Quelques frémissements sur le Mauna Loa, mais pas d’éruption en vue pour le moment // Some trembling on Mauna Loa, but no eruption in the short term

drapeau francaisBien qu’il n’y ait aucun signe d’éruption imminente, le HVO a observé une hausse de l’activité sismique sur les flancs et le sommet du Mauna Loa au cours des 13 derniers mois.
Quatre essaims ont été enregistrés depuis mars 2013. Chaque événement a débuté par des secousses au nord-ouest du sommet (Moku’āweoweo Crater), entre 4 et 15 km de profondeur ; ces secousses ont été suivies d’autres à faible profondeur au sommet, quelques jours à un mois plus tard. Elles avaient toutes des magnitudes inférieures à M2.2, sauf pour un événement de M3.5 le 9 mai 2014.
Les essaims récents ne se sont pas accompagnés d’une déformation de la surface du sol, facteur qui signifierait l’intrusion d’importantes quantités de magma à faible profondeur sous le Mauna Loa.
Il faut remarquer que le réseau de surveillance sismique du Mauna Loa a été considérablement amélioré depuis 1984. Les instruments sont maintenant en mesure de détecter et de localiser les très petits séismes, ce qui n’était pas le cas avec le matériel des années 1980. Il est probable que beaucoup de petites secousses observées actuellement n’auraient pas été détectées avant l’éruption de 1984.
Bien que la magnitude et le nombre de séismes observés au cours des 13 derniers mois aient été nettement plus faibles que dans les trois années qui ont précédé l’éruption de 1984, ils se sont produits dans les mêmes secteurs du volcan (voir cartes ci-dessous). L’essaim sismique de septembre-octobre 2013 a eu lieu sur le flanc nord-ouest, au même endroit que l’un des essaims qui se sont produits avant l’éruption de 1984. Le 9 mai 2014, un événement de M 3.5 s’est produit dans la même région de la Southwest Rift Zone que plusieurs événements d’une magnitude égale ou supérieure à M 3 avant l’éruption de 1984.
Un autre paramètre indique qu’une éruption est peu probable à court terme sur le Mauna Loa: Aucun changement significatif n’a été observé dans les émissions de SO2 et de CO2, ainsi que dans la température des fumerolles qui s’échappent du cratère Mokuaweoweo. En mai, ces températures atteignaient une moyenne de 75 à 76 ° C, supérieure toutefois aux 71,7 ° C relevés il y a plusieurs mois.

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drapeau anglaisWhile there are no signs of impending eruption, HVO has recorded an increased level of seismic activity on the flanks and summit of Mauna Loa over the past 13 months.

Four distinct earthquake swarms have occurred since March 2013. Each event began with earthquakes northwest of the summit (Moku‘āweoweo Crater) at 4 to 15 km deep, followed by shallow earthquakes at the summit from several days to one month later. These earthquakes have all been less than M2.2, except for an  M3.5 event on May 9th, 2014.

The recent swarms have not been associated with the deformation of the ground surface that would mean an intrusion of significant amounts of magma into shallow levels beneath Mauna Loa.

The seismic network that monitors Mauna Loa has been significantly improved since 1984. It is now better able to detect and locate smaller earthquakes than the previous equipment. It is likely that many of the small earthquakes that we currently observe would not have been detected by HVO’s seismic monitoring prior to the 1984 eruption.

Though the size and number of earthquakes observed over the past 13 months has been significantly smaller than those observed in the three years prior to the 1984 eruption, they have been occurring in the same general areas of the volcano (see maps below).

The swarm in September-October 2013 occurred on the northwest flank, the same location as one of the swarms that occurred prior to the 1984 eruption. The May 9, 2014, M 3.5 earthquake occurred in the same area of the upper Southwest Rift Zone as many M 3 or greater earthquakes prior to the 1984 eruption.

Another parameter indicates that an eruption is unlikely to occur in the short term on Mauna Loa: No significant changes in SO2, CO2 were recorded by the Mokuaweoweo gas and temperature monitors in May. Daily average fumarole temperature during the month declined from 76 to 75° C, still not back down though to the 71.7°C average of several months ago.

Mauna-Loa-séismes

Source:  USGS / HVO.

Mauna-Loa-blog

Moku’āweoweo Crater, un jour de février 1996, sous la neige…  (Photo:  C. Grandpey)

Haroun Tazieff a-t-il réveillé l’Etna?

drapeau francaisC’est assez extraordinaire : c’est au moment où on célèbre dans l’Hérault  le Centenaire de la naissance d’Haroun Tazieff que l’Etna – sûrement le volcan préféré de Garouk – décide de reprendre du service ! Après quelques épisodes relativement discrets d’activité strombolienne ces derniers jours, l’intensité éruptive s’est accélérée et a culminé avec des fontaines et coulées de lave les 14 et 15 juin. L’événement n’atteint pas les sommets des paroxysmes qui ont secoué l’Etna ces derniers mois, mais il n’en est pas moins spectaculaire. Les images des webcams montrent que la lave s’écoule en direction de la Valle del Bove.

En ce moment le tremor a tendance à plafonner, ce qui semblerait indiquer que l’activité a atteint son intensité maximale. Il nous reste à attendre et voir ce que l’Etna nous réserve pour les prochains jours…

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drapeau anglaisThis is quite extraordinary: While we were celebrating in Hérault the Centenary of Haroun Tazieff’s birth, Mount Etna – probably Garouk’s favorite volcano – decided start erupting again! After a few relatively discrete episodes of Strombolian activity in recent days, the intensity of the eruption accelerated and culminated with lava fountains and flows on 14 and 15 June The event did not reach the height of the paroxysms that rocked Mount Etna in recent months, but it is quite spectacular. Webcam images show that lava is flowing toward the Valle del Bove.
This evening, the tremor tends to level off, which suggests that activity has reached its maximum intensity. We now have to wait and see what Etna has in store for the next few days…

Etna-15-juin

L’Etna vu ce soir par la webcam LAVE

Etna-15-juin-2

Le tremor semble se stabiliser  (Source: INGV)

Les volcans font fondre les glaciers de l’Antarctique // Volcanoes are melting Antarctic glaciers

drapeau francaisDans une note publiée le 17 mai 2014, j’expliquais que la fonte des glaciers de l’Ouest Antarctique est en train de s’accélérer. Aujourd’hui, une nouvelle étude montre que les volcans sous-glaciaires et d’autres «points chauds» géothermiques contribuent à la fonte du glacier Thwaites. Des parties du glacier situées à proximité de zones géologiques d’origine volcanique fondent plus vite que les régions qui sont plus éloignées des points chauds. Cette fonte pourrait affecter de manière significative la perte de glace dans l’Ouest Antarctique.
Les chercheurs savent depuis longtemps que des volcans se cachent sous la glace de l’Antarctique occidental. Il s’agit d’une région sismiquement active, où l’Est et l’Ouest s’écartent l’un de l’autre. En 2013, une équipe scientifique a même découvert un volcan sous la calotte glaciaire de l’Antarctique Ouest (voir ma note du 21 Novembre, 2013).
L’ouest de l’Antarctique est également en train de perdre sa glace à cause du changement climatique et des études récentes ont suggéré qu’il n’existe aucun moyen d’inverser le recul des glaciers de cette région du globe. Toutefois, le délai de leur disparition est incertain: des centaines d’années? Des milliers d’années? Il est important de connaître la réponse, étant donné que l’eau de fonte de la calotte glaciaire de l’Antarctique Ouest contribue directement à l’élévation du niveau de la mer.
Les scientifiques utilisent des modèles informatiques pour tenter de prédire l’avenir de la couche de glace mais, jusqu’à présent, ils n’avaient pas réussi à comprendre le processus qui anime l’énergie géothermique sous-glaciaire. En effet, le volcanisme n’est pas uniforme et les points chauds géothermiques font fondre certaines régions plus rapidement que d’autres.
Pour essayer de comprendre le comportement de l’énergie géothermique sous-glaciaire, les chercheurs se sont appuyés sur une étude publiée en 2013 qui avait cartographié le système de chenaux sous le glacier Thwaites. En utilisant les données radar fournies par les satellites en orbite, ils ont pu déterminer les zones où ces flux sous-glaciaires étaient trop importants pour être expliqués par le seul flux en provenance de l’amont. Ils ont ensuite analysé la géologie sous-glaciaire de la région et ont constaté que les points où la glace fondait le plus vite se situaient essentiellement près des volcans connus ou supposés connus de l’Ouest Antarctique, ou à proximité d’autres points chauds. L’un d’eux se trouve à côté du Mont Takahe, un volcan qui émerge de la couche de glace.
Le flux thermique moyen minimum sous le Glacier Thwaites est de 114 milliwatts par mètre carré, avec quelques zones où l’on relève 200 milliwatts par mètre carré ou plus. En comparaison, le flux de chaleur moyen du reste des continents est de 65 milliwatts par mètre carré.
La fonte de la glace produite par les volcans sous-glaciaires pourrait accélérer l’écoulement de l’eau dans la mer. Pour comprendre à quel point les volcans sont responsables de cet écoulement et ce que cela signifie pour l’avenir de la calotte glaciaire de l’Antarctique Ouest, les glaciologues et les climatologues devront inclure dans leurs modèles ces nouveaux paramètres qui sont plus précis que ceux en leur possession jusqu’à présent.

Source : Fox News.

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drapeau anglaisIn a note released on May 17th, 2014, I explained that the melting of West Antarctica glaciers was accelerating. Now, a new study finds that subglacial volcanoes and other geothermal « hotspots » are contributing to the melting of Thwaites Glacier. Areas of the glacier that sit near geologic features thought to be volcanic are melting faster than regions farther away from hotspots. This melting could significantly affect ice loss in the West Antarctic.

Researchers have long known that volcanoes are hiding under the ice of West Antarctica. This is a seismically active region, where East and West Antarctica are rifting apart. In 2013, a team of scientists even found a volcano beneath the West Antarctic Ice Sheet (see my note of November 21st, 2013).

West Antarctica is also losing its ice because of the climate change, and recent studies have suggested there is no way to reverse the retreat of West Antarctic glaciers. However, the timing of this retreat is still in question : Hundreds of years? Thousands of years? It is important to understand which, given that meltwater from the West Antarctic Ice Sheet contributes directly to sea level rise.

Scientists use computer models to try to predict the future of the ice sheet, but up to now, they had failed to understand the process of subglacial geothermal energy. Indeed, volcanism isn’t uniform as geothermal hotspots influence melting more in some areas than in others.

To try and understand subglacial geothermal energy, the researchers built on a previous study published in 2013 that mapped out the system of channels that flows beneath the Thwaites Glacier. Using radar data from satellites, they were able to figure out where these subglacial streams were too full to be explained by flow from upstream. Next, they checked out the subglacial geology in the region and found that fast-melting spots were disproportionately clustered near confirmed West Antarctic volcanoes, suspected volcanoes or other presumed hotspots. One of them is next to Mount Takahe, which is a volcano that sticks out of the ice sheet.

The minimum average heat flow beneath Thwaites Glacier is 114 milliwatts per square metre, with some areas giving off 200 milliwatts per square metre or more. In comparison, the average heat flow of the rest of the continents is 65 milliwatts per square metre.

The melt caused by subglacial volcanoes could lubricate the ice sheet from beneath, hastening its flow toward the sea. To understand how much the volcanic melt contributes to this flow and what that means for the future of the West Antarctic Ice Sheet, glaciologists and climate scientists will have to include the new, more accurate findings in their models.

Source : Fox News.

Glaciers-Antarctique

Source:  British Antarctic Survey.

Santiaguito (Guatemala): Lahars et coulées pyroclastiques

drapeau francaisEn raison des fortes pluies, plusieurs lahars ont affecté le Santiaguito au cours des dernières semaines. Le 6 juin, une impressionnante coulée de boue s’est engouffrée dans la ravine de la rivière Nima I sur le flanc S du dôme volcanique. Elle est descendue en formant des vagues de 5-9 mètres de hauteur, une largeur de 80 mètres, avec des blocs jusqu’à 5 mètres de diamètre. Elle a vite recouvert les berges de la rivière et s’est dirigée vers une ferme voisine. Le personnel de l’OBSAN (Observatorio de Seguridad Alimentaria) a dû quitter les lieux ; du matériel scientifique a été anéanti ou endommagé. Le 7 juin, un autre lahar a emprunté le lit de la rivière Samala, un affluent de la rivière Nima I. Les 7 et 8 juin, des coulées de lave, incandescentes la nuit, sont descendues sur le flanc E du volcan. Les 8  et 9 juin, des explosions généraient des panaches de cendre jusqu’à 500 mètres de hauteur.
L’INSIVUMEH a mis en ligne une vidéo spectaculaire montrant une coulée pyroclastique le 9 mai dernier sur le Santiaguito:
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=sRFiYWweacs

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 drapeau anglaisDue to the heavy rains, several lahars affected Santiaguito during the past weeks. On June 6th, a large mudflow descended the Nima I river drainage on the S flank of the volcano’s lava-dome complex. It came in waves, 5-9 metres high, was 80 metres wide, and carried blocks up to 5 metres in diameter. It overtopped the river banks and flowed to a nearby farm. The staff working at OBSAN (Observatorio de Seguridad Alimentaria) had to evacuate; some important scientific equipment was lost and damaged. Another lahar descended the Samala River, a tributary of the Nima I river, on June 7th. On June 7th and 8th, slow-moving lava flows, incandescent at night, descended the E flank. Explosions on June 8th and 9th generated ash plumes that rose up to 500 metres.

INSIVUMEH has released a dramatic video showing a pyroclastic flow that occurred on May 9th at Santiaguito volcano:

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=sRFiYWweacs