Cerro Machín (Colombie)

   Le 10 février 2013, l’INGEOMINAS a diffusé un bulletin spécial précisant qu’un accroissement de la sismicité était observé sur le Cerro Machín, avec un essaim de plus de 210 événements. Parmi eux, les sismos ont enregistré une secousse de M 2,9 à une profondeur de 4,7 km qui a été ressentie par la population.

ML’INGEOMINAS fait remarquer à juste titre que ce type de sismicité est relativement fréquent sur le Machín, un peu comme sur le Nevado del Huila, autre volcan colombien, où un essaim semblable avait été observé fin mai 2012 (voir note sur mon blog à cette époque).

Le GVN indique que la dernière éruption du Machín a eu lieu il y a 1180 ans ± 150.

 

   On February 10th 2013, INGEOMINAS released a special bulletin indicating that seismicity of Cerro Machín had increased with a seismic swarm of more than 210 events. Among them, seismographs detected an M 2.9 event at a depth of 4.7 km that was felt by the population. . INGEOMINAS rightly points out that such seismicity has already occurred at Machín, just like it happened in late May 2012 at Nevado del Huila, another Colombian volcano.

GVN indicates that Machín’s last eruption occurred 1180 ± 150 years ago.

Un test nucléaire en Corée du Nord peut-il déclencher une éruption? // North Korea nuclear test likely to cause an eruption?

   On peut lire sur le site web Russia Today que le troisième test nucléaire prévu par la Corée du Nord pourrait déclencher une éruption du Mont Baekdu, volcan en sommeil situé à 110 km du site d’essais de Punggye-ri. La dernière éruption remonte à 1925 et un géologue sud-coréen estime que le prochain test pourrait avoir un impact direct ou indirect sur l’activité de ce volcan.

La menace d’une éruption se trouve renforcée par plusieurs facteurs comme l’élévation de près de 10 centimètres du sommet du Mont Baekdu depuis 2002 sous la poussée de la chambre magmatique qui sommeille sous l’édifice. De plus, en 2006 un satellite a détecté une augmentation de la température de surface quelques jours après un test nucléaire souterrain effectué par la Corée du Nord dans la partie nord du pays.

Le premier test nucléaire sur le site de Punggye-ri en 2006, avec une énergie dégagée d’environ 1 kilotonne, a généré un séisme de M 3,6. Le test suivant, en 2009, avec une puissance estimée à 2-6 kilotonnes, a produit un séisme de M 4,4 sur l’échelle de Richter. Les observateurs nord-coréens estiment que le troisième test pourrait avoir une énergie dégagée d’environ 20 kilotonnes, soit l’équivalent de la bombe de Nagasaki (21 kilotonnes) en 1945.

Les scientifiques japonais, quant à eux, établissent un lien entre les dernières éruptions du Mont Baekdu et des contraintes souterraines subies par la région. Par exemple, le volcan est entré au moins 6 fois en éruption entre le 14ème et le 20ème siècle et, chaque fois, l’événement faisait suite à un séisme au Japon. Les volcanologues nord-coréens ont observé une activité anormale dans le lac au sommet du volcan après le séisme de M 9 qui a secoué le Japon en mars 2011. A l’époque le Korean Times indiquait que l’eau du lac était très agitée et éclaboussait fortement, avec une augmentation de son niveau de 60 centimètres. Une éruption pourrait entraîner une inondation sur un rayon de 30 km, endommager des structures et mettre en danger la vie des habitants. De plus, la cendre volcanique pourrait causer de fortes perturbations au trafic aérien en Corée, en Chine, en Russie et au Japon, avec de sévères répercussions sur les activités commerciales.

L’article aborde plus ou moins directement le lien entre séismes et volcans. Cette relation n’a jamais été vraiment prouvée. C’est l’un des chevaux de bataille des Japonais qui redoutent que les séismes répétés dans leur pays réveille le vénérable et vénéré Mont Fuji. Jusqu’à présent, il ne s’est rien produit. D’un point de vue personnel, je ne pense pas qu’il existe un lien réel entre séismes tectoniques et éruptions volcaniques.  En revanche, un séisme tectonique puissant est susceptible de fragiliser, voire déstabiliser, un édifice volcanique et provoquer des glissements de terrain.

Dernière minute: La Corée du Nord a indiqué ce matin que le 3ème essai nucléaire venait d’avoir lieu. Il est effectivement plus puissant que les précédents.  Selon l’USGS, le test a provoqué un séisme de M 5.1 à l’ENE de Sungjibaegam, à 1 km de profondeur.

 

   We can read on the website Russia Today that the anticipated North Korean third nuclear test may trigger an eruption of Mt. Baekdu, a dormant volcano located 110 kilometres from the North Korean Punggye-ri nuclear site and whose last activity dates back to 1925. According to a South Korean geologist, the nuclear test will probably exert a direct or indirect impact on volcanic activity at the mountain.

Backing the scenario of the growing eruption threat is the changing height of Mt. Baekdu. It has risen nearly 10 centimeters since 2002 due to the expanding magma chamber beneath the edifice. Moreover, in 2006 a satellite detected an increase of the surfaces temperature just days after North Korea conducted an underground nuclear test in its northern territory.

The first nuclear test conducted in Punggye-ri in 2006, with an explosive yield of about 1 kiloton, resulted in a magnitude 3.6 tremor. The second test was carried out in 2009 and the yield was estimated at 2-6 kilotons, which led to a tremor with a magnitude of 4.4 on Richter magnitude scale. North Korea watchers speculate that the third test may lead to an explosive yield of about 20 kilotons which could be compared to the 1945 Nagasaki bomb estimated yield of 21 kilotons. .

Meanwhile, Japanese scientists connect previous eruptions of Mt. Baekdu with major subterranean stresses in the region. For instance, it erupted at least six times between the 14th and 20th centuries, and each time it followed an earthquake in Japan. North Korean volcanologists observed abnormal activity at a lake atop the mountain after the March 2011 9.0-magnitude earthquake in Japan. The Korea Times reported the lake’s water was shaking and splashing, causing a 60-centimetre rise. An eruption is likely to cause severe flooding of the neighboring area within a 30-kilometre radius, causing devastating damage of infrastructure and endangering people’s lives. The volcanic ash could affect air traffic in the Koreas, China, Russia and Japan, disrupting business activities.

The article tackles, directly or indirectly, the question of the link between earthquakes and volcanoes. This relationship has never been clearly proved. It is one of the Japanese’ favourite topics; indeed, they fear that the very frequent earthquakes that occur in the country might wake up Mount Fuji. Up to now, the old venerable volcano has been indifferent to such seismicity.  As far as I am concerned, I do not believe there exists a real link between tectonic earthquakes and volcanic eruptions. However, a tectonic event may weaken or even destabilize a volcanic edifice and trigger large-scale landslides.

Last minute: North Korea indicates this morning that it has just performed the third nuclear test. It was more powerful than the previous ones. According to USGS, it triggered a M 5.1 earthquake ENE of Sungjibaegam, at a depth of 1 km.

Baekdu-blog

Le Mont Baekdu vu depuis l’espace en avril 2003  (Avec l’aimable autorisation de la NASA)

Three Sisters (Oregon / Etats Unis)

   Dans une note émise le 7 janvier 2012, j’attirais l’attention sur le soulèvement du sol dans la région des Three Sisters (Oregon) et plus particulièrement de South Sister. Le dernier rapport de l’USGS indique que la phase de gonflement est maintenant quasiment terminée.
L’inflation avait été repérée sur les images satellites il y a plus de 10 ans et les scientifiques se demandaient alors si elle n’annonçait pas une reprise de l’activité volcanique dans la région. Ils affirment aujourd’hui qu’une éruption est peu probable.
De tels épisodes de gonflement se produisent fréquemment dans les zones volcaniques et cessent au bout de quelques années. Le soulèvement de South Sister a probablement commencé fin 1997 sous la poussée de magma qui se trouve à 6 km de profondeur. Les capteurs installés à l’époque dans tout le secteur montrent que le sol s’est soulevé d’environ 23 cm, sur un diamètre de 16 km. Aujourd’hui, le soulèvement est si faible qu’il est pratiquement indétectable.
South Sister, qui culmine à 3157 mètres est considéré comme un volcan actif dont la dernière éruption remonte à 2000 ans.

Source: The Oregonian.

 

   In a note edited on January 7th 2012, I drew attention to the uplifting of the ground in the Three Sisters area (Oregon), mainly South Sister. USGS scientists say the bulge has now nearly stopped
The uplift was spotted on satellite imagery more than a decade ago and led scientists to wonder if volcanic activity was ahead, but they now say an eruption is unlikely.
Such bulges are common around volcanoes, and most stop growing after a few years. The South Sister uplift probably started in late 1997, pushed by magma pooling 6 km below the surface. GPS sensors set up all over the area reveal that the ground has risen about 23 centimetres in all. The bulge is about 16 km in diameter. The rate of uplift now is so low that it is almost undetectable.
South Sister, which rises 3,157 m, is considered an active volcano. It last erupted 2,000 years ago.

Source: The Oregonian.

Three-Sisters

South-Sister

Les Three Sisters et South Sister  (Photos: C. Grandpey)

Découverte d’une nouvelle bouche hydrothermale dans l’Océan Antarctique // Discovery of a new hydrothermal vent in the Southern Ocean

   Des chercheurs du Centre Océanographique National basé à Southampton (Angleterre) ont découvert une nouvelle bouche volcanique dans l’Océan Antarctique, dans le Détroit de Bransfield, région peu explorée au sud des Iles Shetland et au nord de la Péninsule Antarctique. Les chercheurs effectuaient une mission à bord d’un vaisseau de recherches scientifiques doté d’une caméra sous-marine baptisée « The Shrimp » (en français « La Crevette »).
La nouvelle bouche, située à environ 1200 mètres de profondeur, est différente des bouches hydrothermales classiques dans la mesure où sa température est plus basse, même si l’eau de mer qui l’entoure est plus riche en éléments comme le lithium, le bore et le calcium.
Les scientifiques ont également découvert les restes d’une ancienne cheminée hydrothermale qui s’était formée quand l’eau était beaucoup plus chaude. La bouche était alors beaucoup plus active et donnait naissance à un univers vivant, comme on l’a déjà observé autour de « fumeurs » ailleurs sur la planète.
Des bouches hydrothermales et des volcans sous-marins ont déjà été découverts dans d’autres secteurs de l’Océan Antarctique. N’oublions pas non plus que le continent antarctique est dominé par le Mont Erebus (3794 m), le volcan actif le plus méridional de la Terre.
Vous pourrez lire une description complète (en anglais) de cette découverte sur le site PLOS ONE à cette adresse :
http://www.plosone.org/article/info:doi/10.1371/journal.pone.0054686

 

   Researchers from England’s National Oceanography Centre at Southampton, on board a research vessel towing an underwater camera – called the Shrimp – have discovered a volcanic vent in the Southern Ocean, in the Bransfield Strait, a little-explored region south of the Shetland Islands and north of the Antarctic Peninsula.
This vent, which is located about 1,200 m deep, differs from « classic » hydrothermal vents by being colder, although higher than surrounding seawater in levels of minerals like lithium, boron and calcium.
The scientists also found remains of an old « chimney, » formed when the water is much hotter. This suggests the vent was once more active and likely supported a variety of life, as could be found near “smokers” elsewhere on the planet.
Hydrothermal vents and underwater volcanoes have already been discovered elsewhere in the Southern Ocean.
You will find an exhaustive description of the discovery in the online journal PLOS ONE.
http://www.plosone.org/article/info:doi/10.1371/journal.pone.0054686