Les Etats-Unis font le forcing au Groenland // The U.S. is putting pressure on Greenland

Souvenez-vous : en octobre 2019, le président Donald Trump a proposé d’acheter et d’annexer le Groenland ! Son offre a été rejetée par les autorités locales et danoises. L’idée a généré toutes sortes de moqueries et déclenché une vague d’inquiétude au Groenland.
En avril 2020, alors que la pandémie de coronavirus faisait rage et qu’une grande partie de l’Arctique était confinée, les États-Unis ont annoncé la plus importante initiative diplomatique au Groenland depuis des années. Tout d’abord, l’Agence américaine pour le développement international a dévoilé un programme d’aide de 12,1 millions de dollars à l’attention du Groenland. Quelques jours plus tard, le Département d’État a annoncé son intention d’ouvrir un consulat à Nuuk, la capitale groenlandaise, ce qui n’était pas arrivé depuis 1953.
Avec la hausse des températures et le changement climatique, la calotte glaciaire du Groenland connaît une fonte historique que l’administration Trump considère comme une opportunité stratégique pour rivaliser avec la présence militaire de plus en plus importante de la Russie dans l’Arctique et la poussée économique de la Chine dans la région.
Officiellement, l’aide de 12,1 millions de dollars a pour but de permettre le développement économique, en particulier l’énergie et les ressources naturelles, l’expansion des échanges éducatifs et le développement de l’industrie touristique au Groenland. Cependant, la manœuvre est à mettre en relation avec le conflit latent entre les États-Unis et la Chine. Les deux nations les plus puissantes du monde – mais aussi les deux plus gros pollueurs de la planète – rêvent de mettre le grappin sur une région où la glace fond rapidement et rend accessibles des minéraux, tout en permettant dans le même temps l’ouverture de nouvelles voies maritimes.
Contrairement à la Russie et à la Chine, l’approche américaine de l’Arctique est basée sur la transparence, la coopération et les valeurs démocratiques. Au contraire, la Russie affiche un comportement plutôt agressif et accentue sa présence militaire dans l’Arctique. .
Alors que la Chine n’a pas de présence physique dans l’Arctique, elle s’est déclarée « État proche de l’Arctique » en 2018 et a lancé son projet de « Route de la soie polaire » pour investir dans les ressources naturelles et les routes de navigation dans toute la région.
Les Etats-Unis, quant à eux, ont établi une présence militaire au Groenland pendant la Seconde Guerre mondiale. Peu de temps après que les nazis aient occupé le Danemark en avril 1940, les États-Unis ont envahi le Groenland pour préserver l’indépendance du territoire et empêcher les Allemands d’établir un poste avancé qui pourrait être utilisé pour ravitailler les bombardiers à destination des villes américaines. Les États-Unis ont proposé d’acheter le Groenland pour 100 millions de dollars-or après la guerre. Le Danemark a refusé et les États-Unis ont rendu le contrôle aux Danois, tout en conservant la base aérienne de Thulé qui est ainsi devenu l’avant-poste militaire américain le plus septentrional et une position stratégique clé au moment de la Guerre Froide.
La plupart des recherches au Groenland se concentrent sur sa calotte glaciaire et sa diminution avec le réchauffement climatique. Après l’hiver 2019-2020, la glace de mer de l’Arctique a atteint le niveau le plus bas jamais observé depuis 45 ans, selon les mesures effectuées par le National Snow and Ice Data Center.
Aucune partie des 12,1 millions de dollars n’est prévue pour la lutte contre la fonte de la banquise, mais les États-Unis continueront de financer la recherche dans ce domaine. La nouvelle aide financière permettra aux agences américaines de collaborer avec le ministère groenlandais des ressources minérales et le ministère de l’industrie, de l’énergie et de la recherche pour « développer les ressources naturelles de manière compétitive et transparente et éviter la corruption ou les mauvaises pratiques environnementales. »
Alors que cette aide financière a été saluée par le gouvernement groenlandais, elle a irrité certains législateurs danois qui ont toujours en mémoire les propos tenus par Trump en octobre 2019. Selon eux, une aide financière « est quelque chose qui s’adresse aux pays du tiers monde auxquels on fournit une aide pour leur développement. Mais le Groenland n’est pas un pays en voie de développement. C’est une démocratie occidentale. » Affaire à suivre….
Source: Presse américaine.

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Remember: in October 2019, President Donald Trump suggested buying and annexing Greenland! His offer was rebuffed by Greenlandic and Danish officials. The idea became the subject of international ridicule, but worried the autonomous Danish territory.

In April 2020, as the coronavirus pandemic raged and much of the Arctic remained in lockdown, the United States announced its biggest diplomatic expansion in Greenland in years. First, the U.S. Agency for International Development unveiled a new, $12.1 million aid package to Greenland. Days later, the State Department announced plans to open a consulate in the Greenlandic capital of Nuuk for the first time since 1953.

As the planet’s temperature rises and its climate change, Greenland’s ice sheet has seen historic melting which the Trump administration sees as an important strategic opportunity to rival with Russia’s growing military presence in the Arctic and China’s economic push into the region.

Officially, the $12.1 million assistance is dedicated to the economic development, focused in particular on energy and natural resources, expanding educational exchange, and boosting Greenland’s tourism industry. However, the manoeuvre is also part of a simmering conflict between the U.S. and China, the world’s two most powerful nations and biggest climate polluters, that dream of taking control of a region whose rapidly melting polar ice is putting previously inaccessible minerals in reach and opening new sea routes.

Unlike Russia and China, America’s vision for the Arctic is based on transparency, cooperation and democratic values. On the contrary, Russia is showing a rather aggressive behaviour and increased militarization in the Arctic.

While China has no physical presence in the Arctic, it declared itself a « near-Arctic state » in 2018 and launched its « Polar Silk Road’ plan to invest in natural resources an shipping routes throughout the region.

The U.S. established a military presence in Greenland during World War II. Shortly after the Nazis occupied Denmark in April 1940, the U.S.invaded Greenland to preserve the territory’s independence and keep the Germans from establishing a bulwark that could be used to refuel bombers headed for American cities. The U.S. offered to buy Greenland for $100 million in gold after the war. When Denmark refused, the U.S. returned control to the Danish, but held onto the Thule Air Base, transforming the northernmost American military outpost into a key node in its Cold War defence network.

Most research in Greenland is focused on its ice sheet and its historic destruction. After the 2019-2020 winter, Arctic sea ice reached one of its lowest maximum extents, according to the U.S. National Snow and Ice Data Center, in its 42-year satellite record.

No budget in the new aid package will specifically work to offset that melt, but the U.S. will continue to fund research projects across the island to study it. Instead, the new funding will allow U.S. agencies to work with the Greenlandic Ministry of Mineral Resources and Ministry of Industry, Energy, and Research to “develop its natural resources in a competitive and transparent way and ward off corruption or poor environmental practices.”

While the aid was welcomed by Greenland’s government, the offer has angered some Danish lawmakers, still bothered by Trump’s initial comments. Financial aid  “is something you say about third-world countries when you provide development aid. But Greenland is not a developing country. It is a Western democracracy » To be continued…

Source : American press.

Groenland: des ressources minières à foison!

Chaleur et humidité menaceront le monde // Heat and humidity will threaten the world

Les mises en garde concernant les périodes de chaleur extrême dans les prochaines décennies sont de plus en plus fréquentes. Dans un article publié le 9 mai 2020, je faisais référence à une étude publiée le 4 mai 2020 dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS). Les chercheurs expliquaient que si le réchauffement climatique se poursuit au rythme actuel, certaines parties du monde connaîtront des conditions «pratiquement invivables» et près de 3 milliards de personnes seront concernées.
Une nouvelle étude publiée dans la revue Science Advances prévient que les épisodes intolérables d’humidité et de chaleur extrêmes pouvant menacer la survie de l’homme sont en augmentation à travers le monde.
Les scientifiques ont identifié des milliers d’épisodes, non détectés jusqu’à présent, de ces conditions météorologiques mortelles associant chaleur et humidité dans certaines parties de l’Asie, de l’Afrique, de l’Australie, de l’Amérique du Sud et de l’Amérique du Nord, y compris plusieurs secteurs le long de la côte du Golfe du Mexique.
L’humidité est plus dangereuse que la chaleur sèche seule, car elle nuit à la transpiration, le système naturel de refroidissement du corps humain, indispensable à la vie.

Selon la dernière étude, le nombre d’événements potentiellement mortels associant humidité et chaleur a doublé entre 1979 et 2017 et continue à augmenter à la fois en fréquence et en intensité.
Aux États-Unis, la bordure côtière allant de l’est du Texas à la Panhandle de Floride a connu des conditions extrêmes des dizaines de fois. La Nouvelle-Orléans, Biloxi et le Mississippi, ont été les plus durement touchés.
Les épisodes les plus sévères de chaleur et d’humidité ont été observés le long du Golfe Persique, où la combinaison des deux phénomènes a dépassé à 14 reprises la limite théorique de survie humaine. Doha, la capitale du Qatar, où se tiendra la Coupe du monde en 2022, a été l’un des endroits où l’on a enregistré ces événements météorologiques potentiellement mortels.
Des études antérieures indiquaient qu’ils se produiraient dans plusieurs décennies, mais les dernières recherches montrent qu’ils ont lieu actuellement. Il est probable que la durée de ces événements augmentera et que les zones affectées seront de plus en plus vastes, en corrélation directe avec le réchauffement climatique.
Des études antérieures s’appuyaient sur la chaleur et l’humidité moyennes enregistrées sur plusieurs heures dans de grandes zones, tandis que la nouvelle étude analyse les données horaires de 7877 stations météorologiques, ce qui permet de localiser des événements brefs à des endroits bien précis.
Dans des conditions sèches, le corps évacue par transpiration l’excès de chaleur à travers la peau, et la sueur s’évapore ensuite. En revanche, l’humidité empêche l’évaporation et peut même l’arrêter complètement dans des conditions extrêmes. Si l’intérieur du corps entre en surchauffe, les organes peuvent rapidement commencer à défaillir et entraîner la mort en quelques heures.
Les météorologues mesurent l’effet de la chaleur / humidité sur une échelle centigrade dite «de bulbe humide», avec des degrés Fahrenheit aux États-Unis.
Les personnes les plus fortes et les mieux adaptées au climat ne peuvent pas effectuer d’activités de plein air classiques comme marcher ou faire des travaux une fois que la température de bulbe humide atteint 32°C, et la plupart des gens cessent leurs activités avant ce stade. En théorie, les humains ne peuvent pas survivre au-dessus d’une température de bulbe humide de 35°C, qui est le pic enregistré dans de petites régions d’Arabie saoudite, du Qatar et des Émirats Arabes Unis.
Des foyers de chaleur et d’humidité légèrement moins extrêmes mais plus fréquents ont été détectés en Inde, au Bangladesh et au Pakistan, dans le nord-ouest de l’Australie et dans les régions côtières le long de la Mer Rouge et du Golfe de Californie au Mexique.
La climatisation devrait aider à atténuer l’impact de cette chaleur et cette humidité dans les pays riches comme les États-Unis et le Qatar, mais des périodes d’utilisation excessives à l’intérieur des habitations pourraient avoir des conséquences économiques désastreuses. La climatisation n’est pas non plus une solution pour la plupart des habitants des pays pauvres où l’agriculture de subsistance reste prédominante.

Source: The Guardian.

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Warnings about periods of extreme heat in the coming decades are getting more and more frequent. In a post released on May 9th, 2020, I refered to a research published on May 4th, 2020 in the journal Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS). It explained that if global warming continues at the current rate, some parts of the world will have « nearly unlivable » conditions for up to 3 billion people.

A new study published in Science Advances warns us that intolerable bouts of extreme humidity and heat that could threaten human survival are on the rise across the world.

Scientists have identified thousands of previously undetected outbreaks of the deadly weather combination in parts of Asia, Africa, Australia, South America and North America, including several hotspots along the US Gulf coast.

Humidity is more dangerous than dry heat alone because it impairs sweating, the body’s life-saving natural cooling system.

The number of potentially fatal humidity and heat events doubled between 1979 and 2017, and are increasing in both frequency and intensity, according to the latest study.

In the US, the south-eastern coastal corner from eastern Texas to the Florida Panhandle experienced such extreme conditions dozens of times, with New Orleans and Biloxi, Mississippi the hardest hit.

The most extreme incidents occurred along the Persian Gulf, where the heat and humidity combination surpassed the theoretical human survivability limit on 14 occasions. Doha, the capital of Qatar, where the World Cup will be held in 2022, was among the places to suffer these potentially fatal weather events.

Previous studies projected that this would happen several decades from now, but the latest research shows it is happening right now. It is likely that the time these events last will increase, and the areas they affect will grow in direct correlation with global warming.

Earlier studies relied on average heat and humidity recorded over several hours in large areas, whereas the new study analysed hourly data from 7,877 individual weather stations, allowing them to pinpoint short, localized incidents.

In dry conditions, the body sweats out excess heat through the skin, where it then evaporates away. Humidity impedes evaporation, and can even halt it completely in extreme conditions. If the body’s core overheats, organs can quickly begin to fail and lead to death within hours.

Meteorologists measure the heat/humidity effect on the so-called “wet bulb” Centigrade scale, known as the “heat index”, or “real-feel” Fahrenheit readings in the US.

Even the strongest, well-adapted people cannot carry out ordinary outdoor activities like walking or digging once the wet bulb hits 32°C, though most would struggle well before that. In theory, humans cannot survive above 35°C on the wet bulb scale, which is the peak suffered in small areas of Saudi Arabia, Qatar and United Arab Emirates.

Slightly less extreme but more frequent outbreaks were detected across India, Bangladesh and Pakistan, north-western Australia, and coastal regions along the Red Sea and Mexico’s Gulf of California.

Air conditioning should help mitigate the impact for some people in rich countries such as the US and Qatar, but longer enforced periods indoors could have devastating economic consequences. Nor is air conditioning an option for most people in the poorer high-risk countries where subsistence farming remains common.

Source: The Guardian.

Répartition de la température maximale de bulbe humide de 1976-2005 (B), de 2071-2100 avec 2,25°C de réchauffement (C), de 2071-2100 avec 4,5°C de réchauffement (D). Une température de bulbe supérieure à 31°C est considérée comme extrêmement dangereuse ; une température de bulbe de plus de 35°C est mortelle en quelques heures. (Source : American Association for the Advancement of Science – AAAS)

Le « Polarstern » et l’expédition MOSAiC

L’expédition MOSAiC (Multidisciplinary drifting Observatory for the Study of Arctic Climate) n’a pas fait l’objet d’éditions spéciales dans les médias. C’est pourtant la plus importante jamais mise sur pied dans l’Arctique. Le 20 septembre 2019, le Polarstern – étoile polaire – navire amiral de l’Institut Alfred Wegener a levé l’ancre dans le port de Tromsø en Norvège, pour rejoindre le cœur de l’Océan Arctique et y faire des mesures scientifiques. La mission implique 600 chercheurs de dix-sept pays. Une fois sur place, le Polarstern s’est laissé emprisonner par les glaces et s’est laissé dériver vers le sud.

Le navire est parfaitement adapté à ce type d’expédition. C’est l’un des navires de recherche polaire doté des équipements les plus performants au monde. Le Polarstern est capable d’être opérationnel dans la banquise pendant l’hiver arctique grâce à sa coque en acier à double paroi et à 20000 chevaux. Il est capable de briser une glace de 1,50 mètre d’épaisseur et affronter une glace encore plus épaisse en progressant tel un bélier. Il peut supporter des températures jusqu’à -50°C. A côté des 50 membres de l’équipage, une cinquantaine de scientifiques effectue, dans le cadre de l’expédition MOSAiC, des recherches sur 5 principaux domaines d’intérêt (atmosphère, océan, glace de mer, écosystème, biogéochimie). De plus, le Polarstern dispose de divers véhicules (hélicoptères, motoneiges, etc.) à son bord, permettant aux chercheurs de prendre des mesures et de recueillir des données qui sont régulièrement enregistrées, sauvegardées et transmises grâce à un système informatique de pointe.

Selon son directeur, le but de l’expédition MOSAiC est de « mieux comprendre le système climatique arctique […] Se laisser piéger volontairement par les glaces est le seul moyen de […] faire des mesures pendant une année entière. »

L’équipe scientifique est renouvelée tous les deux mois ; les successeurs, acheminés par des brise-glace russes, chinois et suédois, assurent également une partie du ravitaillement.

Dès le début de la mission, les scientifiques ont profité des quelques heures de lumière quotidienne pour installer des laboratoires de recherche autonomes. Ces installations dérivent vers le sud, en même temps que le Polarstern, grâce au courant océanique transpolaire.

Cette expédition, inédite par son ampleur, est prévue depuis 2011. À l’époque, il est apparu aux chercheurs qu’il serait impossible de prédire l’évolution de la situation en Arctique sans faire des mesures précises toute l’année. Les scientifiques étudient la formation et la fonte de la banquise, la circulation de la chaleur dans l’océan, les dynamiques de l’écosystème marin, la relation complexe entre les nuages et l’atmosphère.

Par manque de données, les prévisions du GIEC sur l’Arctique sont très imprécises. Or, le pôle Nord se réchauffe quatre fois plus vite que la moyenne mondiale et ce qui s’y passe a une influence déterminante sur le climat mondial.

En septembre 2020, libéré des glaces, le Polarstern retournera en Allemagne et retrouvera Bremerhaven, son port d’attache.

Source : MOSAiC.

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The Multidisciplinary Drifting Observatory for the Study of Arctic Climate (MOSAiC) expedition has not been the subject of special media editions. It is, however, the largest ever organised in the Arctic. On September 20th, 2019, the Polarstern – polar star – flagship of the Alfred Wegener Institute weighed anchor in the port of Tromsø (Norway), to reach the heart of the Arctic Ocean and to make scientific measurements there. The mission involves 600 researchers from seventeen countries. Once there, the Polarstern got caught in the ice and drifted south.
The ship is perfectly suited to this type of expedition. It is one of the most efficient polar research vessels in the world. The Polarstern is capable of being operational in ice during the Arctic winter thanks to its double-walled steel hull and 20,000 horsepower. She is capable of breaking 1.50 meter thick ice and overcoming thicker ice by ramming. She can withstand temperatures down to -50°C. Alongside the 50 crew members, around fifty scientists are carrying out research on 5 main areas of interest (atmosphere, ocean, sea ice, ecosystem, biogeochemistry) as part of the MOSAiC expedition. In addition, the Polarstern has various vehicles (helicopters, snowmobiles, etc.) on board, allowing researchers to take measurements and collect data that is regularly recorded, saved and transmitted using an advanced computer system.
According to its leader, the goal of the MOSAiC expedition is to « better understand the Arctic climate system […] Being voluntarily trapped by the ice is the only way to […] measure for a whole year.  »
The scientific team is renewed every two months; successors, routed by Russian, Chinese and Swedish icebreakers, also provide part of the supply.
From the start of the mission, the scientists took advantage of the few hours of daily light to set up autonomous research laboratories. These installations drift south, at the same time as the Polarstern, thanks to the oceanic transpolar current.
This expedition, unprecedented in size, has been planned since 2011. At the time, it appeared to researchers that it would be impossible to predict the evolution of the situation in the Arctic without making precise measurements all year round. Scientists are studying the formation and melting of the icefield, the circulation of heat in the ocean, the dynamics of the marine ecosystem, the complex relationship between clouds and the atmosphere.
Due to a lack of data, the IPCC forecast for the Arctic is very imprecise. However, the North Pole is warming four times faster than the world average and what is happening there has a decisive influence on the global climate.
In September 2020, freed from the ice, the Polarstern will return to Germany and find Bremerhaven, her home port.
Source: MOSAiC.

Le Polarstern (Source: Alfred Wegener Institute)

Le recul glaciaire en Islande // Glacial retreat in Iceland

Le site Internet « Iceland Review » a publié le dernier numéro de la newsletter Melting Glaciers qui dresse un bilan de la situation glaciaire en Islande. Ce bulletin est le fruit d’une collaboration entre l’Icelandic Met Office, l’Institut des Sciences de la Terre de l’Université d’Islande, la Iceland Glaciological Society, le Southeast Iceland Nature Center et le parc national du Vatnajökull. Il est publié avec le soutien du Ministère Islandais de l’Environnement et des Ressources Naturelles.

Dans l’introduction de la newsletter, on peut lire que « les glaciers islandais reculent rapidement depuis un quart de siècle. Ce phénomène est l’une des conséquences les plus visibles du réchauffement climatique dans le pays. »

Voici quelques extraits de la newsletter:

Evolution des glaciers :
Depuis l’an 2000, la superficie des glaciers islandais a diminué d’environ. 800 km2 et elle a perdu près de 2200 km2 depuis la fin du 19ème siècle, époque les glaciers ont atteint leur extension maximale depuis la colonisation du pays au 9ème siècle. La surface des glaciers a en moyenne diminué d’environ. 40 km2 par an ces dernières années et les glaciers ont reculé de plusieurs dizaines de mètres en 2019. Le Hagafellsjökull, qui appartient à la calotte glaciaire du Langjökull, ainsi que le Síðujökull et le Tungnárjökull qui font partie de la calotte glaciaire du Vatnajökull, détiennent le record de recul pour 2019 avec 150 mètres de retrait au cours de cette seule année. Le glacier Breiðamerkurjökull, issu de la calotte glaciaire du Vatnajökull recule encore plus rapidement au moment de son vêlage dans le Jökulsárlón. Le recul du front de vêlage a atteint entre 150 et 400 mètres en 2019.

Lagon glaciaire du Jökulsárlón :
Le lagon glaciaire du Jökulsárlón montre à quel point le vêlage dans l’océan ou dans un lac peut être important pour le bilan massique des glaciers. Le Jökulsárlón a commencé à se former au milieu des années 1930. Les lagons situés devant le front des glaciers Breiðamerkurjökull, Jökulsárlón et Breiðárlón, ainsi que quelques lagons plus petits, présentent actuellement une superficie totale de plus de 30 km2. En moyenne, la surface de ces lagons glaciaires a augmenté de 0,5 à 1 km2 par an au cours des dernières années. Le glacier Breiðamerkurjökull recule et s’amincit en raison d’un bilan massique de surface négatif dû au réchauffement climatique, mais également en raison du vêlage dans le lagon du Jökulsárlón. Le vêlage représente actuellement environ un tiers de la perte de masse du Breiðamerkurjökull.

Rebond isostatique :
La fonte rapide des glaciers entraîne un soulèvement de la croûte terrestre en bordure de la glace en raison de la faible viscosité du manteau sous l’Islande. A Höfn, dans le Hornafjörður au sud-est de l’Islande, le sol se soulève actuellement d’environ 10 à 15 mm par an et la vitesse de soulèvement a considérablement varié au cours des deux dernières décennies en raison des fluctuations de perte de masse du glacier. La vitesse de soulèvement la plus importante a été observée sur la bordure ouest du Vatnajökull où elle atteint environ 40 mm par an.

Le Hoffellsjökull :
Le glacier Hoffellsjökull a reculé et s’est considérablement aminci depuis la fin du 19ème siècle, période où le glacier a atteint son extension maximale. La zone située à l’avant du Hoffellsjökull permet d’observer les effets géomorphologiques du retrait des glaciers. Le recul du glacier a conduit à la formation, devant sa partie frontale, d’un lac qui s’est agrandi rapidement depuis le début du 21ème siècle. La superficie du Hoffellsjökull a diminué d’environ. 40 km2 depuis la fin du 19ème siècle et de plus de 0,5 km2 par an au cours des dernières années.

Bilan massique des glaciers :
Le bilan massique des plus grands glaciers islandais est négatif depuis 1995, à l’exception de l’année 2015 où il est devenu positif pour la première fois en 20 ans. Le bilan massique en 2016 a de nouveau été négatif, avec une ampleur semblable à celle des années précédentes. Le bilan massique du Langjökull et de l’Hofsjökull a de nouveau été nouveau négatif en 2017, alors que le Vatnajökull a été pratiquement en équilibre. Ces trois calottes glaciaires ont été presque à l’équilibre en 2018. L’été 2019 a été chaud et le bilan massique des trois glaciers a été négatif. Ils ont perdu environ. 250 km3 de glace depuis 1995, ce qui correspond à environ 7% de leur volume total.

Bilan massique des glaciers islandais négatif en 2019 :
Les glaciers islandais ont reculé rapidement après le milieu des années 1990 en raison du réchauffement climatique. La perte de masse a été équivalente à environ 1 m d’eau par an en moyenne sur la période 1997-2010. Après 2010, certains étés ont été frais et humides, ce qui s’est reflété dans la perte de masse des glaciers. Pendant la période 2011-2018, elle se situait entre le tiers et la moitié de la moyenne des décennies précédentes. L’été 2019 a été chaud et ensoleillé. Par conséquent, l’ablation glaciaire a considérablement augmenté et la perte de masse a été équivalente à environ 1,5 m d’eau par an, ce qui est l’une des valeurs les plus élevées jamais enregistrées.

L’intégralité de la newsletter Melting Glaciers se trouve (en islandais et en anglais) à cette adresse:
https://www.vedur.is/media/loftslag/frettabref-joklar-newsletter-glaciers-iceland-2019-1-.pdf

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The “Iceland Review” website has released that latest issue of the newsletter Melting Glaciers which describes the situation of glaciers in Iceland. The newsletter is a collaborative effort between the Icelandic Met Office, the Institute of Earth Sciences at the University of Iceland, the Iceland Glaciological Society, the Southeast Iceland Nature Centre, and Vatnajökull National Park. It is published with support from the Icelandic Ministry for the Environment and Natural Resources.

In the introduction of the newsletter, one can read that “glaciers in Iceland have retreated rapidly for a quarter of a century, and glacier downwasting is one of the most obvious consequences of a warming climate in the country.”

Here are some excerpts from the newsletter :

Glacier changes.:

Since 2000, the area of Iceland’s glaciers has decreased by about. 800 km2 and by almost 2200 km2 since the end of the 19th century when the glaciers reached their maximum extent since the country’s settlement in the 9th century. The glacier area has on average shrunk by about. 40 km2 annually in recent years. Glaciers typically retreated by tens of metres in Hagafellsjökull in Langjökull ice cap and Síðujökull and Tungnárjökull in Vatnajökull ice cap hold the 2019 record, retreating by 150 m in this single year. The Breiða-merkurjökull outlet glacier of the Vatnajökull ice cap retreats even faster, where it calves into Jökulsárlón lagoon. The retreat of the calving front measured 150–400 m in 2019.

The Jökulsárlón glacier lagoon :

The Jökulsárlón glacier lagoon demonstrates how important calving into the ocean or terminal lakes can be for the mass balance of glaciers. Jökulsárlón lagoon started to form in the mid-1930s because of the retreat of the glacier. The lagoons by the terminus of Breiðamerkurjökull, Jökulsárlón and Breiðárlón, as well as some smaller lagoons, now have a combined area of over 30 km2. On average, the lagoons have grown by 0.5–1 km2 annually in recent years. The Breiðamerkurjökull glacier retreats and thins due to negative surface mass balance in a warming climate but also due to calving into Jökulsárlón lagoon. Calving currently causes about 1/3 of the mass loss of Breiðamerkurjökull.

Crustal movements :

Rapid melting of glaciers leads to crustal uplift near the ice margins because of the low viscosity of the mantle under Iceland. The land at Höfn in Hornafjörður in SE-Iceland currently rises by about 10–15 mm per year and the rate of uplift has varied substantially over the last two decades due to variations in the rate of mass loss of the glacier. The rate of uplift is even larger near the western margin of Vatnajökull where it has been measured at about 40 mm per year.

The Hoffellsjökull outlet glacier :

The Hoffellsjökull outlet glacier has retreated and thinned greatly since the end of the 19th century, when the glacier reached its maximum extent in recent times. The foreland of Hoffellsjökull provides unique opportunities to observe the geomorphological effects of glacier retreat. The retreat of the glacier has led to the formation of a terminus lake that has grown rapidly since the turn of the 21st century. The area of Hoffellsjökull has descreased by about 40 km2 since the end of the19th century and by more than 0.5 km2 annually in recent years.

Glacier mass balance :

The mass balance of the largest Icelandic glaciers has been negative since 1995, with the exception of the year 2015 when it became positive for the first time in 20 years. The mass balance in 2016 was again negative by a magnitude similar to that in previous years. The mass balance of Langjökull and Hofsjökull was again negative in 2017, whereas Vatnajökull was almost in balance. All three ice caps were near balance in 2018. The summer of 2019 was quite warm and the mass balance of all three ice caps was negative. The glaciers have lost about. 250 km3 of ice since 1995, which corresponds to about 7% of their total volume.

Mass balance of the Icelandic glaciers negative in 2019 :

Glaciers in Iceland retreated rapidly after the mid-1990s as a consequence of warming climate. The mass loss was about 1m water per year on average in the period 1997–2010. After 2010, some summers have been cool and wet and this is reflected in the glacier mass loss, which in the period 2011–2018 was on average only one-third to one-half of the average of the preceding one or two decades. The summer of 2019 was warm and sunny. Consequently, the glacier ablation increased substantially and the mass loss was measured as about 1.5 m water per year which is among the highest values on record.

The entire newsletter Melting Glaciers can be found (in Icelandic and in English) at this address :

https://www.vedur.is/media/loftslag/frettabref-joklar-newsletter-glaciers-iceland-2019-1-.pdf

Source : Wikipedia

Variations du  Breiðamerkurjökull au niveau du vêlage dans le lagon du Jökulsárlón

(Source : Glacier Melting)

Vêlage du Vatnajökull (Photo : C. Grandpey)