Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde.

Selon le Met Office islandais (IMO), le volcan Grímsvötn pourrait entrer en éruption à court terme, d’ici quelques semaines ou quelques mois.
Selon un volcanologue local, on enregistre une hausse des gaz magmatiques, en particulier dans la partie sud-ouest du volcan, près de l’endroit où se sont produites les éruptions de 2004 et 2011.
De plus, le volcan connaît une inflation révélatrice d’une ascension du magma. Une éruption est d’autant plus probable que le lac glaciaire du Grímsvötn se vidange en été, ce qui diminue la pression exercée sur le volcan.

La dernière éruption du Grimsvötn a eu lieu en 2011, avec un VEI 4. Le volcan a alors émis un panache de cendres et de vapeur qui s’est élevé à environ 20 kilomètres au-dessus du niveau de la mer. Les cendres ont réduit la visibilité à environ 50 mètres en certains endroits. L’éruption a également provoqué la fermeture de l’aéroport de Keflavik.
Source: OMI.

Plus de détails sur une note séparée à propos de ce risque éruptif du Grimsvötn et de l’activité sur la Péninsule de Reykjanes.

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L’AVO a enregistré une hausse de la sismicité sur le volcan Makushin (nord de l’île Unalaska, Est des Aléoutiennes) avec deux événements de magnitude supérieure à M 4. Il se peut que cette sismicité soit en relation avec de l’activité volcanique. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne et le niveau d’alerte volcanique sont respectivement passés à la couleur Jaune et à « Advisory » (Surveillance conseillée). L’AVO explique que « cette activité pourrait déboucher sur une éruption, mais ce n’est pas une certitude. »
Le Makushin est un gros stratovolcan recouvert de glace qui culmine à 2010 m. d’altitude. La caldeira sommitale, de 3 km de diamètre, est le siège de fréquentes petites éruptions de vapeur et de cendres; cependant, aucune éruption majeure n’a été observée au cours de ce siècle. Le village d’Unalaska et le port de Dutch Harbor se trouvent à 25 km à l’est du volcan Makushin.

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L’année dernière, à la fin de ma conférence au CDST de St Pierre (Martinique), certaines personnes m’ont posé des questions sur l’activité à Kick’em Jenny, un volcan sous-marin actif à 8 km au nord de la Grenade. Aucune activité particulière n’était signalée à l’époque.
Il semble que les choses soient en train de changer et que Kick ’em Jenny s’agite de nouveau. La dernière activité a été observée du 5 au 12 juin 2020, avec plus de 1 300 événements sismiques d’une magnitude allant jusqu’à M 1,8.

Bien que les signes d’activité aient diminué et que le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune (niveau 2 sur 4), il est demandé aux visiteurs et aux pêcheurs d’être vigilants lorsqu’ils traversent la zone. Le public doit observer une zone d’exclusion de 1,5 km par rapport au sommet du volcan.
Kick’em Jenny est entré en éruption au moins 14 fois depuis sa découverte en 1939. la plus récente a eu lieu le 29 avril 2017.
Source: Université des Antilles.

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L’activité du Sangay (Équateur) se concentre sur deux cratères sommitaux: le cratère central qui émet de la candre et des gaz, et le dôme Ñuñurcu qui émet de la lave. La lave, les écoulements pyroclastiques et les matériaux générés par les effondrements empruntent la ravine de la rivière Volcán sur le flanc SE. L’activité du Sangay s’est intensifiée les 8 et 9 juin 2020 avec des effondrements de fronts de coulées de lave, des coulées pyroclastiques sur le flanc SE et d’importantes émissions de cendres s’élevant jusqu’à 3 km au-dessus du cratère. Des retombées de cendres ont été signalées dans plusieurs provinces
Source: Instituto Geofísico.

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On enregistre actuellement une moyenne de 4 à 13 explosions par heure sur le Fuego (Guatemala), avec des panaches de cendres montant jusqu’à 1,1 km au-dessus du cratère. Des retombées de cendres sont signalées dans plusieurs zones sous le vent. Les ondes de choc provenant des explosions secouent parfois les maisons à proximité du volcan. Des matériaux incandescents sont projetés à 100-300 m de hauteur et provoquent des avalanches de blocs dans plusieurs ravines. Une nouvelle coulée de lave a parcouru 250 m le long de la ravine Seca sur le flanc NW le 12 juin 2020.
Source: INSIVUMEH.

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L’activité à White Island (Nouvelle-Zélande) montre actuellement une tendance à la baisse. La température au niveau des bouches qui émettent des gaz reste élevée (plus de 450°C). Bien que le magma demeure à faible profondeur, probablement à environ 1 km sous la surface, les émissions de gaz et la déformation du sol n’ont pas augmenté. De plus, la sismicité et le tremor volcanique restent à un niveau bas depuis février-mars. Le niveau d’alerte volcanique a été abaissé à 1 et la couleur de l’alerte aérienne reste au Jaune.
Source: GeoNet.

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Un survol du cratère du Popocatepetl (Mexique) a été effectué le 13 juin 2020 (http://www.cenapred.gob.mx/popo/2020/jun/v0614202.mp4). Il a permis d’observer l’intérieur du cratère qui présente un diamètre de 350-380 mètres et une profondeur de 100-150 mètres. Au fond du cratère subsistent des restes de matériaux d’un dôme de lave qui s’est probablement édifié au cours du mois de mai. Le dôme est régulièrement détruit par la pression des gaz.

Le niveau d’alerte volcanique reste à la couleur Jaune Phase 2. Un périmètre de sécurité de 12 km reste en place autour du Popocatepetl .

Source : CENAPRED.

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Here is some news of volcanic activity around the world.

According to the Icelandic Met Office (IMO), Grímsvötn​ volcano is showing signs that an eruption might occur in the short term, a matter of weeks or months..

According to a local atmospheric volcanologist, high levels of magmatic gasses are present in the southwest corner of the volcano, near the place where it erupted in 2004 and 2011.

In addition, the volcano is experiencing inflation, indicating magma ascent. An eruption is all the more likely as the Grímsvötn’s lake drains during summer, releasing pressure on the volcano.

Grimsvötn’s last eruption took place in 2011, with a VEI 4. The volcano emitted a plume of ash and steam that rose up to about 20 kilometres above sea level. Ash reduced visibility to about 50 metres in some places. It also caused the closure of Keflavik airport.

Source: IMO.

More details on a separate post about the eruptive hazard at Grimsvötn and activity on the Reykjanes Peninsula.

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AVO has recorded an increase in seismicity on Makushin volcano (northern Unalaska Island, eastern Aleutians) with two earthquakes with magnitudes above M 4. This seismicity may be associated with volcanic unrest. As a result the Aviation Colour Code and Volcano Alert Level havz been increased to YELLOW/ADVISORY, respectively. AVO explains that “this unrest could result a future eruption, however that is not a certainty.”

Makushin is a broad, ice-capped stratovolcano which rises to an elevation of 2010 m. The summit caldera, 3 km diameter, is the site of frequent steam and minor ash eruptions; however, no large eruptions have occurred in this century. The community of Unalaska and port of Dutch Harbor are located 25 km east of Makushin volcano.

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Last year, at the end of my conference at the CDST of St Pierre (Martinique), some people asked be about activity at Kick’em Jenny, an active submarine volcano 8 km off the north shore of Grenada,. The volcano was quiet by that time and no significant activity was observed. .

It looks as if things are changing and Kick ’em Jenny is showing new signs of unrest. The latest activity was observed from June 5th to 12th, 2020, with more than 1 300 earthquakes with magnitudes up to M 1.8.

Although the unrest has declined and the alert level remains at Yellow (level 2 out of 4), visitors and fishermen are asked to be vigilant when traversing the area. The public should observe an exclusion zone of 1.5 km from the summit of the volcano.

Kick’em Jenny erupted at least 14 times since it was discovered in 1939, most recently on April 29th, 2017.

Source: University of the West Indies.

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Activity at Sangay (Ecuador) is centered at two summit vents: the Central Crater which produces ash-and-gas emissions and the Ñuñurcu dome which effuses lava. Lava, pyroclastic flows, and collapsed material are channelled down the Volcán River drainage on the SE flank. Activity at Sangay intensified on June 8th and 9th, 2020 with lava-flow collapses, pyroclastic flows on the SE flank, and significant ash emissions rising up to 3 km above the crater. Ashfall has been reported in several provinces

Source: Instituto Geofísico.

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An average of 4-13 explosions per hour is currently recorded at Fuego (Guatemala), with ash plumes rusing as high as 1.1 km above the crater rim. Ashfall is reported in several downwind areas. Shock waves from explosions sometimes rattle houses in the vicinity of the volcano. Incandescent material is ejected 100-300 m high and causes avalanches of blocks in several drainages. A new lava flow travelled 250 m down the Seca drainage on the NW flank on June 12th, 2020.

Source : INSIVUMEH.

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Activity at White Island (New Zealand) recently showed a downward trend. Temperatures at the gas vents remained high (over 450°C). Although magma remains at a shallow depth, probably about 1 km below the surface, gas discharge and ground deformation have not increased. Additionally, seismicity and the volcanic tremor have been low since February-March. The Volcanic Alert Level has been lowered to 1 and the Aviation Colour Code remains at Yellow.

Source : GeoNet.

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An overflight of the crater of Popocatepetl (Mexico) was performed on June 13th, 2020 (http://www.cenapred.gob.mx/popo/2020/jun/v0614202.mp4). It allowed to observe the interior of the crater which has a diameter of 350-380 metres and a depth of 100-150 metres. At the bottom of the crater there are remains of materials from a lava dome which was probably built during the month of May. The dome is regularly destroyed by the pressure of the gases.
The volcanic alert level remains at Yellow Phase 2. Visitors are asled to keep outside a 12-km security perimeter around Popocatepetl.
Source: CENAPRED.

Cratère du Popocatepetl le 13 juin 2020 (Source: CENAPRED)

L’Eifel (Allemagne) : une bombe à retardement ? // Is Eifel (Germany) a time bomb ?

Peu de gens le savent, mais l’Allemagne possède une belle région volcanique, en l’occurrence l’Eifel, située à l’ouest de la ville de Coblence. Il suffit de regarder les maisons et les escaliers dans les bourgades de Mayen ou Mendig pour se rendre compte que beaucoup d’édifices ont été érigés avec le basalte extrait dans la région. A ce sujet, la visite des carrières souterraines – Lavakeller – de Mendig est fort intéressante. Une hypothèse est que l’activité volcanique de l’Eifel serait due à l’existence d’un point chaud dans le manteau terrestre sous-jacent. Il faut utiliser le conditionnel car cette théorie n’est pas acceptée par l’ensemble de la communauté scientifique.

Fleuron de l’Eifel, le Laacher See est un magnifique maar, cratère plus ou moins circulaire résultat de la rencontre explosive du magma et d’une nappe d’eau souterraine. Il a été formé après l’éruption du volcan Laacher, entre 12 900 et 11 200 ans, donc relativement récemment à l’échelle géologique. On estime que cette éruption a été 250 fois plus importante que l’éruption du Mont St Helens aux Etats-Unis en 1980.

Le Laacher See est toujours considéré comme un volcan actif. On le constate au travers de nombreuses activités sismiques (la dernière en date a eu lieu le 11 avril 2010 avec une secousse de M 3,2 sur l’échelle de Richter) et de fortes anomalies thermiques sous le lac. Des bulles de gaz sont encore visibles à la rive sud, et les scientifiques pensent qu’une nouvelle éruption pourrait survenir à tout moment, ce qui, aujourd’hui, serait une véritable catastrophe

Une équipe de chercheurs de l’Université du Nevada à Reno et de l’Université de Californie à Los Angeles a trouvé de nouveaux indices de volcanisme actif dans la région de l’Eifel. Pour effectuer leur étude, les scientifiques ont collecté les données d’antennes GPS à travers l’Europe occidentale. Cela leur a permis d’analyser les moindres mouvements à la surface de la Terre susceptibles d’être liés à ceux d’un panache mantellique sous la croûte terrestre.
Certains scientifiques pensent que le panache mantellique qui a déclenché cette activité historique est toujours présent, jusqu’à 400 km à l’intérieur de la Terre. Cependant, personne ne sait s’il est toujours actif. L’un des auteurs de l’étude a déclaré: « La plupart des scientifiques pensent que l’activité dans le champ volcanique de l’Eifel (EVF) est une chose du passé, mais en reliant les points les uns aux autres, il semble que quelque chose se prépare sous le nord-ouest de l’Europe »
Dans leur dernière étude, les chercheurs ont utilisé des informations provenant de milliers d’antennes GPS pour réaliser une image des mouvements verticaux du sol (VLM) et de la déformation horizontale du sol sur la plupart des régions situées à l’intérieur de la plaque tectonique où se trouve l’Europe. Leur étude révèle que la surface de la Terre montre un phénomène d’inflation et de déflation sur une vaste zone centrée sur l’Eifel et incluant des régions telles que le Luxembourg, l’est de la Belgique et le Limbourg, la province la plus méridionale des Pays-Bas. L’ascension d’un panache mantellique pourrait expliquer les modèles observés et les mouvements du sol.
Les résultats de cette nouvelle étude confirment une recherche précédente qui avait détecté des preuves sismiques de mouvements du magma sous le Laacher See. Cependant, selon les chercheurs, «cela ne signifie pas qu’une explosion ou un séisme est imminent, ni même qu’une nouvelle activité volcanique est possible dans cette région».

Source : The Watchers.

C’est pourtant cette dernière menace qui sert de support à une vidéo que l’on peut voir au Lava-dome, petit musée construit au coeur de la ville de Mendig, par ailleurs célèbre pour sa Vulcan Bier produite par la brasserie locale… Alors qu’à Hawaii ou sur l’Etna on vend aux touristes des cassettes vidéo rappelant les éruptions passées, à Mendig on essaye d’imaginer ce que pourrait être une prochaine colère du Laacher See, tout en sachant qu’il n’est pas du tout  certain qu’un tel événement se produise un jour ! Quand on ne dispose que de volcans éteints ou en sommeil, il faut bien trouver quelque chose qui puisse frapper l’imagination du touriste de passage.

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Not many people know that Germany has a nice volcanic region, the Eifel, located west of the city of Koblenz. It suffices to look at the houses and the staircases in the villages of Mayen or Mendig to realize that many buildings have been erected with the basalt extracted in the region. By the way, the visit to the quarries – Lavakeller – of Mendig is very interesting. One hypothesis is that volcanic activity in the Eifel is due to the existence of a hotspot in the Earth’s mantle. One should use the conditional because this theory is not accepted by the whole scientific community.
The flagship of the Eifel is the Laacher See, a nice maar, a more or less circular crater, resulting from the explosive contact between magma and underground water. It was formed after the Laacher volcano erupted between 12,900 and 11,200 years ago, so relatively recently on a geological scale. It is estimated that this eruption was 250 times greater than the eruption of Mount St Helens in the United States in 1980.
The Laacher See is still considered an active volcano. One can see it through numerous seismic activities (the last one took place on April 11, 2010 with an event of M 3.2 on the Richter scale) and strong thermal anomalies under the lake. Gas bubbles are still visible at the south shore, and scientists believe that a new eruption could occur at any time, which today would be a real disaster.

A team of researchers from the University of Nevada at Reno and the University of California at Los Angeles have found new evidence of active volcanism in the Eifel region. To conduct their study, the scientists collected data from GPS antennas across Western Europe. This allowed them to analyze the smallest movements on the surface of the Earth likely to be linked to those of a mantle plume under the Earth’s crust.
Some scientists believe that the mantle plume that started this historic activity is still present, down to 400 km into the earth. However, no one knows if it is still active. One of the study’s authors said: « Most scientists believe that activity in the Eifel volcanic field (EVF) is a thing of the past, but by connecting the dots, it seems that something is brewing under the heart of northwest of Europe  »
In their latest study, the researchers used information from thousands of GPS antennas to image vertical land motion (VLM) and horizontal strain rates over most regions inside Europe’s tectonic plate. Their study reveals that the surface of the Earth shows a phenomenon of inflation and deflation over a large area centered on the Eifel and including regions such as Luxembourg, eastern Belgium and Limburg, the southernmost province of the Netherlands. The ascent of a mantle plume could explain the patterns observed and the movements of the ground.
The results of this new study confirm previous research that had detected seismic evidence of magma movements under the Laacher See. However, according to the researchers, « this does not mean that an explosion or an earthquake is imminent, or even that new volcanic activity is possible in this region. »
Source: The Watchers.

Yet, it is this last threat that serves as a support for a video that can be watched at the Lava-dome, a small museum built in the heart of the city of Mendig, also famous for its Vulcan Bier produced by the local brewery … While in Hawaii or on Mount Etna they sell to tourists video cassettes of past eruptions, in Mendig they try to imagine what could be the next eruption of the Laacher See, knowing that it is not sure that such an event will happen one day! When you only have extinct or dormant volcanoes, you have to find something that can catch the imagination of the passing tourist.

Photos : C. Grandpey

Eruption de White Island (Nouvelle Zélande) : procès en vue ! // White Island eruption (New Zealand) : pending trials !

L’éruption de White Island le 9 décembre 2019 a fait 21 morts et 26 blessés. Les 47 personnes qui se trouvaient sur l’île au moment de l’événement ont été identifiées ; il y avait vingt-quatre Australiens, neuf Américains, cinq Néo-Zélandais, quatre Allemands, deux Chinois, deux Britanniques et un Malaisien. Beaucoup d’entre eux ne portaient que des tee-shirts et des shorts. Parmi ces personnes, 38 participaient à une excursion à terre depuis le bateau de croisière Ovation of the Seas qui effectuait un voyage de 12 jours en Nouvelle-Zélande.
Lorsqu’une éruption volcanique ou toute autre catastrophe se produit dans le monde, on cherche des responsables. Quelques jours après l’éruption de White Island, certains se sont demandés qui était en charge de la sécurité des touristes et, en cas de manquements, qui serait tenu pour responsable. D’autres ont essayé de savoir si des touristes auraient dû être autorisés à visiter l’île alors que le niveau d’alerte était à 2, ce qui signifiait que le volcan montrait de l’activité, en sachant que de telles visites étaient organisées depuis des années. Comme je l’ai écrit précédemment, le bulletin publié par GNS Science le 3 décembre 2019 indiquait que l’activité à White Island «ne présentait pas de danger direct pour les visiteurs».
En ce qui concerne les poursuites, une chose est claire : les personnes qui ont été blessées lors de l’éruption ne pourront pas intenter de poursuites civiles en Nouvelle-Zélande contre les agences de voyages qui les ont conduites sur l’île ou contre toute autre personne. En effet, le régime d’indemnisation des accidents en Nouvelle-Zélande, géré par le gouvernement, couvre le coût de tous les traitements de blessures subies dans le pays, y compris pour les étrangers. Sa couverture, à laquelle les blessés ne peuvent se soustraire, leur interdit également de poursuivre autrui pour négligence.
Toutefois, le personnel d’une agence de voyages pourrait être poursuivi en vertu des lois néo-zélandaises sur la santé et la sécurité au travail si des manquements étaient constatés. Une telle poursuite serait plus probable qu’une accusation d’homicide involontaire. La loi, introduite en 2015 après l’explosion d’une mine en 2010 qui a tué 29 ouvriers sur l’île du Sud, prévoit des sanctions pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison et des amendes de 3 millions de dollars néo-zélandais (2 millions de dollars américains), pour quiconque ne parvient pas à assurer la sécurité des gens, y compris des visiteurs, dans un lieu de travail, bien que personne n’ait encore été condamné à une peine de prison en vertu de cette loi.

On peut lire ces jours-ci dans la presse néo-zélandaise qu’un couple américain qui a subi de graves brûlures et a passé deux mois dans des hôpitaux néo-zélandais à la suite de l’éruption de White island demande maintenant des dommages et intérêts au croisiériste et au voyagiste qui ont organisé l’excursion sur l’île. Le couple célébrait sa lune de miel et il se sent maintenant lésé. Le jeune homme et son épouse affirment qu’«ils n’ont pas reçu suffisamment d’informations pour pouvoir prendre une bonne décision [concernant la visite de l’île]». Leur avocat explique qu’ils vont intenter dans les deux prochaines semaines un procès contre  l’agence White Island Tours et la compagnie Royal Caribbean. Selon lui, « il aurait été facile à la Royal Caribbean d’indiquer à ceux qui participaient à l’excursion avec White Island Tours qu’ils couraient un risque car le niveau d’activité volcanique était élevé. Si cela avait été fait, je suppose que la plupart des gens auraient annulé cette excursion ;  je pense donc qu’il y avait un motif de profit. »
La famille d’une victime australienne a également confirmé qu’elle allait attaquer le croisiériste en justice. Une autre survivante de l’éruption, qui a perdu sa sœur et son père, a déclaré que d’autres personnes auraient survécu si les secours étaient arrivés plus tôt.
Source: New Zealand Herald.

Je peux comprendre les gens – en particulier le jeune couple dont la lune de miel a été gâchée – qui veulent poursuivre le voyagiste et le croisiériste pour ne pas les avoir avertis du danger d’une excursion à White Island. Cependant, ils auraient dû savoir – par eux-mêmes – que la visite d’un volcan actif comporte toujours des risques et qu’une éruption phréatique comme celle survenue le 9 décembre 2019 ne peut pas être prévue. J’étais sur White Island en janvier 2009. Si le cratère avait explosé lors de ma visite et si j’avais été blessé, je n’aurais jamais poursuivi en justice le pilote de l’hélicoptère qui m’avait déposé dans le cratère!

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The White Island eruption on December 9th, 2019 killed 21 people and injuring 26 others. The 47 people who were on the island at the time of the eruption were identified as twenty-four Australians, nine Americans, five New Zealanders, four Germans, two Chinese, two Britons and one Malaysian. Many of them were just wearing T-shirts and shorts for the day. Of these people, 38 were passengers on a shore excursion from the cruise ship Ovation of the Seas which was on a 12-day voyage around New Zealand.

When a volcanic eruption or any other disaster occurs in the world, people look for those who can be held responsible for it. A few days after the White Island eruption, questions were asked about who was responsible for the safety of tourists and, if failings are found, who will be held accountable.

Some people wondered whether tourists should have been allowed to visit the island while the alert level was at 2, which meant volcanic unrest, knowing that such visits have been organised for years. As I put it before, the bulletin issued by GNS Science on December 3rd, 2019 said the activity at White Island “did not pose a direct hazard to visitors.”

As far as lawsuits are concerned, one thing is already clear: those injured in the eruption will be prevented from bringing civil lawsuits in New Zealand against the tour companies who took them to the island, or anyone else. Indeed, New Zealand’s accident compensation scheme, run by the government, covers the cost of all treatment for injuries sustained in New Zealand, including for foreigners. Its coverage, which the injured cannot opt out of, bars them from suing for negligence.

However, named individuals from a tour company could be prosecuted under New Zealand’s workplace health and safety laws if failings were found. Such a prosecution is more likely than a criminal manslaughter case. The law, introduced in 2015 after a 2010 mine explosion that killed 29 workers on New Zealand’s South Island, threatens penalties of up to five years in prison and fines of 3 million NZ dollars (2 million US dollars), for anyone failing to keep people, including visitors, safe in a place of work, although no one has been sentenced to a jail term under it.

One can read these days in the New Zealand press that an American couple who both suffered serious burns and spent two months in New Zealand hospitals following the eruption now seek damages from the cruise line and tour operators. The couple were celebrating their honeymoon and they now feel they have been wronged as they were “not given enough information to make an informed decision,” Their family lawyer confirmed they will be filing a lawsuit within the next two weeks against White Island Tours and Royal Caribbean cruise line. The lawyer explains “it would have been so easy for Royal Caribbean to note: for those going on the excursion to White Island Tours there was a heightened risk in going with that because there was a heightened level of this volcanic activity. Had they done that, my guess is that most people would have cancelled that tour, so I think there was a profit motive.”

A family group of an Australian victim has also confirmed it will be taking action against the cruise line. Another survivor of the eruption, who lost her sister and father, said more people would have survived if help had come sooner.

Source : New Zealand Herald.

I can understand the people – especially the young couple whose honeymoon was ruined – who want to sue the travel agency and the cruise company for not having warned them of the danger of the trip to White Island. However, they should have known by themselves that visiting an active volcano includes risks and that a phreatic eruption like the one that occurred on December 9th, 2019 cannot be predicted. I was on White Island in January 2009. If the crater had exploded during my visit and if I had been injured, I would never have sued the pilot of the helicopter who dropped me into the crater!

Photos : C. Grandpey

Mayotte, naissance d’un volcan

En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez un très bon documentaire intitulé Mayotte, naissance d’un volcan. Il nous montre l’île entre la première crise sismique enregistrée le 10 mai 2018 et la dernière expédition scientifique à bord du Marion Dufresne.

Le film met bien l’accent sur l’inquiétude qui s’était emparée des Mahorais en mai 2018 et dont j’avais fait part à l’époque quand un des visiteurs de mon blog m’avait alerté. Sa fille, médecin sur l’île, ne comprenait pas la cause de l’intense sismicité qui provoquait des crises d’angoisse chez ses patients.

Au moment de ces premiers essaims sismiques, j’ai critiqué la lenteur de la France à réagir et à envoyer une mission scientifique. Ce n’est qu’un an après le début de la crise sismique, en mai 2019 que le Marion Dufresne a accosté à Mayotte. Le travail des scientifiques a été couronné de succès car il a permis de se rendre compte que la cause de la sismicité était la naissance d’un volcan sous-marin, à plus de 3000 mètres de profondeur, à une cinquantaine de kilomètres au large de la côte orientale de l’île. Les instruments à bord du navire de recherche ont permis d’obtenir des images très intéressantes et de collecter les échantillons sur le site éruptif.

Les témoignages des pêcheurs qui se sont inquiétés en voyant des poissons morts à la surface de l’océan, et ceux de la population qui voit l’eau menacer les habitations et la mangrove du littoral, illustrent parfaitement la situation actuelle.

Le documentaire se termine avec les enfants de Mayotte auxquels un géographe local a expliqué pourquoi la terre tremblait et comment un volcan était apparu au fond de la mer. Cette participation des petits Mahorais est une très bonne idée car ce sont eux qui devront gérer l’avenir de l’île…

https://la1ere.francetvinfo.fr/mayotte/emissions/mayotte-naissance-volcan

Le plancher océanique en 2014…

…et ce même plancher océanique où se dresse aujourd’hui le nouveau volcan  (Capture d’images du documentaire)

Image montrant l’ile de Mayotte (en rouge), la source de la sismicité et le nouveau site volcanique

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S’agissant des documents télévisuels liés aux volcans, on me signale la diffusion sur ARTE :

Le 13 juin 2020 :

22h35 Pompéi: la vie avant la mort

Que savons-nous réellement de Pompéi, ensevelie sous les cendres par l’éruption du Vésuve en l’an 79 de notre ère ? Décryptage des plus importants travaux de recherche et de restauration jamais menés sur ce site emblématique.

23h20 Naples, le réveil des volcans

Les 3 millions d’habitants de Naples et son agglomération vivent sous la menace du Vésuve, qui a anéanti Pompéi, et des champs Phlégréens, qui comptent parmi les volcans en activité les plus dangereux au monde…

Le 14 juin 2020 :

02h35 Vigilance volcanique au cœur de Java

L’île indonésienne de Java est située sur l’arc de la Sonde, zone volcanique à l’activité la plus intense au monde. Le volcan Merapi ou « Montagne de feu », réputé pour ces fréquentes et redoutables éruptions, menace la région et la planète entière. Comprendre son mécanisme devient alors un enjeu majeur pour les chercheurs.

Diffusion sur la « 5 » :

Le 15 juin2020  Nyiragongo

Au cœur de la République Démocratique du Congo se dresse un immense volcan : le mont Nyiragongo. Son cratère mesure 1 200 mètres de diamètre et abrite le plus grand lac de lave du monde. Il est situé à 15 kilomètres seulement de Goma, qui compte un million d’habitants.