Les Alpes en souffrance

Une canicule historique est en train d’impacter la France dès ce week-end. Météo-France précise qu’elle ne prendra fin qu’en milieu de semaine prochaine après une dégradation orageuse. 90% du territoire sera touché par des températures très élevées, excepté les côtes de la Manche et la pointe bretonne qui resteront en marge. Les Alpes ne seront donc pas épargnées. L’isotherme 0°C devrait osciller entre 4400 m et 5100m d’altitude, autrement dit au niveau du sommet du Mont Blanc. Il est facile d’imaginer ce que subissent les glaciers sur les pentes du massif. Au final, à l’échelle nationale, le lundi 30 juin pourrait devenir la 2ème journée de juin la plus chaude enregistrée derrière le 27 juin 2019 qui était déjà sous l’influence de l’accélération du réchauffement climatique.

Avec la hausse des températures, les stations de sports d’hiver de basse et moyenne altitude ont bien du mal à survivre en achetant des enneigeurs coûteux et gourmands en énergie.

Fermeture de la station de l’Alpe du Grand-Serre. 

La station de ski iséroise de l’Alpe du Grand-Serre (commune de La Morte) vient de compléter la liste de celles qui ont mis la clé sous le paillasson. Elle est définitivement fermée. C’est ce qu’annonçait, dans un communiqué commun, la communauté de communes de La Matheysine et Sata Group, le 24 juin 2025. Un an après une première annonce de fermeture de la station, qui s’était soldée par un sursis sur l’hiver 2024-2025, les remontées mécaniques semblent être définitivement condamnées. La Sata (qui gère notamment l’Alpe d’Huez et les 2 Alpes) et la communauté de communes de la Matheysine n’ont pas trouvé d’accord sur le plan de relance de la station. A moins d’un miracle, le ski alpin est définitivement terminé à l’Alpe du Grand-Serre.

Source: Office du Tourisme

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La station de Val d’Allos en grande difficulté elle aussi…

Après la station de ski iséroise de l’Alpe du Grand-Serre, c’est au tour de celle de Val d’Allos-Le Seignus dans les Alpes du Sud de devoir mettre la clé sous la porte. Le 28 juin 2025, les habitants d’Allos ont voté pour l’arrêt du ski alpin dans leur station.

Trois choix leur étaient proposés aux membres des 5 000 foyers fiscaux de ce village des Alpes-de-Haute-Provence : 1) maintenir le ski alpin au Val d’Allos-Le Seignus, à 1 500 mètres d’altitude, ce qui supposerait une hausse d’impôts de 30 à 35 % ; 2) ne conserver le ski que sur une partie du Seignus et accepter une augmentation d’impôts de 10 à 15 % ; 3) arrêter le ski face au manque de neige et au déficit chronique qui en découle.

C’est cette dernière option qui a séduit la majorité (50,1 %) des 1 342 habitants ayant pris part au vote, soit une participation d’environ 30 %. 36,4 % ont opté pour le maintien total du ski alpin dans la station et 12,6 % à s’être à s’être prononcés en faveur d’un maintien du ski sur une partie seulement du domaine

C’est au maire de prendre la décision finale, mais la démocratie voudrait qu’il suive les résultats du vote. Une réunion du conseil municipal doit avoir lieu le 30 juin pour analyser ces résultats

À noter que la station de la Foux d’Allos, également située dans la commune mais plus haute en altitude et reliée à celle de Pra Loup au sein de l’« espace Lumière », n’est elle pas concernée pas une éventuelle fermeture.

Source: Office du Tourisme

Il faut se faire une raison : l’époque du siècle dernier où les touristes affluaient de tout le sud de la France au Val d’Allos est révolue. Selon le maire, « le déficit structurel est à hauteur de 700 000 € » pour l’année, incluant l’été 2024 et l’hiver 2024-2025. »

Avec le réchauffement climatique, les différences de hauteur de neige varient beaucoup « entre la haute altitude, qui ne voit la hauteur de neige baisser que très faiblement, et la basse altitude où la pluie remplace la neige qui fond rapidement quand elle tombe. On sait que dans l’optique d’une hausse des températures de + 4 °C à la fin du siècle, les secteurs des Alpes du Sud situés à 1 800 mètres d’altitude n’auront plus que 52 journées avec un enneigement nécessaire au ski,, contre 132 jours sur la période 1976-2005. Et même à haute altitude, les durées d’enneigement vont se réduire, passant de 170 jours à 121.

Comme je l’ai indiqué dans des notes précédentes, la seule solution pour que les stations de basse et moyenne altitude aient un avenir est de diversifier leurs activités. Il leur faut anticiper une transition sur les dix prochaines années.

Source : presse régionale.

Le lac Taal (Philippines) : des volcans, des lacs et des îles // Lake Taal (Philippines) : volcanoes, lakes and islands

Situé sur l’île de Luzon, le Taal est l’un des volcans les plus actifs des Philippines et a connu de puissantes éruptions.

La Smithsonian Institution précise que « la caldeira de Talisay (Taal), qui s’étend sur 15 x 20 km, est en grande partie remplie par le lac Taal, dont la surface de 267 km² se situe à seulement 3 mètres au-dessus du niveau de la mer. La profondeur maximale du lac est de 160 m, avec plusieurs centres éruptifs submergés. Volcano Island, d’un diamètre de 5 km, dans la partie centrale-nord du lac Taal, est le site de toutes les éruptions. L’île est composée de petits stratovolcans coalescents, d’anneaux de tuf et de cônes de scories. Les éruptions, accompagnées de coulées pyroclastiques, ont causé de nombreux décès. »

 

Source : NASA

L’une des principales caractéristiques du lac Taal est qu’il possède une île qui contient un lac qui contient une île. Les chercheurs pensent que le cratère s’est formé après une série d’éruptions entre 140 000 et 5 380 av. J.-C., mais le paysage a considérablement changé depuis.
Le lac remplit la caldeira du volcan Taal. C’est un bassin en forme de cuvette qui s’est ouvert lorsque le volcan a fait exploser son sommet lors d’une éruption préhistorique. L’eau est arrivée de la mer, depuis la Baie de Balayan, en empruntant ce qui est aujourd’hui la rivière Pansipit. Les premières éruptions ont également créé une île située près du centre du lac Taal ; elle a été baptisée Volcano Island.
Volcano Island est une île dans un lac. Mais l’île possède elle aussi un lac, le Main Crater – ou cratère principal – qui abrite sa propre île, Vulcan Point.

 

Crédit photo : Wikipedia

Le lac Taal était à l’origine un lac d’eau salée, alimenté par la mer des Philippines occidentales (West Philippine Sea). La situation a changé après une puissante éruption du volcan Taal en 1754. Elle a déversé tellement de matériaux dans la rivière Pansipit que le lac n’a plus été relié à la mer. Le lac Taal est devenu un réceptacle pour les eaux de pluie et s’est progressivement transformé en lac d’eau douce.
Les espèces qui se sont retrouvé piégées dans le lac après l’éruption de 1754 se sont adaptées aux conditions d’eau douce ou ont évolué pour donner naissance à de nouvelles espèces. Par exemple, le lac Taal abrite la seule sardine d’eau douce connue au monde (Sardinella tawilis) et a donné naissance à un serpent marin venimeux (Hydrophis semperi), introuvable ailleurs sur Terre.

 

Le serpent du lac Taal (Crédit photo : Wikipedia)

On peut lire sur le site web de l’UNESCO que « la transition du lac Taal d’un milieu d’eau salée à un milieu d’eau douce – relativement récente d’un point de vue géologique – favorise l’évolution de la flore et de la faune et offre en permanence des perspectives de découvertes scientifiques.»
Les chercheurs ont enregistré 38 éruptions sur le volcan Taal au cours des 450 dernières années. La plus récente s’est produite en 2020, après 43 ans de calme. Elle a provoqué l’évacuation des villes environnantes et a recouvert de cendres Volcano Island et les zones avoisinantes.
Le lac Taal est actuellement le troisième plus grand lac des Philippines. C’est une zone protégée par le Taal Volcano Protected Landscape, mais son écosystème est menacé par la surpêche, le tourisme et l’extraction d’eau pour l’irrigation.
Source : Live Science.

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Located on Luzon Island, Taal is one of the most active volcanoes in the Philippines and has produced some powerful eruptions. The Smiyhsonian Institution exolains that « the 15 x 20 km Talisay (Taal) caldera is largely filled by Lake Taal, whose 267 km2 surface lies only 3 m above sea level. The maximum depth of the lake is 160 m, with several submerged eruptive centers. The 5-km-wide Volcano Island in north-central Lake Taal is the location of all observed eruptions. The island is composed of coalescing small stratovolcanoes, tuff rings, and scoria cones. Powerful pyroclastic flows have caused many fatalities. »

The striking phenomenon is that Taal Lake has an island that contains a lake that contains an island. Researchers think the crater formed after a series of eruptions between 140,000 and 5,380 B.C., but the landscape has shifted significantly since then.

The lake fills the Taal volcano caldera, a bowl-shaped basin that opened when the top of Taal volcano blew off during one of the prehistoric eruptions. The water came from the sea, traveling via what is now the Pansipit River from modern-day Balayan Bay. The early eruptions also created an island that sits near the center of Taal Lake, called Volcano Island.

Volcano Island is an island within a lake. But Volcano Island also has a lake, known as Main Crater Lake, which contains its own island, called Vulcan Point.

Taal Lake was initially a marine lake, filled with salt water from the West Philippine Sea. That changed after a massive eruption at the Taal volcano in 1754, which dumped so much material into the Pansipit River that the lake was cut off from the sea. Taal Lake turned into a catchment area for rainwater and gradually transformed into a freshwater lake.

Species that were trapped in the lake after the 1754 eruption adapted to the freshwater conditions or evolved into new species. For example, Taal Lake is home to the only known freshwater sardine in the world (Sardinella tawilis) and gave rise to the Taal Lake snake (Hydrophis semperi), a venomous sea snake not found elsewhere on Earth.

One can read on the UNESCO website that « the transition of Taal Lake from a saltwater to a freshwater environment – relatively recently from a geological point of view – fuels the continuous evolution of flora and fauna and presents opportunities for ongoing scientific discoveries. »

Researchers have documented 38 eruptions at Taal volcano over the past 450 years. The most recent one occurred in 2020 after 43 years of quiet, prompting evacuations of the surrounding towns and covering Volcano Island and neighboring areas in ash.

Taal Lake is currently the third largest lake in the Philippines. It is protected as part of the Taal Volcano Protected Landscape, but the ecosystem is threatened by overfishing, tourism and water extraction for irrigation.

Source : Live Science.

Réunion pour gérer la sécurité sur l’Etna (Sicile)

Suite à l’épisode éruptif du 2 juin 2025 sur l’Etna et les événements qui ont provoqué un moment de panique, heureusement sans conséquence, parmi les touristes présents, une réunion a été convoquée par le préfet de Catane en accord avec la Protection Civile pour examiner les modalités d’utilisation de la zone sommitale de l’Etna et définir, avec précision, les mesures de prévention et de gestion des situations d’urgence liées à l’activité éruptive du volcan.

Le directeur de la Protection Civile a expliqué comment le 2 juin, malgré l’alerte émise à 5h30 du matin par ses services suite à une communication de l’INGV, plusieurs personnes se trouvaient dans des zones soumises à des restrictions d’accès et dans une situation de grave danger. Cela confirme la nécessité de renforcer le système de contrôle des voies d’accès aux zones les plus exposées. La Protection Civile évalue également la mise en place d’un système d’alerte avec sirènes comme celui déjà installé à Stromboli. Des bénévoles de la Protection civile sont prêts à travailler aux côtés de la police afin de surveiller les accès au volcan.

De son côté, le directeur de la section de l’INGV concernant l’Etna a confirmé que le volcan dispose du premier système d’alerte automatique au monde pour annoncer les événements paroxystiques. Il a expliqué que le volcan a changé au cours des dernières décennies tant au niveau de ses éruption que de sa structure morphologique. Deux profils sont analysés : d’une part, les zones sommitales, pour lesquelles le système d’alerte automatique a réduit les délais de communication des niveaux d’alerte ; d’autre part, la zone de danger permanent, où des événements imprévisibles peuvent survenir et dont l’accès doit toujours être interdit.
En conclusion, le préfet a demandé le mise en place d’une plateforme itinérante pour identifier les points où installer des portes d’accès au volcan, et l’activation d’une plateforme technique pour planifier un système de rotation semestrielle dans le contrôle des voies d’accès.

La réunion destinée à la mise en place de ces mesures sera organisée par la Protection Civile dès le mardi 2 juillet 2025.

Source : presse sicilienne.

Photo: C. Grandpey

Réchauffement climatique : l’Australie au secours des Tuvalu // Global warming : Australia comes to the aid of Tuvalu

Avec l’accélération du réchauffement climatique, on assiste à une élévation du niveau de l’océan, également due à sa dilatation thermique sous l’effet de la hausse des températures. En Europe, la mer grignote le littoral et fait reculer le trait de côte, avec une menace pour certaines zones habitées. Ailleurs dans le monde, certains pays connaissent une situation dramatique car leur zone de vie insulaire rétrécit comme peau de chagrin. Dans les prochaines années – on ne parle pas de décennies – on va assister à une migration climatique car certaines îles vont devenir inhabitables.

C’est le cas des îles Tuvalu, archipel du sud-ouest du Pacifique pris au piège par la montée du niveau des océans, Les Tuvalu, constitués uniquement d’atolls coralliens de très basse altitude, font partie des territoires les plus menacés par le réchauffement climatique. D’ici 2050, la moitié de la superficie de la capitale pourrait être inondée à marée haute. D’après les experts, les îles Tuvalu pourraient devenir à très court terme le premier pays à être entièrement inhabitable. Deux des neuf atolls ont déjà été largement submergés par les eaux, suite à une montée du niveau des océans de 14 centimètres au cours des 30 dernières années.

 Source: Google maps

Souvenez-vous : au cours de la COP 21 de Paris en 2015, le ministre des Affaires étrangères des Tuvalu avait pris la parole depuis son archipel, de l’eau jusqu’aux genoux, pour dénoncer l’inaction climatique. Il avait déclaré : « On ne peut plus attendre des discours quand nous voyons la mer monter jour après jour. » Les images avaient fait le tour du monde.

 

En réaction à cette situation d’urgence, l’Australie a décidé de venir en aide aux Tuvalu. Près d’un habitant sur trois dans l’archipel a postulé pour obtenir un visa australien. Cela représente plus de 3 000 des quelque 10 000 habitants de l’État atollien.

L’Australie prévoit d’offrir chaque année à partir de 2025 des visas spécifiques aux citoyens des Tuvalu dans le cadre d’un accord entré en vigueur en 2024 baptisé « l’Union Falepili », un terme en langue tuvaluane qui signifie « prendre soin de son voisin ». Ces titres de séjours accordent aux Tuvaluans un droit de résidence et de travail, ainsi qu’un accès aux services publics, notamment de santé et d’éducation.

Ouvertes depuis la mi juin 2025, les inscriptions au tirage au sort, qui coûtent 25 dollars australiens (un peu moins de 14 euros), se terminent le 18 juillet. Cependant, ce premier tirage au sort, qui débute le 25 juillet, ne mettra en jeu que 280 visas.

Selon le porte-parole du ministère australien des Affaires étrangères et du Commerce, il s’agit du premier accord de ce type dans le monde. Il permettra aux Tuvaluans une « mobilité dans la dignité alors que les bouleversements climatiques s’aggravent ».

En contrepartie, ce traité prévoit que le petit État insulaire ne peut signer de traité de sécurité ou de défense avec un pays tiers sans l’accord de l’Australie. Une telle mesure permet au gouvernement australien de freiner l’influence chinoise dans la région, alors que les îles Tuvalu font partie des 12 pays à travers le monde qui reconnaissent officiellement Taïwan.

Source : France Info.

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The acceleration of global warming is causing a rise in ocean levels, also due to thermal expansion under the effect of rising temperatures. In Europe, the sea is eroding the coastline and causing it to recede, threatening some residential areas. Elsewhere in the world, some countries are experiencing a dramatic situation as their island habitats are shrinking. In the coming years—not decades—we will witness climate migration as some islands become uninhabitable.

This is the case of Tuvalu, an archipelago in the southwest Pacific trapped by rising sea levels. Tuvalu, consisting entirely of very low-lying coral atolls, is one of the territories most threatened by global warming. By 2050, half of the capital’s surface area could be flooded at high tide. According to experts, Tuvalu could soon become the first country to be completely uninhabitable. Two of the nine atolls have already been largely submerged, following a 14-centimeter rise in sea levels over the past 30 years.

Remember: during COP 21 in Paris in 2015, the Tuvaluan Minister of Foreign Affairs spoke from his archipelago, knee-deep in water, to denounce climate inaction. He declared: « We can no longer wait for speeches when we see the sea rising day after day. » The images went viral.

In response to this emergency situation, Australia decided to come to Tuvalu’s aid. Nearly one in three residents of the archipelago applied for an Australian visa. This represents more than 3,000 of the approximately 10,000 inhabitants of the atoll state.
Australia plans to offer specific visas to Tuvaluan citizens each year from 2025 as part of an agreement that came into effect in 2024 called the « Falepili Union, » a Tuvaluan term meaning « taking care of one’s neighbour. » These residence permits grant Tuvaluans the right to reside and work, as well as access to public services, including health and education.
Open since mid-June 2025, registration for the draw, which costs 25 Australian dollars (just under 14 euros), closes on July 18. However, this first draw, which begins on July 25, will only issue 280 visas.
According to a spokesperson for the Australian Department of Foreign Affairs and Trade, this is the first agreement of its kind in the world. It will allow Tuvaluans « mobility with dignity as climate change worsens. »
In return, this treaty stipulates that the small island nation cannot sign a security or defense treaty with a third country without Australia’s agreement. This measure allows the Australian government to curb Chinese influence in the region, as Tuvalu is one of 12 countries worldwide that officially recognize Taiwan.
Source: France Info.