Vers un réveil du Galeras (Colombie) ? // Eruptive activity soon on Galeras Volcano (Colombia) ?

Dans des bulletins spéciaux publiés le 12 juin 2018, le Servicio Geologico Colombiano (SGC) indique qu’une augmentation significative de l’activité sismique est observée sur le Galeras. Des hausses semblables ont été enregistrées le 29 mai et le 2 juin 2018. La dernière éruption du Galeras s’est produite en 2014.
Un essaim comprenant 310 événements a été signalé entre le 11 juin (avec un événement M 4,5) et le 12 juin. Certains ont été ressentis par les habitants à proximité du volcan. Les autres paramètres géophysiques et géochimiques restent inchangés
Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (Jaune, changements dans l’activité volcanique) depuis 2011.
Après 10 années de calme, le Galeras a connu un regain d’activité en 1988. Une éruption soudaine a tué 6 volcanologues et 3 touristes qui se trouvaient dans le cratère quand il a explosé le 4 janvier 1993. Stanley Williams était l’un des scientifiques. Il a décrit cet événement tragique dans un livre poignant intitulé Surviving Galeras («Les cris du volcan» dans la version française).
Le groupe faisait partie d’une excursion dans le cadre d’une conférence scientifique. Ses membres avaient décidé d’entrer dans le cratère malgré l’observation d’un nombre important de tornillos qui avaient été enregistrés lors des éruptions précédentes et avaient également été enregistrés dans les jours précédant l’explosion.
Source: Servicio Geologico Colombiano.

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In special bulletins released on June 12th, 2018, the Servicio Geologico Colombiano (SGC) indicates that a significant increase in seismic activity is observed at Galeras volcano. Previous increases were recorded on May 29th and June 2nd, 2018. The last eruption of Galeras occurred in 2014.

A swarm including 310 earthquakes has been reported between June 11th (with an M 4.5 event) and June 12th. Some of the quakes were felt by nearby residents. Other geophysical and geochemical parameters remain unchanged

The alert level has been kept at 3(Yellow; changes in the behaviour of volcanic activity) since 2011.

After 10 years of quiescence, Galeras became active again in 1988. A sudden eruption killed 6 volcanologists and 3 tourists who were inside the crater when it exploded on January 4th, 1993. One of the scientists was Stanley Williams who described this tragic event in a gripping book entitled Surviving Galeras (“Les cris du volcan” in the French version).

The group was part of a scientific conference excursion. Its members had decided to enter the crater despite the observation of a significant number of tornillos which had preceded previous eruptions and were also recorded in the days before the eruption.

Source: Servicio Geologico Colombiano.

Vue aérienne du Galeras en janvier 2006 (Crédit photo: Wikipedia)

Profil sismique des tornillos, connus et redoutés sur le Galeras (Source: USGS)

5 réflexions au sujet de « Vers un réveil du Galeras (Colombie) ? // Eruptive activity soon on Galeras Volcano (Colombia) ? »

  1. Est ce qu’on sait justement si cette augmentation sismique comporte ces fameux tornillos qui pourraient-être, à priori, considéré comme étant peut-être un indicateur d’éruption sur ce volcan. (notamment phréatique ou phréatomagmatique) . Si je me souviens bien c’est ce qui était ressortie de l’épisode de 93 ?

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    1. Bonjour Sylvain,
      Je pense que nous sommes beaucoup à nous poser la question. Je ne pense pas que l’essaim sismique ait inclus des tornillos car le SGC n’y fait pas allusion dans ses bulletins. Apparemment, il s’agit d’une sismicité classique, localisée sous le flanc NE du volcan, à des profondeurs entre 1 et 7 km. On peut donc en conclure qu’il s’agit probablement de mouvements de fluides sous l’édifice volcanique.
      Très amicalement,
      Claude

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  2. Bonjour Claude,
    Certes l’éruption du Galeras en 1993 restera une véritable tragédie, tant du point de vue Humain que Volcanologique. Humain, puisque 9 Personnes y auront trouvé la mort dont 6 volcanologues de renom, mais également volcanologique puisque faisant état d’erreurs fondamentales et presque « impardonnables ». En effet, comme vous le mentionnez, en premier lieu cette expédition fut tout de même décidée et accomplie malgré la menace que représentait la détection préalable des « tornillos » souvent annonciateur d’éruptions violentes sur le Galeras (Cf : votre article de 2011 : « Histoire de vis »). Ensuite, alors qu’ils les avaient bien identifiés et mesurés, au fond du cratère, les signes d’une éruption imminente, tel que la disparition subite des essaims sismiques ainsi que l’arrêt brutal des émanations gazeuses sulfurées, ne les ont pas alertés, ce qui leur aura été fatal.
    Il est à noter que ce dernier point reste à mon sens primordial dans la prévision d’éruptions volcaniques, même si ces signaux semblent les devancer d’un laps de temps très court.
    Faudrait-il, pour la prochaine « poussée de fièvre » de ce volcan, réexpédier une équipe pour la mesure, certes non, mais garnir le fond du cratère d’instruments renifleurs serait surement une manière de mieux appréhendez le moment de l’explosion.
    C’est en tout cas pour moi un des points majeurs que Stanley Williams nous aura dramatiquement enseigné pas l’expérience des « cris du volcan ».
    Amicalement
    Pierre Chabat

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    1. Bonjour Pierre,
      « Les cris du volcan » sont dans ma bibliothèque. Le récit de l’éruption est à la fois passionnant et poignant. Comme vous le dites, cet épisode dramatique fait partie des graves erreurs de jugement en volcanologie car les signes d’une éruption étaient réunis. Prévoir l’éruption d’un volcan explosif est très difficile, mais dans le cas du Galeras, le groupe aurait dû être alerté par certains paramètres. Dans le même ordre d’idée, je pense que Maurice Krafft a commis une grosse erreur d’appréciation sur l’Unzen. Pourquoi diable est-il resté sur place alors que la montagne était cachée par les nuages et que les Japonais avaient averti de l’imminence du danger. Je connaissais un peu Maurice; il aimait flirter avec le danger des coulées pyroclastiques mais avait toujours su ne pas aller trop loin. Cette erreur de jugement m’a toujours beaucoup surpris. Le plus grave, c’est qu’en restant sur place, d’autres (comme Harry Glicken) l’ont imité et sont morts eux aussi.
      Je vous souhaite une bonne journée.
      Claude Grandpey

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