Les coulées de lave de la planète Mars // The lava flows of Mars

On pouvait lire ces derniers temps dans la presse américaine plusieurs articles expliquant que des coulées de lave avaient envahi d’anciennes plaines martiennes. L’un d’entre eux présente un contenu à la fois succinct et abondamment illustré grâce à des images acquises le 28 novembre 2013 par la sonde Mars Express lancée par l’Agence Spatiale Européenne. La sonde se trouvait alors au niveau de la bordure orientale de la région volcanique des Tharsis Montes – ou Monts Tharsis – là où se trouvent les volcans les plus imposants de la planète.

Vous trouverez l’original du document ainsi que les images à cette adresse :

http://www.tgdaily.com/space-features/89676-lava-floods-the-ancient-plains-of-mars

S’appuyant sur la photo principale (voir ci-dessous), l’auteur de l’article nous explique que deux éruptions volcaniques bien distinctes ont recouvert de lave une partie de Daedalia Planum (haut plateau de 350 km de diamètre) tout en contournant un vieil accident de terrain. La lave visible sur l’image provient d’Arsia Mons, le volcan le plus méridional du complexe Tharsis qui se trouve à un millier de kilomètres au NO de cette région. On pense que ce volcan a été actif jusqu’à il y a des dizaines de millions d’années, ce qui est relativement récent à l’échelle géologique de la planète Mars qui couvre 4,6 milliards d’années.

Mars-blog

(Crédit photo:  ESA)

 

Volcans des Galapagos et archipel hawaiien

drapeau francaisDans une note publiée le 6 février 2014, je mentionnais une étude parue le 19 janvier dans la revue Nature Geoscience ; elle nous apprenait que le panache volcanique qui a donné naissance aux Iles Galapagos ne se situe pas là où les scientifiques espéraient le trouver.

Une nouvelle étude réalisée par des chercheurs de l’Université de Rochester permet une meilleure approche du système d’alimentation des volcans des Galapagos, tout en mettant en évidence une différence majeure avec l’archipel hawaiien. Les résultats de cette étude ont été publiés dans le Journal of Geophysical Research.
Pour effectuer leur travail, les scientifiques ont installé 15 sismomètres autour du Sierra Negra (Ile Isabela), le volcan le plus imposant et le plus actif. Cet équipement a servi à mesurer la vitesse et la direction des ondes générées par les séismes sous ce volcan. Dans la mesure où le comportement des ondes varie selon la température et le type de matériaux qu’elles traversent, les données recueillies ont permis aux chercheurs de construire une image 3D du système d’alimentation qui existe sous le volcan.

Galapagos-graphique

A une profondeur de 5 km se trouve le début d’une grande chambre magmatique située en partie à l’intérieur de l’ancienne croûte océanique qui est enfouie sous plus de 8 km de couches de roches éruptives. La croûte océanique semble reposer sur une épaisse sous-couche de roche qui s’est formée lorsque le magma qui se frayait un chemin vers la surface se retrouva bloqué sous la croûte et se refroidit, processus très similaire à celui observé dans l’archipel hawaiien. Un autre point commun avec Hawaii est la présence d’une vaste chambre remplie d’un magma refroidi contenant des minéraux cristallisés.
Les Iles Galapagos se sont formées à partir d’un point chaud dans la plaque de Nazca, selon un processus très similaire à la création des îles hawaiiennes. Au cours du déplacement de la plaque vers l’ouest, de nouvelles îles sont apparues et ont formé l’archipel des Galapagos tel que nous le connaissons aujourd’hui.
Bien qu’il existe plusieurs similitudes entre Hawaii et les Galapagos, les chercheurs ont découvert une différence majeure. Les volcans plus anciens des îles hawaïennes sont inactifs, voire éteints, parce qu’ils se sont éloignés du point chaud. A l’inverse, aux Galapagos, les volcans sont reliés au même système d’alimentation. En examinant des vues satellitaires des volcans, les scientifiques ont remarqué que lorsque le magma s’enfonçait sous un volcan, il réapparaissait dans un volcan différent, ce qui laisse supposer que certains des volcans les plus jeunes ont des connexions magmatiques, même si ces connexions ne sont que temporaires .
Source : University of Rochester: http://www.rochester.edu/news/show.php?id=8472

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drapeau anglaisIn a note published on February 6th 2014, I mentioned a study released on January 19th in the journal Nature Geoscience that told us that the volcanic plume that gave birth to the Galapagos Islands is not where scientists thought it was.

A new study by University of Rochester scientists is providing a better picture of the subterranean plumbing system that feeds the Galapagos volcanoes, as well as a major difference with the Hawaiian Islands. The findings have been published in the Journal of Geophysical Research.

In order to perform their study, the researchers buried 15 seismometers around Sierra Negra, the largest and most active volcano in the Galapagos. The equipment was used to measure the velocity and direction of different sound waves generated by earthquakes as they traveled under Sierra Negra. Since the behaviour of the waves varies according to the temperature and types of material they’re passing through, the data collected allowed the researchers to construct a 3D image of the plumbing system beneath the volcano.

(see sketch above)

At a depth of 5 kilometres is the beginning of a large magma chamber lying partially within old oceanic crust that had been buried by more than 8 km of eruptive rock layers. The oceanic crust has what seems to be a thick underplating of rock formed when magma that was working its way toward the surface became trapped under the crust and cooled, a process very similar to the one observed under the Hawaiian Islands. Another common point is the presence of a large chamber filled with a cooled magma that includes crystallized minerals.

The Galapagos Islands formed from a hotspot within the Nazca plate in a process very similar to how the Hawaiian Islands were created. As the plate made its way westward, new islands formed, resulting in the present-day Galapagos Archipelago.

While there are several similarities between the two island chains, the researchers uncovered a major difference. The older volcanoes in the Hawaiian Islands are extinct, because they’ve moved away from the hotspot. In the Galápagos, the volcanoes are connected to the same plumbing system. By studying satellite views of the volcanoes, the scientists noticed that, as the magma would sink in one, it would rise in a different volcano, indicating that some of the youngest volcanoes had magma connections, even if those connections were temporary.

Source : The University of Rochester:  http://www.rochester.edu/news/show.php?id=8472

Sierra-negra

L’éruption du Sierra Negra le 22 octobre 2005 vue depuis l’espace  (Crédit photo:  NASA)

Le Merapi s’énerve (Ile de Java / Indonésie) // Mount Merapi may get nervous

drapeau francaisSelon le Jakarta Post, le Merapi a connu un épisode éruptif lundi matin vers 6h54 avec un nuage de cendre qui s’est propagé jusqu’à 7 kilomètres du cratère. Des retombées de cendre ont laissé une couche d’un millimètre d’épaisseur dans de nombreux villages du centre de Java. La ville de Yogyakarta a été affectée elle aussi par la pluie de cendre.
L’éruption peut avoir été provoquée par un séisme tectonique de M 5,4 qui a été enregistré dimanche soir à 115 km au sud-est du district de Malang.
Toutefois, les volcanologues locaux indiquent que ce type d’émission de cendre est observé régulièrement depuis la grande éruption du Merapi en 2010. Il ne s’agit pas d’une augmentation de l’activité volcanique. Par conséquent, il est demandé aux habitants qui vivent à proximité du volcan de rester calmes.

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drapeau anglaisAccording to the Jakarta Post, Mount Merapi erupted on Monday morning at around 6:54 a.m. with an ash cloud that spread up to 7 kilometres from the crater with ashfall that left a one-millimetre-thick layer in many villages of Central Java. Yogyakarta was affected as well by the ashfall.

The eruption may have been sparked by an M 5.4 tectonic earthquake which occurred 115 kilometres southeast of Malang regency on Sunday evening.

However, local volcanologists indicate that the discharge of volcanic ash constitutes a regular phenomenon after the major eruption of Mt. Merapi in 2010, and not a sign of escalation of activity. Therefore, residents who live in nearby villages are asked to remain calm.

Moment d’évasion: La Fête de l’Ours en Vallespir

Après les ours de l’Alaska, voici ceux du Vallespir !

Tous les ans au début du mois de mars se déroule la Fête de l’Ours dans trois villages du Vallespir, dans les Pyrénées Orientales: Arles-sur-Tech, Prats-de-Mollo-la-Preste et Saint-Laurent-de-Cerdans. Cette fête est née à partir d’une légende:

Un jour, un ours qui cherchait une compagne aurait enlevé une jeune et jolie bergère après avoir massacré ses brebis. Il la garda prisonnière dans sa tanière pour lui voler son âme et sa virginité. Chasseurs, paysans et bûcherons furent lancés à sa poursuite par le maire du village. Une grande chasse à l’ours dès lors commença. Il fallut des jours et des nuits pour trouver la trace de l’ours. Enfin, un beau jour, les hommes découvrirent sa tanière. La jeune bergère était là, saine et sauve, mais pétrifiée par la peur. Avant qu’ils puissent repartir, l’ours revint de sa chasse et un grand affrontement commença, avec de nombreuses victimes. Les hommes réussirent finalement à prendre le dessus et enchaînèrent l’ours. Ils repartirent victorieux, accompagnés de l’animal et de la jolie bergère. Quand ils arrivèrent au village, le maire ordonna une grande fête. Ils rasèrent l’ours à l’aide d’une hache, lui rendant ainsi une apparence plus humaine. Au fil du temps, ils réussirent à l’apprivoiser et le chargèrent des tâches les plus pénibles du village.

C’est de cette légende que naquit la Fête de l’Ours dans tout le Vallespir,  une fête à laquelle j’ai assisté à Saint-Laurent-de-Cerdans le 9 mars dernier. C’est vraiment la fête, avec bandas et sardanes. C’est aussi une jolie bousculade dans les rues étroites du village qui, ne l’oublions pas, se trouve dans une terre de rugby!

Les habitants d’Arles-sur-Tech, Prats-de-Mollo-la-Preste et Saint-Laurent-de-Cerdans sont très fiers de ce patrimoine. Conscients de l’intérêt grandissant que suscite ces manifestations, mais aussi des risques de perte de ces valeurs fondatrices, ils ont exprimé d’un commun accord la nécessité de présenter une candidature afin d’inscrire « la Fête de l’Ours » sur la liste représentative du Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité auprès de l’UNESCO.

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Seul un homme à la carrure de rugbyman peut revêtir la peau de l’ours…

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La Fête de l’Ours est un moment de grande ferveur populaire…

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Au final, l’ours est rasé à la hache, comme dans la légende…

(Photos: C. Grandpey)