La sécurité en Ethiopie

Alors qu’une compatriote a été victime d’un enlèvement au Yémen – que les ressortissants français sont invités à quitter dans les meilleurs délais – je suis allé voir sur le site du Ministère des Affaires Etrangères (http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs/conseils-par-pays/ethiopie-12309/) quels conseils étaient donnés aux voyageurs ayant l’intention de se rendre en Ethiopie, en particulier dans la région de l’Erta Ale et du Danakil.

Voici ce que l’on peut lire :

Dépression des Danakils (Dernière mise à jour le: 9 février 2015 – Information toujours valide le: 25 février 2015)

La région des Danakils se trouve le long de la frontière avec l’Erythrée, pays avec lequel l’Ethiopie n’entretient plus de relations diplomatiques depuis la guerre de 1999-2000. Il est possible à tout moment que des tensions entre les deux pays aient des répercussions importantes sur la sécurité. Il y a par ailleurs régulièrement des tensions au sein de la communauté afar ou entre celle-ci et les autorités éthiopiennes, qui peuvent parfois dégénérer en incidents plus ou moins violents. D’une façon générale, les déplacements touristiques dans les régions du Mont Dallol et du volcan Erta Ale sont donc déconseillés. Plusieurs attaques et tentatives d’enlèvement contre des touristes étrangers s’y sont déroulées en 2007, 2008 et 2009. Par ailleurs, des véhicules ont été détruits par des mines en 2009. Enfin, en janvier 2012, un groupe de touristes européens a été attaqué alors qu’il bivouaquait sur le Erta Ale : 5 d’entre eux ont été tués; 2 ont été enlevés et libérés un mois plus tard. Les responsabilités exactes dans cette affaire n’ont pas pu être clairement établies à ce jour. Depuis les événements de janvier 2012, les autorités éthiopiennes ont renforcé les moyens de sécurité, dans la région, en particulier dans la région du Erta Ale. Tous les déplacements dans les Danakils se font sous escorte de plusieurs policiers et militaires armés qui montent dans les véhicules et encadrent toutes les excursions. Ce dispositif peut toutefois être allégé voire supprimé sans préavis. Par ailleurs, la couverture téléphonique GSM a été étendue au Dallol. En revanche, la zone du Erta Ale ne bénéficie d’aucune couverture téléphonique à plusieurs dizaines de km à la ronde. Il avait fallu plus de 12 heures aux touristes blessés pour appeler des secours qui avaient mis ensuite une douzaine d’heures pour atteindre la zone.

Au regard des dispositions prises par les autorités éthiopiennes :

1 – Tout déplacement dans la zone du Erta Ale reste formellement déconseillé compte tenu des risques très élevés qui perdurent. Outre le risque criminel qui ne peut être écarté, les conditions extrêmes et l’impossibilité d’assurer une évacuation correcte en cas d’accident rendent cette région particulièrement dangereuse.

2 – La zone du Dallol présente des risques moins élevés mais exige d’être abordée avec de très grandes précautions. Elle est donc déconseillée sauf raisons impératives. Tout déplacement dans cette région s’effectue aux risques et périls des visiteurs.

En tout état de cause, un séjour dans la région doit être impérativement organisé par l’intermédiaire de tours opérateurs particulièrement sérieux et expérimentés. Même parmi les agences spécialisées dans les voyages « extrêmes », en France comme en Ethiopie, les services offerts sont de qualité inégale. En tout état de cause, il est déconseillé de recourir aux agences qui démarchent les touristes à l’aéroport de Makele. Parmi les critères de référence qui peuvent servir de repères pour sélectionner les agences, il paraît impératif de retenir au moins les critères suivants:

  • Déplacement avec au moins deux véhicules en bon état et emport de pièces mécaniques de rechange;
  • Disposition d’un téléphone satellitaire, garantissant une liaison sûre avec la base de départ ou l’ambassade;
  • Ressources suffisantes en vivres, en eau et en carburant.
  • Emport d’un nécessaire médical approprié à la zone (cachets de sel, vitamines, anti-diarrhéiques…);
  • Un encadrement professionnel des touristes impliquant un temps de séjour sur le site limité à quelques heures et des itinéraires de visite sécurisés.

Enfin, la dépression des Danakils étant l’un des points les plus chauds de la planète, il est recommandé, avant son départ, de s’assurer auprès de son médecin traitant que son état de santé ne contrevient pas à un tel voyage. Le déplacement d’enfants de moins de 15 ans et de personnes âgées ou cardiaques est formellement déconseillé. Les voyageurs doivent signaler leurs itinéraires aux autorités locales à Berahile et ne pas se déplacer sans les autorisations nécessaires. Ils doivent également s’assurer que les agences de voyages qui les prennent en charge ont bien déposé leur feuille de route auprès du bureau du tourisme Afar.

En cas d’agression, il est impératif de garder son sang froid, d’obtempérer et de ne rien tenter qui risquerait de faire dégénérer la situation.

°°°°°°°°°°

Libre à chacun de partir en Ethiopie ou d’aller voir ailleurs dans le monde, en sachant que la sécurité zéro n’existe pas, même dans un pays considéré comme « sûr ». Ayant eu l’occasion de voir le lac de lave du Kilauea, celui de l’Erta Ale ne fait pas partie de mes priorités. Je serais davantage attiré par la beauté sauvage du Danakil mais j’ai déjà connu les escortes armées au Guatemala et je préfère la compagnie des ours à celles des kalachnikovs…

Erta-ale

Cratère de l’Erta Ale en 2008  (Crédit photo:  Wikipedia).

Une réflexion au sujet de « La sécurité en Ethiopie »

  1. Bonjour Claude,
    « L’Ours ou la proie !? »
    Même s’il est indispensable de rappeler l’état de la situation pour le moins risquée de l’est de l’Ethiopie, et c’est bien salutaire que vous le fassiez, il n’empêche que cette région du monde est véritablement un haut lieu du volcanisme et de la dynamique de la Planète. M’y étant rendu en 2007, les mises en gardes et menaces étaient exactement les mêmes qu’aujourd’hui. C’est cependant grâce aux relationnel et à l’organisation de Guy de Saint Cyr que ce périple à pu s’effectué sans trop d’inquiétude. Par exemple, privés de nos sacs de couchages et vêtements chauds, restés « confisqués » par quelques individus lors de leur acheminement en chameau, nous avons pu gouter aux nuits froides de l’Erta Ale, blottis « confortablement » dans les cheveux de Pelée, et constater le colossale écart de température qui existe entre le jour et la nuit dans cette région du globe réputée être l’une des plus chaude. Mais il ne faut pas oublier que, finalement moins chanceux que nous, le groupe de visiteurs qui nous a suivi a lui trouvé la mort sauvagement attaqué par une bande armée.
    Mis à part l’époustouflant spectacle du lac de lave actif de l’Erta Ale et de ses alentours, l’étonnant et grandiose paysage du rift que le Marabout semble contempler sans émotion, le subjuguant phénomène du dallol, les paysages d’éruptions fissurales à en couper le souffle, l’étrange cohabitation de l’obsidienne et des fossiles marins, la valse effrénée des nyalas et des autruches, l’émouvant plaisir d’offrir aux écoliers un stylo ou un cahier à chaque rencontre et de pouvoir un peu discuter, et tout ceci ne manquant certes pas de « sel », il n’empêche que personnellement mis en joug par un jeune fou d’un village Afar, j’ai pris conscience de l’éminent danger de la situation qui porte essentiellement sur la mise en péril insensée de sa propre vie.
    Si c’est effectivement à chacun de juger si « le jeu en vaut la chandelle », personnellement, en tant que volcanophile, j’accepterai à la rigueur de finir mes jours lapidé sur les pentes de l’Otaké ou même volatilisé sur le Galeras, mais ce qui me serait insupportable serait la perforation mortelle des bales de Kalachnikovs, ayant une grande aversion pour ce procédé barbare, et finalement totalement inutile et en l’occurrence abjecte.
    Ce qui étant fait, n’est plus à refaire, et malgré les affirmations encore renouvelées de Guy de Saint Cyr quand à la pleine sécurité de ses invitations Danakiliennes, on ne peut véritablement pas conseiller à qui que se soit de tenter en ce moment cette déraisonnable expérience. Laissons plutôt « Lucie » reposer en paix et Lalibela demeurer bien protégée dans son rocher encore un petit moment
    Par ailleurs, ayant un peu peur des ours, je préfèrerai personnellement si c’était possible, m’orienter vers d’autres animaux tels que les bisons du Yellowstone, les baleines à bosse du Saint Laurent ou même les éléphants du Sri Lanka.
    Bien Cordialement
    Pierre Chabat

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.