Exercice d’évacuation à Goma (RDC) // Evacuation exercise at Goma (DRC)

Le lundi 3 juillet 2017, plus d’un millier de personnes ont participé à un exercice d’évacuation dans l’éventualité d’une éruption du Nyiragongo. Une telle éruption mettrait inévitablement en danger la ville de Goma, à l’est de la République Démocratique du Congo. Plus de 100 personnes sont mortes lors de la dernière colère du volcan en 2002, lorsque la lave a atteint Goma en moins d’une heure et a envahi une grande partie de l’est de la ville, y compris la moitié de la piste de l’aéroport. L’éruption la plus dévastatrice a eu lieu en 1977 lorsque plus de 600 personnes ont perdu la vie ; (Voir mon livre « Killer Volcanoes » pour la description de ces événements)
Le 3 juillet à 05h30 (GMT), des sirènes ont hurlé dans quatre quartiers du nord de Goma qui se trouve à la frontière avec la Rwanda et sur la trajectoire des coulées de lave du Nyirangongo qui se dresse à 20 km au nord. Les habitants des zones à risque ont été invités à quitter leurs maisons et à se rassembler à trois kilomètres au sud dans le stade Afia où des tentes blanches avaient été installées pour les accueillir. Pendant près de trois heures, des groupes d’environ 10 à 20 personnes se sont dirigés vers le stade en deux colonnes, avec leurs biens qui allaient des motos aux matelas, ustensiles de cuisine et mobilier précieux. Les gens aidaient les enfants et étaient suivis de leurs animaux domestiques. Le but de l’exercice était de montrer aux 500 familles menacées par les coulées de lave comment se comporter en cas d’éruption majeure du Nyiragongo. À la fin de l’exercice, les participants ont reçu des informations sur des mesures pratiques telles que la façon de progresser en ordre pour éviter de ralentir les autres personnes, ainsi que les choses essentielles à emporter en quittant leur domicile.
Source: News 24.

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On Monday July3rd 2017, more than a thousand people took part in an evacuation exercise triggered by a simulated eruption of Nyiragongo Volcano. The eruption would inevitably endanger Goma, a major city in the eastern Democratic Republic of Congo. More than 100 people died in the last eruption of the volcano in 2002 when lava reached Goma in less than an hour and flowed over much of the east of the city, including half of the runway at the airport. The deadliest recorded eruption was in 1977, when more than 600 people lost their lives

At 05:30 GMT, sirens wailed in four northern parts of Goma, which lies on the Rwanda border in the path of lava flow from Nyirangongo, 20km to the north. Residents of districts at risk were asked to leave their homes and gather three kilometres to the south in the Afia stadium, where white tents were ready for them. For almost three hours, groups of about 10 to 20 people headed for the stadium in two columns, with possessions ranging from motorbikes to mattresses, kitchenware and prized furniture. They helped children and had domestic animals in tow. The purpose of the exercise was to show the 500 families who live on the potential paths of lava flow how to behave in the event of major volcanic activity. At the end of the exercise, participants were advised on practical measures such as how to keep order and avoid slowing others down, as well as the most practical items to take on leaving home.

Source: News 24.

Le Nyiragongo et son lac de lave (Crédit photo: Wikipedia)

Yellowstone: Pas de quoi s’inquiéter // Yellowstone: Nothing to worry about!

Dans un rapport publié le 1er juillet 2017, l’Observatoire Volcanologique de Yellowstone donne plus de détails sur la dernière sismicité enregistrée dans le Parc.
En juin 2017, 1171 séismes ont été localisés dans la région du Parc National de Yellowstone. L’événement le plus significatif avait une magnitude de M 4.4 le 16 juin, à environ 14 kilomètres au nord-nord-ouest de West Yellowstone. Comme je l’ai déjà signalé, la secousse a été ressentie dans les villes de Gardiner et West Yellowstone. Ce séisme fait partie d’une séquence qui a débuté le 12 juin dans cette même région.
La sismicité du mois de juin à Yellowstone a été marquée par quatre épisodes bien distincts :

1) Un essaim de 1027 séismes, à 10 km au nord de West Yellowstone, a débuté le 12 juin et continue actuellement, avec un événement de M 4.4 le 16 juin. Cet essaim se compose également de cinq secousses autour de M 3 et 72 autres autour de M 2.
2) 41 événements ont fait partie d’un petit essaim à environ 22 km à l’est-nord-est de West Yellowstone les 14 et 15 juin. L’événement le plus significatif (M 2.3) a été enregistré le 14 juin à 22 km à l’est-nord-est de West Yellowstone. Cet essaim comprend deux séismes autour de M 2.
3) Un petit essaim de 22 séismes, à environ 22 km au sud-sud-ouest de Mammoth, a eu lieu les 1er et 2 juin, avec un événement de M 2.6 le 1er juin. Cet essaim comprend 3 séismes autour de M 2.
4) Un petit essaim de 13 séismes, à 25 km à l’est-nord-est de West Yellowstone, a été enregistré le 13 juin avec un événement de M 1,7.
Le rapport conclut en indiquant que les séquences sismiques comme celles qui viennent d’être décrites sont fréquentes et représentent environ 50% de la sismicité totale dans la région de Yellowstone. Cependant, l’activité sismique de Yellowstone est actuellement à des niveaux élevés par rapport à la normale.

En ce qui concerne la déformation du sol, les instruments installés dans la caldeira de Yellowstone continuent d’enregistrer un lent affaissement de cette dernière. Le soulèvement du sol au nord de la caldeira, près du Norris Geyser Basin, se poursuit très lentement. La situation n’a pas évolué au cours des derniers mois. Les modèles de déformation actuels à Yellowstone restent dans les normes historiques.

Source : Yellowstone Volcano Observatory.

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In a report released on July 1st 2017, the Yellowstone Volcano Observatory gives more details about the latest seismicity in the Park.

During June 2017, 1171 earthquakes were located in the Yellowstone National Park region. The largest event was a light earthquake of M 4.4 on June 16th, located about 14 kilometres north-northwest of West Yellowstone. As I put it before, the earthquake was felt in the towns of Gardiner and West Yellowstone, MT. This earthquake is part of a sequence in the same area that began on June 12th.
June seismicity in Yellowstone was marked by four distinct clusters of episodic earthquakes:
1) An energetic swarm of 1027 earthquakes, 10 km north of West Yellowstone, began on June 12th and is ongoing, including the largest event (M 4.4) of the month on June 16th. This swarm also consists of five earthquakes in the M 3 range and 72 earthquakes in the M 2 range.
2) 41 events occurred in a small swarm about 22 km east-northeast of West Yellowstone on June 14th and 15th. The largest earthquake of the swarm (M 2.3) occurred on June 14th 22 km east-northeast of West Yellowstone. This swarm includes two earthquakes in the M 2 range.

3) A small swarm of 22 earthquakes, about 22 km south-southwest of Mammoth, took place on June 1st and 2nd, with the largest event (M 2.6) occurring on June 1st. This swarm includes 3 earthquakes in the M 2 range.
4) A small swarm of 13 earthquakes, 25 km east-northeast of West Yellowstone, occurred on June 13th with the largest earthquake at M 1.7.
The report concludes by saying that earthquake sequences like these are common and account for roughly 50% of the total seismicity in the Yellowstone region. However, Yellowstone earthquake activity is currently at elevated levels compared with typical background activity.

As far as ground deformation is concerned, instruments within the Yellowstone caldera continue to record a slow subsidence. Uplift north of the caldera, centered near the Norris Geyser Basin continues at a low rate. Behaviour is similar to the past several months. Current deformation patterns at Yellowstone remain within historical norms.
Source : Yellowstone Volcano Observatory.

Photo: C. Grandpey

 

Popocatepetl (Mexique)

Rien de vraiment nouveau sur le Popocatepetl dont le niveau d’alerte est maintenu à la couleur Jaune Phase 2. Cependant, de temps en temps, le volcan connaît des périodes d’activité plus intense. L’une d’elles a eu lieu les 1er et 2 juillet 2017. Trois explosions ont propulsé une colonne de cendre jusqu’à 6,7 km d’altitude.
Des retombées de cendre ont été signalées dans plusieurs villes. Le CENAPRED a rappelé à la population que l’approche du volcan et surtout de son cratère reste interdite. Les habitants sont invités à balayer les toits, les patios et les rues pour évacuer la cendre et la placer dans des sacs pour qu’elle ne pénètre pas dans les conduites d’eau. Les habitants gênés par la cendre doivent couvrir leur nez et leur bouche avec des masques ou des mouchoirs humides, protéger tout approvisionnement en eau en extérieur pour éviter la contamination, fermer les fenêtres et rester à la maison pendant les retombées de cendre.
Voici une vidéo montrant le Popocatepetl dans la matinée du 2 juillet 2017:
https://youtu.be/VvKZt1vs1bk

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Nothing really new at Popocatepetl whose alert level is still Yellow Phase 2. However, from time to time, the volcano goes through periods of more intense activity. One of these occurred on July 1st and 2nd 2017. Three explosions sent a column of ash up to 6.7 km above sea level.

Ashfall was reported in several towns. CENAPRED reminded people not go near the volcano, especially near the crater. Residents are advised to sweep roofs, patios, and streets of all ash and place the ash in bags so it does not get into the water system. Residents affected by the ashfall should cover their noses and mouths with masks or damp handkerchiefs, close any outdoor water supplies to avoid contamination, close windows, and remain at home during ashfall.

Here is a video showing Popocatepetl in the morning of July 2nd 2017:

https://youtu.be/VvKZt1vs1bk

Episode éruptif du Popocatepetl le 2 juillet 2017 (Source: CENAPRED)

 

Datation d’une éruption du Katla (Islande) // Dating of an eruption of Katla Volcano (Iceland)

Une équipe internationale de chercheurs a réussi à dater une éruption majeure du Katla (Islande) avec une marge d’erreur de quelques mois. L’éruption, qui est la plus ancienne à avoir été datée avec précision dans les hautes latitudes septentrionales, a eu lieu peu de temps avant l’implantation des premières colonies humaines, à une époque où certaines parties de l’île étaient encore couvertes de forêts.
L’équipe scientifique, qui comprenait des volcanologues, des climatologues, des géographes et des historiens, a utilisé un ensemble de données scientifiques et historiques pour situer la date de l’éruption du Katla entre la fin de l’année 822 et le début de l’année 823, quelques décennies avant l’arrivée des premiers colons. Les résultats de leur travail ont été publiés dans la revue Géology.
De la même façon que les fossiles peuvent être utilisés pour comprendre le développement et l’évolution de la vie sur Terre, différents types de preuves environnementales peuvent être utilisés pour comprendre comment était le climat sur Terre dans le passé et pour quelles raisons. Les cernes des troncs d’arbres et les carottes de glace permettent aux scientifiques de déterminer les conditions climatiques du passé et d’améliorer notre compréhension de l’interaction entre les humains et l’environnement il y a des centaines ou des milliers d’années.
Actuellement, la majeure partie de l’Islande est dépourvue de forêts. Cependant, avant l’arrivée des premiers colons à la fin du 9ème siècle, elles occupaient probablement une vaste partie du pays. Les premiers colons ont éliminé la plupart des arbres sur l’île pour établir une société basée sur l’agriculture et les arbres ne se sont jamais réapparus. En 2003, une crue de printemps de la rivière Thverá a mis à jour des centaines de troncs de bouleaux qui étaient restés enfouis pendant des siècles sous des couches de dépôts volcaniques. Cette forêt – dite de Drumbabót – est la forêt préhistorique la mieux préservée en Islande, après avoir été victime d’une éruption du Katla.
L’équipe scientifique qui a effectué l’étude avait indiqué précédemment qu’en 775 une grande éruption solaire avait provoqué une hausse brutale du niveau de carbone 14 dans l’atmosphère terrestre, susceptible d’être stockée dans le bois des arbres présents à l’époque. En mesurant le niveau de carbone 14 dans l’un des arbres de la forêt de Drumbabót, les chercheurs ont pu localiser l’année 775 dans les cernes des troncs d’arbres et compter, en allant vers l’écorce, le nombre d’années jusqu’à l’éruption du Katla qui avait signé l’arrêt de mort de ces arbres. Le cerne le plus extérieur était complètement formé et un nouveau n’était pas encore apparu, ce qui signifie que l’éruption s’est produite après l’automne 822 et avant le printemps 823, avant que la croissance de l’année suivante ait commencé. L’Islande n’a été colonisée que vers 870 ; cette forêt a donc été détruite près d’un demi-siècle avant l’arrivée des humains.
A côté du travail scientifique, l’équipe de chercheurs a également pris en compte les recherches des historiens qui ont analysé des preuves documentaires écrites en provenance d’Europe et d’Asie et ont constaté qu’il y avait eu un épisode de froid intense correspondant au moment de l’éruption du Katla.
Source: Université de Cambridge.

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An international group of researchers has dated a large eruption of Katla volcano in Iceland to within a few months. The eruption, which is the oldest volcanic eruption to be precisely dated at high northern latitudes, occurred shortly before the first permanent human settlements were established, when parts of the now mostly treeless island were still covered with forest.

The team, which included volcanologists, climatologists, geographers and historians among others, used a combination of scientific and historical evidence to pinpoint the eruption date of the Katla volcano between late 822 and early 823, decades before the earliest settlers arrived. Their results are reported in the journal Geology.

In a similar way to how fossils can be used to understand the development and evolution of life on Earth, different types of environmental evidence can be used to understand what the Earth’s climate was like in the past and why. The ‘fingerprints’ contained in tree rings and ice cores help scientists to estimate past climatic conditions and extend our understanding of the interaction between humans and the environment hundreds and thousands of years back in time.

Currently, Iceland is for the most part treeless. However, before the first permanent settlers arrived in the late 9th century, it was most likely covered by extensive woodland. Early settlers harvested most of the trees they found on the island to establish an agricultural-based society, and the trees never recovered. In 2003, a spring flood of the Thverá River exposed hundreds of birch trees which had been buried for centuries beneath layers of volcanic sediment. The so-called Drumbabót forest is the best-preserved prehistoric forest in Iceland, and had been buried by an eruption of the nearby Katla volcano.

The team behind the current study have previously confirmed that in 775, a large solar flare caused a spike in radiocarbon levels in the Earth’s atmosphere, which would be stored in the wood of trees that were alive at the time. By measuring the radiocarbon levels in one of the Drumbabót trees, the researchers were able to pinpoint the year 775 in the tree rings, and measure outward to the bark to count the number of years to the Katla eruption, when the tree died. The outermost tree ring had completely formed and a new one had not yet started, meaning that the eruption occurred after autumn 822 and before spring 823, before the next year’s growth had begun. Iceland was not settled until around 870, so this particular forest was destroyed almost half a century before humans arrived.

In addition to the scientific results, the team also involved historians who analysed written documentary evidence from Europe and Asia, and found that there was a severe cold spell consistent with the timing of the reconstructed Katla eruption.

Source: University of Cambridge.

La dendrochronologie permet de déterminer l’âge des arbres et de dater certains événements naturels.