Stromboli (Sicile / Italie)

Le séisme qui a secoué les Iles Eoliennes il y a quelques jours ne semble pas avoir impressionné le Stromboli dont l’activité se maintient actuellement à un niveau particulièrement bas. Les sismos enregistrent une quinzaine d’événements très longue période (VLP) par heure, mais l’INGV précise que « l’amplitude de ces signaux VLP présente des valeurs très basses ». De plus, comme d’habitude, on enregistre quelques effondrements sur la Sciara del Fuoco, dus à des déséquilibres qui se produisent sur la pente à cause de l’accumulation des matériaux.

 Même si la situation est particulièrement calme, il faut se méfier du Stromboli qui a tendance depuis quelques temps à entrer dans des accès de colère sans prévenir, ce qui pourrait être fort gênant pendant la période estivale, moment où de nombreux touristes gravissent le volcan. Je ne suis pas certain que les guides qui accompagnent obligatoirement les groupes serviront à grand-chose si le volcan connaît une phase explosive soudaine. Tels des bergers dont les troupeaux sont attaqués par les loups, il leur sera fort difficile de convaincre leurs ouailles de ne pas courir dans tous les sens, au risque de recevoir des bombes sur le coin de la figure !

Au vu du comportement du Stromboli ces dernières années, je suis plutôt favorable à cet encadrement des visiteurs par des guides, même si je regrette mes nuits passées sur la Cima à écouter battre le cœur du volcan. Cela empêche d’avoir des centaines de personnes au sommet et limite donc le nombre de victimes potentielles en cas de problème.

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(Photo: C. Grandpey)

Lac de lave du Nyiragongo (République Démocratique du Congo)

Dans le numéro du 8 août 2010, le Figaro Magazine proposait à ses lecteurs un article intitulé « Au cœur du Nyiragongo, rendez-vous avec le diable ».

La présentation du document commence en ces termes : « En juin dernier, une équipe de scientifiques et de passionnés de volcans a mis le pied sur la rive du lac de lave qui bouillonne au fond du cratère du Nyiragongo, au coeur de l’Afrique des Grands Lacs. Notre photographe Olivier Grünewald s’est approché à un mètre de la matière en fusion. Il nous livre des images encore jamais réalisées ».

Certes, les images d’Olivier sont très belles – comme d’habitude – même si on retrouve le défaut que j’avais remarqué sur les photos de l’Eyjafjallajökull: le préposé à la photogravure du Figaro Magazine trafique les photos d’Olivier en leur donnant une accentuation exagérée qui leur fait perdre une grande partie de leur beauté.  Le problème est autre: l’auteur de l’article – en l’occurrence sa compagne – aurait dû se documenter avant d’écrire que ce sont « des images encore jamais réalisées ». Si elle avait lu, par exemple, le livre d’Haroun Tazieff Volcans paru chez Bordas en 1996, elle aurait découvert le chapitre 10 (pages 61 à 70) intitulé « Descente dans le puits de feu » où le célèbre volcanologue raconte et illustre sa descente sur la berge du lac de lave en 1958-59. De plus, si ma mémoire est bonne, Maurice Krafft s’est approché et a photographié lui aussi de très près le lac de lave du Nyiragongo.

S’agissant de la descente dans le cratère en juin dernier, il aurait été intéressant de réaliser des prélèvements de lave ou de gaz pendant cette approche du lac, comme le faisaient les membres de l’équipe Tazieff. Faire du sensationnel pour une revue ne doit pas empêcher de faire avancer la science !

Quoi qu’il en soit, l’approche d’un lac de lave est toujours fascinante. J’ai eu la chance de voir à deux reprises celui du Pu’u O’o à Hawaii et je suis partant pour un troisième spectacle !

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Bouillonnement de lave dans le lac du Pu’u O’o en juillet 2006.
(Photo: C. Grandpey)