Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : la lave à nouveau dans l’océan ! // Lava is back in the ocean!

L’éruption débutée le 13 février 2026 et qui a repris le 28 mars continue. Un seul site éruptif est actif sur le flanc sud-sud-est du volcan, au niveau du cône formé entre le 13 février et le 25 mars. L’OVPF explique que seule la coulée principale sud-est de nouveau alimentée. Une activité en tunnel de lave est bien développée avec de nombreuses résurgences. L’une d’elles est observée juste en amont de la RN2, déjà coupée par la lave le 13 mars. Une coulée de quelques centaines de mètres se superpose aux coulées mises en place précédemment, sans élargir la surface occupée par la lave sur la route.

Crédit photo: OVPF

Le 30 mars 2026, la lave a atteint l’océan une nouvelle fois. Des résurgences sont observées au niveau de la plateforme où une intensification du panache de gaz au point d’entrée dans l’océan est à prévoir.

La sismicité est restée faible et le trémor éruptif est stable.

Les débits de lave en surface, estimés à partir des données satellitaires, indiquent des valeurs inférieures à 7 m3/s depuis la reprise de l’éruption. NDLR : Ce faible débit semble confirmer que l’on a affaire à la vidange d’une lave résiduelle dans la chambre magmatique superficielle.

Comme précédemment, il st demandé au public de respecter les restrictions d’accès aux différents sites éruptifs.

Source : OVPF.

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The eruption that began on February 13, 2026, and resumed on March 28, continues. Only one eruptive site is active on the south-southeast flank of the volcano, at the cone formed between February 13 and March 25. The OVPF explains that only the main southeast flow is being supplied. Lava tube activity shows numerous resurgences. One of these is observed just upslope of the RN2 highway, which was already cut off by lava on March 13. A flow several hundred meters long is superimposed on the previous flows, without widening the area covered by lava on the road.
On March 30, 2026, the lava reached the ocean once again. Resurgences are observed at the platform where an intensification of the gas plume at the lava entry into the ocean is expected.
Seismicity has remained low and the eruptive tremor is stable. Surface lava flow rates, estimated from satellite data, indicate values ​​below 7 m³/s since the eruption resumed. Editor’s note: This low flow rate seems to confirm that the current situation is the emptying of residual lava in the shallow magma chamber.
The public is asked to respect access restrictions on the different eruption sites.
Source: OVPF.

Des fuites de méthane à gogo ! // Methane leaks galore!

Concentrations de CO2 : 431,44 ppm

Concentrations de CH4 : 1945,85 ppb

Une étude a identifié des dizaines de «méga-fuites» de méthane provenant d’infrastructures pétrolières, gazières et de décharges mal entretenues. Certaines émissions dégagent autant de chaleur qu’une centrale à charbon entière. On sait que le méthane (CH4) est l’un des gaz à effet de serre les plus agressifs. D’une durée de vie plus courte que le CO2, il n’en est pas moins l’un des plus dangereux gaz à effet de serre.

Selon un article paru dans The Guardian, de nouvelles images satellites ont mis au jour les pires «méga-fuites» de méthane enregistrées sur la planète en 2025. L’étude, menée par le Stop Methane Project de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA), révèle des dizaines d’émissions géantes réparties sur plusieurs continents. Elles proviennent d’infrastructures vieillissantes ou simplement mal surveillées. Selon une autrice de l’étude, ces rejets sont parfaitement identifiés et il serait facile d’y remédier.

Le top 25 mondial des points les plus polluants est largement dominé par le Turkménistan.

Image satellite d’une fuite de méthane à Esenguly au Turkmenistan. La fuite est estimée à 18 tonnes par heure (Source : Carbon Mapper)

Viennent ensuite les États-Unis, avec plusieurs fuites monumentales, notamment au Texas, où l’un des sites a rejeté jusqu’à 5,5 tonnes de méthane par heure. Des rejets similaires ont aussi été détectés dans des installations au Venezuela et en Iran. Dans le secteur des déchets, certaines décharges en Turquie, en Algérie, en Malaisie ou aux États-Unis libèrent elles aussi d’immenses nuages de méthane: les déchets organiques en décomposition produisent ce gaz lorsqu’ils sont mal gérés.

Ces émissions seraient responsables de près de 25% du réchauffement global et leur hausse constante depuis 2007 inquiète la communauté scientifique. Les données de Carbon Mapper, exploitées par l’UCLA, montrent plus de 4.400 fuites majeures en 2025, toutes supérieures à 100 kilos par heure. Aux États-Unis, neuf des dix pires émissions proviennent du Texas, un État pourtant fier de son expertise industrielle.

Face aux critiques, le Turkménistan affirme avoir réduit ses fuites de 30% grâce à une coopération avec l’ONU, l’Agence internationale de l’énergie et l’UE. Toutefois, l’analyse de l’UCLA contredit ces déclarations et plusieurs super-fuites» persistent. En conséquences, si Achgabat – qui gère le gaz au Turkménistan – veut vendre son gaz à l’Europe, il devra prouver qu’il prend réellement des mesures pour protéger l’environnement.

Grâce aux satellites, les émissions deviennent visibles et donc traçables. Les observateurs espèrent que ces révélations provoqueront un sursaut politique. En effet, réparer des fuites, contrairement à transformer un système énergétique, est une action presque immédiate, rentable et techniquement simple. Pourtant, tant que les responsables publics et privés resteront passifs, des millions de tonnes de méthane continueront de s’échapper chaque heure, invisibles à l’œil nu, mais bien réelles pour le climat.

Source : The Guardian.

Pour rappel, les concentrations de méthane dans l’atmosphère atteignent actuellement 1945,85 ppb, selon des dernières mesures effectuées en Novembre 2025.

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A study has identified dozens of « mega-leaks » of methane from poorly maintained oil and gas infrastructure and landfills. Some emissions release as much heat as an entire coal-fired power plant.

Methane (CH4) is known to be one of the most aggressive greenhouse gases. While it has a shorter lifespan than CO2, it is nonetheless highly dangerous to the atmosphere.
According to an article in The Guardian, new satellite images have revealed the worst methane « mega-leaks » in 2025. The study, conducted by the StopMethane Project at the University of California, Los Angeles (UCLA), reveals dozens of giant emissions spread across several continents. They originate from aging or simply poorly monitored infrastructure. According to one of the study’s authors, these releases are well-documented and would be easy to address.

Turkmenistan dominates the list of the world’s 25 most polluting sites. Next come the United States, with several monumental leaks, notably in Texas, where one site released up to 5.5 tons of methane per hour. Similar releases have also been detected at facilities in Venezuela and Iran. In the waste sector, some landfills in Turkey, Algeria, Malaysia, and the United States also release immense clouds of methane. Decomposing organic waste produces this gas when poorly managed.
These emissions are estimated to be responsible for nearly 25% of global warming, and their steady increase since 2007 is a source of concern for the scientific community.

Data from Carbon Mapper, used by UCLA, shows more than 4,400 major leaks by 2025, all exceeding 100 kilograms per hour. In the United States, nine of the ten worst emissions originate from Texas, a state that prides itself on its industrial expertise.

Faced with criticism, Turkmenistan claims to have reduced its leaks by 30% thanks to cooperation with the UN, the International Energy Agency, and the EU. However, UCLA’s analysis contradicts these claims, and several « super-leaks » persist. Consequently, if Ashgabat—which manages Turkmenistan’s gas—wants to sell its gas to Europe, it will have to prove that it is actually taking measures to protect the environment.

Thanks to satellites, emissions are becoming visible and therefore traceable. Observers hope that these revelations will trigger a political awakening. Indeed, repairing leaks, unlike transforming an energy system, is an almost immediate, cost-effective, and technically simple action. Yet, as long as public and private officials remain passive, millions of tons of methane will continue to escape every hour, invisible to the naked eye, but very real for the climate.
Source: The Guardian.

As a reminder, methane concentrations in the atmosphere currently reach 1945,85 ppb, according to the latest measurements performed in November 2025.

Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : poursuite de l’éruption // The eruption continues

29 mars 2026 9 heures (heure métropole) : L’éruption du Piton de la Fournaise a repris le 28 mars vers 15h (heure locale).Selon l’OVPF, l’activité ayant repris au niveau du même site éruptif, sans ouverture de nouvelle fissure ni injection de nouveau dyke, il s’agit d’une reprise de l’éruption débutée le 13 février 2026 et non d’une nouvelle éruption. J’avais expliqué qu’il s’agissait probablement de la vidange d’une poche résiduelle de magma. À noter qu’une légère inflation de l’édifice est enregistrée sur les 3 derniers jours, témoignant de la remise en pression du réservoir de magma superficiel. Cette inflation s’accompagne d’une légère hausse de la sismicité. L’intensité du trémor éruptif a augmenté progressivement en fin de journée le 28 mars, avant de stabiliser puis de ré-augmenter légèrement en début de journée le 29 mars.

Source: OVPF

L’Observatoire confirme les images des webcams le 28 mars au soir, à savoir le retour d’une coulée de lave sur les Grandes Pentes où seul le bras sud est de nouveau réalimenté.

On n’observe pas de réalimentation de la plate-forme littorale, mais un tel événement ne peut être exclu, ainsi qu’une intensification du panache de gaz au point d’entrée de la lave dans l’océan

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Image webcam des coulées à 11h30 (heure métropole), juste avant que les nuages envahissent les Grandes Pentes.

Source : OVPF.

Nous sommes dimanche. Il y aura du monde pour essayer de voir la lave. Prudence!

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16 heures (heure métropole) : La situation évolue rapidement. Selon les observateurs sur place, la coulée issue de la reprise de l’éruption a atteint la RN2 en suivant la même trajectoire que précédemment, donc sans élargir la coulée existante, ce qui est une bonne chose.  La lave emprunte le même tracé que la coulée du 13 mars, comme on peut le voir dur l’image webcam des Grandes Pentes. Il faut juste espérer que la Route des Laves ne sera pas davantage impactée. Maintenant, il faut attendre et voir quand la lave va atteindre de nouveau le littoral.

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17h30 (heure métropole) – 19h30 (heure locale) : La nuit est tombée sur l’île de la Réunion et le Piton de la Fournaise se donne en spectacle (image webcam).

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The eruption of Piton de la Fournaise resumed on March 28th around 3:00 PM (local time). According to the OVPF, since the activity resumed at the same eruptive site, without the opening of a new fissure or the injection of a new dyke, this is a resumption of the eruption that began on February 13, 2026, and not a new eruption. I had explained that it was probably the emptying of a residual magma chamber. It should be noted that slight inflation of the volcano has been recorded over the last three days, indicating the repressurization of the shallow magma reservoir. This inflation is accompanied by a slight increase in seismicity. The intensity of the eruptive tremor gradually increased at the end of March 28th, before stabilizing and then increasing slightly again at the beginning of March 29th.
The Observatory confirms the webcam images from the evening of March 28th, namely the return of a lava flow on the Grandes Pentes, where only the southern arm is now being replenished.
No new activity is observed at the coastal platform, but such an event cannot be ruled out, nor can an intensification of the gas plume where the lava enters the ocean.
Source: OVPF.

It’s Sunday. There will be a lot of people trying to see the lava. Be careful!

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4:00 PM (Paris time): The situation is evolving rapidly. According to observers on the field, the lava flow from the eruption has reached the RN2 highway. The lava is following the same path as the March 13th flow, as can be seen in the webcam image of the Grandes Pentes. One can only hope that the Route des Laves will not be further impacted. Now, we need to wait and see when the lava will reach the coastline again.

Hawaï, terre des dieux // Hawaii, a land of gods

Un épisode de la série Volcano Watch est dédié aux divinités qui gèrent la puissance de la Nature à Hawaï.
La région sommitale du Kilauea, sur la Grande Île, a subi des retombées de téphra et une tempête vers la mi-mars 2026. S’en sont suivies les opérations de nettoyage, de réparation des dégâts et une régénération de la Nature. Ces processus sont naturels, reconnus et ancrés dans les traditions orales autochtones qui évoquent les divinités hawaïennes : Pele, Lono et Hiʻiaka.

Le Kīlauea et les autres volcans actifs de la Grande Île d’Hawaï façonnent des paysages en perpétuelle évolution. Des sommets jusqu’aux côtes, la lave dévale les pentes, recouvre les terres et agrandit l’île lorsqu’elle entre dans l’océan. Les fontaines de lave provoquent des pōhāhā (retombées de téphra) qui envahissent les zones sous le vent. Lorsque le magma circule dans le sous-sol, il peut ouvrir des fissures ou façonner des cratères en surface.

Les traditions orales hawaïennes attribuent l’activité volcanique à Pelehonuamea, déesse hawaïenne des volcans, également connue sous le nom de Pélé, créatrice de la terre.

Pélé est la déesse des volcans et du feu (Photo : C. Grandpey)

L’archipel hawaïen, situé au cœur de l’océan Pacifique, est exposé à des tempêtes venant de diverses directions, notamment des ouragans en été et des tempêtes en hiver. Ces phénomènes météorologiques, accompagnés de vents violents, de pluies torrentielles et de fortes vagues, peuvent déraciner des arbres, provoquer des inondations et recouvrir de neige les sommets du Mauna Kea et du Mauna Loa.
Selon les traditions orales hawaïennes, la pluie, le vent, le tonnerre et la foudre sont l’œuvre de la puissance de Lono, l’un des quatre principaux dieux hawaïens, et qui confère à la terre sa fertilité.

Lono est associé à la fertilité, l’agriculture, la pluie, la musique et la paix. On l’associe également aux tempêtes hivernales qui frappent l’île d’Hawaï (Source : Wikipedia)

Les éruptions volcaniques et les tempêtes peuvent métamorphoser les paysages, mais la régénération naturelle commence rapidement. Là où la végétation a été endommagée par des dépôts volcaniques ou des tempêtes, elle repousse vite suite à ces événements. Lorsque la végétation est complètement détruite ou enfouie, les spores et les graines qui se déposent dans les zones affectées amorcent le lent processus de restauration de la végétation.

Les traditions orales hawaïennes attribuent ce processus à Hiʻiakaikapoliopele, déesse protectrice des danseuses de hula, des chants, de la sorcellerie et de la médecine. C’est la guérisseuse de la terre. Elle est également connue sous le nom de Hiʻiaka, celle qui entreprend de reverdir la Nature.

Hi’iaka est considérée comme la guérisseuse de la terre et l’image de sa régénération (Source : Wikipedia)

Ces traditions orales relatent les interactions passées entre Pélé, Lono et Hiʻiaka, interactions que les Hawaïens continuent de percevoir aujourd’hui. Par exemple, Pélé serait apparue au sommet du Kīlauea lors de l’Épisode 43 de l’éruption qui s’est accompagné d’un puissant pōhāhā. Quelques jours plus tard, Lono, plein de vigueur, serait apparu lors d’une tempête hivernale, et Hiʻiaka est désormais présente pour régénérer la Nature.

La Nature continuera de remodeler le territoire, et les derniers événements nous rappellent leur impact considérable. Ils montrent aussi que Pele, Lono et Hiʻiaka font toujours partie intégrante de la vie à Hawaï.
Source : USGS / HVO.

Un jour sur le Kilauea, Pélé m’a tendu la main, comme pour m’inviter à profiter de la beauté des éruptions qu’elle déclenche.(Photo: C. Grandpey)

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An episode of the series Volcano Watch is dedicated to the gods behind Nature’s power in Hawaii.

The summit region of Kilauea on the Big Island experienced tephra fallout and a kona low storm by mid-March 2026. They were followed by cleanup, recovery and regrowth. These processes are natural, recognized and embodied in Native Hawaiian oral traditions about Hawaiian deities of Pele, Lono, and Hiʻiaka.

Kīlauea and the other active volcanoes on Hawaii Big Island are ever-changing landscapes. From summits to coastlines, lava flows downslope to resurface land and add acreage where it enters the ocean. Lava fountains blanket areas downwind with pōhāhā – fallout of tephra. As magma moves beneath the surface, it can cause ground cracks or collapsed areas such as craters to form on the ground above.

Native Hawaiian oral traditions attribute those active volcanic processes to Hawaiian volcano goddess Pelehonuamea, also known by the shorter Pele, the creator of land.

The Hawaiian archipelago, located in the Central Pacific Ocean, is susceptible to storms that approach from various directions, including hurricanes during the summer and kona low storms during the winter. These weather systems and accompanying wind, rain and ocean surges can topple trees, cause flooding and cover the summits of Mauna Kea and Mauna Loa with snow.

Native Hawaiian oral traditions say rains, winds, thunder and lightning are the works of the elemental force and one of the four principal Hawaiian gods Lono, who brings fertility to the land.

Volcanic eruptions and storms can completely transform landscapes, but natural recovery begins soon afterward. Where vegetation was damaged by new volcanic deposits or storms, new growth quickly begins. When vegetation is completely destroyed or buried, spores and seeds landing in these areas begin the processes of slowly restoring vegetation.

Native Hawaiian oral traditions attribute these actions to Hawaiian patron goddess of hula dancers, chants, sorcery and medicine – the healer of land – Hiʻiakaikapoliopele, also known by the shorter Hiʻiaka, as she begins to re-green the land.

The oral traditions recorded interactions between Pele, Lono and Hiʻiaka in the past, and Hawaiians continue to see their interactions today. For instance, Pele appeared at the summit of Kīlauea during Episode 43 of the Kilauea eruption with a heavy pōhāhā. This event was followed by a wildly enthusiastic Lono in a kona low storm a few days later, and now Hiʻiaka is present in recovery.

Nature will continue to reshape the land, and these recent natural events are reminders about how impactful they can be. But they also show that Pele, Lono and Hiʻiaka are still largely part of life in Hawaii.

Source : USGS / HVO.