Nouvelle éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) // New eruption at Piton de la Fournaise (Reunion Island)

7 heures (heure métropole): Dans un bulletin émis le 13 juillet, l’OVPF indiquait que depuis le 10 juillet 2017, l’activité sismique à l’aplomb de la zone sommitale du Piton de la Fournaise, avait repris de manière significative. La majorité de ces séismes était localisée sous la bordure Sud du cratère Dolomieu  entre 500 et 1000 m au-dessus du niveau de la mer.

Parallèlement à la reprise de la sismicité, les déformations enregistrées sur les stations GPS montraient une reprise de l’inflation de l’édifice.

Dans un nouveau bulletin paru le 14 juillet 2017, on apprend qu’ « à la suite d’une activité sismique soutenue depuis plusieurs jours et une crise sismique débutée le 13 Juillet aux alentours de 22h20 heure locale, le trésor (il faut probablement lire « le tremor » !!) éruptif est apparu aux alentours de 00h50 le 14 Juillet. L’analyse des données et l’observation de nos caméras montrent que la ou les fissure(s) éruptives se sont ouvertes sur le flanc sud du volcan.

Eruption en cours à l’intérieur de l’Enclos. »

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Dernière minute: Le Journal de l’Ile confirme le début d’une éruption sur le flanc sud du volcan avec l’apparition de deux coulées de lave. En conséquence, le préfet de la Réunion a déclenché ce jour à 00h50, l’alerte 2-2 du plan « ORSEC* Volcan » : éruption en cours. Il s’agit de la troisième éruption de l’année. L’accès du public à l’Enclos Fouqué, que ce soit depuis le sentier du Pas de Bellecombe ou depuis tout autre sentier ainsi que le poser d’aéronefs dans la zone du volcan sont interdits jusqu’à nouvel avis.

Ceux qui ont choisi l’Etna ou l’Aveyron pour passer leurs vacances ont fait le mauvais choix….

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18 heures (heure métropole) : L’éruption débutée le 14 juillet à 00h50 (heure locale) se poursuit. Le tremor se maintient à un niveau moyen (environ la moitié de celui observé en début d’éruption).

Suite au survol de reconnaissance réalisé ce matin, le site éruptif a pu être localisé plus précisément à 750 m à l’Est du Piton Kala-Pélé et à 850 m à l’Ouest de Château Fort. Il se situe à environ 2.2 km à l’Est Nord-Est du Piton de Bert.

Lors des relevés effectués ce matin, la fissure s’étendait sur une longueur totale approximative de 450 m. Sept fontaines de lave d’une hauteur maximale de 30 m étaient actives. La fontaine la plus en aval commençait à édifier un cône d’où s’échappaient deux bras de coulées.

Les premières estimations font état de débits de l’ordre de 22-30 m3/s au début de l’ouverture de la fissure.

Source : OVPF.

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7:00 (Paris time): In a bulletin released on July 13th , 2017, OVPF indicated that since July 10, 2017, seismic activity beneath the summit area of ​​Piton de la Fournaise had increased significantly. The majority of these earthquakes were located below the southern rim of the Dolomieu Crater between 500 and 1000 metres above sea level.
Parallel to the resumption of the seismicity, the deformations recorded by the GPS stations showed a resumption of the inflation of the edifice.

In a new bulletin issued on July 14th, 2017, we can read that « as a result of seismic activity observed for several days and a seismic crisis that started on July 13th at 10:20 pm (local time), the eruptive tremor appeared around 12:50 on July 14th. Analysis of the data and observation of our cameras show that the eruptive fissure(s) opened on the southern flank of the volcano.

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Last minute: The Journal de l’Ile confirms the beginning of an eruption on the southern flank of the volcano with the appearance of two lava flows. As a result, the prefect of Reunion triggered this day at 00:50, the alert 2-2 of the plan « ORSEC * Volcano »: Eruption in progress. This is the third eruption of the year. Public access to the Enclos Fouqué, whether from the footpath of the Pas de Bellecombe or from any other trail and the landing of any aircraft in the area of ​​the volcano are prohibited until further notice.

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18:00 (Paris time): The eruption begun on July 14th at 00:50 (local time) continues. The tremor remains at a moderate level (about half that observed at the beginning of the eruption).
During the overflight carried out this morning, the eruptive site could be located more precisely: 750 m east of Piton Kala-Pélé and 850 m west of Château Fort. It is located about 2.2 km to the ENE of  Piton de Bert.
During this morning’s overflight, the eruptive fissure extended over a total length of approximately 450 m. Seven lava fountains with a maximum height of 30 m were active. The most downslope fountain was beginning to build a cone which released two lava flows.
Initial estimates showed a lava output of about 22-30 m3 / s when the fissure opened.
Source: OVPF.

L’éruption vue par la caméra du Piton de Bert.

 

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Glaciers alpins en juillet 2017 : (2) La Mer de Glace

Comme le Glacier des Bossons, j’ai découvert la Mer de Glace en août 1956 en compagnie de mes parents. Le petit garçon que j’étais à cette époque était impressionné par la masse imposante du glacier que l’on atteignait pratiquement en sortant du train à crémaillère du Montenvers. Il suffisait d’emprunter un sentier de quelques centaines de mètres pour atteindre l’ouverture de la grotte qui était déjà taillée dans la glace à cette époque. Je me souviens parfaitement de la passerelle en planches qui enjambait une profonde crevasse à la belle couleur bleue.

Aujourd’hui, la Mer de Glace est à marée basse, très basse. Le glacier n’avance plus et sa surface s’abaisse année après année. Il a fallu construire un téléphérique puis un escalier de plusieurs niveaux pour atteindre la grotte que l’on s’efforce de préserver car sa seule présence représente  une manne financière non négligeable. Des bâches blanches ont été étalées pour freiner la fonte de la glace autour de l’entrée.

Tout au long de l’escalier en fer, des repères rappellent le niveau de la glace au cours des décennies et des années passées. Un ouvrier qui s’évertuait à évacuer la glace de fonte près de la glace m’a confié qu’il faudrait probablement ajouter un niveau de marches pour atteindre la Mer de Glace en 2018. Il suffit de jeter un coup d’oeil à l’encaissant du glacier pour se rendre compte de la chute rapide de son niveau. Les marques sur la roche ne trompent pas. L’absence de crevasses confirme que le glacier n’avance plus. Je ne suis guère optimiste. Arrivera un moment où l’accès à la grotte deviendra quasiment impossible. Il faudra se contenter de la vue depuis la superbe terrasse panoramique où le blanc de la glace est de plus en plus remplacé par la couleur marron des matériaux descendus des flancs de la montagne…

Voici quelques photos montrant la Mer de Glace en 1956 :

En 1982 :

En 2017:

Photos: G. & C. Grandpey

 

Le Spitzberg (Norvège) fond lui aussi // Svalbard (Norway) is melting away too

Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises, le changement et le réchauffement climatiques se font sentir très fortement dans l’Arctique, que ce soit en Alaska, au Groenland ou au Spitzberg. Le Spitzberg (aussi appelé Svalbard par les Anglo-saxons), est un archipel norvégien dans l’Océan Arctique. Situé au nord de l’Europe continentale, il se trouve à mi-chemin entre la Norvège et le pôle Nord.
L’automne 2016 au Spitzberg n’a ressemblé en rien à ses prédécesseurs. Le thermomètre a affiché une dizaine de degrés au-dessus de la normale pour cette période de l’année. Il y a eu beaucoup de pluie pendant les mois d’octobre et de novembre, ce qui est inhabituel à cette latitude. Ces anomalies climatiques inquiètent fortement les habitants de Longyearbyen, le principal centre administratif de cet archipel norvégien ; ils se posent des questions sur leur avenir.

Au Spitzberg, la glace fait partie intégrante des écosystèmes, de la société, même de la terre elle-même. En 2016, elle a été aux abonnés absents. En novembre, la glace de mer aurait dû envelopper l’archipel. Au lieu de cela, l’écharpe de glace est restée à des centaines de kilomètres au nord.
Au lieu du vent très froid qui balaye la glace, c’est aujourd’hui la mer qui régit la météo au Spitzberg, avec des pluies de plus en plus abondantes. Entre octobre 2015 et octobre 2016, l’archipel a reçu 64% de pluies de plus que la normale. Il y a même eu une tempête qui a entraîné l’évacuation d’une partie de Longyearbyen à cause du risque de glissement de terrain. En décembre 2015, un homme a été tué lorsqu’une avalanche a enseveli une dizaine de maisons.
Les glaciers, qui prennent habituellement du volume à la fin de l’automne et de l’hiver, reculent de plus en plus ; la pluie s’infiltre et fait fondre la glace. On réalise la fonte du glacier Waggonwaybreen à travers des photos prises entre 1900 et 2015 (voir ci-dessous). Les glaciers du Spitzberg ne font pas que reculer ; ils perdent aussi une soixantaine de centimètres d’épaisseur chaque année
Les habitants attendent les résultats d’un rapport du gouvernement norvégien sur les modifications subies par le paysage. Il se peut que certains secteurs de Longyearbyen soient déclarés dangereux et que les maisons doivent être déplacées. Cependant, certains habitants accueillent les changements avec optimisme. Ils espèrent voir de nouvelles industries comme la pêche à la morue toute l’année ou l’arrivée des crabes des neiges qui vivent habituellement plus au sud.
Ce climat plus chaud sonne le glas de nombreuses espèces qui dépendent de la glace pour leur vie ou leur survie. Les oiseaux de l’Arctique dont en constante diminution et ils sont dépassés en nombre par des espèces venues du sud. L’avenir des ours polaires est incertain car leur population connaît un sursaut depuis l’interdiction de chasse instaurée en 1973. Pas sûr qu’il y ait assez de nourriture pour tous les plantigrades.
Source: Climate Change News.

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As I put it several times before, climate change and global warming are felt very strongly in the Arctic, whether it is in Alaska, Greenland or Svalbard. Svalbard, formerly known by its Dutch name Spitsbergen, is a Norwegian archipelago in the Arctic Ocean. Situated north of mainland Europe, it is about midway between continental Norway and the North Pole.

Autumn 2016 in Svalbard was like no other before. It was about 10°C above the normal for this time of the year. And there was plenty of rain throughout October and November, which is quite unusual at this latitude. For residents of Longyearbyen, the main settlement on the Norwegian archipelago, the weirdness reverberates through the community, causing fear and uncertainty.

Ice in Svalbard is an integral part of ecosystems, society, even the land itself. But in 2016, it failed utterly. By November, the great arms of the Arctic sea ice would normally have wrapped the archipelago. But the ice fringe remained hundreds of kilometres to the north.

Instead of bitterly cold wind driven across the ice, the sea is now governing the weather in Svalbard, bringing more and more rain. Between October 2015 and October 2016, the archipelago was hit by 64% more rain than normal. After a storm, a portion of Longyearbyen was evacuated because of fears of a landslide. In December 2015, a man was killed when an avalanche buried about 10 houses.

The glaciers, which grow through the late autumn and winter are retreating and the rain breaks the ice apart. The melting of the Waggonwaybreen glacier can be seen through photographs of the years 1900 and 2015 (see below). Svalbard’s glaciers are not only retreating, they are also losing about 60 centimetres of their thickness each year

Residents await the results of a Norwegian government report into the changing landscape. It may decide that some parts of the town are unsafe and have to be moved. However, some residents welcome the changes. There is the prospect of new industries, such as a year-round cod fishery or the arrival of the lucrative snow crabs from the south.

But for many of the species that rely on the ice, this competition from warmer climes is a death knell. Arctic bird species are plummeting in number as they are outmatched by southerners. The effect on the polar bears is uncertain because the population is still rebounding since a hunting ban was put in place in 1973.

Source: Climate Change News.

Des images qui se passent de commentaires…

Photo: Svalbard

Andreas Weith