y a pas de « péril imminent » et « il n’est pas question de déplacer le tombeau à ce stade », comme le demandent certaines associations. Selon ces dernières, la seule solution viable serait de remonter la tombe en haut du Grand-Bé pour l’éloigner de l’érosion. Ce serait « un événement national » commente la mairie de Saint-Malo, qui espère trouver une autre solution.

Source : France Inter.

De passage à Saint-Malo ces derniers jours, j’ai profité de la marée basse pour me rendre sur le Grand Bé. Je n’ai pu que constater la fragilité de la falaise qui héberge les restes de l’auteur des Mémoires d’outre-tombe. Il faut espérer qu’une solution sera trouvée rapidement avant que la mer soit la dernière demeure de l’écrivain.

Photo: C. Grandpey