Islande : Site éruptif toujours fermé et randonneurs en détresse // Iceland : Eruption site still closed and stranded hikers

En Islande, le site éruptif reste dans le brouillard sur les webcams. Il restera fermé aux visiteurs aujourd’hui 9 août 2022 en raison du mauvais temps. Les membres de la Protection Civile islandaise se réuniront à 8h30 le 10 août pour décider si le site peut être rouvert. Le tremor éruptif tend à montrer que l’éruption se déroule de manière stable.
Malgré la fermeture du site éruptif, deux groupes de touristes ont voulu se rendre dans la Meradalir mais ils ont dû être secourus. Les équipes ont passé la zone au peigne fin pour s’assurer qu’il n’y avait personne d’autre en rade. Ils ont malgré tout découvert plusieurs autres personnes qui ont été escortés jusqu’au parking.
Les deux groupes, une dizaine de personnes au total, s’étaient perdus sur le sentier vers le site de l’éruption. Il faut rappeler aux visiteurs que le parcours de 7 kilomètres n’est pas facile. Certaines des personnes secourues avaient entamé la randonnée mal préparées et avaient fait fi des conseils des équipes de secouristes sur place qui leur avaient conseillé de rebrousser chemin.

On pourrait ajouter que lorsque les conditions ne sont pas bonnes, avec beaucoup de brouillard, il est fortement conseillé d’emporter un GPS au cas où on se perdrait.
Source : Iceland Review.

En cliquant sur ce lien, vous trouverez une bonne vidéo de l’éruption de nuit :

https://youtu.be/fl7ob_C0V8I

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Dernière minute : Comme je l’ai déjà écrit, le site de l’éruption est fermé à tous les visiteurs le 9 août 2022 pour le troisième jour consécutif en raison des conditions météorologiques défavorables. Les autorités islandaises ont décidé ce même jour d’interdire aux enfants de moins de 12 ans l’accès au site de l’éruption dans la Meradalir.
Les équipes de secours en ont assez des visiteurs qui ne respectent pas la fermeture du site ou le visitent avec de jeunes enfants. Les enfants sont particulièrement vulnérables aux gaz toxiques sur les sites éruptifs car ils sont à la fois plus sensibles aux gaz et plus facilement exposés aux gaz lourds qui s’accumulent près du sol. De plus, le parcours vers l’éruption dans la Meradalir est long et difficile même pour les adultes bien entraînés.
Les équipes de secours sont venues en aide à un couple avec deux enfants en bas âge sur le site de l’éruption le 6 août. Les quatre personnes étaient sur le chemin du retour lorsqu’un guide touristique local les a rencontrés en pleine détresse. Les parents étaient épuisés et les enfants souffraient d’hypothermie. Le père a d’abord tenté de refuser de l’aide car il craignait d’être condamné à une amende ou à des frais d’assistance. Le guide a expliqué qu’il est de la responsabilité des Islandais de s’assurer que les visiteurs étrangers sont bien informés des conditions dans lesquelles ils s’engagent et que l’assistance des équipes de secours est toujours gratuite.
Il convient de rappeler aux visiteurs que le parcours jusqu’à l’éruption est d’environ 14 kilomètres aller-retour, avec un dénivelé important et un terrain difficile. La randonnée est donc fortement déconseillée aux personnes inexpérimentées ou mal préparées.
Source : médias d’information islandais.

 

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In Iceland, the eruptive site still cannot be seen on the webcams because of the fog. Itwill remain closed to visitors today August 9th, 2022 due to inclement weather. Authorities will meet at 8:30 am on August 10th to decide whether the site will be reopened. The eruptive ttremor tends to show that the eruption is going on in a stable way.

Despite the closure of the eruptive site, two groups travellers decided to Meradalir but had to be rescued . After the two groups were rescued, crews combed the area to ensure no others were there and found a few more individuals who were escorted down to the parking lot.

The two groups, around ten people in total, had got lost on their way to the eruption site. Visitors should be reminded that the 7-kilometer hike is not an easy one. Some of the people who were rescued had set off on the hike ill-prepared, despite being told to turn back by search and rescue volunteers who were on site. One could add that when conditions are not good, with a lot of fog, it is highly advisable to carry along a GPS in case one loses one’s way.

Source: Iceland Review.

By clicking on this link, you will find a good video of the eruption at night :

https://youtu.be/fl7ob_C0V8I

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Last minute : As I put it before, the eruption site is closed to all visitors on August 9th, 2022 for the third day in a row due to weather conditions. Icelandic authorities have decided on this same day to ban children under 12 years of age from visiting the ongoing eruption in Meradalir.

Search and rescue crews are fed up with visitors who do not respect closures or visit the site with young children, putting themselves in danger. Children are particularly vulnerable to gas poisoning at eruption sites as they are both more sensitive to the gases and more easily exposed to heavy gases that gather close to the ground. Furthermore, the hike to the Meradalir eruption is long and challenging even for experienced adults.

Search and rescue crews came to the assistance of a couple with two preschool-aged children at the eruption site on August 6th. The four were on their way back from the eruption, when a tour guide encountered them in distress. The parents were exhausted and the children suffering from hypothermia. The father initially tried to refuse help due to concerns that he would be fined or charged for the assistance. The local guide explained that it is the locals’ responsibility to ensure that foreign visitors are well-informed about the conditions they are setting out into, and that the assistance of search and rescue crews is always free.

Visitors should be reminded that the hike to the Meradalir eruption is around 14 kilometres round trip. The hike includes significant elevation as well as difficult terrain and is not for the inexperienced or those who are unprepared.

Source: Icelandic news media.

 Image webcam

 

L’éruption de 1200 du Hualalai (Hawaii) // The 1200 Hualalai eruption (Hawaii)

Le Mauna Loa et le Kilauea sont les volcans les plus actifs de l’île d’Hawaï. Cependant, il ne faudrait pas oublier le Hualalai qui est le troisième volcan le plus actif de l’île. Il domine les zones densément peuplées de Kailua-Kona et de la côte centrale de Kona.
Le Hualalai entre en éruption beaucoup moins souvent que ses voisins. Les éruptions sont séparées par des siècles, plutôt que des années ou des décennies, comme c’est le cas pour le Mauna Loa et la Kilauea. L’activité la plus récente du Hualalai est un essaim sismique en 1929, qui correspondait probablement à une intrusion magmatique dans le volcan. La dernière éruption s’est produite en 1800-1801 (voir ma note du 22 mars 2018). Les coulées de lave de 1800 à 1801 ont recouvert presque toute la zone correspondant aujourd’hui à l’aéroport international de Kona. Les prochaines éruptions de Hualalai pourraient donc constituer une menace directe pour Kailua-Kona et les localités environnantes.

Avant celle de 1800-1801, une éruption – récente à l’échelle géologique – du Hualalai a été celle de Wahapele. Elle a probablement eu lieu entre 1200 et 1400 après JC. On ne sait pas combien de temps a duré l’événement, mais si l’on se réfère à des éruptions similaires à Hawaii, il a probablement duré quelques semaines à quelques mois, mais probablement pas plus de quelques années.
La source de cette éruption était le cratère Wahapele, une bouche sur le flanc sud du Hualalai à 1 540 mètres d’altitude (voir la carte ci-dessous). L’éruption a commencé avec l’édification du cône de projections (spatter cone) de Wahapele. Il a atteint environ 700 mètres de diamètre avec une pente faible. Au cours de cette première phase, le volcan a émis quelques courtes coulées de lave a’a et pahoehoe.
L’éruption est ensuite devenue violente. Une partie du cône s’est effondrée. Cependant, contrairement à ce qui s’est passé pour le Pu’uO’o en 2018, l’effondrement du Wahapele a débouché sur une éruption phréatique, donc explosive. On ne sait pas combien de temps cette phase éruptive a duré, peut-être quelques jours ou plus. Une éruption similaire du Kilauea en 1924 a duré 18 jours. Ce que l’on sait, c’est que les fragments de roche éjectés au cours de cette phase ont couvert au moins 10 kilomètres carrés. Certains blocs mesuraient une cinquantaine de centimètres de diamètre. Des matériaux à grains plus fins ont également été émis par le volcan. La couche de dépôts avait par endroits une épaisseur de 3 mètres.
Après la phase explosive de l’éruption, un cône plus petit s’est formé dans le cône de la première phase. Ce nouveau cône mesurait environ 400 mètres de diamètre. Dans le même temps, une importante coulée de lave a’a s’est dirigée vers l’ouest, atteignant l’océan à environ 16 kilomètres de distance. À son point le plus large, la coulée mesurait un peu moins de 5 kilomètres de diamètre. Des plongées effectuées dans les années 1980 ont révélé que la coulée a avancé sur environ 2 kilomètres dans l’océan.
Sur terre, la zone occupée par la bouche éruptive et les coulées de lave de l’éruption du Wahapele occupe un peu plus de surface que l’éruption dans la Lower East Rift Zone du Kīlauea en 2018. C’est la troisième plus grande coulée émise par le Hualālai en termes de superficie.
Comparée au Kilauea et au Mauna Loa, l’activité volcanique du Hualalai demande une surveillance différente. En effet, la chambre magmatique du Hualalai se trouve à 20-30 km sous la surface. Elle est donc environ 10 fois plus profonde que les chambres magmatiques du Kilauea ou du Mauna Loa. Des chambres magmatiques aussi profondes provoquent rarement des déformations de surface. Il se pourrait donc qu’une éruption du Hualalai se produise sans beaucoup de signes avant-coureurs, comme un essaim sismique déclenché par l’ascension du magma vers la surface. L’éruption de 1800-01 montre que le magma peut se déplacer de la profondeur vers la surface en moins d’une journée. Bien qu’il s’agisse du pire scénario, il est bon de se tenir prêt à une telle éventualité. Pour le moment, le HVO n’enregistre aucun signe d’activité sur le Hualalai, mais l’Observatoire conseille aux habitants de s’abonner au Volcano Notification Service – service d’information volcanique – pour se tenir informés.
Source : HVO, USGS.

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Mauna Loa and Kilauea are the most active volcanoes on he Island of Hawaii. However, one should not forget Hualalai which is the island’s third-most active volcano. It underlies the most populated areas of Kailua-Kona and the central Kona coast.

Hualalai erupts much less often than its neighbours, with centuries rather than years or decades separating eruptions. The most recent documented activity was an earthquake swarm in 1929, which likely corresponded to an intrusion of magma into the volcano. Its most recent eruption occurred in 1800-01 (see my post of 22 March 2018). The erupted lava flows from 1800-01 underlie almost the entire Ellison Onizuka Kona International Airport. Future eruptions from Hualālai might pose a direct threat to Kailua-Kona and the surrounding communities.

Taking into account the geological timescale, nother recent Hualalai eruption was the Wahapele eruption, which likely occurred sometime between 1200 and 1400 AD. We do not know how long the event lasted, but based on similar eruptions in Hawaii, it probably lasted a few weeks to months, but probably not more than a few years.

The source of this eruption was Wahapele crater, a vent on the south flank of Hualalai at 1,540 meters elevation (see map below). The eruption started with the building of the Wahapele spatter cone. It grew to be about 700 meters across with a shallow slope. During this first phase there were a few short lava flows, both a’a and pahoehoe.

The eruption then turned violent. Part of the cone collapsed. However, unlike what happened at Pu’uO’o in 2018, the collapse at Wahapele led to an explosive phreatic eruption. It is unclear how long this phase of the eruption lasted ; it could have been a few days or longer. A similar eruption at Kilauea in 1924 lasted 18 days. What we do know is that rock fragments ejected during this phase covered at least 10 square kilometers. Some of the rock chunks were half a meter across. Finer grained material was also produced, and in places these deposits reached a thickness of 3 meters.

After the explosive phase of the eruption, a smaller cone was formed within the cone of the first phase. This new cone was about 400 meters across. At the same time, a large a’a flow headed west, reaching the ocean about 16 kilometers away. At its widest point, the flow was just under 5 kilometers across. Submersible dives in the 1980s suggest that this flow continued for about 2 kilometers into the ocean.

On land, the vent area and lava flows from the Wahapele eruption cover slightly more than Kīlauea’s 2018 Lower East Rift Zone eruption. It is the third largest known flowfor Hualālai in terms of area covered by the lava.

Compared to Kilauea and Mauna Loa, Hualalai poses a different challenge for monitoring volcanic activity. Hualalai’s magma chamber sits 20-30 km beneath the surface, about 10 times deeper than the magma chambers of Kilauea or Mauna Loa. Magma chambers this deep rarely cause surface deformation, so there might not be much warning prior to an eruption, like a seismic swarm triggered by magma moving to the surface. Evidence from the 1800-01 eruption suggests that magma can move from depth to the surface in less than a day. While this is a worst case scenario, it is good to be prepared. For the time being, HVO does not see any indication of volcanic unrest at Hualalai, but the Observatory encourages residents to subscribe to the Volcano Notification Service to stay informed.

Source : HVO, USGS.

Schéma montrant l’éruption du Hualalai en 1200 (Source: USGS)

En rouge l’éruption de 1200-1400 et en orage l’éruption de 1800-1801 (Source: USGS: HVO)

Le long de la route qui conduit au sommet du Hualalai (Photos: C. Grandpey)

Mayotte : Ici c’est la France!

Situé dans le canal du Mozambique et dans l’océan Indien. Mayotte est un archipel constitué de deux îles principales, Grande-Terre et Petite-Terre, et de plusieurs autres petites îles. À la suite du référendum de 2009, Mayotte est devenue département et région d’outre-mer (DROM), avec environ 280 000 habitants.

Mayotte a fait la Une des journaux en 2018 quand un volcan sous-marin a décidé de percer le plancher océanique au large de ses côtes. Accompagné d’une forte sismicité qui a traumatisé la population, l’éruption s’est accompagnée d’un basculement de l’archipel qui s’est enfoncé de 15 à 20 centimètres, suite à la vidange de la chambre magmatique. A côté de l’aléa volcanique, Mayotte doit également subir les effets du réchauffement climatique. La fonte de la banquise et des glaciers – que la plupart des Mahorais ne verront jamais – entraîne une hausse du niveau de l’océan.

Dans la série Sale temps pour la planète diffusée sur la 5, je vous recommande de regarder le reportage consacré à Mayotte. Il est intitulé « Mayotte, les défis d’un archipel« . Le texte de présentation du documentaire nous apprend que Mayotte perd parfois de son éclat. C’est le résultat des coulées de boue qui se déversent dans les eaux cristallines et asphyxient le corail, la barrière naturelle qui protège l’île. »

Les problèmes que je viens de mentionner inquiètent les scientifiques. Que fait le gouvernement français pour y remédier? Rien, ou très peu, même si Mayotte est un département comme les Alpes-Maritimes ou la Charente-Maritime. Ce qui se passe dans l’océan Indien pour le logement de la population, avec des bidonvilles à foison, ne serait pas toléré sur les côtes atlantique et méditerranéenne!.J’ai ressenti une réelle honte en visionnant le programme que vous trouverez à cette adresse :

https://www.france.tv/france-5/sale-temps-pour-la-planete/3658729-mayotte-les-defis-d-un-archipel.html