Fonte de la glace de mer et pollution dans l’Arctique // Sea ice melting and pollution in the Arctic

Alors que l’Arctique se réchauffe plus vite que le reste de la planète, une nouvelle étude démontre comment la pollution, que se soient les nappes d’hydrocarbures ou les contaminants organiques, est susceptible de  passer d’une région de l’Arctique à une autre. Dans cette étude publiée dans la revue Earth’s Future, des scientifiques de l’Université de Columbia (État de New York) et de l’Université McGill (Montréal) ont étudié le mouvement de la glace de mer d’un pays à l’autre dans l’Océan Arctique. En comparant les données de 1988 à 2014, ils ont constaté que la glace de mer se déplaçait de plus en plus vite.
Les chercheurs ont analysé 239 023 formations de glace dans l’Arctique et sont arrivés à la conclusion que « le déplacement de la glace de mer s’est accéléré de 14% par décennie ». La glace en provenance des plateformes glaciaires russes – qui produisent plus de la moitié de la glace de mer de la région – « a mis 46% moins de temps pour atteindre les zones économiques d’autres pays où elle a finalement fondu ». La glace de mer nord-américaine s’est déplacée vers les eaux européennes et a fondu 37% plus vite au cours des années qui ont suivi l’an 2000, que pendant les années antérieures à cette date.
Alors que la plus grande partie de la glace de mer reste et fond là où elle se forme, une certaine partie se détache et se déplace essentiellement vers l’ouest. De cette façon, la glace en provenance de Russie dérive vers les eaux de Norvège et du Groenland; La glace en provenance de l’Alaska se dirige principalement vers les eaux russes; l’Alaska reçoit la majeure partie de sa glace du Canada.
L’étude a révélé que 24% de la glace de mer a fondu sans se déplacer et 52 % a fondu à moins de 100 kilomètres de son origine, c’est-à-dire dans les eaux territoriales d’un pays (celles-ci s’étendent jusqu’à à 320 km du littoral). Cependant, près du quart de la glace de mer – plus d’un million de kilomètres carrés – qui s’est formée dans des eaux territoriales s’est finalement déplacée.

 Les scientifiques attribuent l’accélération de déplacement de la glace de mer aux étés plus chauds dans l’Arctique. Comme les températures augmentent dans la région, la quantité de glace de mer qui s’est formée diminue et la glace qui se forme est plus mince. Cette glace plus mince peut être transportée plus loin par le vent et les courants océaniques que de la glace épaisse.
En même temps que la glace de mer se déplace plus vite, il en va de même pour les polluants qui peuvent voyager plus loin de leur source. L’étude montre que ce mouvement devient particulièrement inquiétant lorsqu’il s’agit des nappes d’hydrocarbures.
Avec la réduction de la surface de glace de mer, les scientifiques ont observé une «augmentation significative» de l’exploration pétrolière et gazière dans l’Océan Arctique qui, selon l’’USGS, recèle 13% des réserves pétrolières encore exploitables dans le monde. Un plus grand nombre de forages combiné à un déplacement plus rapide de la glace de mer pourrait entraîner des catastrophes si des marées noires se produisaient dans la région. Dans un modèle du «pire scénario», dans lequel un puits de pétrole explose à la fin de la saison de forage estivale, les chercheurs ont constaté qu’une marée noire dans la Mer de Beaufort pourrait dériver sur plus de 1 200 km avant le mois d’avril suivant. De plus, les opérations de nettoyage seraient bloquées par la glace et l’obscurité permanente des mois d’hiver.
Il convient de noter que des sources de pollution autres que le pétrole peuvent dériver elles aussi, comme les pesticides agricoles et les microplastiques. Comme les contaminants se décomposent plus lentement dans les eaux froides de l’Arctique, la pollution qui se dirige vers l’Arctique depuis les latitudes inférieures se prolonge plus longtemps. La recherche met également en évidence l’interconnexion des pays arctiques et comment une situation dans un pays peut avoir un impact sur toute la région.
Source: Alaska Dispatch News.

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As the Arctic warms faster than the rest of the planet, new research demonstrates how pollution, from oil spills to organic contaminants, could be passed from one Arctic neighbour to another. In the new study released in the journal Earth’s Future, scientists from Columbia University (New York State) and McGill University (Montreal) examined the movement of sea ice from country to country in the Arctic Ocean. Comparing data from 1988 to 2014, they found that sea ice is moving faster between destinations.

The study analyzed 239,023 ice formations in the Arctic and found that the movement of sea ice accelerated 14 percent each decade. Ice from Russian ice shelves, which produce more than half of the region’s sea ice, traveled to the exclusive economic zones of other countries 46 percent faster, where it eventually melted. North American sea ice traveled to European waters and melted 37 percent faster in the years after 2000 when compared to pre-2000 data.

While most sea ice stays and melts where it forms, some ice breaks off and travels in a mostly westerly direction. In this way, ice from Russia floats to Norway and Greenland waters; ice from Alaska waters primarily travels to Russian waters; Alaska receives most of its ice from Canada.

The study found that 24 percent of sea ice melted without straying and 52 percent melted within 100 kilometres of its origin, namely well within a nation’s exclusive economic zone, which extends 320 km off a country’s coastline. However, almost a quarter of the sea ice that formed inside an exclusive economic zone eventually strayed, totalling more than one million square kilometres of ice.

Scientists attribute this speedier sea ice to warmer Arctic summers. As temperatures increase in the region, the amount of sea ice formed decreases, and the ice that does form is thinner. Thin ice can be carried farther by wind and ocean currents than thick ice.

As Arctic ice is travelling faster, the potential increases for pollutants to travel farther from where they are dumped. The study shows that this movement becomes especially important when it comes to oil spills.

With less ice in Arctic regions, scientists have observed a « significant increase » in oil and gas exploration in the Arctic Ocean, where the USGS estimates that 13 percent of the world’s remaining oil is located. More drilling combined with faster sea ice movement can lead to disaster if an oil spill occurs in the region. In a model of the « worst-case scenario, » in which an oil well blows out at the end of the summer drilling season, the researchers found that a Beaufort Sea spill could be carried by sea ice over 1,200 km by the next April. Cleanup efforts would be stymied by heavy ice and 24-hour darkness in winter months.

It should be noted that sources of pollution besides oil can be dragged along with the ice, including agricultural pesticides and microplastics. Because contaminants break down more slowly in Arctic waters compared to warmer climates, pollution that makes its way to the Arctic from lower latitudes sticks around longer. The research highlights how interconnected Arctic countries are, and how an action by one country could impact the whole region.

Source : Alaska Dispatch News.

Photos: C. Grandpey

 

Ça risque de jaser à la Réunion ! // A billionaire soon to land on the volcano ?

Une information étonnante fait aujourd’hui la une du Journal de l’Ile de la Réunion. Hier mardi, l’un des hélicoptères de Paul Allen, co-fondateur de Microsoft, a survolé l’éruption du Piton de La Fournaise en fin d’après-midi. Les appareils du milliardaire ont effectué plusieurs rotations, sans que l’on sache si Paul Allen était à chaque fois présent l’intérieur.

Selon les informations recueillies par le JIR, l’équipe entourant Paul Allen négocierait avec la préfecture pour se poser dans la zone de l’éruption, ce qui est actuellement interdit, tout comme l’accès du public à l’Enclos Fouqué.  .

A noter qu’un dispositif d’accompagnement du public (moyennant finance) sur les éruptions à l’intérieur de l’Enclos a été testé ce week-end par la préfecture.

Si le milliardaire obtenait effectivement l’autorisation de se poser dans l’Enclos, face à un tel traitement de faveur, on imagine aisément la réaction des très nombreux amoureux du volcan, Réunionnais et touristes qui se voient refuser l’accès au volcan ! Affaire à suivre…. La question est posée: Le fric sera-t-il plus fort que les interdictions?

Je pense personnellement que le Piton de la Fournaise serait bien inspiré de mettre tout le monde d’accord en mettant un point final à son éruption avant que Paul Allen pose le pied sur la lave !

Ce soir, l’éruption continue son petit bonhomme de chemin mais n’est plus guère visible par la webcam du Piton de Bert, probablement parce que le cône a continué à s’édifier autour de la bouche éruptive.

Une carte mise en ligne par l’OVPF montre le site de l’éruption.

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An astonishing piece of news can be read on the front page of today’s issue of Journal de l’Ile de la Réunion. Yesterday, one of the helicopters of Paul Allen, co-founder of Microsoft, flew over the eruption of Piton de La Fournaise in the late afternoon. The billionaire’s chopper made several rotations, but nobody knows if Paul Allen was present each time inside the aircraft.
According to information gathered by the JIR, the team surrounding Paul Allen is likely to negotiate with the prefecture to land in the area of ​​the eruption, which is currently prohibited, in the same way as public access to the Enclos. .
It should be noted that a system to accompany the public (for a fee) on eruptions inside the Enclos was tested this weekend by the prefecture.
If the billionaire got a preferential treatment and was allowed to land in the Enclos, one can easily imagine the reaction of the many lovers of the volcano, residents of Reunion Island and tourists, who are denied access to the volcano! To be continued ….
I personally think that it would be a good idea if Piton de la Fournaise put an end to its eruption before Paul Allen sets foot on the lava! It would put an end to all conflict.
Tonight, the eruption continues quietly but is hardly visible through the webcam of Piton de Bert, probably because the cone has continued to build around the eruptive vent
A map posted by OVPF shows the site of the eruption.

Source: OVPF

Création d’un géoparc en Tanzanie // A new geopark soon in Tanzania

La Tanzanie est en passe de créer son premier géoparc regroupant le Ngorongoro – superbe caldeira volcanique née il y a deux millions d’années – et l’Oldoynio Lenga, volcan actif célèbre pour ses coulées de natrocarbonatite . Différents des parcs nationaux, les géoparcs sont censés être des entités géographiques qui traitent de la protection et de l’utilisation du patrimoine géologique de manière durable, tout en favorisant le bien-être social et économique des personnes résidant dans le parc.
Le Ngorongoro-Lengai sera donc un nouveau géoparc sur le continent africain. Il couvrira une superficie de 12 000 kilomètres carrés dans une région où abondent des collines rocheuses, des grottes, des bassins renfermant des lacs, des sites de découverte d’hominidés, ainsi que le volcan actif Ol Doinyo Lengai.
Selon la Ngorongoro Conservation Area Authority (NCAA), organisme qui gère la zone de conservation du Ngorongoro (NCAA), l’objectif est de donner plus d’ampleur au potentiel touristique du pays en introduisant des points d’intérêt basés sur les formations géologiques, l’histoire et les caractéristiques géographiques qui seront rassemblés dans  le géoparc Ngorongoro-Lengai.
Comme je l’ai indiqué précédemment, une récente visite de chercheurs a montré que le Lengai pourrait connaître une éruption à court terme. Le volcan, qui est entouré de sites paléoanthropologiques importants, connaît des éruptions qui sont généralement confinées à son sommet, bien que certaines coulées de lave puissent parcourir plusieurs kilomètres sur ses flancs.
Source: Xinuha.net.

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Tanzania is in a fair way to create its first geopark with Ngorongoro, a wonderful caldeira that appeared two million years ago, and Ol Doinyo Lengai, an active volcano made famous by irs natrocarbonatite lava flows. Different from national parks, geoparks are supposed to be a unified geographical area which addresses the protection and the use of geological heritage in a sustainable way, while also promoting social and economic well-being of the people residing within the park.

The Ngorongoro-Lengai Geopark, which is expectedd to cover an area of 12,000 square kilometres of rocky hills, long underground caves, lake basins, hominid discovery sites and the active Ol Doinyo Lengai Volcano, is going to be another geopark on the continent.

According to the Ngorongoro Conservation Area Authority (NCAA), the aim is to expand the country’s tourism potential by introducing attractions based of land formations, geology, history and geographical features all being packaged under the single entity of the Ngorongoro-Lengai Geopark.

As I put it before, a recent visit by researchers has shown that Lengai Volcano might erupt in the short term.The volcano, which is surrounded by important paleoanthropological sites, has been experiencing eruptions that are usually confined to its summit though the lava flow can extend to several miles downhill.

Source : Xinuha.net.

Le Lengai et le Ngorongoro bientôt rassemblés dans un même géoparc en Tanzanie (Photos: C. Grandpey)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Le point sur l’éruption // Latest news

L’éruption débutée le 14 juillet se poursuit tranquillement. Après une chute brutale de son intensité dans la nuit du 17 au 18 juillet, l’intensité du tremor est relativement constante aujourd’hui 18 juillet, et se situe à une intensité équivalente à celle observée le deuxième jour d’éruption. Selon l’OVPF, « cette chute du tremor est à mettre en relation avec un changement morphologique au niveau du cône éruptif qui est en train de se former. Un effondrement de sa partie amont est venu égueuler le cône vers l’Est, laissant une ouverture et un écoulement plus aisé de la lave en surface. Actuellement au sein de ce cône, l’activité se focalise sur 6 points. »

Source : OVPF.

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The eruption that started on July 14th continues in a quiet way. After a sharp drop in its intensity during the night of July 17-18, the tremor intensity is relatively constant today, July 18th ; its intensity is equivalent to that observed on the second day of the eruption. According to OVPF, « this decline of the tremor is to be related to a morphological change of the eruptive cone that is being built. A collapse of its upslope part has opened the cone to the east, leaving an easier opening for lava to flow at the surface. Activity is currently located on 6 points within this cone.  »
Source: OVPF.

Vue du site éruptif le 16 juillet 2017 (Crédit photo: Christian Holveck)