Une éruption de l’Asama (Japon) au 12ème siècle a-t-elle provoqué une famine en Europe ? // Did an eruption of Asama (Japan) in the 12th century trigger famine in Europe ?

Dans une note publiée le 27 juin 2020, j’écrivais que le volcan Okmok en Alaska avait peut-être contribué à l’avènement de l’Empire Romain, suite à de mauvaises récoltes, la famine et des maladies qui ont exacerbé l’agitation sociale à cette époque. J’ai également évoqué l’éruption du Laki en Islande qui, de la même manière, a pu contribuer au déclenchement de la Révolution Française de 1789
Un article sur l’excellent site Web The Watchers nous apprend que l’éruption du volcan Asama au Japon en 1108 a probablement provoqué un événement météorologique extrême qui aurait déclenché une grave famine en Europe. C’est la conclusion d’une nouvelle étude basée sur l’analyse des carottes extraites de la glace du Groenland et confirmée par d’autres carottes de glace prélevées en Antarctique.
Lorsqu’une éruption volcanique majeure se produit, des gaz comme le dioxyde de soufre (SO2) sont rejetés en même temps que la cendre dans l’atmosphère, parfois jusque dans la stratosphère. Ces gaz bloquent la lumière du soleil, ce qui peut affecter le climat pendant plusieurs mois. On a observé ce phénomène lors de l’éruption du Pinatubo (Philippines) en 1991.
Vers le 12ème siècle, l’Europe a connu des anomalies climatiques, telles que des étés froids consécutifs et des périodes de fortes pluies. On a longtemps pensé que ces événements étaient provoqués par l’éruption de l’Hekla (Islande) en 1104. Les travaux des chercheurs ont été compliqués car les carottes de glace indiquaient la survenue de plusieurs éruptions volcaniques de source inconnue, étroitement espacées, entre 1108 et 1110.

Cependant, les chercheurs ont constaté que l’augmentation des dépôts de sulfates d’origine volcanique se concentrait essentiellement entre 1108 et 1113, ce qui ne correspondait pas à l’éruption de l’Hekla.

Par la suite, ils ont mis la main sur un document décrivant l’éruption de l’Asama au Japon en 1108. Selon un journal intimel écrit par un noble vivant à la cour impériale japonaise à la fin de la période Heian, l’Asama est entré en éruption le 29 août 1108. On peut lire dans le journal que les rizières et les champs ne pouvaient plus être cultivés car une épaisse couche de cendre les avait recouverts. Les auteurs de l’étude ont conclu que le dépôt de sulfates dans les carottes de glace au Groenland provenait très probablement de l’éruption d’Asama cette année-là.
Référence de l’étude: « Impacts climatiques et sociétaux d’un cluster » oublié « d’éruptions volcaniques en 1108-1110 CE » – Guillet, S. et al. – Rapports scientifiques – https://doi.org/10.1038/s41598-020-63339-3

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In a post released on June 27th, 2020, I wrote that Okmok volcano in Alaska may have helped the rise of the Roman Empire with crop failures, famine and disease that exacerbated social unrest. I also mentioned the Laki eruption in Iceland which, in the same way, may have contributed to triggering the French Revolution of 1789

Reading an article on the excellent website The Watchers, we learn that the eruption of Japan’s Asama volcano in the year 1108 may have led to an extreme weather event that triggered severe famine in Europe. This is the conclusion of a new study is based on the analysis of ice cores extracted from glaciers in Greenland and confirmed by more ice cores from Antarctica.

When a major volcanic eruption occurs, gases like sulfur dioxide (SO2) are being released together with the ash into the atmosphere, sometimes as high as the stratosphere These gases block out the sunlight and may affect the climate for several months. This is what happened with the Pinatubo eruption (Philippines) in 1991.

Around the 12th century, Europe was plagued with climate anomalies, such as consecutive cold summers and torrential rains. These events were previously believed to have been caused by the eruption of Hekla (Iceland) in 1104. The researchers work mas made all the more difficult as the analysis of ice core records points to the occurrence of several closely spaced volcanic eruptions between 1108 and 1110 CE. The sources of these eruptions remain unknown

However, the researchers found that the increased volcanic sulfate deposition took place between 1108 and 1113, which did not correspond with the eruption of Hekla. They later found a document describing the eruption of Japan’s Mount Asama in 1108.

According to a journal written by a court noble in the late Heian Period, Asama erupted on August 29th, 1108. One can read in the diary that rice paddies and fields could not be farmed afterward because a thick layer of ash engulfed the fields.

The authors of the study concluded that the sulfate deposition in the ice cores in Greenland could have been formed by the Asama eruption that year.

Reference of the study : « Climatic and societal impacts of a “forgotten” cluster of volcanic eruptions in 1108-1110 CE » – Guillet, S. et al. – Scientific Reports – https://doi.org/10.1038/s41598-020-63339-3

Vue du volcan Asama (Crédit photo : Wikipedia)

L’Islande lutte contre le CO2 // Iceland is fighting against CO2

Alors que la France aura bien du mal à tenir ses engagements climatiques, l’Islande est en train de prendre la tête des pays qui font des efforts pour réduire leurs émissions de CO2, l’un des principaux gaz à effet de serre qui contribuent au réchauffement de notre planète.

Dans des articles publiés le 15 novembre 2017 et le 23 juin 2019, j’expliquais que l’Islande pourrait être le bon endroit pour stocker dans le sol l’excès de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère. C’est actuellement l’objectif du projet CarbFix qui vise à capter ce gaz et à l’enfouir dans le substrat rocheux de nature basaltique.

Un article publié ces derniers jours sur le site Iceland Review nous apprend qu’une nouvelle technologie destinée à la production d’aluminium offre l’espoir d’éliminer les émissions de CO2 de la production. La société Arctus Metals, en coopération avec le Centre d’Innovation Islandais, a réussi à produire de l’aluminium avec ce nouveau procédé qui émet de l’oxygène au lieu du CO2.
L’élément clé de cette technologie est l’utilisation de plusieurs anodes verticales en alliage métallique inerte et de cathodes en céramique, au lieu d’électrodes en carbone. Cette innovation pourrait éliminer les émissions de CO2 des fonderies d’aluminium en Islande et dans d’autres pays.
Les trois fonderies d’aluminium islandaises produisent plus de 800 000 tonnes d’aluminium par an et émettent plus de 1,6 million de tonnes de CO2 dans le même temps. Si toutes les fonderies d’aluminium islandaises adoptaient cette nouvelle technologie, les émissions de CO2 seraient réduites de 30%, ce qui permettrait au pays de remplir les obligations internationales du pays en matière d’émissions de gaz à effet de serre.
En utilisant la nouvelle technologie mise au point par Arctus Metals, une fonderie d’aluminium de la taille de celle du groupe Rio Tinto à Straumsvík dans le sud-ouest de l’Islande produirait autant d’oxygène qu’une forêt de 500 kilomètres carrés.

Un accord de coopération a été signé avec la société allemande Trimet Aluminium, l’un des plus grands producteurs mondiaux d’aluminium, qui poursuivra le processus de développement et prévoit d’adapter la production de ses quatre fonderies à cette nouvelle technologie.
Source : Iceland Review.

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While France will find it difficult to meet its climate commintents, Iceland is currently leading the world in its efforts to reduce the emissions of CO2, one of the main greenhouse gases that contribute to global warming.

In posts released on 15 November 2017 and 23 June 2019, I explained that this country could be the right place to store in the ground the excess of carbon dioxide (CO2) in the atmosphere. It is the goal of the CarbFix project which intends to capture that gas and stick it back into basalt bedrock.

A recent article on the website Iceland Review explains that a new Icelandic technology intended for aluminum production offers hopes of eliminating CO2 emissions from the production. The company Arctus Metals, in cooperation with Innovation Center Iceland, has successfully produced aluminum with this new process which emits oxygen instead of creating CO2.

The main part of the innovation consists of using multiple, vertical inert metal-alloy anodes and ceramic cathodes, instead of using electrodes made of carbon. This innovation could potentially eliminate CO2 emissions from aluminum smelters in Iceland and elsewhere.

Iceland’s three aluminum smelters produce more than 800,000 tons of aluminum a year and emit more than 1.6 million tons of CO2 a year. Their emissions make up 30 percent of Iceland’s total CO2 emissions.

If all our aluminum smelters adopted this new technology, Iceland’s CO2 emissions would be reduced by 30 percent, enabling us to fulfill the country’s international obligations and more.

Using the new Arctus Metals method, an aluminum smelter the size of Rio Tinto’s in Straumsvík in Southwest Iceland would produce as much oxygen as a forest covering 500 square kilometers.

A cooperation agreement has been signed with the German company Trimet Aluminum, one of the world’s largest producers of aluminum, which will continue the development process and is planning to eventually convert production in their four smelters to this method.

Source: Iceland Review.

Fonderie du groupe Rio Tinto de Straumsvík, dans le sud-ouest de l’Islande (Crédit photo: Iceland Review).

Nuages de particules et sargasses envahissent la Caraïbe

Il était annoncé par différentes agences météorologiques de la planète et il est arrivé. Connu sous l’appellation Saharan Air Layer (SAL), un épais nuage de particules fines en provenance du Sahara s’est étiré sur plus de 8 000 kilomètres au-dessus de l’Atlantique avant d’envelopper de son voile toute la Caraïbe. Il a atteint Porto Rico le 22 juin, avec une visibilité de seulement 5 km, et le continent nord-américain le 26 juin. On estime à environ 1500 mètres l’épaisseur du nuage.

Ce n’est pas la première fois que le phénomène est observé. La population locale explique qu’il se produit depuis trois décennies, mais cette année, c’est probablement le nuage le plus dense de tous les temps. Inutile de dire qu’à la Martinique la Montagne Pelée est invisible et on distingue à peine le rocher de Diamant au sud de l’île.

Le problème, c’est que ces nuages, composés de sable à l’origine, se nourrissent aussi de poussières en suspension venant d’Europe après avoir traversé la Méditerranée. En conséquence, les particules contiennent également des produits polluants qui provoquent des troubles respiratoires et toutes sortes de gênes, même chez les personnes ne souffrant pas forcément de tels problèmes. Le niveau de qualité de l’air à la Martinique n’a jamais été aussi bas.

Ce nuage de particules fines est à mettre en relation avec un autre phénomène naturel : la prolifération des bancs de sargasses qui a fait l’objet de plusieurs notes sur ce blog. Ces radeaux constitués d’algues brunes s’échouent sur les littoraux des îles situées entre Barbade et Guadeloupe. En se décomposant sur le rivage, les sargasses émettent de l’hydrogène sulfuré (H2S) qui pose des problèmes sanitaires à la population locale.

Les scientifiques s’accordent pour dire que les nuages de particules et les bancs de sargasses sont provoqués par les activités humaines. Les particules fines contenues dans la brume de sable contiennent des nutriments issus de l’agriculture intensive. Ces nutriments tombent dans la mer et deviennent une denrée précieuse pour les sargasses. Elles se reproduisent alors à grande vitesse et envahissent l’archipel caraïbe.

Source : Presse locale.

Vue satellitaire du nuage de particules

Sargasses à la Martinique (Photo : C. Grandpey)

Les volcans de vos vacances…

Voici quelques informations – la liste n’est pas exhaustive – sur les destinations volcaniques les plus visitées par les touristes pendant l’été. Il est bien évident qu’en 2020 les déplacements dépendront de la situation sanitaire dans le monde et des autorisations d’entrée dans les pays concernés.

En Europe, on pourra se rendre en Islande avec ses phénomènes hydrothermaux et ses superbes paysages. La crise sismique en cours dans la Zone de fracture de Tjörnes semble s’atténuer.

Plus au sud, le volcan sous-glaciaire Grimsvötn a montré des signes de réveil ces dernières semaines, mais aucune activité éruptive n’a été observée. Si une éruption devait se produire, elle déclencherait très probablement des inondations glaciaires (jokulhlaups en islandais) avec des restrictions de circulation, en particulier sur la Route n°1 au sud de l’île.

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Beaucoup de volcanophiles auront envie de se rendre en Sicile où l’activité est en ce moment relativement faible, que ce soit sur l’Etna ou le Stromboli.

Aucune anomalie thermique n’a été détectée sur l’Etna où l’activité éruptive observée au printemps dans les différents cratères s’est donc considérablement réduite.

Sur le Stromboli, on recense chaque heure une dizaine d’explosions stromboliennes de faible à moyenne intensité.

La visite de la zone sommitale de ces deux volcans ne peut se faire qu’avec les guides. S’agissant du Stromboli, l’accès ne pouvait se faire que jusqu’à l’altitude 400 mètres ces dernières semaines. Se renseigner auprès du bureau des guides pour la situation du moment.

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Sur l’île de la Réunion, on observe une reprise de la sismicité et de l’inflation sur le Piton de la Fournaise, mais il n’y a pas d’éruption en ce moment. Vous pourrez admirer la superbe vue sur le volcan depuis le Pas de Bellecombe. Les plus courageux pourront emprunter le sentier qui conduit jusque sur la lèvre du Cratère Dolomieu. Le trajet est un peu long mais ne présente pas de difficultés techniques. Bien suivre les marques blanches au sol et surtout ne pas s’en éloigner en cas de brouillard.

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Impossible de dire aujourd’hui si toutes les liaisons aériennes seront assurées avec l’Amérique

Il n’y a pas de vols pour les Etats-Unis en ce moment. L’épidémie de covid-19 reste très présente dans de nombreux Etats, y compris Hawaii où aucune activité éruptive n’est observée.

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Au Mexique, le Popocatepetl montre son activité habituelle d’émissions de vapeur, ponctuées d’explosions de cendre quand la pression des gaz pulvérise le dôme à l’intérieur du cratère. Il est fortement déconseillé de s’approcher de la zone sommitale à cause du risque de projections. Des touristes se sont déjà fait tuer. De plus le CENAPED demande d’éviter les ravines où des coulées de boue peuvent survenir en cas de fortes pluies.

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Au Guatemala, on observe une petite activité strombolienne au sommet du Pacaya et une coulée de lave d’environ 200 m sur le flanc sud.

Le Fuego reste très actif avec des explosions parfois très fortes dans le cratère. Des avalanches de matériaux peuvent emprunter plusieurs ravines.

L’approche de ces deux volcans est fortement déconseillée par la CONRED, la Coordination nationale pour la prévention des catastrophes au Guatemala.

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En Ethiopie, les images satellitaires montrent que le lac de lave est probablement réapparu dans le cratère sud de l’Erta Ale, mais cette information demande confirmation.

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En Indonésie, le Krakatau est en niveau d’alerte 2. On observe des émissions de vapeur. Il est demandé au public de respecter le rayon de 2 km de sécurité autour du cratère.

Des explosions secouent ponctuellement le dôme de lave dans le cratère du Merapi, en déclenchant des coulées pyroclastiques. Il est demandé de respecter la zone d’exclusion de 3 km ;

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Rien de significatif à signaler sur les volcans du Kamchatka où des explosions peuvent se produire à tout moment et sans prévenir, en particulier sur le Karymsky, le Bezymianny, le Sheveluch et le Klyuchevskoy.

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En Nouvelle Zélande, l’accès à White Island reste interdit, mais on peut visiter les zones hydrothermales de l’Ile du Nord et parcourir le célèbre et magnifique Tongariro Crossing.

(Photos : C. Grandpey)

Une éruption de l’Okmok (Alaska) a-t-elle contribué à l’avènement de l’Empire Romain? // Did an eruption of Okmok (Alaska) help the rise of the Roman Empire?

Plusieurs organes de presse internationaux nous apprennent que des chercheurs du Desert Research Institute de Reno (Nevada) ont identifié un volcan d’Alaska dont l’éruption a peut-être contribué à l’avènement de l’Empire Romain. Leur étude a été publiée le 22 juin 2020 dans les Proceedings of the National Academy of Sciences.
Dans les années qui ont suivi l’assassinat de Jules César en l’an 44 avant notre ère, les récits historiques décrivent un froid inhabituel, des pénuries alimentaires, des maladies et une période de famine qui auraient accompagné ce moment charnière de l’histoire occidentale.
Les historiens ont longtemps pensé que cette météo exécrable pouvait être liée à une éruption volcanique, mais ils n’en avaient pas la preuve et n’étaient pas en mesure de déterminer où et quand elle s’était produite, ni avec quelle ampleur.
Après avoir analysé les cendres piégées dans des carottes de glace prélevées au Groenland et en Russie, un groupe de scientifiques et d’historiens pense maintenant que le volcan Okmok (Alaska), qui est entré en éruption en l’an 43 avant notre ère, est le coupable de cette situation. La puissante éruption a creusé un cratère de 10 kilomètres de diamètre. Le volcan se trouve sur l’île d’Umnak dans la chaîne des Aléoutiennes: il est toujours en activité aujourd’hui. Il s’est manifesté pour la dernière fois en 2008.
L’assassinat de César par les sénateurs romains a déclenché une lutte pour le pouvoir qui a mis fin à la République romaine, avec le passage d’une gouvernance démocratique à la dictature de l’Empire Romain. Cet événement a également conduit à la chute du royaume ptolémaïque en Egypte qui s’est trouvée sous la domination romaine.
L’étude scientifique nous explique que les mauvaises récoltes, la famine et les maladies résultant de l’éruption ont probablement exacerbé l’agitation sociale et contribué aux chamboulements politiques. [Note personnelle : une influence semblable d’une éruption volcanique a été observée lors de celle du Laki (Islande) qui a peut-être contribué à déclencher la Révolution française de 1789.]
Dans le cas de l’avènement de l’Empire Romain, l’équipe scientifique a analysé des tephra bien conservés, piégés dans les carottes de glace de l’Arctique pour mettre en relation la période de mauvaises conditions climatiques en Méditerranée et la puissante éruption du volcan Okmok. Les chercheurs ont comparé l’empreinte chimique laissée par les tephra trouvés dans la glace à ceux projetés par d’autres volcans en éruption à cette époque. Il ne faisait aucun doute que la source des retombées de l’an 43 était le volcan Okmok. Les chercheurs ont également identifié une éruption de l’Etna (Sicile) en l’an 44 avant notre ère, mais elle était moins forte et plus limitée en retombées que celle de l’Okmok.
L’éruption d’Okmok a produit des retombées volcaniques qui ont duré deux ans et abaissé la température dans l’hémisphère nord de parfois 7°C. La chute de température est visible sur les cernes d’arbres en Scandinavie et en Autriche. Un pin bristlecone dans les White Mountains de Californie montre un anneau de gel qui révèle des températures inférieures à 0°C au début du mois de septembre 43 avant notre ère. De même, les données climatiques fournies par des grottes en Chine montrent une baisse de température au cours des trois années qui ont suivi l’éruption. Les modèles réalisés par les chercheurs montrent que le temps était probablement beaucoup plus humide que la normale au cours de l’été et de l’automne qui ont suivi l’éruption de l’Okmok. Dans la région méditerranéenne, ces conditions humides et extrêmement froides ont probablement réduit les rendements des cultures et entraîné des problèmes d’approvisionnement pendant les bouleversements politiques qui ont eu lieu au cours de cette période.
Les chercheurs ont déclaré que cette éruption d’Okmok pourrait permettre d’expliquer des phénomènes inhabituels décrits dans les semaines qui ont suivi la mort de César et qui ont été décrits par des auteurs comme Virgile: des halos solaires, le soleil s’assombrissant dans le ciel ou trois soleils apparaissant dans le ciel. A l’époque, ces phénomènes ont été interprétés comme des mauvais présages.
Source: KESQ-TV.

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Several international news media inform us that researchers at the Desert Research Institute in Reno, Nevada, have identified an Alaskan volcano that may have helped the rise of the Roman Empire. Their study was published on June 22nd, 2020 in the Proceedings of the National Academy of Sciences.
In the years after the assassination of Julius Caesar in ancient Rome, historical accounts describe unusual cold, food shortages, disease and famine that accompanied a pivotal moment in Western history.
Historians had long suspected that this unexplained extreme weather could be linked to a volcanic eruption, but they had been unable to pinpoint where or when such an eruption had occurred or how severe it was.
After analyzing the ash trapped in ice cores taken from Greenland and Russia, an international group of scientists and historians now think that Okmok volcano in Alaska, which erupted more than 2,000 years ago, was the culprit. The massive explosion created a 10-kilometre-wide crater. The volcano is located on Umnak Island in the Aleutian Islands chain: it is still active today and last erupted in 2008.
Caesar’s stabbing by Rome’s senators triggered a power struggle that ultimately ended the Roman Republic, leading to a shift from a democratic governance to the dictatorship of the Roman Empire. It also ultimately led to Egypt coming under Roman rule.
The study explains that crop failures, famine and disease resulting from the eruption likely exacerbated social unrest and contributed to political realignments at this “critical juncture of Western civilization.” [Editor’s note : A similar influence of a volcanic eruption was observed when Laki erupted in Iceland and may have helped to trigger the French Revolution of 1789.]
The scientific team analyzed tephra that was trapped in Arctic ice cores to link the period of unexplained extreme climate in the Mediterranean with the massive eruption of Okmok volcano. The researchers compared the chemical fingerprint of the tephra found in the ice with tephra from volcanoes thought to have erupted about that time and it was very clear that the source of the 43 BCE fallout in the ice was the Okmok eruption. They also identified a smaller and more limited volcanic eruption in 44 BCE at Mount Etna (Italy).
The Okmok eruption produced volcanic fallout that lasted two years, lowering temperatures in the Northern Hemisphere by up to 7° C. The change in temperature can be seen in tree ring records in Scandinavia, Austria and California, with one bristlecone pine in California’s White Mountains showing a frost ring that suggested temperatures below freezing in early September 43 BCE. Similarly, climate records from caves in China also showed temperature drops in the three years after the eruption. The researchers’ models suggested it was probably much wetter than normal during the summer and autumn that followed the 43 BCE eruption of Okmok. In the Mediterranean region, these wet and extremely cold conditions during the spring through the autumn seasons probably reduced crop yields and led to supply problems during the ongoing political upheavals of the period.
The researchers said this eruption of Okmok could help explain unusual phenomena described around the immediate time of Caesar’s death by writers like Virgil : solar halos, the sun darkening in the sky or three suns appearing in the sky that at the time were interpreted as omens.
Source : KESQ-TV.

L’Okmok dans la Chaîne des Aléoutiennes (Source : AVO)

Emission de vapeur dans une zone hydrothermale sur la lèvre du Cône C de l’Okmok (Source : Alaska Volcano Observatory)

La côte atlantique française sous la menace de l’océan (suite, mais pas fin)

Au mois de février 2020, la tempête Ciara a balayé les côtes françaises et rappelé à certaines communes leur vulnérabilité face aux assauts des vagues de l’Océan Atlantique. Ainsi, sur l’île de Noirmoutier, les dunes ont souffert et se sont effondrées par endroits. Avec des rafales de vent jusqu’à 80-90 km/h et des pointes à 100 km/h pour les îles, certains dégâts étaient à prévoir. (Voir mes notes de février et mars 2020 à ce sujet)

Lors d’une visite sur l’île de Noirmoutier ces derniers jours, j’ai pu observer les traces des dégâts causés par la mer. Le village de La Guérinière en est un parfait exemple. Il suffit de se rendre sur le Boulevard de l’Océan où les anciens ouvrages, auparavant sous la dune, ont été mis à découvert par les vagues de la tempête Ciara. Sur la plage de la Cantine, le perré a été abîmé ; il s’agit d’un revêtement en pierres sèches ou en maçonnerie, destiné à renforcer un remblai, les rives d’un fleuve, les parois d’un canal, ou dans ce cas-ci une dune. A La Guérinière, des sacs de sable ont été déposés au niveau des brèches dans le rempart.

Des travaux ont été entrepris, avec installation d’enrochements, afin de contenir l’érosion littorale, mais il ne faut pas se faire l’illusion : le problème réapparaîtra à chaque tempête. Les rochers déversés à la hâte ne seront qu’un pansement provisoire et la mer aura tôt fait de les déstabiliser. Elle a envoyé sur certaines plages de la côte atlantique les solides blockhaus construits par les Allemands pendant la Seconde Guerre Mondiale. Les rochers de Noirmoutier ne pèseront pas lourd face aux assauts des vagues ! Arrivera le jour – dans un avenir très proche au train où vont les choses – où les vagues atteindront les habitations. En observant les photos ci-dessous, je me dis que celles construites à quelques dizaines de mètres du littoral ne vont pas tarder à être menacées.

Photos : C. Grandpey

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde.

Selon le PHIVOLCS, le volcan Kanlaon sur l’île de Negros (Philippines) montre des signes de reprise d’activité, avec de petits essaims sismiques détectés sur le flanc ouest du volcan qui émet des panaches de vapeur jusqu’à 300 mètres de hauteur. De plus, un léger gonflement du Kanlaon a été observé.
Les autorités philippines ont émis une première alerte en mars 2020 quand le Kanlaon a commencé à montrer des signes d’activité qui s’est intensifiée au cours des derniers jours.
Si les signes d’une éruption devaient apparaître, plus de 20 000 personnes dans huit villages dans un rayon de 6 à 12 kilomètres du Kanlaon devraient être évacuées. De telles évacuations seraient rendues très difficiles par la pandémie de coronavirus qui nécessite une distanciation sociale. Les Philippines ont signalé plus de 32 000 cas de covid-19, avec 1 204 décès.
Source: PHIVOLCS et presse philippine.

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 Dans un e-mail envoyé le 18 juin 2020, l’AVO m’a informé que «ces derniers jours, on a enregistré des épisodes de tremor et de sismicité sur le Veniaminof (Aléoutiennes / Alaska). Ces phénomènes révèlent une hausse d’activité par rapport à la normale. C’est pourquoi la couleur de l’alerte aérienne et le niveau d’alerte volcanique sont passés respectivement à la couleur Jaune et à Advisory (Surveillance conseillée).»
Ce type d’activité sismique précède généralement l’activité éruptive du Veniaminof mais ne signifie pas qu’une éruption se produira. L’activité éruptive de ce volcan consiste généralement en émissions de cendres mineures, fontaines et coulées de lave à partir du petit cône dans la caldeira sommitale. Les émissions de cendres se limitent le plus souvent au cratère sommital, mais des événements plus importants peuvent entraîner des retombées de cendres sur les localités à proximité.
Source: AVO.

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La sismicité a baissé sur le Shishaldin (Aléoutiennes / Alaska) et a retrouvé un niveau normal pour ce volcan. Les images satellites des dernières semaines montrent des températures de surface normales et une légère émission de vapeur au sommet. Il n’y a aucun signe de nouvelle activité volcanique dans le cratère. Au vu de cette baisse d’activité, l’AVO a fait passer la couleur de l’alerte aérienne au VERT et le niveau d’alerte volcanique à NORMAL

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Suite à une intensification de leur activité, les volcans Fuego et Pacaya (Guatemala) sont soumis à une surveillance renforcée.

L’activité du Fuego se poursuit, avec des explosions et des avalanches de matériaux dans plusieurs ravines. Comme précédemment, les explosions déclenchent des ondes de choc qui font vibrer les vitre des maisons.

Le Pacaya a émis ces derniers jours d’importantes coulées de lave accompagnées d’explosions.

Source : INSIVUMEH.

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Les données satellitaires montraient une petite anomalie thermique au niveau du cratère sud de l’Erta Ale (Éthiopie) le 12 juin 2020, et une anomalie plus importante le 17 juin sur le site du lac de lave qui avait disparu et pourrait être de retour dans le cratère. Espérons que des avions seront disponibles dans les prochaines semaines pour avoir une confirmation de cette information.
Source: Sentinel Hub.

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En Islande, la sismicité est toujours intense dans la zone de fracture de Tjörnes, bien qu’elle semble avoir légèrement diminué ces derniers jours. Rappelons que cette sismicité – qui s’est déplacée vers le nord – est d’origine purement tectonique et est à mettre en relation avec la situation de l’Islande sur la dorsale médio-atlantique, avec un phénomène d’accrétion d’environ 2 cm par an.
Plusieurs articles de presse annoncent une éruption du Grimsvötn à très court terme mais rien n’indique que l’activité ait augmenté ces derniers jours. La plupart des articles expliquent que le nuage de cendres produit par une éruption du Grimsvötn pourrait provoquer une perturbation du trafic aérien comme en 2010, mais l’histoire montre qu’une éruption de ce volcan provoque principalement des jökulhlaups, autrement dit des inondations suite à la fonte de la glace.

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Des essaims sismiques volcano-tectoniques de faible amplitude, généralement provoqués par la fracturation de roches, ont été détectés les 11, 13 et 16 juin 2020 au sud-ouest de la Laguna del Maule (Chili), dans le secteur de Las Nieblas. De plus, des émissions de CO2 ont été détectées dans la même zone. Ces paramètres indiquent qu’une éruption pourrait avoir lieu dans les prochaines semaines ou les prochains mois.
En conséquence, les autorités locales ont relevé le niveau d’alerte à la couleur Jaune pour le San Clemente. Des restrictions d’accès ont été mises en place autour de la zone de dégazage de CO2, avec un rayon de sécurité de 2 km.
Aucune éruption n’a été enregistrée dans la caldeira de la Laguna del Maule au cours des 2000 dernières années, mais les données fournies par les instruments de surveillance (parmi lesquelles une déformation constante de l’édifice volcanique au cours des 10 dernières années) confirment qu’il s’agit d’un système actif. La caldeira se situe principalement du côté chilien de la frontière, mais empiète aussi sur l’Argentine.
Source: SERNAGEOMIN.

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Le Merapi (Indonésie) a connu un triple épisode éruptif le 21 juin à 9h13, 9h25 et 9h27 (heure locale). La colonne de cendres a atteint 6 000 mètres d’altitude. L’éruption, enregistrée sur un sismogramme, présentait une amplitude maximale de 75 mm et une durée de ± 5 minutes 28 secondes.
Le niveau d’alerte volcanique est maintenu à 2 et n’a pas changé depuis le 21 mai 2018.
Ces explosions se produisent de temps en temps sur le Merapi. Elles sont causées par la destruction partielle du dôme de lave sous la pression des gaz. Le danger réside dans les coulées pyroclastiques qui peuvent être générés par ces éruptions explosives. Par précaution, le public doit rester en dehors d’un rayon de 3 kilomètres du volcan.
Source: Journaux indonésiens.

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Le 16 juin 2020, une de mes antennes à La Réunion m’informait qu’une reprise de l’inflation était observée sur le Piton de la Fournaise, accompagnée d’une certaine sismicité. Cette personne ajoutait qu’il n’était pas nécessaire de se précipiter sur l’île car la prochaine éruption n’était pas pour les prochains jours.
Cette nouvelle vient d’être confirmée par la dernière mise à jour de l’Observatoire qui indique une reprise de la sismicité sur le volcan, avec passage du niveau d’alerte volcanique à « Vigilance » (Watch) le 22 juin.
Entre le 16 et le 22 juin 2020, 18 séismes volcano-tectoniques ont été enregistrés à 2 km sous la zone sommitale. Comme je l’ai écrit plus haut, cette sismicité s’accompagne d’une reprise de l’inflation à la base et au sommet du volcan.
Les émissions de CO2 dans la zone éloignée, qui avaient atteint des valeurs maximales à la fin de l’éruption du début avril, continuent de diminuer, ce qui correspond à la remontée profonde du magma vers la partie supérieure du système d’alimentation du volcan.
L’OVPF ajoute que ce processus de recharge du réservoir de surface peut prendre plusieurs jours ou semaines, de sorte que personne ne sait quand aura lieu la prochaine éruption.
Source: OVPF

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Here is some news of volcanic activity around the world.

According to PHIVOLCS, Kanlaon volcano on Negros island (Philippines) is showing signs of renewed activity, with seismic swarms detected on the western flank of the volcano which is emitting plumes of steam up to 300 metres high. Moreover, a slight bulging of Kanlaon’s slope has been observed.

Philippine authorities issued an initial alert in March after Kanlaon began showing signs of activity which intensified during the past days.

Should signs of an eruption appear, more than 20,000 people in eight villages within 6 to 12 kilometres of Kanlaon would have to be evacuated. Such evacuations would be made very difficult by the current coronavirus pandemic which requires social distancing. The Philippines has reported more than 32,000 confirmed covid-19 infections, including 1,204 deaths.

Source : PHIVOLCS and Philippine newspapers.

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In an e-mail sent on June 18th, 2020, AVO informed me that “over the past several days there have been periods of seismic tremor and occasional earthquakes at Veniaminof (Aleutians / Alaska). This represents a departure from background activity. Thus, the Aviation Color Code and the Volcano Alert Level are being increased to YELLOW/ADVISORY.”
This type of seismic activity typically precedes eruptive activity at Veniaminof but does not mean that an eruption will occur. Eruptive activity usually consists of minor ash emissions, lava fountains and lava flows from the small cone in the summit caldera. Ash emissions are typically confined to the summit crater, but larger events can result in ashfall in nearby communities.

Source: AVO.

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Seismicity at Shishaldin Volcano (Aleutians / Alaska) has decreased to background levels. Satellite views over the past few weeks suggest normal surface temperatures and light steaming at the summit. There is no sign of new volcanic activity within the crater. Due to this decrease in activity, the Alaska Volcano Observatory has decreased the Aviation Colour Code to GREEN and the Volcanic Alert Level to NORMAL.

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Following an intensification of their activity, Fuego and Pacaya volcanoes (Guatemala) are subject to reinforced surveillance.
Fuego’s activity continues, with explosions and avalanches of material in several drainages. As before, the explosions trigger shock waves that vibrate the windows of houses.
Pacaya has emitted major lava flows in recent days accompanied by explosions.
Source: INSIVUMEH.

Satellite data showed a minor thermal anomaly in Erta Ale’s south pit crater (Ethiopia) on June 12th, 2020, and a larger anomaly on June 17th at the site of the previous lava lake which may be back in the crater. Let’s hope planes will be available in the next weeks to have a confirmation of this piece of news.

Source: Sentinel Hub.

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In Iceland, seismicity is still intense on the Tjörnes Fracture Zone, although it seems to have slightly declined in the last days. This seismicity – which is moving northward has a purely tectonicorigin ansd is due to the country’s location on the Mid-Atlantic Ridge, on which the rifting totals nearly 2 cm a year.

Several press articles announce an eruption of Grimsvötn volcano in the very short term but there are no indications that activity has increased in the very past days. Most articles explain that the ash cloud produced by an eruption of Grimsvötn might cause a disruption of air traffic like in 2010, but history shows that an eruption of this volcano mainly causes jökulhlaups, well-known subglacial outburst floods

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Swarms of small-magnitude volcano-tectonic earthquakes, commonly associated with fracturing of rocky material, were detected on June 11th, 13th, and 16th 2020 southwest of the Laguna del Maule (Chile), in the Las Nieblas sector. In addition, CO2 emissions have been detected in the same area. These parameters suggest that an eruption could develop in the next weeks or months.

As a consequence, local officials have raised the alert level to Yellow for the San Clemente. Preventive restrictions have been applied on access around the CO2 degassing center, with a security radius of 2 km.

No eruptions has been recorded at the Laguna del Maule caldera over the past 2 000 years, but the data obtained with instrumental monitoring (among which constant deformation in the past 10 years) confirm it is an active volcanic system. The caldera lies mostly on the Chilean side of the border, but partially extends into Argentina.

Source : SERNAGEOMIN.

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Mount Merapi (Indonesia) erupted three times on June 21st at 9:13am, 9:25am and 09:27am (local time). The ash column reached 6,000 metres above sea level. The eruption was recorded on a seismogram with a maximum amplitude of 75 mm and a duration of ± 5 minutes 28 seconds.

The volcanic alert level is kept at 2 and has remained unchanged since May 21st 2018.

These explosions occur from time to time on Mt Merapi. They are caused by the partial destruction of the lava dome under the pressure of the gases. The danger lies with the pyroclastic flows that may be generated by these explosive eruptions. As a precaution, the public should stay outside a 3-kilometre radius from the volcano.

Source: Indonesian newspapers.

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On June 16th, 2020, one of my sources on Reunion Island told me that inflation has resumed on Piton de la Fournaise, accompanied by some seismicity. He added there was no need to rush to the island, however, as the next eruption was not for the next few days.

This piece of news was confirmed last week by the Observatory’s latest update that indicates a resumption of seismicity at the volcano and the increase of the volcanic alert level to “Vigilance” (Watch) on June 22nd.

18 shallow volcano-tectonic earthquakes were recorded, 2 km beneath the summit area between June 16th and 22nd. As I put it above, this seismicity is accompanied by a resumption of inflation at the base and at the top of the volcano.

CO2 emissions in the far-field soil, which had reached maximum values at the end of the eruption at the beginning of April, continue to decrease, corresponding to the deep ascent of magma to the surface areas of the feeding system.

OVPF adds that this process of recharging the surface reservoir can take several days or weeks, so that nobody knows when the next eruption will occur.

Source: OVPF

Illustration de la déformation du Piton de la Fournaise sur les derniers deux mois (Source : OVPF)