Chaleur sibérienne // Siberian heat

De nouveaux records de chaleur ont été battus la semaine dernière en Sibérie, y compris au nord du cercle polaire arctique. Les températures ont parfois dépassé les 30 degrés Celsius suite à une arrivée d’air anormalement chaud.

On a enregistré un record absolu de 32°C à Norilsk, la ville la plus septentrionale de la planète. Encore plus grave, la nuit, le thermomètre n’est pas descendu au-dessous de 20 degrés, ce qui est exceptionnel pour cette région du globe.

On se rend compte que les records de températures sont devenus de plus en plus fréquents en été en Sibérie, preuve de l’accélération du réchauffement climatique.

Des valeurs maximales de plus de 30°C ont également été enregistrées dans la partie européenne de la Russie, par exemple à Mourmansk.

Comme indiqué précédemment, l’Arctique se réchauffe deux fois plus vite que le reste du monde. De nouvelles données montrent par ailleurs que le nord de la mer de Barents se réchauffe jusqu’à sept fois plus vite.

Source: Météo & Radar.

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New heat records were broken last week in Siberia, including north of the Arctic Circle. Temperatures ​​sometimes exceeded 30 degrees Celsius, due to the arrival of abnormally hot air.
An all-time high of 32°C was recorded in Norilsk, the northernmost city on the planet. Even more serious, at night, temperatures did not drop below 20 degrees, which is exceptional for this region of the globe.

Temperature records have become more and more frequent in summer in Siberia, proof of the acceleration of global warming.
Maximum temperatures over 30°C were also recorded in the European part of Russia, for example in Murmansk.
As noted earlier, the Arctic is warming twice as fast as the rest of the world. New data also show that the northern Barents Sea is warming up to seven times faster.
Source: Weather & Radar.

La glace de mer aura bientôt disparu de l’Arctique, pour le plus grand bonheur des compagnies maritimes… (Photo: C. Grandpey)

Températures en France : nouvelles « normales saisonnières »

Afin de tenir compte de l’évolution galopante du réchauffement climatique, Météo-France actualise à la hausse ses « normales » saisonnières.

A partir du 28 juin 2022, Météo-France va recourir à des « normales » actualisées en prenant comme période de référence les décennies 1991-2020. La période précédente était 1981-2010.

Tous les dix ans, Météo-France met à jour la période de référence pour ses « normales climatiques » (aussi appelées « saisonnières ») pour s’aligner sur les recommandations de l’Organisation météorologique mondiale (OMM).Le changement de référence met en lumière quelques évolutions par rapport à la période 1981-2010.

Sur la période 1991-2020, la nouvelle normale de température moyenne annuelle en France est de près de 12,97°C, en hausse d’un peu plus de 0,4°C par rapport à 1981-2010 (12,55°C).

Les changements de normales climatiques ne remettent pas en cause les seuils de vigilance canicule qui, explique Météo-France, « sont calculés par rapport à des indices bio-météorologiques », en collaboration avec Santé publique France et d’autres agences.

Source: Météo-France.

Un système pernicieux.

Je ne regarde jamais les informations à la télévision; je préfère les écouter ponctuellement à la radio. Toujours est-il que je n’ai pas entendu parler des nouvelles « normales saisonnières » auxquelles feront désormais référence les bulletins météo à l’attention du grand public.

Depuis le 28 juin, lorsqu’une présentatrice ou un présentateur du bulletin météo vous dit que la température est de « 3 degrés supérieure aux normales saisonnières », elle ou il vous aurait dit « supérieure de 3,5 degrés degrés le 27 juin.

Le système est pernicieux car, faute d’information du public de ce changement de référence, il donne l’impression – l’illusion, devrais-je dire – que la situation climatique est stable, alors qu’elle ne l’est pas. Le réchauffement climatique continue sa progression avec son cortège d'(événements extrêmes de plus en plus fréquents.

 Evolution des normales saisonnières en France (Source: Météo-France)

Evolution des températures décennales en France (Source: Météo-France)

Réchauffement climatique : hécatombe chez les petits manchots bleus // Global warming : mass die-offs among little blue penguins

En raison du réchauffement climatique, des centaines de kororā bleus – ou manchots pygmées – qui sont parmi les plus petits manchots au monde, ont été retrouvés morts sur les côtes néo-zélandaises ces dernières semaines. 183 petits manchots ont été découverts à Ninety Mile Beach début juin 2022, quelques jours seulement après la découverte de plus de 100 cadavres à Cable Bay, à proximité. En mai 2022, plus de 160 manchots ont été retrouvés morts sur différentes plages néo-zélandaises. Au total, ce sont près de 1 000 oiseaux qui ont péri depuis le début du mois de mai. Originaires de Nouvelle Zélande, les kororā bleus sont les plus petits manchots au monde; ils pèsent environ 1 kg pour une taille d’ un peu plus de 25 cm.
Selon les biologistes marins, de nombreux manchots semblent être morts de faim à cause des effets du réchauffement climatique. En effet, la température de l’océan l’année dernière a été la plus élevée jamais enregistrée et elle était trop chaude pour les poissons dont se nourrissent les manchots. Au fur et à mesure que la température de l’eau se réchauffe, les poissons quittent leur zone de nourrissage ou s’enfoncent plus profondément à la recherche d’eaux plus fraîches. Cela les met hors de portée des manchots. Le kororā bleu peut plonger jusqu’à 20 ou 30 mètres de profondeur, mais il n’est pas prévu pour plonger beaucoup plus profondément.
Bien que les hécatombes de manchots ne soient pas vraiment inhabituelles, la fréquence à laquelle elles se produisent actuellement n’a jamais été observée. Les mortalités massives incluant plus de 1 000 individus se produisaient une fois par décennie, quand les oiseaux mouraient des suites d’une maladie ou d’une blessure. Toutefois, au cours des seules 10 dernières années, les scientifiques ont enregistré au moins trois « années de mortalité massive ».
Les scientifiques préviennent que ce nombre pourrait encore augmenter. À mesure que les effets du réchauffement climatique se poursuivront, les vagues de chaleur et d’autres événements météorologiques défavorables tels que les tempêtes deviendront plus violents et plus fréquents. On peut donc s’attendre à voir une augmentation du nombre d’hécatombes de manchots et d’autres créatures marines.
Médias néo-zélandais.

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Because of climate change, hundreds of the world’s smallest penguins have turned up dead on New Zealand’s shores in recent weeks. 183 blue kororā, also known as little blue penguins, were found at Ninety Mile Beach in early June 2022, just days after more than 100 were found at nearby Cable Bay. And last month, more than 160 penguins were found dead on various New Zealand beaches.

In total, close to 1,000 birds have been found dead since the start of May. Native to the country, the blue kororā are the world’s smallest penguins, weighing about 1kg and measuring just over 25cms.

According to marine biologists, many of the penguins appeared to have died of starvation, and they are starving because of the effects of climate change. Indeed, ocean temperatures were the warmest on record last year; they were too hot for the fish the penguins feed on. As the water temperature heats up, the fish either leave the area or go deeper in search of cooler waters. That makes them out of reach for the penguins to feed on. The blue kororā can dive down to 20 or 30 metres routinely, but its is not that good at diving a lot deeper than that.

While mass die-offs of the creatures are not entirely unusual, the frequency at which they are happening has never been observed. Mass die-offs with more than 1,000 dead penguins used to be a once in a decade event, with birds dying due to illness or injury. But in the past 10 years alone, scientists have recorded at least three « mass-death years. »

Scientists warn that this number could still rise. As climate change effects continue, heatwaves, and other adverse weather events such as storms, will become stronger and more frequent. One may expect to see a corresponding increase in the amount of mass die-offs of penguin and other sea creatures.

New Zealand news media.

Crédit photo : Wikipedia

Les manchots pygmées reviennent à leur nid seulement au coucher du soleil. Bien souvent, il s’agit d’une cavité creusée dans la terre ou le sable, ou sous un bâtiment. On peut assister au retour des manchots pygmées à Oamaru, une petite ville 115km au nord de Dunedin. L’entrée est payante mais le spectacle est intéressant (Attention: photos interdites).

Coup de chaud sur le Mont Blanc (suite)

Comme je l’expliquais dans une note publiée le 18 juin 2022, un record de chaleur a été battu sur le Mont Blanc, avec 10,4°C relevés à la station météo du Col Major. C’est 3,6° de plus qu’en juin 2019, époque où on avait enregistré 6,8°C. La station a été installée il y une dizaine d’années à 4750 m d’altitude, donc à proximité immédiate du sommet du Mont-Blanc Il est intéressant de noter qu’en juin 2019 la période caniculaire avait été un peu plus tardive. Le coup de chaud précoce de cette année va être dévastateur, surtout si de nouvelles vagues de chaleur se produisent pendant l’été..La fonte des glaciers va s’accélérer, ainsi que le dégel du permafrost de roche, avec le risque d’effondrements et donc des conséquences sur le paysage

Il suffit d’observer la Mer de Glace qui a perdu 2,5 mètres d’épaisseur en un mois suite à la vague de chaleur et au faible enneigement pendant l’ l’hiver.

A l’attention des randonneurs et alpinistes : Les travaux ont débuté au Montenvers pour la nouvelle télécabine de la Mer de Glace. En conséquence, le sentier d’accès à la Mer de Glace (via les échelles) depuis le restaurant panoramique et le sentier d’accès aux échelles depuis la buvette des Mottets sont fermés jusqu’au 1ze décembre 2022. Pour les nombreuses courses qui se font au départ du Montenvers, les alpinistes devront donc cet été passer par les escaliers et la grotte de glace.

Source: presse savoyarde.

La Mer de Glace vue par la webcam le 26 juin 2022. Un bien triste spectacle.