Yellowstone victime de son succès ? // Will Yellowstone be the victim of its success ?

drapeau-francaisComme je l’ai écrit précédemment, les parcs nationaux américains sont devenus de plus en plus populaires. Par exemple, chaque année des dizaines de milliers de personnes visitent le parc national de Yellowstone et celui des volcans d’Hawaï. Pourtant, Yellowstone n’a jamais autant ressenti la pression du tourisme qu’en 2016. Pendant plusieurs jours, on a observé des files de véhicules sur plusieurs kilomètres à l’entrée ouest du parc, à West Yellowstone, qui est la plus fréquentée. Une fois que les automobilistes ont franchi cette porte du parc, ils sont confrontés à de nouveaux bouchons pour se rendre sur le site du Vieux Fidèle, souvent à cause de la présence d’animaux sauvages sur la route ou à proximité. Chaque fois qu’il y a un wapiti, un  grizzly, ou un bison, les gens sortent des voitures pour prendre des photos. Enfin, après avoir atteint le célèbre geyser, ils se retrouvent dans un parking grand comme un stade, mais qui est souvent plein comme un oeuf. La situation peut même être pire au parking du Grand Prismatic qui est bien trop petit pour accueillir tant de voitures.
En 2015, pour la première fois de son histoire, Yellowstone a reçu plus de 4 millions de visiteurs (j’en faisais partie!). Ce chiffre sera probablement largement dépassé en 2016, année du centenaire du National Park Service. Derrière toutes ces voitures et tous ces autocars se profile une question fondamentale: Cette popularité croissante est-elle bonne ou mauvaise pour Yellowstone, et, à plus grande échelle, pour les parcs nationaux dans leur ensemble?
En 2016, le nombre de visiteurs à Yellowstone devrait atteindre environ 315 millions, soit l’équivalent de toute la population des États-Unis. Plus de 307 millions de personnes se sont rendues dans les parcs américains en 2015, 25 millions de plus qu’il y a seulement trois ans. Alors que les parcs ont toujours été un lieu de vacances très prisé des familles américaines, la provenance d’un grand nombre de visiteurs est en train de changer. Il y a plus d’étrangers que dans le passé et le tourisme asiatique, en particulier, est en plein essor. Il y a quelques années, 300 000 visas étaient accordés aux Chinois. Cette année, il y en a plus de 500 000. En juillet 2016, pour la première fois dans son histoire, Yellowstone a embauché trois rangers parlant le mandarin. Le nombre de visiteurs asiatiques à Yellowstone et dans le parc du Grand Teton est maintenant supérieur au nombre d’Américains qui ne sont pas de race blanche.
Ces foules de visiteurs représentent le principal problème auquel doivent faire face les parcs nationaux américains. Les autorités du parc national des Arches dans l’Utah le ferment de temps en temps pour contrôler le nombre de visiteurs. Pas très loin de là, le parc national de Zion a mis en place un service de navettes pour soulager la circulation, ce qui provoque de longues files d’attente pour prendre ces bus. Un ranger de Yellowstone avec lequel je parlais l’année dernière m’a dit que les autorités du parc envisageaient la mise en place de quotas de visiteurs car le parc arrivait maintenant à saturation.
Le parc national de Yellowstone est sans aucun doute l’endroit où la pression humaine se fait le plus sentir. Les rangers sont souvent dépassés car ils sont confrontés à un nombre croissant de délits de la part des touristes. En 2015, ils ont distribué 52 036 avertissements pour des infractions comme la pénétration non autorisée dans des zones géothermales fragiles, ou l’approche trop serrée de la faune. J’ai mentionné plusieurs incidents de ce type dans mon blog il y a quelques semaines. Des lettres ont été envoyées à 85 entreprises de bus touristiques, leur demandant de dire à leurs clients de respecter les règlements du parc. Les autorités du parc de Yellowstone ont appris que certains conducteurs de bus s’arrêtaient sur le bord de la route, distribuaient aux passagers des rouleaux de papier toilette et leur conseillaient d’utiliser les bois en guise de sanitaires.

Personnellement, je n’aime pas les foules, encore moins quand les gens sont bruyants et ne respectent pas les règlements d’un parc national. Les journaux hawaïens ont écrit que plusieurs centaines de personnes sont venues voir la lave entrer dans l’océan, ce qui est confirmé par les photos qui ont été mises en ligne. En voyant tous ces gens, je n’ai qu’une envie : visiter des contrées plus tranquilles!
Source: National Park Service.

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drapeau-anglaisAs I put it previously, American National Parks have become increasingly popular. For instance, every year tens of thousands of people visit Yellowstone National Park and Hawaiian Volcanoes National Park. Yet never before has Yellowstone felt the squeeze of so much human adoration as 2016. On many days, traffic stretches for several kilometres outside the park entrance at West Yellowstone. Once motorists pass through the gate, they confront more congestion travelling to Old Faithful, often in the form of “wildlife jams” whenever there is a bull elk, grizzly bear, or buffalo roaming the roadside, with people getting out of their cars to take photos. Finally, upon reaching the famous geyser, the visitors find a Yankee Stadium-sized parking lot that is often full. The situation may even be worse  at the Grand Prismatic car park which is far to small to welcome so many people.

In 2015, Yellowstone hit more than 4 million visits (I was one of them!) for the first time in history. It is poised to significantly surpass those numbers in 2016, the centennial year of the National Park Service. Behind all those cars and tour buses looms a fundamental question: Is such soaring popularity good or bad for Yellowstone, and, more broadly, for the national park system as a whole?

National park visitation in 2016 is expected to approach 315 million people, the equivalent of the entire population of the United States. More than 307 million people travelled to the parks in 2015, up 25 million from just three years ago. While the parks remain a popular vacation spot for families, the national origin of many of them is changing. There are more foreigners than in the past. Asian tourism in particular is booming. A few years ago, 300,000 visas were granted to visitors from mainland China. This year US officials gave out more than 500,000. In July 2016, for the first time in history, Yellowstone hired three Mandarin-speaking rangers. The volume of Asian visitors to Yellowstone and Grand Teton National Park is now believed to be greater than the total number of nonwhite Americans who visit them.

The crush of visitors remains one of the most pressing issues facing U.S. national parks. Already, managers at Arches National Park in Utah have closed the park from time to time to control the number of visitors. At nearby Zion National Park, officials have implemented a bus service to alleviate traffic congestion, which has resulted in long lines to catch the shuttles. A Yellowstone ranger I talked to last year told me that the Park authorities had considered setting up quotas of visitors as the park is now reaching saturation.

Yellowstone National Park is undoubtedly the place where the press of humanity is mostly felt. Rangers are often overwhelmed as they deal with the growing catalog of tourist misdeeds. In 2015, Yellowstone staff issued a record 52,036 resource warnings to visitors, for infractions ranging from walking on delicate geothermal features to getting too close to wildlife. I mentioned several incidents in my blog a few weeks ago. Letters have been sent to 85 bus tour companies, warning them that their clients are expected to abide by park rules. The letters were inspired in part by reports of some bus drivers pulling over alongside the road, handing passengers rolls of toilet paper, and instructing them to use the woods. Personally, I do not like the crowds, all the less when people are noisy and do not respect the park rules. Hawaiian newspapers wrote that several hundred persons came to see lava entering the ocean, which was confirmed by the photos they posted. Seeing all these people, I do feel like visiting quieter areas!

Source: National Park Service.

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Quand le Vieux Fidèle se donne en spectacle…

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Scène de la vie quotidienne à Yellowstone!

(Photos: C. Grandpey)

Islande: Le Lac Mývatn en danger // Iceland: Lake Mývatn in danger

drapeau-francaisComme je l’ai indiqué à plusieurs reprises sur ce blog, l’Islande subit de plein fouet les assauts du tourisme de masse avec les conséquences que l’on imagine pour la nature très fragile de ce pays. J’ai signalé les agissements de certains qui n’hésitent pas à faire rouler leur 4X4 sur des zones protégées où la végétation mettra des décennies pour se régénérer, sans parler du comportement imbécile d’autres touristes à Gullfoss ou au Jokulsarlon.

C’est maintenant au tour de la flore et de la faune du célèbre Lac Mývatn et des rivières de la région, la Laxá par exemple, d’être affectées par un mal mystérieux. La situation est très préoccupante et le gouvernement va devoir prendre des mesures d’urgence. Selon une association de pêche locale, la flore et la faune du lac sont menacées d’eutrophisation (accumulation de nutriments entraînant une croissance dense de la vie végétale et la mort de la vie animale en raison du manque d’oxygène). Dans les rivières, la population de truites est proche de l’extinction, les populations d’épinoches sont à des niveaux historiquement bas, et le niveau de floraison bactérienne dans le lac est bien en dessus de la limite préconisée par l’Organisation Mondiale de la Santé pour les lacs de loisirs. Les boules de cladophora (NDLR : également appelées boules anti-nitrates par les aquariophiles) qui tapissaient autrefois le fond du lac ont maintenant disparu de Mývatn. La région du Lac Mývatn figure sur la liste rouge  de l’Agence de l’Environnement islandaise pour la quatrième année consécutive.
Le mystère entoure la cause de la détérioration de la flore et de la faune locales, mais les pêcheurs sont persuadés que le principal responsable est l’augmentation considérable du nombre de visiteurs et le stress que leur présence occasionne sur la Nature.
Source: Iceland Review.

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drapeau-anglaisAs I have written several times in this blog, Iceland is suffering the brunt of mass tourism with the consequences we can imagine for the very fragile nature of the country. I have reported the actions of some tourists who drove their 4-wheel vehicles on protected areas where the vegetation will take decades to regenerate, not to mention the idiotic behaviour of other tourists at Gullfoss and Jokulsarlon.
It is now the flora and fauna of the famous Lake Myvatn and the rivers of the region, the Laxá for example, to be affected by a mysterious illness. The situation is very worrying and the government needs to take emergency measures. According to a local fishing association, wildlife in the area is under threat from eutrophication (a build-up of nutrients causing a dense growth of plant life and death of animal life due to lack of oxygen). River trout have been close to extinction, populations of stickleback are at historical lows, and levels of bacterial bloom in the lake are well above World Health Organisation safety limits for recreational lakes. The distinctive cladophora moss balls, which once covered the lake floor have now disappeared from Mývatn. The Mývatn area is now on the Environment Agency of Iceland’s ‘red list’ for the fourth year in a row.

Mystery surrounds the cause of the deterioration in local flora and fauna, but fishermen point out that the only change in the area in recent years is the huge increase in visitors with the accompanying pressure placed on nature.

Source: Iceland Review.

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Le lac Mývatn et le village de Reykjalid.

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Arlequins plongeurs sur la rivière Laxá.

(Photos: C. Grandpey)

 

Les dernières éruptions affectent le tourisme en Indonésie // The latest eruptions affect tourism in Indonesia

drapeau-francaisAvec l’alerte Orange (SIAGA) décrétée le 4 janvier, le Soputan est venu s’ajouter au Bromo, au Lokon et au Karangetang qui sont dans la même situation, tandis que le Sinabung reste en alerte maximale (AWAS). Il ne faudrait pas oublier non plus l’éruption du Rinjani – actuellement en alerte Jaune (WASPADA) – dont les panaches de cendre ont fortement perturbé le trafic aérien entre Bali et l’Australie fin octobre et début novembre.
Ces dernières éruptions ont eu un impact négatif sur l’arrivée de touristes étrangers en Indonésie, avec une baisse de 23% en moyenne en novembre 2015 dans les trois aéroports les plus touchés. En effet, d’Octobre à Novembre 2015, la plupart les aéroports indonésiens ont enregistré des augmentations d’arrivées de touristes étrangers, à l’exception des aéroports de Lombok, de Ngurah Rai à Bali et de Tanjung Balai dans les Iles Riau qui ont enregistré respectivement des baisses de 39,6, 28,5 et 2,1 pour cent.
Sur une base annuelle et à l’échelle nationale, le nombre d’arrivées de touristes étrangers en novembre 2015 a baissé de 29,1%, par rapport à novembre 2014, ce qui confirme la baisse observée en octobre 2015 qui présentait une chute de 32,4% par rapport à octobre 2014.
Source : Presse indonésienne.

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drapeau-anglaisWith Orange alert (Siaga) decided on January 4th, Soputan volcano has been added to Bromo, Lokon and Karangetang which are on the same level, while Sinabung remains on highest alert (AWAS). We should not forget the eruption of Rinjani – currently Yellow Alert (Waspada) – whose ash plumes disrupted air traffic between Bali and Australia late October and early November.
These last eruptions reduced foreign tourist arrivals by 23% on average in November 2015 at the three most-affected airports. Indeed, from October to November 2015, most airports recorded increases in foreign tourist arrivals except for Lombok International Airport, Ngurah Rai Bali, and Tanjung Balai Karimun Riau Island which recorded 39.6, 28.5 and 2.1 per cent decreases respectively.
On a yearly basis, the number of foreign tourist arrivals nationwide in November 2015 was down by 29.1%, compared to November 2014, continuing the decline seen in October, which was 32.4% lower than October 2014.
Source: Indonesian newspapers.

Sinabung  2 blog

Eruption du Sinabung (Photo: J.P. Vauzelle)

Hawaii, paradis des touristes, des volcanologues…et des sans-abri ! // Hawaii, a paradise for tourism, volcanism…and homelessness !

drapeau-francaisHawaï n’est pas seulement le paradis décrit par les affiches des agences de voyage. Certes, il y a le soleil, les plages de sable blanc, les vagues pour le surf, des volcans extraordinaires, mais il y a autre chose que les touristes refusent souvent de voir de peur que cela vienne un peu gâcher leurs vacances.
Les dernières statistiques fédérales révèlent que le nombre de sans-abri à Hawaï a augmenté ces dernières années, avec 487 sans-abri pour 100 000 habitants, ce qui représente le taux le plus élevé par habitant dans tout le pays, devant les Etats de New York et du Nevada.
La hausse est constante depuis 2010, alors même que le taux national a chuté du fait de la reprise économique. L’augmentation, conditionnée par des années de hausse des prix à Hawaï, les bas salaires et le peu de terres disponibles, a répandu l’image de gens qui dorment sur les plages et les trottoirs à côté de celle d’un paradis sous les tropiques.
Les autorités ont essayé de résoudre le problème qui concerne essentiellement Oahu, l’île la plus peuplée. Ils ont offert des services aux sans-abri, leur ont interdit de s’asseoir ou de se coucher sur les trottoirs de Waikiki et leur ont proposé d’utiliser des conteneurs en guise de logements temporaires. La déclaration d’état d’urgence par le Gouverneur de l’Etat montre bien la gravité de la crise. Par exemple, alors qu’il y a des abris et des programmes pour aider les sans-abri, on recense trop peu de lits disponibles (environ 550 pour une nuit à Oahu où vivent environ 4900 des 7620 personnes sans-abri de l’Etat d’Hawaii). La population de familles sans-abri a augmenté de 46% entre 2014 et 2015. Les données sur les hébergements pour sans-abri montrent que 30% sont d’origine purement ou partiellement hawaïenne; 27% viennent de Micronésie, des îles du Pacifique, des îles Marshall ou d’autres; et 26% sont des blancs.
En 2006 à Waikiki, les autorités locales ont tenté de créer une zone de sécurité temporaire où les sans-abri pourraient camper légalement, mais il y a eu de nombreuses plaintes et la zone a été finalement fermée tous les soirs, ce qui n’a fait que déplacer le problème. Beaucoup de sans-abri ont élu domicile dans les garages d’hôtels et des passages près de la plage de Waikiki. La ville a alors décidé d’interdire aux sans-abri de s’asseoir ou de se coucher sur les trottoirs, décision soutenue par les hôtels de luxe et autres grandes infrastructures touristiques qui génèrent une grande partie des 6,8 milliard de dollars de recettes touristiques annuelles.
Les services sociaux indiquent que 40% des sans-abri à Hawaï travaillent au moins à temps partiel, 30% ont besoin d’aide au logement et 30% ont des problèmes de santé mentale ou de toxicomanie qui les empêchent d’avoir un logement décent.
Source: Presse hawaienne.

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drapeau-anglaisHawaii is not only the paradise depicted by the posters in travel agencies. OK, there are sunny days, white sand beaches, great waves for going surfing, incredible volcanoes, but there is something else the tourists often refuse to see as it might a little spoil their holidays.
The latest federal statistics reveal that homelessness in Hawaii has grown in recent years, leaving the state with 487 homeless per 100,000 people, the nation’s highest rate per capita, ahead of New York and Nevada.
The rise has been constant since 2010, even as the national rate has fallen during the economic recovery. The increase, driven by years of rising costs in Hawaii, low wages and limited land, promoted the image of people sleeping on beaches and sidewalks alongside the state’s one of a relaxing tropical paradise.
Officials have tried to solve the problem, which is centered on Oahu, the most populated island. They’ve offered homeless services, banned sitting and lying on Waikiki’s sidewalks and proposed using shipping containers as temporary housing. The Governor’s declaration of a state of emergency on homelessness has underscored the depth of the crisis. For instance, while there are shelters and programs to help the homeless, there are far fewer empty beds than are needed (about 550 on any given night in Oahu, where an estimated 4,900 of the 7,620 homeless people live). The state’s population of unsheltered families ballooned 46% from 2014 to 2015. Data on homeless shelter use show that 30% were Hawaiian or part-Hawaiian; 27% Micronesian, Marshallese or other Pacific Islanders; and 26% white.
In Waikiki, local authorities tried to create a temporary safe zone in 2006 where the homeless could camp legally, but more complaints ensued, so it ended up closing the park every night. Many of the homeless moved into hotel garages and walkways near Waikiki Beach. Then the city banned sitting and lying down on sidewalks, a move backed by the luxury hotels and other major resorts which generate much of Waikiki’s $6.8 billion in annual tourism revenue.
Service providers say 40% of Hawaii’s homeless people are working at least part-time, 30% need some housing assistance and 30% have mental health or substance abuse problems that prevent them from maintaining a home.
Source: Presse hawaiienne.

Hanauma-Bay

Hanauma Bay, paradis des plongeurs. Hawaii, ce n’est pas seulement cela!

(Photo: C. Grandpey)