Le réchauffement climatique met à mal une capsule temporelle dans l’Arctique // Global warming causes problems to a time capsule in the Arctic

Depuis les années 1990, on assiste à une fonte accélérée de la banquise arctique sous les coups de boutoirs du réchauffement climatique. La glace de mer rétrécit comme peau de chagrin et sa perte de surface bat des records d’année en année. Les mesures du mois d’octobre 2020 montrent que la banquise a perdu 8,2% de sa superficie en seulement dix ans.

Au mois de novembre 2020, la presse a fait état d’un événement qui confirme la vitesse de fonte de la glace dans l’Arctique. Tout commence par un simple fait divers. Alors qu’ils se promenaient sur les plages du comté de Donegal (Irlande), deux surfeurs de la région ont découvert un objet pour le moins déconcertant. Il s’agissait d’un cylindre en acier qui, à première vue, ressemblait à une pièce perdue par un bateau. En y regardant mieux, ils ont découvert des inscriptions  rédigées en russe et ont tout d’abord cru qu’il s’agissait d’un engin explosif, mais à la vue de la date inscrite, ils en ont déduit qu’il pouvait s’agir des cendres d’un défunt. Ils ont donc décidé de ne pas ouvrir l’objet.

Les deux hommes ont demandé à un ami russe de leur traduire les inscriptions sur le cylindre. La traduction a révélé qu’il s’agissait en fait une capsule temporelle, autrement dit un concept qui consiste à enterrer des objets du présent pour qu’ils soient redécouverts plusieurs générations plus tard.

Les deux surfeurs se demandèrent d’où pouvait venir ce cylindre en acier.  Son origine se trouvait à bord du brise-glace russe  50 Let Pobedy (en russe : 50 лет Победы) – ou en français « les 50 ans de la Victoire » – où plusieurs explorateurs de l’Arctique avaient décidé d’emprisonner la capsule dans un de ces nombreux blocs de glace qui flottent à la surface de l’Océan Arctique. Le brise-glace nucléaire de la marine russe parcourt les mers du Nord depuis 2007. Il est capable d’embarquer jusqu’à 140 passagers – scientifiques et touristes – ainsi que 128 membres d’équipage à travers les eaux gelées de l’Arctique.

La capsule temporelle a été emprisonnée dans les glaces de l’Arctique en 2018 et elle a été retrouvée deux ans seulement après y avoir été déposée, alors que la majorité de l’équipage du brise-glace pensait la revoir d’ici 30 à 50 ans. Le réchauffement climatique en a décidé autrement ; la capsule a refait surface dans le nord-ouest de l’Irlande à plus de 3.800 kilomètres de sa cage de glace, seulement deux ans après y avoir été emprisonnée.

L’idée de départ pour les passagers du brise-glace russe était d’enfermer une capsule temporelle dans les glaces de l’Arctique pour les futures générations. À l’intérieur, ils avaient déposé des lettres, des cartes postales, des photos, signes d’un passé plus ou moins lointain. Parmi les objets présents dans la capsule, il y a une lettre rédigée en anglais et datée du 4 août 2018 ; elle rend compte de la situation de l’époque, « Devant nous, s’étend à perte de vue une étendue glacée. Lorsque la capsule sera retrouvée, cela voudra probablement dire qu’il n’y a plus de glace dans cette partie de l’Arctique« . Raté !

Source : Médias d’information français.

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Since the 1990s, there has been an accelerated melting of the Arctic sea ice under the blows of global warming. Sea ice is shrinking rapidly and its loss of surface is breaking records year after year. Measurements for October 2020 show that the sea ice has lost 8.2% of its area in just ten years.

In November 2020, the press reported on an event confirming the rate of ice melting in the Arctic. It all starts with a simple news item. While walking on the beaches of County Donegal (Ireland), two surfers from the region discovered a disconcerting object. It was a steel cylinder that, at first glance, looked like a piece of steel lost by a ship. Upon closer inspection, they discovered inscriptions written in Russian and at first believed that it was an explosive device, but seeing the date inscribed, they thought it could be an urn containing the ashes of a deceased. So they decided not to open the object.

The two men asked a Russian friend to translate the inscriptions on the cylinder for them. The translation revealed that it was, in fact, a time capsule, meaning a concept of burying objects in the present so that they can be rediscovered generations later.

The two surfers wondered where this steel cylinder could come from. Its origin was on board the Russian icebreaker 50 Let Pobedy (in Russian: 50 лет Победы) – or in French « 50 years of Victory » – where several Arctic explorers had decided to imprison the capsule in one of the many blocks of ice that float on the surface of the Arctic Ocean. The Russian Navy’s nuclear icebreaker has been traveling the northern seas since 2007. It is capable of carrying up to 140 passengers – scientists and tourists – as well as 128 crew members through the frozen waters of the Arctic.

The time capsule was trapped in the Arctic ice in 2018 and was found just two years after being dropped there, when the majority of the icebreaker crew believed to see it again within 30 to 50 years. years. Global warming has decided otherwise; the capsule resurfaced in northwestern Ireland more than 3,800 kilometres from its ice cage, just two years after being imprisoned there. The original idea for the passengers of the Russian icebreaker was to enclose a time capsule in the Arctic ice for future generations. Inside, they had left letters, postcards, photos, signs of a more or less distant past. Among the objects in the capsule, there is a letter written in English and dated August 4th, 2018; it describes the environment at the time, « Ahead of us lies an expanse of ice as far as the eye can see. When the capsule is found, it will probably mean that there is no more ice in this part of the Arctic « .

Source: French news media.

Le brise-glace russe (Source : Wikipedia)

Eruption du Kilauea : Et maintenant ? // Kilauea eruption : What next ?

Alors que l’éruption reste confinée (j’ai dit un gros mot ?) au fond du cratère de l’Halema’uma’u, on peut se demander comment elle va évoluer. Simple feu de paille ou événement de longue durée ?

Pour le moment, l’éruption se déroule de manière assez classique à Hawaii, même si les scientifiques du HVO n’avaient pas prévu que la lave percerait la surface aussi rapidement. Ils avaient détecté une certaine hausse de l’activité sismique et l’inflation du Kilauea était observée depuis plusieurs mois, mais il n’y avait rien de vraiment alarmant.

Le premier signe de l’éruption a été une lueur dans la nuit. Elle était provoquée par l’ouverture des trois fractures dans la paroi inférieure de l’Halema’uma’u. D’après les rapports du HVO, cette émission de lave n’était pas très intense, avec un seul épisode relativement modeste de fontaine de lave. Le HVO redoutait une éruption phréatomagmatique à cause de la présence de la pièce d’eau au fond du cratère. Apparemment, un tel événement explosif ne s’est pas produit. Il semble donc que l’ascension du magma ait été relativement lente et que la chaleur dégagée ait suffi a vaporiser l’eau du lac en douceur.

Que va-t-il se passer maintenant ? L’émission de lave sera-t-elle de courte durée ? Va-t-elle se poursuivre pendant des semaines ou des mois et alimenter un lac de lave de grande taille ? Le magma va-t-il trouver un réseau de fractures et se diriger à nouveau vers l’East Rift Zone ?

Autant de questions pour lesquelles nous n’avons pas de réponses. Tout dépendra de l’humeur de Madame Pélé….

Voici un bon document vidéo illustrant bien la situation actuelle sur le Kilauea :

https://youtu.be/oYy5-FeG53c

Quelle frustration de ne pas pouvoir aller assister au spectacle !

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17h30 (heure française) : Le jour va se lever à Hawaii en ce 22 décembre. Les images de la webcam thermique montrent que la lave continue à se déverser sur le plancher du cratère de l’Halema’uma’u, mais une seule fissure éruptive semble active. La fontaine de lave qui trahissait la pression des gaz a disparu. Est-ce à dire que l’alimentation est en train de s’épuiser ? Il est encore trop tôt pour le dire. On sait que l’alimentation du Kilauea connaît souvent des fluctuations. Affaire à suivre…

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While the eruption is still confined (did I say a bad word?) At the bottom of Halema’uma’u Crater, one may wonder what will happen next. A simple flash in the pan or a long-lasting event?

For now, the eruption is unfolding in a fairly conventional way in Hawaii, even though HVO scientists hadn’t predicted lava would break through the surface so quickly. They had detected some increase in seismic activity, and regular inflation had been observed for several months, but there was nothing really alarming.

The first sign of the eruption was a glow in the night. It was caused by the opening of the three fissures in the lower wall of Halema’uma’u Crater. According to HVO reports, this lava emission was not very intense, with only one relatively modest lava fountain episode. HVO feared a phreatomagmatic eruption because of the presence of the piece of water at the bottom of the crater. Apparently, such an explosive event did not happen. It seems that the rise of the magma was relatively slow, and the heat released was enough to gently vaporize the lake water.

What will happen now? Will the lava emission be short-lived? Will it go on for weeks or months and feed a large lava lake? Will magma find a network of fissures and head towards the East Rift Zone again? These are questions for which we have no answers. Everything will depend on Madame Pélé’s mood….

Here is a good video that illustrates perfectly the current situation on Kilauea Volcano:

https://youtu.be/oYy5-FeG53c

What frustration not to be allowed to go and watch the show!

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17:30 (French time) : Day will break in Hawaii on December 22nd. The thermal webcam images show lava continuing to pour onto the floor of Halema’uma’u Crater, but only one eruptive fissure seems to be active. The lava fountain that betrayed the gas pressure has disappeared. Does this mean that the feeding system is running out? It is still too early to tell. It is known that eruptions of Kilauea Volcano often fluctuate. To be continued …

Image de la webcam orientée vers le fond du cratère de l’Halema’uma’u (Source : HVO)

Image de la webcam thermique (Source : HVO)

Photo : C. Grandpey

Etna (Sicile) et Kilauea (Hawaii)

L’Etna (Sicile) semble reparti pour une série de « paroxysmes » dont il a le secret. Après celui qui a secoué le Cratère SE (CSE) dans la matinée du 21 décembre, une nouvelle séquence éruptive a débuté le 22 décembre vers 2h50 GMT, avec une forte augmentation de l’activité strombolienne dans au moins deux bouches. Cette activité a soudain évolué en une fontaine de lave qui a alimenté deux coulées. L’une s’est dirigée vers le sud-ouest en se ramifiant pour former deux branches. L’autre s’est dirigée vers l’est, à l’intérieur de la Valle del Bove. Du point de vue sismique, au moment de l’événement, le tremor a montré un pic identique à celui qui était apparu la veille.  Il a ensuite chuté à des valeurs normales.

Source : INGV.

Le dernier paroxysme vu par la webcam L.A.V.E.

Le tremor pendant les deux derniers épisodes éruptifs (Source : INGV)

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Dans le même temps, l’éruption du Kilauea (Hawaii) continue. Elle se concentre au fond du gouffre ouvert pendant l’éruption de 2018 dans le cratère de l’Halema’uma’u. Les webcams montrent que peu à peu un nouveau lac de lave est en train de se former.

Les scientifiques du HVO reconnaissent avoir été surpris par la rapidité du déclenchement de l’éruption. L’activité sismique sur le Kilauea avait certes montré une certaine hausse au cours des derniers jours, mais pas au point de voir la lave percer la surface du volcan!

L’éruption a lieu à l’intérieur du Parc National des Volcans d’Hawaï qui reste ouvert au public. Cependant, les autorités du parc demandent aux visiteurs d’être conscients que l’événement se déroule pendant la pandémie de Covid-19, et de se comporter de manière responsable, avec distanciation sociale et port de masque. Tous les secteurs du Parc ouverts avant le début de la nouvelle éruption restent accessibles. Les points de vue les plus intéressants pour observer la nouvelle éruption comprennent Wahinekapu (Steaming Bluff), Kilauea Overlook, Keanakāko’i, Waldron Ledge et d’autres points de vue le long de la Crater Rim Trail. Toutefois, Nahuku (Thurston Lava Tube) reste fermé en raison de la pandémie de Covid-19 car la distanciation sociale serait difficile à mettre en oeuve.

Le lac de lave au fond de l’Halema’uma’u (Source : webcam HVO)

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It looks as if Mt Etna has started a new series of « paroxysms. »  After the eruptive episode on the South-East Crater (SEC) of December 21st in the morning, a new eruption started on December 22nd at about 02:50 GMT with a strong increase n Strombolian activity in at least two vents. This activity was followed by a lava fountain that fed two flows. The former travelled SW, forming two branches. The latter moved toward the Valle del Bove. From a seismic point of view, the tremor displayed a strong spike at the time of the event, just like it did on December 21st. It later dropped to normal values.

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At the same time, the eruption of Kilauea continues. It is developing at the bottom of the chasm that opened during the 2018 eruption in Halema’uma’u Crater. The webcams show that a new lava lake is growing at the bottom of the crater.

HVO scientists admit they were surprised by how quickly the eruption started. Seismic activity on Kilauea had shown some increase in recent days, but they did not expect to see lava pierce the surface of the volcano!

The eruption is taking place within Hawaii Volcanoes National Park which remains open to the public. However, Park authorities ask visitors to be fully aware that we are in the middle of the COVID-19 pandemic and to recreate responsibly, maintain social distance and to wear a mask. All areas that were open in the park before the new eruption began remain open. Vantage points for viewing the new eruption include Wahinekapu (Steaming Bluff), Kilauea Overlook, Keanakāko’i, Waldron Ledge and other overlooks along Crater Rim Trail. However, Nahuku (Thurston Lava Tube) remains closed due to COVID-19 concerns.

Les éruptions de la Montagne Pelée (Martinique)

Comme je l’ai signalé sur ce blog, le 4 décembre 2020, suite à une intensification de l’activité sismique au cours des derniers mois, l’Observatoire Volcanologique et Sismologique de la Martinique (OVSM) a demandé à la Préfecture de la Martinique le placement de la Montagne Pelée en vigilance Jaune (niveau 3 sur une échelle de 5). Pendant le seul mois de septembre 2020, les instruments ont enregistré 51 secousses. A cela viennent s’ajouter des remontées de gaz. Malgré tout, une éruption n’est pas à l’ordre du jour dans le court terme.

Quand on évoque la Montagne Pelée, on pense avant tout à l’éruption majeure du 8 mai 1902 et ses dizaines de milliers de  victimes. Pourtant, l’histoire éruptive du volcan remonte bien avant cette date. C’est ce qu’a confirmé un article paru sur le site web de Martinique la 1ère.

– On peut lire que les archéologues ont retrouvé la trace d’une première éruption de la Montagne Pelée autour de 60 avant JC.

– L’éruption suivante, confirmée par les relevés géologiques, a eu lieu au 4ème siècle. On a retrouvé les dépôts de ponce produits par cet événement dans les villages amérindiens découverts au Lorrain ou à Basse Pointe.

Le volcan est ensuite entré dans une phase de repos d’un millier d’années.

– Une nouvelle éruption intervient vers l’année 1300. Elle entraîne une interruption dans le peuplement précolombien de la Martinique.

– Quand les colons français s’implantent, en 1635, les occupants légitimes de l’île évoquent une éruption qui aurait « pelé » les flancs de la montagne quelques décennies plus tôt. On trouve peut-être là l’origine du nom de Montagne Pelée. Toutefois, d’autres sources affirment que la Montagne Pelée ne doit pas son nom à la rareté de sa végétation. Les Amérindiens Kalinagos lui auraient donné ce nom par référence à Pélé, la déesse du feu. Ce peuple attribuait à la déesse aux cheveux de feu l’origine de l’activité volcanique.

Aujourd’hui, les Martiniquais parlent de la Montagne Pelée avec respect et crainte. C’est « la Grande Dame du Nord » ou « la Pelée. ».

– Deux éruptions phréatiques se produisent aux 18ème et 19ème siècles. La première, en 1792, génère quelques explosions qui n’affectent que la zone sommitale du volcan. Celle de 1851 est plus violente et provoque des retombées de cendres sur les villes du Prêcheur, du Morne Rouge et de Saint-Pierre.

– De nouveaux signes de réveil de la Montagne Pelée se produisent ensuite en 1889, avec l’apparition de fumerolles dans le cratère sommital de l’Étang Sec.

En 1900 et surtout au début de l’année 1902, on observe une intensification de l’activité fumerollienne  jusqu’au 23 avril 1902. C’est alors que se produit la première explosion phréatique, suivie d’autres avec d’abondantes retombées de cendres sur le flanc ouest du volcan.

– Le 5 mai 1902, le barrage naturel qui retient l’Etang Sec se rompt, ce qui provoque le déversement d’une vague de boue qui s’engouffre dans la vallée de la Rivière Blanche. Ce lahar engloutit la distillerie Guérin, située à l’embouchure de la rivière, et tue 23 personnes, les premières victimes de l’éruption.

Le 8 mai 1902, à 08h 02 du matin, une violente explosion se produit au sommet du volcan. La ville de Saint-Pierre, capitale culturelle et économique de la Martinique, est détruite en quelques minutes par des coulées pyroclastiques. Plus de 28 000 personnes sont tuées sur le coup.

7 nuées ardentes vont se succéder jusqu’au 30 août 1902. La dernière coulée pyroclastique détruit la ville du Morne Rouge, faisant 1000 victimes de plus.

L’éruption du 8 mai 1902 reste la plus meurtrière du 20ème siècle. Elle a donné son nom a un type éruptif, le type péléen. Les autorités ont compris que la Montagne Pelée devait être surveillée et l’Observatoire Volcanologique et Sismologique de la Martinique a été édifié. Depuis mars 2019, une structure ultramoderne, construite en contrebas de l’ancien observatoire du Morne des Cadets, surveille les humeurs du volcan.

– Une dernière manifestation éruptive intervient de 1929 à 1932. L’activité explosive ne génère toutefois aucune nuée ardente de type péléen.

Suite à cette éruption, la Montagne Pelée connaît une activité fumerollienne qui décline lentement. Les dernières fumerolles, localisées entre les deux dômes, disparaissent en 1970.

– Le 17 mai 2010, un lahar dévale la vallée de la rivière du Prêcheur. Il n’est toutefois pas en relation avec l’activité éruptive. C’est l’effondrement d’une falaise qui est à l’origine de cet événement. Les lahars ne sont pas rares à la Martinique, comme je l’ai expliqué dans une note publiée le 4 avril 2018.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2018/04/04/des-lahars-sur-la-montagne-pelee-martinique-lahars-on-montagne-pelee-martinique/

On ne saurait parler de la Montagne Pelée sans faire référence à Alfred Lacroix qui a étudié jusque dans le moindre détail l’éruption de 1902. Son ouvrage La Montagne Pelée et ses éruptions (1904) est une véritable bible pour les volcanologues.

La Montagne Pelée et Saint Pierre aujourd’hui

La Montagne Pelée vue depuis l’OVSM

(Photos : C. Grandpey)