Dernières nouvelles du Kilauea (Hawaii) et du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

drapeau-francaisÀ Hawaii, l’éruption continue au sommet du Kilauea et sur l’East Rift Zone. Les inclinomètres au sommet enregistrent un nouvel épisode d’inflation de l’édifice volcanique et le niveau du lac de lave réagit à ce gonflement du volcan. Sa surface se trouve à environ 11 mètres au-dessous du plancher de l’Halema’uma’u et il ne serait pas surprenant qu’un débordement soit observé dans les heures ou les jours à venir.
Le HVO indique qu’il n’y a pas eu de changements significatifs dans le secteur du Pu’uO’o au cours des derniers jours. La sismicité et la déformation sont assez stables.
La coulée de lave 61g continue d’entrer dans l’océan près de Kamokuna, avec deux entrées principales qui forment des deltas. Des sorties de lave continuent à être observées sur la plaine côtière à environ 2 km en amont de l’entrée de la coulée dans l’océan.
Source: HVO.

hawaii-14-septembreLe lac de lave est parfaitement visible depuis le Jaggar Museum.

Pendant ce temps, l’éruption se poursuit d’une manière stable au Piton de la Fournaise sur l’île de la Réunion. A en juger par les images des webcams, des fontaines de lave jaillissent toujours de la fracture éruptive ; elles alimentent des coulées qui se dirigent vers les Grandes Pentes. L’Observatoire indique que la lave jaillit jusqu’à 20-30 mètres de hauteur. Deux cônes sont en cours d’édification le long de la fissure éruptive.

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drapeau-anglaisIn Hawaii, Kilauea Volcano continues to erupt at its summit and from its East Rift Zone. Summit tiltmeters are recording a new episode of inflationary tilt, and the level of the summit lava lake is rising accordingly slightly. Its surface is about 11 metres below the floor of Halema’uma’u and it would not come as a surprise if an overflow took place in the coming hours or days.
HVO indicates that there have been no noteworthy geological changes at Pu’uO’o over the past days. Seismicity and deformation are quite stable.

The 61g lava flow, continues to supply lava to the ocean near Kamokuna, with two main entry areas, both forming lava deltas.. Breakouts remain active on the coastal plain about 2 km inland from ocean entry.

Source: HVO.

Meantime, the eruption is going on in a stable way at the Piton de la Fournaise on Reunion Island. Judging from the webcam images, lava fountains are still rising from the eruptive fissure and feeding lava flows that travel towards the Grandes Pentes. The Observatory indicates that lava shoots up to 20-30 metres high. Two cones are being built along the eruptive fissure.

 

Augmentation de l’activité volcanique à White Island (Nouvelle Zélande) // New volcanic activity unrest at White Island (New Zealand)

drapeau-francaisDe retour d’Alaska où je suis allé observer les glaciers, je vais pouvoir reprendre le cours normal des informations volcaniques. Sachant avant de partir que la connexion Internet serait parfois difficile, j’avais programmé quelques articles généraux, histoire de faire patienter les visiteurs de mon blog…

Le GNS indique dans son dernier bulletin que le niveau d’activité volcanique à White Island a augmenté le 13 septembre 2016, avec de petites émissions de cendre au niveau d’une bouche située sur le dôme de lave de 2012. En conséquence, le niveau d’alerte volcanique a été relevé de 1 à 3, sur une échelle de 5. La couleur de l’alerte aérienne est passée de Vert à Orange.
Cependant, le GNS fait remarquer que les données de surveillance n’ont pas révélé une nouvelle hausse d’activité depuis la fin de matinée du 13 septembre. La sismicité reste faible sur l’île.
Les volcanologues ont prévu une nouvelle visite le 14 septembre. Une visite à White Island a déjà eu lieu la semaine dernière dans le cadre de la surveillance de routine et afin de mettre à niveau les réseaux magnétique et de déformation du volcan. Les observations au cours de cette visite ont confirmé que le lac de cratère est en train de se reformer et de s’agrandir. Son niveau se situe actuellement à environ 28 mètres sous la berge. Il a augmenté d’environ 3 mètres depuis le 19 mai et la température du lac a diminué. Elle est actuellement de 52 °C.
Le GNS a également effectué aune mise à jour des hautes températures à l’intérieur du cratère. Elles se concentrent dans la zone où un dôme de lave est apparu en 2012. Il y a deux zones de d’émissions de gaz dont la température varie entre 198 et 295 °C, soit une baisse par rapport à août 2016 où elles atteignaient 292-337 °C dans la zone la plus chaude.

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drapeau-anglaisBack from Alaska where I could observe the glaciers, I can resume normal volcanic information. Knowing before leaving that the Internet connection would be difficult, I had programmed a few general articles, just to help the visitors of my blog to be patient …

GNS indicates that the level of volcanic activity at White Island volcano has increased on September 13th, 2016, with minor volcanic ash emitted from a vent on the 2012 lava dome. As a consequence, the Volcanic Alert Level has been raised from 1 to 3 , on a scale of 5. The Aviation Colour Code has been changed from Green to Orange.

However, GNS adds that monitoring data has not revealed any escalation in the level of activity at White Island since late morning. Seismicity remains low on the island.

Volcanologists have planned a new visit on September 14th. GNS staff already visited the volcano last week to continue their routine monitoring and complete reinstating the leveling and magnetic networks. Observations during that visit confirmed the Crater Lake is reforming and growing. It is currently about 28.4 metre below the overflow level. The water level has risen about 3 metres since May 19th and the lake temperature has decreased. It is now 52 ºC.

GNS has also established information on the very high temperatures that are present within the crater. This is the same area where a lava dome grew in 2012. There are two areas of hot gas output and the temperature measurements ranged from 198 to 295 ºC.   These are down on the measurements we made in August when they ranged 292 to 337 ºC in the hottest area.

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Vue du panache de cendre dans le cratère de White Island le 13 septembre 2016.

(Crédit photo: GNS)

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Vue du lac d’acide dans le cratère le 6 septembre 2016 (Crédit photo: GNS)

 

Le soleil, la lune et la faille de San Andreas

drapeau-francaisUne nouvelle étude conduite par des scientifiques de l’USGS a révélé que l’attraction gravitationnelle du Soleil et de la Lune, responsable du déclenchement des marées, peut également provoquer des types particuliers de séismes le long de la faille de San Andreas.
Il y a une dizaine d’années, les chercheurs ont découvert des séismes basse fréquence sur la portion de faille « Parkfield » en Californie où se libère de l’énergie tectonique entre la partie nord et la partie sud de ce secteur.
Les scientifiques ont examiné les données relatives à 81000 séismes du même type enregistrés entre 2008 et 2015 le long de la portion Parkfield, puis ils les ont comparées aux données représentant la marée bimensuelle, autrement dit un cycle de marée de deux semaines. La comparaison a révélé que les séismes se produisent le plus souvent pendant les périodes où la marée monte au rythme le plus rapide.
Il peut sembler surprenant de voir que la Lune, quand son attraction s’exerce dans le sens de glissement de la faille, intensifie et accélère ce dernier. Cela montre que la faille est extrêmement sensible, surtout quand on pense qu’il y a 30 kilomètres de roche qui la surmontent.
La force des marées dépend de la position relative du Soleil et la Lune l’un par rapport à l’autre. Les marées terrestres sont à leur maximum quand les deux astres sont alignés, et à leur minimum quand ils sont perpendiculaires. Certaines failles sont plus sensibles aux marées que d’autres, et leur réaction dépend aussi de leurs caractéristiques, telles que leur orientation ou leur proximité par rapport à la croûte de la planète.
La faille de San Andreas n’est pas orientée d’une manière qui la rendrait sensible à la force maximale des marées. Il est donc très étonnant qu’elle produise ce type de séismes basse fréquence. Ces derniers ont des magnitudes inférieures à  M1 et ils se situent entre 15 et 30 kilomètres sous la surface, à proximité du point de transition entre la croûte et le manteau. Ces séismes sont importants car ils sont susceptibles de fournir aux sismologues de précieuses informations sur la région la plus profonde de la faille qui n’est accessible d’aucune autre manière. Ils leur montrent aussi que la faille se poursuit en dessous de la zone où cessent les séismes classiques et typiques de la faille de San Andreas, à environ 10 ou 12 km de profondeur. Les séismes basse fréquence peuvent servir à mesurer l’amplitude du glissement en un point particulier de la partie profonde de la faille. Ils fournissent également aux sismologues un outil pour mesurer le temps de recharge de la faille en certains endroits. Ils représentent un moyen pour estimer directement la vitesse à laquelle les contraintes s’exercent sur la faille.

Source: Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America (2016).

Il convient de noter qu’en 2002, un article publié dans la revue Geology abordait les effets des marées sur les microséismes des fonds marins. Au cours de l’été 1994, un petit réseau de sismographes installé au fond de l’océan a enregistré 402 événements microsismiques sur une période de deux mois, sur la caldeira sommitale du volcan sous-marin Axial, sur la dorsale Juan de Fuca. Le tremor harmonique a également été enregistrée sur tous les instruments, et les marées terrestres et océaniques ont été enregistrées sur des inclinomètres installés avec les sismomètres. Les microséismes ont montré une forte corrélation avec les marées basses, ce qui laisse supposer que les fracturations se produisent de préférence quand la « recharge » de l’océan est au minimum. Le tremor harmonique, qui est censé correspondre au mouvement du fluide à très haute température dans les fractures, a également connu une périodicité correspondant aux marées.

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drapeau-anglaisA new study led by USGS scientists revealed that the gravitational pull of Sun and Moon, responsible for inducing the tides, can also trigger special types of earthquakes on the San Andreas fault.

The researchers discovered the low-frequency earthquakes on the Parkfield section in California, some 10 years ago. The San Andreas fault releases tectonic energy from the northern to the southern portion at that location.

The scientists surveyed data from 81 000 earthquakes of the same type in the period between 2008 and 2015 along the Parkfield section and then compared them to the data representing the fortnightly tide, a two-week tidal cycle. The comparison revealed the tremors will probably occur during the time when the tide rose at the fastest pace, the waxing period.

It may seem very surprising to see that the Moon, when it’s pulling in the same direction that the fault is slipping, causes the fault to slip more and faster. What it shows is that the fault is extremely weak, given that there are 30 kilometres of rock sitting on top of it.

The strength of occurring tides depends on the relative location of the Sun and Moon in respect of each other. Earth tides are at their maximum when they are aligned and weakest when they are perpendicular. Some faults are more sensitive to the tides than others, and the response also depends on the faults’ characteristics, such as their orientation or the proximity to the planet’s crust.

The San Andreas fault is not oriented in a way which would make it susceptible to the full tidal strength, and that means it is quite amazing it produces the response tremors. Low-frequency earthquakes are of magnitudes lower than 1.0, located between 15 and 30 kilometres below the surface, close to where the crust transitions to the mantle. These tremors are important because they are capable of providing the scientists valuable information about the deeper parts of the fault that cannot be accessed in other way. They tell them that the fault continues down below where the regular or typical earthquakes stop on the San Andreas, about 10 or 12 km deep. The low-frequency earthquakes can be used as measurements of how much slip is happening at each little spot on the deep part of the fault. They also provide the seismologists with a tool to measure the recharge time of the fault along some locations. It is a way to directly estimate the rate at which stress is accumulating on the fault.

Source: Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America (2016).

It should be noted that in 2002 an article released in Geology dealt with the tidal effects on seafloor microearthquakes. In the summer of 1994, a small ocean-bottom seismograph array located 402 microseismic events, over a period of two months, on the summit caldera of the Axial seamount on the Juan de Fuca Ridge. Harmonic tremor was also observed on all instruments, and Earth and ocean tides were recorded on tiltmeters installed within the seismometer packages. Microearthquakes showed a strong correlation with tidal lows, suggesting that faulting is occurring preferentially when ocean “loading” is at a minimum. The harmonic tremor, interpreted as the movement of superheated fluid in cracks, also had a tidal periodicity.

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Vue (en rouge) de la section « Parkfield » de la faille de San Andreas (Source: USGS)

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Dragon’s Back Ridge dans la Plaine de Carrizo (Photo: C. Grandpey)

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Vue de la faille de San Andreas dans la plaine de Carrizo (Photo: C. Grandpey)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Poursuite de l’éruption // The eruption is going on

drapeau-francaisDans son dernier bulletin du 12 septembre au matin (heure locale), l’OVPF indique que l’éruption qui a débuté le 11 septembre à 8h41 (heure locale) se poursuit. Après avoir diminué d’un facteur 4 dans la journée hier, le trémor volcanique est stable depuis 21h00. Les webcams montrent actuellement une fontaine de lave et une coulée qui se dirige vers les Grandes Pentes. Reste à savoir maintenant si cette éruption ne sera qu’un feu de paille ou si elle est partie pour durer…De nombreuses photos de l’éruption sont visibles sur le site du Journal de l’Ile (http://www.clicanoo.re/).

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drapeau-anglaisIn its latest update (September 12th), OVPF indicates that the eruption that started on September 11th at 8:41 (local time) is going on. After a fourfold decrease yesterday, the eruptive tremor has stabilised. The webcams currently show a lava fountain and a lava flow that travers along the Grandes Pentes. The question now is to know whether this eruption will be short-lived or if it will go on for a long time… Photos of the eruption can be seen on the website of the Journal de l’Ile. (http://www.clicanoo.re/)