Nouvelle carte géologique d’Hawaii // New geological map of Hawaii

L’USGS a publié une nouvelle carte géologique de la Grande Ile d’Hawaii, en prenant en compte les changements subis lors des dernières éruptions.
La première cartographie complète de la géologie hawaïenne a commencé avec pour cadre le district de Kaʻū, dans les années 1920. Plus tard, les géologues ont cartographié Maui, Molokaʻi et l’île d’Hawaiʻi. Les cartes géologiques de toutes les îles de l’archipel, à l’exception de Kauaʻi, ont été achevées dans les années 1940. La publication de la carte géologique de Kauaʻi a eu lieu en 1960.
La datation des coulées de lave par analyse des éléments radioactifs n’était pas disponible pour la conception des premières cartes géologiques, de sorte que la progression des coulées de lave a été déduite en cartographiant les superpositions successives des coulées les plus récentes avec les plus anciennes. De cette façon, l’image globale de l’activité volcanique s’est traduite par des coulées plus anciennes occupant de plus grandes surfaces, au détriment des coulées plus récentes
Plus tard, l’analyse chimique des roches de chacune de ces coulées de lave a révélé comment les magmas ont évolué avec le temps au sein de chaque volcan.
L’observation du cycle de vie des volcans hawaiiens et le fait que ces volcans sont plus jeunes en allant vers le sud-est, ainsi que d’autres données géologiques, ont conduit à la notion d’un point chaud (hotspot) mantellique au-dessus duquel se déplacent les îles et la croûte océanique sur lesquelles elles se trouvent. Les volcans hawaiiens naissent au-dessus du point chaud et meurent lentement au fur et à mesure que la croûte océanique les emporte vers le nord-ouest.
La révision majeure suivante de la cartographie géologique d’Hawaii a été lancée dans les années 1980. Grâce à une meilleure compréhension de la tectonique des plaques, de la notion de point chaud et de la datation radiométrique, les géologues de l’USGS ont mis à jour la géologie de l’île d’Hawaii en incluant plus de détails. Les techniques de cartographie s’étaient améliorées avec l’utilisation de la photographie aérienne. La carte, publiée en 1996, comprenait les coulées de lave émises pendant les 12 premières années de l’éruption du Pu’u’ō’ō et toutes les autres éruptions du Kilauea et du Mauna Loa depuis 1942. En utilisant les données de cette carte, l’USGS a publié la première carte des risques liés aux coulées de lave sur l’île d’Hawaï.
La dernière carte géologique de l’État d’Hawaii, publiée en 2021, mise à jour à partir d’une version préliminaire de 2007, comprend la première cartographie des années 1940, la carte géologique de 1996 de l’île d’Hawaii, une nouvelle cartographie des volcans Maui Est, Oʻahu Ouest et Molokaʻi Ouest, ainsi que les débordements de lave de l’Halemaʻumaʻu et les coulées de lave dans le District de Puna en 2018.
La brochure qui accompagne les cartes explique comment chaque île s’est formée dans le cadre géologique de l’ensemble de l’archipel. Sur Kauaʻi, le bassin de Līhuʻe s’est probablement formé par affaissement mais on ne sait toujours pas si un ou deux volcans ont formé l’île. Oʻahu a été édifiée par trois volcans, et non deux comme on le pensait à l’origine. Sur l’île de Maui, l’Haleakalā entre en éruption tous les 200 à 500 ans et son éruption la plus récente remonte probablement à plus de 400 ans, et non à la fin des années 1700 comme on le pensait auparavant.
La carte de 2021 est disponible en fichiers pdf. Une version papier de la carte est également en préparation, mais la date de publication n’a pas été précisée..

https://pubs.usgs.gov/sim/3143/sim3143_pamphlet.pdf

Source : USGS.

 

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USGS has released a new geological map ohf Hawaii Big Island showing the changes undergone during the past eruptions.

The earliest comprehensive mapping of Hawaiian geology began in the Kaʻū District, in the 1920s. Later, geologists mapped Maui, Molokaʻi and the Island of Hawaiʻi. Geologic maps of all the islands except Kauaʻi were completed in the 1940s.The publication of the geologic map of Kauaʻi occurred in 1960.

Dating of lava flow by analysis of decaying radioactive elements was not yet available for designing the early geologic maps, so the progression of lava flows was deduced by mapping successive overlap of newer over older lava flows. In that way, a general sequence of volcanic activity was deduced, but resulted in older flows being grouped in larger units.

Chemical analysis of rocks from each of these lava flows revealed how magmas changed with time within each volcano.

The life cycle of Hawaiian volcanoes and the observation that Hawaiian volcanoes get younger to the southeast, along with other geologic data, led to the idea of mantle hotspots over which the islands and the oceanic crust on which they are built moves. Hawaiian volcanoes are born over the hotspot and slowly die as the oceanic crust carries them off in a northwest direction.

The next major revision of geologic mapping was launched in the 1980s. With a firm understanding of plate tectonics, hotspots, and radiometric dating, USGS geologists remapped the geology of the Island of Hawaiʻi in more detail. Mapping techniques had improved and included use of aerial photography. The map, published in 1996 included lava flows from the first 12 years of the Puʻuʻōʻō eruption and every other eruption of Kīlauea and Mauna Loa since 1942. Using the data from this map, the USGS published the first Lava Flow Hazard Map showing the relative hazard from lava flows on the Island of Hawaiʻi.

A new geologic map of the State of Hawaii in 2021, updated from a preliminary 2007 version, includes the early mapping of the 1940s, the 1996 geologic map of the Island of Hawaiʻi, new mapping of East Maui, West Oʻahu and West Molokaʻi volcanoes, and the Halemaʻumaʻu overflows and Puna lava flows of 2018.

The pamphlet that accompanies the maps compiles new ideas about the way each island formed with the upgraded geologic framework of the islands. On Kauaʻi, the Līhuʻe basin probably formed by subsidence but there is still a question about whether one or two volcanoes formed the island. Oʻahu was built by three volcanoes, not two as originally thought. Haleakalā erupts every 200 to 500 years and its most recent eruption was probably more than 400 years ago, and not in the late 1700s as previously thought.

The 2021 map is available as pdf files. A printed version of the map is also in the works, but the publication date has not been finalized yet.

Cliquer pour accéder à sim3143_pamphlet.pdf

Source : USGS.

 

Portion de la carte géologique mise à jour en 2021. On y voit une partie du District de Puna, où les dernières coulées de lave ont été ajoutées. (Source : USGS)

Cliquer sur ce lien pour une image plus grande :

https://cdn.bigislandnow.com/file/bigislandnow/2022/02/HawaiiStateGeologicMap-vw.jpg

Etna (Sicile) : nouvelle crise éruptive // Mt Etna (Sicily) : new eruptive crisis

L’Etna a connu une nouvelle crise éruptive ce 21 février 2022. Vers 9 heures ce matin (heure locale), l’INGV a détecté une anomalie thermique au niveau du Cratère Sud-Est (CSE).

Vers 10h, une activité strombolienne a débuté dans ce même cratère.

Vers midi, l’activité strombolienne a évolué en fontaines de lave, avec un panache éruptif qui atteignait une douzaine de km de hauteur. Le tremor montrait un niveau élevé.

Vers 13h, l’INGV signalait un débordement de lave du cratère, avec une coulée qui se dirigeait vers le SO.

Vers 14 heures, les fontaines de lave avait cessé, mais le panache éruptif entraînait des retombées de cendres dans les secteurs de Viagrande, Trecastagni et Zafferana. La population de San Giovanni la Punta, Acireale, Santa Venerina, Milo a, elle aussi, dû sortir les balais. La coulée de lave restait alimentée, mais le tremor entamait sa décroissance.

A 16 heures, la crise éruptive était terminée, mais la coulée de lave restait un peu alimentée en se dirigeant vers l’Est.

L’aéroport de Catane a été momentanément fermé au trafic aérien.

Source: INGV.

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Mt Etna went through a new eruptive crisis on February 21st, 2022. Around 9 a.m. this morning (local time), INGV detected a thermal anomaly at the Southeast Crater (SEC).
Around 10 a.m., Strombolian activity began in this crater.
Around noon, Strombolian activity evolved into lava fountains, with an eruptive plume that reached a dozen km in height. The tremor showed a high level.
Around 1 p.m., INGV reported a lava overflow from the crater, with a flow heading SW.
Around 2 p.m., the lava fountains had ceased, but the eruptive plume was causing ashfall in the Viagrande, Trecastagni and Zafferana areas. The population of San Giovanni la Punta, Acireale, Santa Venerina, Milo also had to take out the brooms. The lava flow remained fed, but the tremor began to decrease.
At 4 p.m., the eruptive crisis was over, but the lava flow remained a little fed as it headed east.
Catania airport was temporarily closed to air traffic.
Source: INGV.

Le tremor avec la crise éruptive du 21 février 2022 (Source : INGV)

Les risques liés aux intrusions magmatiques sur la Péninsule de Reykjanes (Islande) // The hazards of magma intrusions on the Reykjanes Peninsula (Iceland)

Dans une interview accordée aux médias locaux, le géologue islandais Páll Einarson a expliqué que les intrusions magmatiques sous forme de dykes sur la Péninsule de Reykjanes sont susceptibles d’endommager d’importantes infrastructures, tant sur la péninsule que dans la région de Reykjavik, la capitale. Le scientifique a ajouté que ces intrusions, qu’elles débouchent ou non sur une éruption volcanique, pourraient avoir un impact sur les systèmes géothermiques qui alimentent les réseaux d’eau et de chauffage, ainsi que sur les centrales géothermiques. L’une de ces intrusions a été observée en décembre 2021 et on craignait qu’une nouvelle éruption se produise sur la Péninsule de Reykjanes. Cependant, un tel événement ne s’est jamais produit. La sismicité qui a accompagné l’intrusion a considérablement diminué, et on pense que le magma s’est solidifié sous terre.

Selon la définition la plus répandue, un dyke – aussi orthographié dike – est une forme d’intrusion magmatique, « un filon de roche ignée vertical ou à fort pendage » qui se forme « lorsque le magma se fraye un chemin vers la surface en utilisant des fractures dans la roche ».
Páll Einarson a expliqué aux journalistes qui l’interviewaient qu’il y a eu des intrusions magmatiques à trois ou quatre endroits dans la région de la Péninsule de Reykjanes, sans toutefois causer des problèmes sérieux. Cependant, une intrusion au mauvais endroit pourrait provoquer des dommages permanents aux infrastructures. Actuellement, rien n’indique qu’un tel événement soit imminent, mais Páll Einarson explique que la récente éruption de Fagradalsfjall fait partie d’une chaîne complexe d’événements sur la péninsule.
Divers scénarios sont possibles à l’avenir, notamment une activité volcanique sur terre ou en mer, ou l’apparition d’une d’intrusion magmatique autour des sites géothermiques de Krýsuvík et Svartsengi, de la zone de conservation de Heiðmörk à la périphérie de Reykjavík ou des montagnes de Bláfjöll.
Les éruptions sur la Péninsule de Reykjanes ont tendance à être de type fissural, de faible ou moyenne importance, mais la capitale peut connaître des séismes intenses liés à cette activité sur la péninsule. Le problème est qu’il n’y a aucun moyen de prévoir quand de tels événements peuvent se produire.
Source : Iceland Review.

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In an interview with the locan news media, Icelandic geologist Páll Einarson said that dike intrusions on the Reykjanes peninsula could potentially damage important infrastructure, both on the peninsula and in the capital area. The scientist explained that regardless of whether they lead to a volcanic eruption or not, such intrusions could impact the geothermal systems that feed water and heating utilities, as well as geothermal power plants. One of these intrusions was observed in December 2021 and there were fears that a new eruption might occur on the Reykjanes Peninsula. However, such an event never occurred. The seismicity that accompanied the intrusion decreased significantly, and it is believed that the magma solidified underground.

According to the usual definition, a dike (also spelled dyke) is a kind of magma intrusion, a “vertical or steeply-dipping sheet of igneous rock” that forms “as magma pushes up towards the surface through cracks in the rock.”

Páll Einarson told interviewers that there have been magma intrusions in three or four places in the area of the Reykjanes Peninsula that have not caused any serious problems. However, one intrusion in the wrong place could do permanent infrastructural damage. Currently, there is no sign that such an event is imminent but Páll explains the recent eruption of Fagradalsfjall is part of a complex chain of events on the Peninsula.

A variety of scenarios are possible in the future, including volcanic activity on land or at sea, or intrusion activity around the Krýsuvík and Svartsengi geothermal areas, the Heiðmörk conservation area on the outskirts of Reykjavík, or the Bláfjöll mountains.

Eruptions on the Reykjanes Peninsula tend to be small to medium fissure eruptions, and the capital may yet experience intense earthquakes as part of this ongoing activity on the Peninsula. The problem is that there is no way to say when these might occur.

Source: Iceland Review.

 

Différents types d’intrusion magmatique (Source : USGS)

 

Exemple de dyke à Tenerife (Iles Canaries)

Inflation islandaise // Icelandic inflation

Le Met Office islandais indique que l’inflation se poursuit sur la péninsule de Reykjanes. Les scientifiques continuent également à surveiller étroitement l’inflation dans d’autres parties du pays, notamment dans les régions de l’Askja et du Grímsvön.
Sur la péninsule de Reykjanes, une inflation avait été enregistrée avant l’éruption du 19 mars au 18 septembre 2021, ainsi que dans les mois qui ont suivi, au cours de la fin de l’année 2021. L’inflation a repris récemment. Elle est centrée dans la zone du Fagradalsfjall, mais il est difficile de le localiser précisément. Les scientifiques pensent, malgré tout, que le magma s’accumule à une profondeur d’environ 12 à 16 km.

Suite à l’accumulation de neige, la connexion a été perdue avec la plupart des stations de mesure que le Met Office avait installées sur l’Askja. Pourtant, des signaux sont toujours émis par une station située sur un versant du volcan. Ils montrent que l’inflation observée précédemment n’a pas ralenti. D’autres relevés seront nécessaires pour confirmer ce processus d’inflation qui est probablement causé par l’accumulation de magma à une profondeur d’environ 3 km. Aucune prévision ne peut être faite sur le risque d’une éventuelle éruption.

Même si la couleur de l’alerte aérienne pour le Grímsvötn est revenue au Vert, les géologues du Met Office expliquent qu’une éruption peut avoir lieu à tout moment. Ils enregistrent toujours une inflation et une hausse de l’activité sismique. Une éruption du Grímsvötn se produit généralement très vite, suite à une augmentation de l’activité volcanique et de l’activité sismique. Elle est généralement détectée par les instruments peu de temps avant que le magma n’atteigne la surface,.
Source : Icelandic Met Office, Iceland Review.

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The Icelandic Met Office indicates that inflation continues on the Reykjanes peninsula. Scientists keep monitoring inflation closely in other parts of the country as well, including in the Askja, and Grímsvön areas.

On the Reykjanes peninsula, land inflated prior to the March 19th -September 18th, 2021 eruption and in its wake until a new magma intrusion occurred before the end of the year. Since then, inflation has resumed. It is centere in the area under Fagradalsfjall, but it is difficult to locate precisely. However, it is likely that magma is accumulating at a depth of approximately 12-16 km.

Because of the amount of snow, connection has been lost to most monitoring devices of the Icelandic Met Office located on Askja volcano. Still, signals are still being received from one station located in the slope of the volcano, showing signs of inflation, which does not appear to be slowing down. More stations should be needed to confirm the inflation process which is probably caused by magma accumulating at a depth of about 3 km. No prediction can be made about the risk of a possible eruption.

Even though the aviation color code for Grímsvötn is back to Green, Met Office geologists warn that an eruption can take place anytime. They are still noting inflation, and seismic activity is increasing. An eruption in Grímsvötn usually occurs at short notice, following increased volcanic unrest and seismic activity. It is usually detected before magma reaches the surface, but only a few hours in advance.

Source: Icelandic Met Office, Iceland Review.

Vue de la caldeira de l’Askja avec l’Oskjuvatn et le Viti (Photo: C. Grandpey)