Eruption du Fuego (Guatemala): Un problème de communication? // A communication problem ?

Le bilan s’alourdit de jour en jour sur les pentes du Fuego. Dix jours après le début de l’éruption, près de 200 personnes sont toujours portées disparues et considérées comme mortes par leur famille. Au moins 110 cadavres sont en cours d’identification par l’Institut médico-légal. L’INSIVUMEH a mis en garde les équipes de secours sur la possibilité de nouveaux écoulements pyroclastiques et de lahars meurtriers car la cendre de l’éruption peut être remobilisée par les fortes pluies qui s’abattent sur la région. Une augmentation du débit de la rivière Panaleon a provoqué l’évacuation de 72 personnes à Santa Lucia Cotzumalguapa. Cela montre que les risques persistent, même si l’activité volcanique a diminué. L’INSIVUMEH fait remarquer qu’il a fallu deux semaines et demie pour que l’on assiste à un retour à la normale après la dernière éruption du Fuego.
Plus de 4 000 personnes demeurent dans des centres d’hébergement où l’aide a commencé à arriver, en même temps que des plaintes sur la façon dont elle est répartie. Les autorités guatémaltèques ont déjà lancé une enquête sur la gestion officielle à la crise. À Guatemala City, environ 1 000 personnes ont sifflé et brandi des torches et des banderoles pour protester contre la gestion officielle de la catastrophe.
Les autorités ont admis qu’un défaut de communication entre la CONRED (agence qui gère les catastrophes) et l’INSIVUMEH (institut volcanologique) a retardé les évacuations quand la coulée pyroclastique a dévalé les flancs du Fuego le 3 juin 2018, au cours de la plus violente éruption jamais observée en 40 ans. Aggravant encore la situation, la pluie et les nuages ​​n’ont pas permis d’observer les signes annonciateurs de la coulée pyroclastique. La mauvaise visibilité a également retardé les réactions des villageois face au danger imminent, tandis que la CONRED n’a pas réalisé l’ampleur de l’éruption. Les chefs des organismes gouvernementaux responsables ont par la suite admis que le niveau d’alerte entraînant des évacuations obligatoires n’avait pas été relevé assez rapidement. Cela signifie que les gens sont restés chez eux pendant des heures après le déclenchement de la coulée pyroclastique. Cette situation a entraîné un mouvement de protestations ; les agences gouvernementales ont été accusées de crime et d’irresponsabilité. Une enquête sera ouverte pour savoir si les protocoles adéquats ont été suivis dans la gestion de la catastrophe.
Lors d’une réunion très tendue au Congrès, le directeur de l’INSIVUMEH a accusé son homologue de la CONRED de ne pas avoir tenu compte des bulletins de l’Institut avertissant que le Fuego était en phase éruptive dangereuse. Le responsable de la CONRED a reconnu que l’ordre d’évacuation avait été donné tardivement, mais il a reproché aux volcanologues de ne pas avoir expliqué suffisamment clairement que la situation était dangereuse. Il a ajouté que les rapports de l’Institut ne donnaient pas assez de détails sur l’activité volcanique. Le premier bulletin de l’INSIVUMEH a mis en garde sur le risque de coulées pyroclastiques sur les pentes du Fuego le 3 juin au matin, environ huit heures avant que la CONRED mette en place de réelles mesures d’évacuation.
Source: médias d’information internationaux et locaux.

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S’agissant de l’activité volcanique proprement dite, les derniers bulletins de l’INSIVUMEH et la CONRED indiquent qu’entre le 6 et le 12 juin, les lahars forts étaient souvent encore chauds, fumants et avaient une odeur de soufre. Comme d’habitude pour ce genre de phénomène, ils étaient générés par de fortes pluies et l’accumulation récente de dépôts de coulées pyroclastiques du 3 juin. Le 6 juin, des lahars ont dévélé les ravines Santa Teresa, Mineral, Taniluyá et peut-être Honda, mettant un terme aux efforts de recherche et de aux opéras de secours. Les lahars avaient une largeur de 30 à 40 mètres, une épaisseur de 2 à 5 mètres, avec des blocs de 2 à 3 mètres de diamètre et des troncs d’arbres. Le 9 juin, les dépôts de lahars en cours de nettoyage sur les routes atteignaient 150°C. Le 10 juin, un puissant lahar a parcouru les ravines Seca, Mineral, Niagara, Taniluyá et Ceniza. Il mesurait 35 mètres de large, 3 mètres d’épaisseur et véhiculait des blocs jusqu’à 1 mètre de diamètre, des troncs d’arbres et des branches. D’autres lahars du même type ont été observés les 11 et 12 juin.
Entre le 6 et le 11 juin, jusqu’à 9 explosions de faible intensité ont été enregistrées chaque heure, avec des panaches de cendre atteignant 1,1 km au-dessus du cratère. Des avalanches de matériaux descendaient également les ravines Las Lajas et Santa Teresa. Certaines explosions faisaient vibrer les structures locales. Le 8 juin à 8 h 20, un écoulement pyroclastique est descendu dans les ravines Las Lajas et El Jute en générant un panache de cendre jusqu’à 6 km de hauteur. L’activité explosive a augmenté les 11 et 12 juin, avec de volumineux panaches de cendre s’élevant à 1,3 km.
Selon la CONRED, le 12 juin 2018, le nombre de personnes tuées par les coulées pyroclastiques était de 110 et 197 autres étaient portées disparues. En outre, 12 578 personnes avaient été évacuées.
Source: INSIVUMEH & CONRED

Voici une galerie de photos montrant les cendres dans un village après l’éruption.
https://www.yahoo.com/news/volcanos-wake-guatemalan-town-became-slideshow-wp-183213304.html

On trouve également des vidéos sur le web, dont celle-ci, réalisée de toute évidence avec un drone le 10 juin. On voit parfaitement les traces des dernières coulées pyroclastiques:

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The death toll is getting heavier day after day on the slopes of Fuego Volcano. Ten days after the start of the eruption nearly 200 people are reported missing and assumed to be dead by their families. At least 110 corpses are being identified by the Forensic Institute. INSIVUMEH has warned rescue teams against the possibility of new pyroclastic flows and deadly lahars as the ash of the eruption can be remobilised by the heavy rains in the region A rise in the Panaleon river caused by a new outflow led authorities to evacuate 72 people from the community of Santa Lucia Cotzumalguapa. This means that the risks are not over, even though volcanic activity has been decreasing. INSIVUMEH indicates that the last time Fuego erupted, it took two and a half weeks to return to normal.

More than 4,000 people remain in shelters where aid has begun arriving along with complaints about how it is being distributed. Guatemalan authorities have already launched an investigation into the official response to the crisis. In Guatemala City, about 1,000 people blew whistles and carried torches and banners in a protest against the official handling of the tragedy.

Authorities have admitted that a communication breakdown between CONRED and INSIVUMEH delayed evacuations as pyroclastic flows cascaded down the Fuego volcano on June 3rd, 2018, in its most violent eruption in four decades. Making the situation still worse, rain and clouds hid signs of the pyroclastic flow, hindering visual observation. The poor visibility delayed villagers’ own reactions to the impending danger, while disaster authorities failed to understand the magnitude of the eruption. The heads of the responsible government agencies have later admitted the alert level leading to mandatory evacuations was not raised quickly enough. This means people were left in their homes for hours after the dangerous flows began and has led to opposition calls for criminal charges and resignations. An investigation will be opened to know whether the right protocols were followed in the handling of the disaster.

In a tense meeting at Guatemala’s Congress, the head of INSIVUMEH accused his counterpart at disaster agency CONRED of failing to heed bulletins warning that Fuego was dangerously erupting. The chief of CONRED accepted the evacuation order was late, but blamed the volcanologists for not being explicit enough that the situation was dangerous.He d said the reports from the Institute did not include enough details of the volcanic activity, and which communities it would affect. The first bulletin from the volcanologists warned of pyroclastic flows descending from Fuego on June 3rd in the morning, some eight hours before the disaster agency seriously stepped up evacuation efforts.

Source : International and local news media.

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As far as volcanic activity is concerned, INSIVUMEH and CONRED indicate that between June 6th and 12th strong lahars were often hot, steaming, and had a sulphur odour. As usual for this kind of phenomenon, they were generated from heavy rains and the recent accumulation of pyroclastic-flow deposits from the 3 June events. On June 6th, lahars descended the Santa Teresa, Mineral, Taniluyá and possibly the Honda drainage, halting search-and-rescue efforts. The lahars were 30-40 metres wide, 2-5 metres deep, carried blocks 2-3 metres in diameter and tree trunks. On June 9th, deposits on roads were being cleaned and were as hot as 150°C. On June 10th, a strong lahar travelled down the Seca, Mineral, Niagara, Taniluyá, and Ceniza drainages. It was 35 metres wide, 3 metres deep, and carried blocks up to 1 metre in diameter, tree trunks, and branches. More lahars of the same type were observed on June 11th and 12th.

Between June 6th ans 11th, as many as nine weak explosions per hour produced ash plumes that rose as high as 1.1 km above the crater. Avalanches of material descended the Las Lajas and Santa Teresa ravines. Some explosions vibrated local structures. At 0820 on June 8th, a pyroclastic flow descended the Las Lajas and El Jute drainages, producing an ash plume that rose as high as 6 km. Explosive activity increased on June 11th and 12th, with dense ash plumes rising 1.3 km.

According to CONRED, as of June 12th, 2018, the number of people that had died due to the   June 3rd pyroclastic flows was 110, and 197 more were missing. In addition, 12,578 people had been evacuated.

Source: INSIVUMEH & CONRED

Here is a photo gallery showing the ash in a village after the eruption.

https://www.yahoo.com/news/volcanos-wake-guatemalan-town-became-slideshow-wp-183213304.html

Les coulées pyroclastiques sont le phénomène le plus redouté sur les volcans de la Ceinture de Feu, comme ici le Mayon aux Philippines (Crédit photo : Wikipedia)

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