Fonte des glaciers en Suisse et en Autriche // Glacier melting in Switzerland and Austria

drapeau-francaisComme je l’ai écrit à maintes reprises, la situation glaciaire dans le monde est très inquiétante. Sous l’effet du réchauffement climatique, les rivières de glace fondent à vue d’œil. J’ai eu l’occasion de l’observer dans l’Arctique, en Alaska en particulier, mais aussi dans le massif du Mont Blanc, au cœur des Alpes françaises.

En Europe, les scientifiques estiment que les glaciers ont perdu plus des deux tiers de leur volume en un peu plus d’un siècle. Un exemple frappant est le glacier du Rhône en Suisse qui a reculé de presque 1,5 km.

En Autriche, le plus long glacier du pays, le Pasterze, a diminué de moitié en l’espace de 150 ans et, comme ailleurs en Europe, le processus s’accélère de manière inquiétante.

Au cours de la seule année 2015, 92 glaciers des Alpes ont reculé en moyenne de presque 25 mètres, soit deux fois plus qu’en 2014. En Suisse, les glaciers d’Aletsch et du Rhône sont les plus touchés par le phénomène. On estime leur recul à 6 à 8 cm par jour.

La Suisse pourrait perdre dans les 50 années à venir un grand nombre de ses 140 glaciers. Il ne fait guère de doute que la hausse des températures est la cause principale de leur fonte. En 2015, les glaciologues ont enregistré des températures supérieures de 2°C à la moyenne. Par ailleurs, 2015 fut une année marquée par de nombreux anticyclones installés dans la durée et une faiblesse des chutes de neige hivernales, deux ingrédients dont l’effet conjugué explique le fort recul des glaciers sur cette période.

La fonte des glaciers pourrait, dans les prochaines décennies, être à l’origine de la formation de nouveaux lacs. Le point positif est que ces nouvelles étendues d’eau offriront de nombreuses possibilités d’exploitation, notamment en matière d’économie d’énergie et de tourisme. Le revers de la médaille, c’est que ces lacs d’altitude nouvellement formés constitueront une véritable épée de Damoclès pour les villages situés en aval qui risquent de subir inondations et glissements de terrain. En Amérique du Sud, le Pérou a été confronté à plusieurs reprises à une telle situation, avec de fréquentes inondations glaciaires. En outre, la disparition des glaciers rendra certaines pratiques sportives extrêmement dangereuses. Avec la disparition de la glace, certains terrains deviendront instables, avec chutes de pierres, affaissement du sol, crevasses, etc. Le ski d’été, si prisé en Suisse, deviendra impossible à pratiquer par manque de terrains propices.

La fonte et le recul des glaciers libèrent des hommes et des objets parfois disparus depuis plusieurs millénaires. Ils nous apprennent qui étaient ceux qui fréquentaient les montagnes. Toutefois, si la glace permet la conservation des matières organiques, sa fonte conduit à une destruction rapide des vestiges. Les tissus se désagrègent sous l’effet de la chaleur et de l’humidité, et les animaux dispersent les os. Comme l’a fait remarquer un géographe, « avec la disparition rapide de la glace, le temps où les glaciers crachent leurs trésors sera court et unique ».

Source : Presse suisse.

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drapeau-anglaisAs I have written many times, the situation of glaciers around the world is very disturbing. Under the effect of global warming, these rivers of ice are melting at an incredible speed. I had the opportunity to observe them in the Arctic and in Alaska, but also in the Mont Blanc area, in the heart of the French Alps.
In Europe, scientists estimate that glaciers lost more than two thirds of their volume in just over a century. A striking example is the Rhone Glacier in Switzerland which has retreated by nearly 1.5 km.
In Austria, the longest glacier in the country, the Pasterze, has halved in the space of 150 years and, as elsewhere in Europe, the process is accelerating alarmingly.
In 2015 alone, 92 Alpine glaciers retreated on average by nearly 25 meters, twice more than in 2014. In Switzerland, the Aletsch and Rhone glaciers are most affected by the phenomenon. It is estimated they are retreating 6-8 cm per day.

In the next 50 years, Switzerland could lose many of its 140 glaciers. There is little doubt that rising temperatures are the main cause of the melting of glaciers. In 2015, glaciologists recorded temperatures 2°C above average. Moreover, 2015 was a year marked by many highs installed in the length and the weakness of the winter snowfall, two ingredients whose combined effect explains the strong glacier retreat during this period.
The melting of glaciers could, in coming decades, be responsible for the formation of new lakes. The good thing is that these bodies of water offer many new opportunities, particularly in terms of energy and tourism. The downside is that these newly formed mountain lakes constitute a sword of Damocles for the villages located downstream as they may suffer flooding and landslides. In South America, Peru has repeatedly been confronted with such a situation, with frequent glacial floods. In addition, the disappearance of glaciers will make some mountain sports extremely dangerous. Indeed, with the disappearance of the ice, some land will become unstable, with rock falls, subsidence, cracks, etc. Summer skiing, so popular in Switzerland, will become impossible to perform due to lack of suitable land.
The melting and receding glaciers sometimes bring to the open air men and objects that had been missing for several millennia. They teach us who were the people who lived in the mountains. However, if the ice allows the preservation of organic matter, its melting leads to the rapid destruction of the remains. Tissues disintegrate under the effect of heat and moisture, and the animals disperse the bones. As noted a geographer, « with the rapid disappearance of the ice time, the time when glaciers spit their treasures will be short and unique. »
Source: Swiss newspapers.

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Vue du glacier d’Aletsch (Crédit photo: Dirk Beyer / Wikipedia).

Vidéo de l’Halema’uma’u (Hawaii)

drapeau-francaisL’US Geological Survey  (USGS) a mis en ligne une superbe vidéo réalisée avec une caméra 4K qui a permis d’obtenir des images d’une très haute résolution.
La vidéo propose des séquences de l’éruption sommitale du Kilauea qui a débuté en mars 2008. Elle se concentre sur le lac de lave actif à l’intérieur du cratère de l’Halema’uma’u. Contrairement à ce que certaines revues volcanologiques amateur pourraient laisser penser, la zone autour de l’Halema’uma’u est fermée au public en raison des risques volcaniques évidents.
Voici les points forts de la vidéo de 11 minutes:
– Des gros plans sur le lac de lave actif dans le cratère de l’Halema’uma’u.
– Des gros plan et des vues grand angle de l’activité du lac de lave, avec les bulles de gaz qui éclatent à sa surface.
– Prises de vues aériennes du sommet du Kilauea.
– Scientifiques de l’USGS travaillant sur le terrain et à l’intérieur de l’Observatoire (HVO).

Vous verrez la vidéo en cliquant sur ce lien:
https://www.usgs.gov/media/videos/k-lauea-volcano-halema-uma-u-crater-summit-vent-lava-lake-4k

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drapeau-anglaisThe U.S. Geological Survey has produced a great video, filmed using a 4K camera, the highest resolution images of the volcano that USGS has ever produced for the public.

The high-definition video offers images of Kīlauea Volcano’s summit eruption, which began in March 2008. It focuses on the active lava lake within Halema’uma’u Crater. Contrary to what some amateur volcanological reviews might suggest, that area is closed to the public due to obvious ongoing volcanic hazards.

Highlights of the 11-minute footage include:

– Close ups of the active lava lake within Halema’uma’u Crater.

– Close up and wide angle views of lava lake activity, such as gas bubble bursts and spattering.

– Aerial shots of the summit of Kilauea volcano.

– USGS scientists working in the field and inside the Observatory.

You will see the video by clicking on this link :

https://www.usgs.gov/media/videos/k-lauea-volcano-halema-uma-u-crater-summit-vent-lava-lake-4k

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/wp-content/uploads/2016/09/kila-02.jpg

Vue du lac de lave de l’Halema’uma’u (Crédit photo: USGS / HVO)

Teide (Tenerife / Iles Canaries): Pas d’éruption en vue ! // Teide (Canary Islands): No eruption in the short term !

drapeau-francaisComme cela était prévisible, l’annonce alarmiste lue dans la presse, en particuliers dans certains tabloïds britanniques, était infondée. Comme ce fut le cas pour le Katla (Islande) il y a quelques semaines, les autorités espagnoles ont dû publier une mise au point visant à rassurer la population. Selon le Dr Hernandez de l’Institut Volcanologique des Iles Canaries, « on ne s’attend pas à une éruption. Il n’y a pas à s’inquiéter car la situation est normale. Il y a eu un essaim sismique, ce qui est tout à fait normal sur une île volcanique. Le Teide est un volcan actif. »

Donc déplacement tranquille pour moi à Bordeaux demain, pour une conférence sur les risques volcaniques….

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drapeau-anglaisAs could be predicted, Mount Teide on Tenerife Island is not about to erupt despite a rash of media reports, especially among the British tabloids. Dr Pedro Hernandez, Director of Volcano Monitoring at the Volcanology Institute of the Canary Islands reaffirms that the fears were unfounded. “We are not due for an eruption,” Dr Hernández said. “There is no need to be worried, this is a very normal situation. The earthquakes were a seismic swarm, this is quite normal in a volcanic island. This is an active volcano.”

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Photo: C. Grandpey

Réveil du Mont Meager (Canada)? // Is Mount Meager waking up in Canada?

drapeau-francaisLes volcanologues de Natural Resources Canada (NRC) surveillent le Mont Meager après avoir découvert que le volcan montre certains signes d’activité. Cependant, les autorités locales indiquent qu’il n’y a actuellement aucune raison de s’inquiéter.
Le NRC a publié un rapport qui a été transmis aux autorités locales le 19 septembre. Le plus grand risque pour le public se situe en ce moment au niveau du Job Glacier, qui montre d’importantes fumerolles d’environ 15 à 20 mètres de profondeur et une trentaine de mètres de diamètre. Bien que l’on sache que le champ fumerolle existe depuis une quarantaine d’années, en juillet un pilote d’hélicoptère spécialisé en géologie a remarqué les fumerolles sur le glacier. De plus, tout au long de l’été, le NRC a reçu des rapports faisant état d’une odeur de soufre dans la vallée au pied du Mont Meager.
En août, des responsables locaux ont survolé le glacier en hélicoptère et ont recueilli des données scientifiques, mais il n’y avait pas de SO2 ou de CO sur le site, ce qui aurait été un signe d’ascension du magma. Par ailleurs, il y aurait aussi des centaines de petits séismes si une éruption devait se produire dans le court terme. Entre janvier 2011 et février 2016, on a enregistré seulement 92 séismes de M 1 à M 2 dans le secteur du volcan.
Le principal danger au Mont Meager est la longue histoire de glissements de terrain. Ainsi, la montagne, qui abrite les populaires Meager Creek Hot Springs, a connu un énorme glissement de terrain en 2010.

Le Mont Meager, initialement connu sous le nom de Meager Mountain, est un massif volcanique dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique au Canada. Situé sur l’arc volcanique des Cascades et sur la ceinture volcanique de Garibaldi, il se dresse à 150 km au nord de Vancouver, à l’extrémité nord de la vallée de Pemberton où il atteint une altitude maximale de 2680 mètres.
La ceinture volcanique de Garibaldi a une longue histoire d’éruptions. Bien que le Mont Meager ne se soit pas manifesté depuis plus de 2000 ans, il pourrait connaître une éruption majeure. Il a produit la plus grande éruption volcanique au Canada au cours des 10 000 dernières années. Il y a environ 2400 années, une éruption explosive a formé un cratère sur le flanc nord-est et envoyé des coulées pyroclastiques sur le flanc nord du volcan. L’activité volcanique la plus récente se manifeste sous forme de sources chaudes et séismes. Le Mont Meager a également été à l’origine de plusieurs grands glissements de terrain, comme l’avalanche de débris qui a déferlé en 2010 dans les vallées de la Meager Creek et de la Lillooet.
Source: Journaux locaux et la Smithsonian Institution.

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drapeau-anglaisVolcanologists with Natural Resources Canada (NRC) are monitoring Mount Meager after discovering that the mountain shows signs of low-level volcanic activity. However, officials say there is currently no cause for alarm.

NRC released a situation report that was forwarded to local officials on September 19th. The biggest risk to the public right now is on Job Glacier, which has large fumaroles measuring about 15 to 20 metres deep and about 30 metres in diameter. While there is some indication that the fumarole field has been around for the last 40 years, in July a helicopter pilot who is trained as a geologist noticed the fumaroles on the glacier. On top of that, throughout the summer NRC received reports of a sulphuric smell around the valley of Mount Meager.

In August, various officials toured the glacier by helicopter and collected data but there was no SO2 or CO detected at the scene, which would be an indicator of magma ascent. Besides, there would also be hundreds of small earthquakes before an eruption. Between January 2011 and February 2016, only 92 earthquakes with magnitudes varying from one to two were recorded around the mountain.

The main hazard at Mount Meager, which has been known for quite a long time, is its long history of landslides. The mountain, which is home to the popular Meager Creek Hot Springs, experienced a massive landslide in 2010.

Mount Meager, originally known as Meager Mountain, is a volcanic massif in southwestern British Columbia, Canada. Part of the Cascade Volcanic Arc and the Garibaldi Volcanic Belt, it is located 150 km north of Vancouver, at the northern end of the Pemberton Valley and reaches a maximum elevation of 2,680 m.

The Garibaldi Volcanic Belt has a long history of eruptions. Although Mount Meager has not erupted for more than 2,000 years, it could produce a major eruption. It produced the largest volcanic eruption in Canada in the last 10,000 years. About 2,400 years ago, an explosive eruption formed a crater on its northeastern flank and sent avalanches of hot ash, rock fragments and volcanic gases down the northern flank of the volcano. Evidence for more recent volcanic activity has been documented at the volcano, such as hot springs and earthquakes. Mount Meager has also been the source of several large landslides in the past, including a massive debris flow in 2010 that swept down Meager Creek and the Lillooet River.

Source: Local newspapers and Smithsonian Institution.

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Photo: C. Grandpey