Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Une puissante éruption s’est produite dans le cratère Laki-laki du Lewotobi (Indonésie) le 18 avril 2025, avec un panache de cendres qui est monté jusqu’à environ 9 km d’altitude. La couleur de l’alerte aérienne est passée de l’Orange au Rouge. Il est conseillé à la population et aux visiteurs d’éviter toute activité dans un rayon de 6 km autour du sommet du volcan.
Le Lewotobi a montré une activité continue ces derniers mois, avec un épisode éruptif le 20 mars qui a projeté des panaches de cendres jusqu’à 16 km d’altitude.
Source : CVGHM.

 

Image de l’éruption du 18 mai 2025

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Une forte éruption s’est produite sur le Sheveluch (Kamchatka, Russie) le 16 mai 2025, avec un panache de cendres qui s’est élevé jusqu’à 12,2 km au-dessus du niveau de la mer. L’activité extrusive-effusive du « Jeune Sheveluch » et l’éruption extrusive du dôme de lave « 300 ans RAS » se poursuivent. La croissance des dômes de lave s’accompagne d’importantes émissions de gaz et de vapeur. La couleur de l’alerte aérienne reste Orange et est maintenue à ce niveau depuis décembre 2006.

La couleur de l’alerte aérienne reste également Orange sur le Karymsky. Elle est maintenue au Jaune sur le Bezymianny et le Klyuchevskoy.
Source : KVERT.

Activité extrusive-effusive sur le « Jeune Sheveluch » (Crédit photo: KVERT)

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Une lueur orange est visible au niveau des deux bouches éruptives dans le cratère de l’Halema’uma’u du Kilauea (Hawaï), signe que le magma reste proche de la surface. Le 19 mai 2025, les inclinomètres ont enregistré environ 6 microradians d’inflation depuis la fin de l’épisode 22. Dans sa mise à jour du 19 mai, le HVO a écrit : « L’épisode 23 devrait commencer dans les 3 à 5 prochains jours. »

Dernière minute : Dans sa mise à jour du 23 mai à 9h40 (heure locale), le HVO revoit sa prévision et prévoit l’apparition des fontaines de lave de l’Épisode 23 d’ici le 25 mai. En effet, l’inflation sommitale a ralenti.

Image webcam de la bouche éruptive nord

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Le Met Office islandais indique que le soulèvement du sol continue à Svartsengi, signe que le magma continue de s’accumuler dans la région. Si la vitesse de soulèvement continue au même rythme que ces derniers jours, on peut s’attendre à une éruption à l’approche de l’automne islandais. Cependant, des changements dans la vitesse de soulèvement du sol pourraient brouiller les cartes. L’activité sismique près du dyke qui s’est formé le 1er avril 2025 continue de diminuer. La plupart des séismes se sont produits dans la partie sud du dyke, mais leur nombre a régulièrement diminué ces derniers jours. L’activité sismique à Fagradalsfjall a également diminué.

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Le PHIVOLCS indique aujourd’hui que la brève éruption du Kanlaon (Philippines), le 13 mai 2025, a consisté en deux émissions successives de matériaux incandescents, avec un panache de cendres qui s’est élevé jusqu’à 8 km au-dessus du cratère. On a également observé des coulées pyroclastiques qui ont parfois dévalé le flanc sud du volcan sur 2 km. Les retombées de cendres ont affecté 51 communautés. Les émissions de SO2 ont atteint en moyenne 5 241 tonnes par jour.
L’activité s’est poursuivie les jours suivants. Le réseau sismique a enregistré 2 à 16 événements quotidiens. Le niveau d’alerte reste à 3 sur une échelle de 0 à 5.

Crédit photo: PHIVOLCS

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L’activité éruptive se poursuit dans le cratère Minamidake du Sakurajima (Japon). Des panaches de cendres s’élèvent encore jusqu’à 3 km au-dessus du sommet. De gros blocs sont parfois éjectés jusqu’à 1,2 km de la bouche éruptive. Les données de déformation ont montré une période de déflation après les explosions du 15 mai 2025, suivie d’une reprise de l’inflation accompagnée de nombreux événements éruptifs. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 5).
Source : JMA.

Séquence éruptive sur le Sakurajima (Crédit photo: JMA)

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity in the world:

A powerful eruption occurred at Lewotobi Laki-laki (Indonesia) on April 18, 2025, with an ash plume up to about 9 km above sea level. The Aviation Color Code was raised from Orange to Red. Residents and visitors are advised to avoid activities within a 6 km radius of the volcano’s summit.

The volcano has been exhibiting continuous activity in recent months, with an event on March 20 which sent ash plumes up to 16 km above sea level.

Source : CVGHM.

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A strong eruption occurred at Sheveluch (Kamchatka, Russia) on May 16, 2025, with an ash plume of ash that rose up to 12.2 km above sea level. Extrusive-effusive activity at the ‘Young Sheveluch’ volcano and extrusive eruption of the ‘300 years RAS’ lava dome continue. The growth of the lava domes is accompanied by vigorous gas-steam emissions. The Aviation Color Code remains at Orange and has been kept at this level since December 2006.

The aviation color code also remains Orange for Karymsky. It is kept at Yellow for Bezymianny and Klyuchevskoy.

Source : KVERT.

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Orange glow is visible from both vents in Kilauea‘s Halema’uma’u Crater (Hawaii), indicating that magma remains close to the surface within the conduits. On May 19th, 2025, tiltmeters recorded approximately 6 microradians of inflationary tilt since the end of episode 22. In its update of May 19th, HVO wrote : « Episode 23 is likely to begin in the next 3-5 days. »

Last minute : In its May 23 update at 9:40 a.m. (local time), HVO revised its forecast and predicted the appearance of Episode 23 lava fountains by May 25. Indeed, summit inflation has slowed in the past hours.

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The Icelandic Met Office indicates that continued uplift is being measured in Svartsengi, indicating ongoing magma accumulation in the area. If the rate of uplift continues at the same rate as recent days, it can be assumed that the likelihood of an eruption will begin to increase as Icelandic autumn approaches. However, changes in the rate of uplift could affect this assessment. Seismic activity near the dike that formed on April 1st 2025 continues to decrease. Most of the earthquakes have occurred at the southern part of the dike, however it has steadily declined in recent days. Seismic activity in Fagradalsfjall has also decreased.

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PHIVOLCS indicates today that the five-minute eruption at Kanlaon (Philippines) on 13 May 2025 consisted of two successive ejections of incandescent material and an ash plume that rose as high as 8 km above the crater, and pyroclastic flows that descended the S flanks as far as 2 km. Ashfall impacted 51 communities. SO2 emissions averaged 5,241 tonnes per day.
Activity continued the next days. The seismic network recorded 2-16 daily events. The Alert Level remains at 3 on a scale of 0-5.

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Eruptive activity continues at Sakurajima‘s Minamidake Crater (Japan). Ash plumes still rise as high has 3 km above the summit. Large blocks are sometimes ejected as far as 1.2 km from the eruptive vent. Deformation data showed a period of deflation after explosions on 15 May 2025, then inflation resumed followed by numerous eruptive events. The Alert Level remains at 3 (on a 5-level scale).

Source : JMA.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Du jamais vu, mais que l’on reverra !

Il faut arrêter de se voiler la face et Météo-France doit cesser de jouer les bisounours en relativisant l’impact du réchauffement climatique sur les événements extrêmes (inondations, glissements de terrain,etc) qui se multiplient dans notre pays. C’est bien la hausse globale des températures qui est derrière les inondations catastrophiques qui ont ravagé la région du Lavandou  Le GIEC vient de le rappeler : sous l’effet du réchauffement climatique, les épisodes de fortes précipitations, qui favorisent les inondations, sont appelés à augmenter dans les années à venir. La Méditerranée est particulièrement exposée : elle représente un « point chaud du réchauffement climatique ».

Le président de l’association des maires du Var (AMV) et maire de Cotignac semble l’avoir compris. À l’issue des dernières inondations, il a déclaré : »Il fut un temps où on avait des orages et on avait des pluies qui duraient pendant deux ou trois jours d’une manière continue. Là, c’est subit. En 20 minutes, vous arrivez à des drames pareils. Il y a certainement des opérations, des constructions, des digues mises en place depuis des années, mais ce n’est pas suffisant. Et je crois que le réchauffement climatique joue là-dessus. Il faut quand même le reconnaître. Il faut le prendre très au sérieux. »

Il est tout de même désolant de constater qu’il faut qu’une catastrophe se produise dans sa région pour qu’un élu de la République prenne conscience de l’ampleur du réchauffement climatique, expression que je préfère à changement ou dérèglement climatique. Tous les climatologues s’accordent pour dire que la hausse des températures rendra les phénomènes extrêmes plus fréquents et plus violents. Les médias français y font parfois allusion, mais il faut savoir qu’en ce moment de tels événements se multiplient aux États Unis, avec leur cortège de victimes et de dégâts. Tennessee, Oklahoma, Alabama, Arkansas et Nebraska figurent parmi les états les plus impactés. Sans oublier l’Australie :

https://us.yahoo.com/news/one-dead-50-000-stranded-010853813.html

En France, le sud-ouest a également subi des déluges. Selon la préfecture du Lot-et-Garonne, il est tombé l’équivalent d’un mois de pluie en quelques heures. La ligne ferroviaire Bordeaux-Toulouse sera à l’arrêt pendant plusieurs jours.

La cause du réchauffement climatique est bien connue mais on ne fait pratiquement rien pour y remédier. Les concentrations de gaz à effet de serre continuent d’augmenter. Celles de CO2 en haut du Mauna Loa (Hawaï) atteignent en ce moment 430,60 ppm, ce qui est énorme. Elles avoisinaient 280 ppm avant la révolution industrielle. Il serait urgent d’en réduire les sources, en développant, par exemple le transport ferroviaire et fluvial, ce qui réduirait le nombre de camions sur nos routes. Actuellement, les véhicules électriques aux prix rédhibitoires sont un échec majeur. Il faudrait aussi encourager le développement des énergies renouvelables. Contrairement à ce qu’affirment certains, les réserves de pétrole dans le monde sont loin d’être épuisées et la fonte des glaces va en découvrir de nouvelles. Ce n’est pas demain que les événement climatiques extrêmes arrêteront de nous faire pleurer !

 

Exemple de dégâts au Lavandou (Source : France 3 Régions)

Nouvelle alerte sur la hausse de niveau des océans // New alert about sea level rise

Un article publié dans The Guardian le 20 mai 2025 revient sur l’une des principales conséquences du réchauffement climatique. Les scientifiques avertissent depuis longtemps que l’élévation du niveau de la mer deviendra ingérable avec seulement 1,5 °C de réchauffement climatique et entraînera une « migration intérieure catastrophique ». Une nouvelle étude menée par des chercheurs britanniques et publiée dans la revue Communications Earth and Environment prévient que ce scénario est susceptible de se produire, même si on garde le niveau moyen de réchauffement de la dernière décennie, soit 1,2 °C.
La fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique a quadruplé depuis les années 1990 en raison de la crise climatique et constitue désormais le principal facteur de l’élévation du niveau de la mer.
L’objectif de maintenir la hausse de la température de notre planète en dessous de 1,5 °C, défini par la COP 21 de Paris, est déjà quasiment hors d’atteinte. La nouvelle étude explique que même si les émissions de combustibles fossiles étaient rapidement réduites pour y parvenir, le niveau de la mer augmenterait d’un centimètre par an d’ici la fin du siècle, soit plus vite que la vitesse à laquelle les nations menacées pourraient construire des protections côtières.
Le monde est en route vers un réchauffement climatique de 2,5 °C à 2,9 °C, ce qui rendra inévitable la disparition des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique occidental. Il est bon de rappeler que la fonte totale de ces calottes glaciaires entraînerait une élévation de 12 mètres du niveau de la mer.
Aujourd’hui, environ 230 millions de personnes vivent à un mètre au-dessus du niveau de la mer, et un milliard à 10 mètres. Une élévation du niveau de la mer de seulement 20 centimètres d’ici 2050 entraînerait à l’échelle mondiale, à cause des inondations, des dégâts d’au moins 1 000 milliards de dollars par an dans les 136 plus grandes villes côtières du monde. Ces inondations auraient, bien sûr, des répercussions considérables sur la vie et les moyens de subsistance des populations.
L’élévation du niveau de la mer représente sur le long terme l’impact le plus important de la crise climatique, et les recherches menées ces dernières années ont montré qu’elle se produit beaucoup plus rapidement que prévu. La limite de 1,5 °C était considérée comme un moyen d’éviter les pires conséquences du réchauffement climatique, mais de nouvelles études montrent que ce n’est pas le cas pour l’élévation du niveau de la mer.
Les chercheurs expliquent que la température « limite de sécurité » pour les calottes glaciaires est difficile à estimer, mais qu’elle est probablement de 1°C ou moins. Une élévation du niveau de la mer d’au moins 1 à 2 mètres est désormais inévitable. Au Royaume-Uni, une simple élévation d’un mètre du niveau de la mer affecterait profondément de vastes zones des Fens et du Humberside. Cependant, les pays en développement comme le Bangladesh seraient beaucoup moins bien lotis que les pays riches, comme les Pays-Bas, qui ont l’expérience de la maîtrise des vagues.
La température moyenne de la planète a atteint 1,5 °C pour la première fois en 2024. Cependant, les climatologues prennent en compte une moyenne sur 20 ans et le seuil de 1,5°C n’est donc pas encore considéré comme dépassé.
Selon la nouvelle étude, même si l’humanité parvient à ramener la planète à sa température préindustrielle en éliminant le CO2 de l’atmosphère, il faudra encore des centaines, voire des milliers d’années, pour que les calottes glaciaires se reconstituent. Cela signifie que les terres perdues à cause de l’élévation du niveau de la mer le resteront pendant longtemps, peut-être jusqu’à ce que la Terre entre dans la prochaine période glaciaire. Les chercheurs citent l’exemple du Belize, qui a déplacé sa capitale vers l’intérieur des terres en 1970 après un ouragan dévastateur. Pourtant, sa plus grande ville se trouve toujours sur la côte et sera inondée si le niveau de la mer monte seulement d’un mètre. Un chercheur a déclaré : « De telles conclusions ne font que renforcer la nécessité de rester dans la limite de 1,5 °C fixée par l’accord de Paris afin de pouvoir revenir à des températures plus basses et protéger nos villes côtières.»
Source : The Guardian.

Photo: C. Grandpey

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An article published in The Guardian on May 20th, 2025 returns to one of the main consequences of global warming. Scientists have warned for a long time that sea level rise will become unmanageable at just 1.5°C of global heating and lead to “catastrophic inland migration.” A new study by British researchers, published in the journal Communications Earth and Environment, warns that this scenario may unfold even if the average level of heating over the last decade of 1.2°C continues into the future.

The loss of ice from the giant Greenland and Antarctic ice sheets has quadrupled since the 1990s due to the climate crisis and is now the principal driver of sea level rise.

The international target to keep global temperature rise below 1.5°C, defined by COP 21 in Paris, is already almost out of reach. The new study has found that even if fossil fuel emissions were rapidly slashed to meet it, sea levels would be rising by one centimeter a year by the end of the century, faster than the speed at which nations could build coastal defences.

The world is on track for 2.5°C-2.9°C of globalwarming, which would almost certainly be beyond tipping points for the collapse of the Greenland and west Antarctic ice sheets. The melting of those ice sheets would lead to 12 metres of sea level rise.

Today, about 230 million people live one metre above current sea level, and one billion live 10 metres above sea level. Even just 20 centimeters of sea level rise by 2050 would lead to global flood damages of at least $1tn a year for the world’s 136 largest coastal cities and huge impacts on people’s lives and livelihoods.

Sea level rise is the biggest long-term impact of the climate crisis, and research in recent years has shown it is occurring far faster than previously estimated. The 1.5°C limit was seen as way to avoid the worst consequences of global heating, but the new research shows this is not the case for sea level rise.

The researchers say the “safe limit” temperature for ice sheets is hard to estimate but is likely 1°C or lower. Sea level rise of at least 1-2 metres is now inevitable. In the UK, just one metre of sea level rise would see large parts of the Fens and Humberside below sea level. However, developing countries such as Bangladesh would fare far worse than rich ones with experience of holding back the waves, such as the Netherlands.

The average global temperature hit 1.5°C for the first time in 2024. But the international target is measured as the average over 20 years, so is not considered to have been broken yet.

According the the new study, even if humanity can bring the planet back to its preindustrial temperature by removing CO2 from the atmosphere, it will still take hundreds to thousands of years for the ice sheets to recover.. That means land lost to sea level rise will remain lost for a long time, perhaps until the Earth enters the next ice age.

The researchers give the example of Belize that moved its capital inland in 1970 after a devastating hurricane, but its largest city is still on the coast and will be inundated with only one metre of sea level rise. One researcher said : “Findings such as these only sharpen the need to remain within the 1.5°C Paris agreement limit, or as close as possible, so we can return to lower temperatures and protect our coastal cities.”

Source : The Guardian.

Prévision de l’activité éruptive par la couleur de la végétation // Prediction of eruptive activity by vegetation colour

En volcanologie, on sait que la modification des feuilles des arbres peut indiquer qu’un volcan montre des signes d’activité et risque d’entrer en éruption. Grâce à une nouvelle collaboration entre la NASA et la Smithsonian Institution, des scientifiques pensent désormais pouvoir détecter depuis l’espace les changements intervenus dans la végétation.
Lorsque le magma traverse la croûte terrestre, il libère du dioxyde de carbone et d’autres gaz qui remontent eux aussi à la surface. Les arbres qui absorbent ce dioxyde de carbone deviennent plus verts la végétation devient plus luxuriante. Ces changements sont visibles sur les images des satellites de la NASA, comme le Landsat 8, ainsi que sur celles des instruments à bord des vaisseaux spatiaux.
Dix pour cent de la population mondiale vit dans des zones exposées aux risques volcaniques. Il est impossible de prévoir les éruptions volcaniques. Il est donc essentiel de prendre en compte les premiers signes d’activité volcanique dans l’intérêt de la sécurité publique, en particulier aux États-Unis qui sont l’un des pays les plus volcaniques au monde.
Lorsque le magma remonte vers la surface avant une éruption, il libère des gaz, notamment du dioxyde de carbone (CO2) et du dioxyde de soufre (SO2). Les composés soufrés sont facilement détectables depuis l’espace. Cependant, les émissions de CO2 – qui précèdent celles de SO2 – et indiquent qu’un volcan est prêt à se réveiller, sont difficiles à détecter depuis l’espace.
La détection à distance du verdissement de la végétation par le dioxyde de carbone est susceptible d’offrir aux scientifiques un outil supplémentaire – en complément de la sismicité et du gonflement du sol – pour se faire une idée de ce qui se passe sous le volcan.
Les volcans émettent beaucoup de dioxyde de carbone, mais la quantité de CO2 déjà présente dans l’atmosphère est telle qu’il est souvent difficile de mesurer précisément celle d’origine volcanique. Si les éruptions majeures peuvent expulser suffisamment de dioxyde de carbone pour être mesurables depuis l’espace grâce à des capteurs comme l’Orbiting Carbon Observatory 2 de la NASA, la détection de ces signaux d’alerte pré-éruptive, beaucoup plus faibles, reste difficile.
De ce fait, les scientifiques doivent se rendre sur le terrain pour mesurer directement le dioxyde de carbone. Parmi les quelque 1 350 volcans potentiellement actifs dans le monde, beaucoup se trouvent dans des régions reculées ou sur des terrains montagneux difficiles d’accès. La surveillance du dioxyde de carbone sur ces sites est donc difficile, coûteuse et parfois dangereuse. C’est pourquoi des équipes de volcanologues se sont associées à des botanistes et à des climatologues pour observer les arbres afin de surveiller l’activité volcanique. De nombreux satellites peuvent être utilisés pour effectuer ce type d’analyse. Les scientifiques ont comparé les images recueillies par le Landsat 8, le satellite Terra de la NASA, le Sentinel-2 de l’Agence spatiale européenne et d’autres satellites d’observation de la Terre pour surveiller les arbres autour de l’Etna en Sicile. Les observations ont montré une forte corrélation entre la couleur des feuilles des arbres et le dioxyde de carbone généré par le magma.
La validation de l’imagerie satellitaire par les observations sur le terrain est un défi que certains climatologues relèvent en effectuant des relevés d’arbres autour des volcans. Lors de la mission Airborne Validation Unified Experiment: Land to Ocean de mars 2025 avec la NASA et la Smithsonian Institution, les scientifiques ont utilisé un spectromètre installé sur un avion pour analyser les couleurs de la végétation au Panama et au Costa Rica. Un groupe de chercheurs a collecté des échantillons de feuilles d’arbres près du volcan Rincon de la Vieja au Costa Rica tout en mesurant les niveaux de dioxyde de carbone. Ces travaux ont permis une interaction entre écologie et volcanologie. Les chercheurs s’intéressent non seulement à la réaction des arbres au dioxyde de carbone volcanique, un signe avant-coureur d’une éruption, mais aussi à la quantité que les arbres sont capables d’absorber, ce qui est une fenêtre sur l’avenir de la Terre lorsque tous les arbres de la planète seront exposés à des niveaux élevés de dioxyde de carbone.
Toutefois, l’utilisation des arbres comme indicateurs du dioxyde de carbone volcanique présente des limites. De nombreux volcans présentent des environnements où les arbres ne sont pas en nombre suffisant pour être photographiés par satellite. Dans certains environnements forestiers, les arbres réagissent différemment aux variations des niveaux de dioxyde de carbone. De plus, les incendies, les conditions météorologiques changeantes et les maladies des plantes peuvent compliquer l’interprétation des données satellitaires sur les gaz volcaniques.
Cependant, les observations du dioxyde de carbone d’origine volcanique présentent de nombreux avantages. Une équipe scientifique a modernisé le réseau de surveillance du volcan Mayon, aux Philippines, en y intégrant des capteurs de dioxyde de carbone et de dioxyde de soufre. En décembre 2017, des chercheurs philippins ont utilisé ce système pour détecter les signes d’une éruption imminente et ont conseillé des évacuations de la zone autour du volcan. Plus de 56 000 personnes ont été évacuées en toute sécurité avant le début d’une éruption majeure le 23 janvier 2018. Grâce aux alertes précoces, aucune victime n’a été à déplorer.
On peut donc conclure que l’utilisation des satellites pour surveiller les arbres autour des volcans peut permettre aux scientifiques d’avoir un aperçu plus précoce de l’activité volcanique.
Source : NASA.

Végétation en milieu volcanique en Nouvelle Zélande (Photo : C. Grandpey)

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Scientists know that changing tree leaves can indicate when a nearby volcano is becoming more active and might erupt. In a new collaboration between NASA and the Smithsonian Institution, scientists now believe they can detect these changes from space.

As volcanic magma ascends through the Earth’s crust, it releases carbon dioxide and other gases which rise to the surface. Trees that take up the carbon dioxide become greener and more lush. These changes are visible in images from NASA satellites such as Landsat 8, along with airborne instruments.

Ten percent of the world’s population lives in areas susceptible to volcanic hazards. There’s no way to prevent volcanic eruptions, which makes the early signs of volcanic activity crucial for public safety and the United States is one of the world’s most volcanically active countries.

When magma rises underground before an eruption, it releases gases, including carbon dioxide and sulfur dioxide. The sulfur compounds are readily detectable from orbit. But the volcanic carbon dioxide emissions that precede sulfur dioxide emissions – and provide one of the earliest indications that a volcano is no longer dormant – are difficult to distinguish from space.

The remote detection of carbon dioxide greening of vegetation potentially gives scientists another tool — along with seismic waves and changes in ground height—to get a clear idea of what’s going on underneath the volcano.

Volcanoes emit a lot of carbon dioxide, but thereis so much existing carbon dioxide in the atmosphere that it is often hard to measure the volcanic carbon dioxide specifically. While major eruptions can expel enough carbon dioxide to be measurable from space with sensors like NASA’s Orbiting Carbon Observatory 2, detecting these much fainter advanced warning signals has remained elusive.

Because of this, scientists must trek to volcanoes to measure carbon dioxide directly. However, many of the roughly 1,350 potentially active volcanoes worldwide are in remote locations or challenging mountainous terrain. That makes monitoring carbon dioxide at these sites labor-intensive, expensive, and sometimes dangerous.

This why seceral volcanologists have joined forces with botanists and climate scientists to look at trees to monitor volcanic activity. Plenty of satellites cen be used to do this kind of analysis. Scientists have compared images collected with Landsat 8, NASA’s Terra satellite, ESA’s (European Space Agency) Sentinel-2, and other Earth-observing satellites to monitor trees around Mount Etna in Sicily. They have shown a strong correlation between tree leaf color and magma-generated carbon dioxide.

Confirming accuracy on the ground that validates the satellite imagery is a challenge that some climate scientists are tackling with surveys of trees around volcanoes. During the March 2025 Airborne Validation Unified Experiment: Land to Ocean mission with NASA and the Smithsonian Institution, they deployed a spectrometer on a research plane to analyze the colors of plant life in Panama and Costa Rica. A group of investigators collected leaf samples from trees near the active Rincon de la Vieja volcano in Costa Rica while also measuring carbon dioxide levels. The research is a two-way interdisciplinary intersection between ecology and volcanology. The researchers are interested not only in tree responses to volcanic carbon dioxide as an early warning of eruption, but also in how much the trees are able to take up, as a window into the future of the Earth when all of Earth’s trees are exposed to high levels of carbon dioxide.

Relying on trees as proxies for volcanic carbon dioxide has its limitations. Many volcanoes display environments twith not enough trees for satellites to image. In some forested environments, trees respond differently to changing carbon dioxide levels. Moreover, fires, changing weather conditions, and plant diseases can complicate the interpretation of satellite data on volcanic gases.

However, volcanic carbon dioxide observations show many benefits. A scientific team upgraded the monitoring network at Mayon volcano in the Philippines to include carbon dioxide and sulfur dioxide sensors. In December 2017, government researchers in the Philippines used this system to detect signs of an impending eruption and advocated for mass evacuations of the area around the volcano. Over 56,000 people were safely evacuated before a massive eruption began on January 23, 2018. As a result of the early warnings, there were no casualties.

One can conclude that using satellites to monitor trees around volcanoes may give scientists earlier insights into volcanic activity.

Source : NASA.