Accès autorisé, mais limité, à Grindavik (Islande) // Authorised, but limited, access to Grindavik (Iceland)

La police du district de Suðurnes a décidé d’autoriser les habitants de Grindvík et les personnes qui travaillent à Grindavík à rester et à entrer dans la ville et y rester pendant toute la journée. La décision prend effet le 20 février 2024 à 7 heures et est valable jusqu’au 29 février, en tenant compte des éléments suivants :
Les habitants, les employés, les entreprises et les personnes qui ont besoin de venir en aide aux habitants – et ces seules personnes – sont autorisés à entrer dans la ville sous leur propre responsabilité. Chacun doit être responsable de ses propres actes. La police précise que Grindavík n’est pas un endroit où les enfants peuvent jouer. Il n’y a pas d’écoles et les infrastructures sont paralysées. L’approvisionnement en eau chaude de la ville connaît des fuites sous la coulée de lave, mais des réparations sont en cours. Il est recommandé de ne pas modifier les réglages d’arrivée d’eau chaude dans les maisons. Il n’y a toujours pas d’eau froide et donc pas d’eau potable. Les conditions sont donc différentes de celles jugées acceptables pour vivre dans les maisons.
Il y a de nombreuses fractures dans et autour de la ville et d’autres peuvent s’ouvrir sans préavis. Les gens doivent rester sur les trottoirs et dans les rues, et éviter de sortir sur les terrains et autres espaces libres.
Il existe toujours des risques dans le secteur de Grindavik suite à l’éruption du Stóra Skógfell. De plus, les conditions à l’intérieur et à l’extérieur des zones dangereuses peuvent changer sans prévenir, sans oublier que des dangers peuvent être cachés en dehors des zones désignées. Le soulèvement du sol continue à Svartsengi, avec un fort risque d’éruption dans quelques semaines..
Source : Iceland Monitor.

Grindavik, une ville meurtrie et toujours sous la menace de la lave (Photos: presse islandaise)

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The police of Suðurnes has taken the decision to allow Grindvíkers and those working in Grindavík to stay and work in the town all day long. The decision takes effect at 7 am on February 20th in the morning and is valid until  February 29th. with knowledge of the following:

Residents, employees, businesses, and those who need to help residents– and these people only – are allowed to enter the town on their responsibility. Each must be responsible for their own actions. The Police Commissioner makes it clear that Grindavík is not a place for children or children to play. There are no schools and the infrastructure is in a state of paralysis. The hot water supply to the town is leaking, presumably under lava, but repair is underway. It is recommended that people do not interfere with the settings of hot water in houses. There is still no cold water and therefore no drinking water. Conditions are therefore different from those that can be considered acceptable for living in houses.

The fissures are widespread in and around the town and cracks can open without notice. People need to stay at the sidewalks and streets of the town and avoid going out on the grounds and other open areas.

There are still risks in the area following the eruption at Stóra Skógfell and conditions inside and outside the danger areas can change with little notice. In addition, risks can be hidden outside the designated areas. Land inflation is still going on in Svartsengi, with an elevated risk of eruption in a few weeks. .

Source : Iceland Monitor.

Islande : nouvelle carte de risques // Iceland : new hazard map

Une nouvelle carte de risques a été publiée par le Met Office islandais.

Carte actuelle

 

Le principal changement par rapport à la carte précédente concerne la région de Svartsengi (zone 1), qui présente désormais un niveau de risque modéré, reflétant une diminution d’activité par rapport à la carte précédente.

Carte précédente

Ce changement est justifié par l’absence de formation de fractures superficielles majeures dans le secteur. De plus, les dernières observations font de Sundhnúksgígar le lieu le plus probable pour une éruption.

A noter la réouverture du Blue Lagoon le 6 janvier au matin…en espérant qu’une fermeture n’interviendra pas dans les 24 heures!! De plus, le port de Grindavik devrait reprendre une activité normale la semaine prochaine.

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A new hazard map has been issued byThe Icelandic Met Office. The main change compared with the previous map affects the Svartsengi region (zone 1), which is now considered to be at a moderate hazard level, reflecting a decrease from the previous map. The justification for this change is that no new major fractures have formed lately in the area. Moreover, the latest observations make Sundhnúksgígar the prime location for an eruption.

The Blue Lagoon reopened on January 6th in the morning. Let’s hope it will not close in the next 24 hours!! It is expected that all operations at Grindavík harbour will start again next week.

Islande : nouvelle carte de risques // Iceland : new hazard map

Le Met Office islandais a mis à jour la carte de risques pour la zone autour de Grindavík et de Svartsengi. La nouvelle carte élargit la zone de danger de la carte précédente.
La nouvelle carte s’appuie sur de nouvelles images satellite de Svartsengi et de l’intrusion magmatique, ainsi que sur des données discutées avec la Protection civile, des scientifiques du Met Office et de l’Université d’Islande.
Il existe trois zones de danger, comme le montre la carte ci-dessous :
Orange : Zone de danger A : Danger dû à l’activité sismique.
Rouge : Zone de danger B : Danger dû à une éventuelle éruption.
Violet : Zone de danger C : Risque accru d’éruption comme dans la zone B, avec encore plus de risque d’ouverture soudaine de fractures et de pollution gazeuse. Dans cette zone, les voies d’évacuation doivent être dégagées, des détecteurs de gaz sont nécessaires ainsi que des masques à gaz si l’on pénètredans la zone.
Source : Met Office.

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21 novembre – 7 heures : Alors que la sismicité et le tremor étaient globalement stables ces derniers jours, une secousse de M 3,8 a été enregistrée le 21 novembre à 5h14 dans le secteur de Grindavik avec un hypocentre à 1,1 km de profondeur. Le reste du temps, la sismicité dans cette zone se situe généralement entre 2 et 5 km de profondeur. A surveiller.

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The Icelandic Met Office has updated the hazard assessment map for the area around Grindavík and Svartsengi. The new map expands the hazard area from the previous map.

The map is based on new satellite images of Svartsengi and the magma intrusion, as well as data that was discussed with the Civil Protection, experts from the Icelandic Met Office and the University of Iceland.

There are three danger areas as can be seen on the map below :

Orange: Danger zone A: Danger due to seismic activity.

Red: Danger zone B: Danger due to possible eruption.

Purple: Danger zone C: Increased danger of eruption like in zone B, and even more danger of earth opening suddenly and dangerous gas pollution. In this zone escape routes need to be clear, gas monitors are needed and gasmasks if you go into the area.

Source : Met Office.

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November 21st – 7 a.m.: While seismicity and the tremor were generally stable in recent days, an earthquake with a magnitude M 3.8 was recorded on November 21st at 5:14 a.m. in the Grindavik area with a hypocenter at 1.1 km depth. Seismicity in this area is generally between 2 and 5 km depth.

Crues glaciaires mortelles // Deadly glacial outburst floods

Plus de 100 personnes sont portées disparues dans le nord-est de l’Inde après la rupture d’un lac glaciaire le 4 octobre 2023 dans l’État himalayen du Sikkim. La cause de la catastrophe a été initialement attribuée à un épisode de très fortes pluies sur le lac Lhonak, ainsi qu’au rejet d’eau du barrage de Chungthang. Cependant, la catastrophe est aujourd’hui attribuée à une crue glaciaire qui a tué au moins 19 personnes avec de nombreux disparus, et emporté des routes et des ponts.
Une crue glaciaire est la libération soudaine de l’eau qui s’est accumulée dans d’anciens lits de glaciers. Ces lacs se forment lors du recul des glaciers, un phénomène naturel accéléré par la hausse des températures due au réchauffement climatique d’origine anthropique.
L’eau de fonte des glaciers se déverse souvent dans les rivières, mais les blocs de glace et l’accumulation de débris peuvent édifier un barrage naturel derrière lequel se forme un lac glaciaire. Si ces barrages naturels se rompent, de grandes quantités d’eau peuvent s’échapper soudainement des lacs et provoquer des inondations dévastatrices.
Les barrages naturels qui retiennent les lacs glaciaires peuvent se rompre pour diverses raisons. Ce peut être une avalanche de neige ou un glissement de terrain, événements qui déclenchent une vague dans le lac. Il peut aussi s’agir d’un débordement du lac à cause de la pluie ou de la fonte des glaciers. Parfois, le barrage se dégrade progressivement au fil du temps et finit par se rompre à la suite d’un événement tel qu’un séisme.
Dans la mesure où elles peuvent être causées par de nombreux et différents facteurs, les crues glaciaires sont imprévisibles. Néanmoins, elles sont étroitement liés au réchauffement climatique actuel. En effet, la hausse des températures entraîne la fonte et la disparition des glaciers, la moitié des 215 000 glaciers de la planète devraient fondre d’ici la fin du siècle, même si le réchauffement peut être plafonné à 1,5°C, comme décidé lors de la COP 21 à Paris.
Le volume des lacs glaciaires a bondi de 50 % en 30 ans, selon une étude de 2020 basée sur des données satellitaires. Plus les lacs se forment et plus ils sont grands, plus ils représentent un risque pour les populations en aval.
Le principal danger des crues glaciaires réside dans leur imprévisibilité. La probabilité qu’un lac libère l’eau qu’il retient est difficile à estimer avec précision sans études détaillées. L’une d’elles, publiée dans la revue Nature Communications a révélé que 15 millions de personnes vivent à moins de 50 kilomètres d’un lac glaciaire et à moins d’un kilomètre d’une inondation potentielle due à une brèche dans la digue qui le retient. Le risque est plus grand dans les hautes montagnes d’Asie, une zone qui couvre une douzaine de pays, dont l’Inde, le Pakistan, la Chine et le Népal.
Ces populations sont d’autant plus vulnérables qu’elles sont souvent pauvres et peu préparées à faire face à l’arrivée soudaine d’eaux de crue catastrophiques. Les scientifiques affirment que c’est le nombre élevé de personnes et leur capacité réduite à faire face à une catastrophe qui jouent un rôle clé dans la détermination du risque de crue glaciaire. Des milliers de personnes, par exemple, ont été tuées par les crues des lacs glaciaires dans les hautes montagnes d’Asie, alors que seulement quelques unes ont péri dans le nord-ouest de l’Amérique du Nord, région qui compte deux fois plus de lacs glaciaires.
Les scientifiques appellent à davantage de recherches sur les risques posés par les crues glaciaires, en particulier dans la région andine – au Pérou, par exemple – qui reste relativement peu étudiée, mais également à une meilleure préparation des populations. Bien sûr, la meilleure solution pour prévenir les crues glaciaires serait de réduire nos émissions de gaz à effet de serre afin de diminuer l’impact du réchauffement climatique sur les glaciers, mais pour l’instant, ce n’est qu’un rêve…
Réflexions personnelles inspirées d’articles parus dans la presse internationale.

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More than 100 people are missing in India’s northeast after a glacial lake burst open on October 4th, 2023 in the Himalayan state of Sikkim . The cause of the flood was initially attributed to a cloudburst over Lhonak Lake, along with the release of water from the Chungthang dam. However, the disaster has since been identified as the result of a glacial lake outburst flood (GLOF) that killed at least 19 with many others missing, and washed away roads and bridges.

A glacial lake outburst flood (GLOF) is the sudden release of water that has collected in former glacier beds. These lakes are formed by the retreat of glaciers, a naturally occurring phenomenon that has been accelerated by the warmer temperatures of human-caused global warming.

Glacier melt is often channelled into rivers, but ice or the build-up of debris can form a natural dam, behind which a glacial lake builds. If these natural dams are breached, large quantities of water can be released suddenly from the lakes, causing devastating flooding.

The natural dams holding back glacial lakes can be breached for a variety of reasons. Causes include an avalanche of snow, or a landslide causing a wave in the lake, or overfilling of the lake… from rain or the glacier melting. Sometimes the dam has been gradually degraded over time, or is ruptured by an event like an earthquake.

Because they can be caused by so many different factors, the breaches are highly unpredictable. However, they are closely linked to the current global warming. Indeed, global warming is driving the disappearance of glaciers, with half the Earth’s 215,000 glaciers projected to melt by the end of the century, even if warming can be capped at 1.5°C, as decided during COP 21 in Paris.

The volume of glacial lakes has jumped by 50 percent in 30 years, according to a 2020 study based on satellite data. The more and larger lakes form, the greater the risk they pose to populations downstream.

The particular danger of GLOFs lies in their unpredictability. The probability of a lake releasing a GLOF is difficult to accurately quantify without detailed and localised studies. A research published in Nature Communications found that 15 million people live within 50 kilometres of a glacial lake and within one kilometre of potential flooding from a breach. The risk is greatest in Asia’s high mountains, an area that covers parts of 12 countries, including India, Pakistan, China and Nepal.

These populations are all the more vulverable as they may be poorer and less prepared to deal with the sudden arrival of catastrophic floodwaters. Scientists sai it is the high number of people and the reduced capacity of those people to cope with disaster that plays a key role in determining overall GLOF danger. Thousands of people, for example, have been killed by glacier lake outburst floods in High Mountains Asia but only a handful in North America’s Pacific Northwest, even though that region has twice as many glacial lakes.

Scientists have called for more research on the risks posed by GLOFs, particularly in the Andean region – especially in Peru – which remains comparatively understudied, but also for better preparedness. Of course, the best solution to prevent GOLFs would be to reduce our emissions of greenhouse gases in order to reduce the impact of global warming, but for the moment, this is just a dream…

Adapted from articles in the international press.

Le lac Imja, près de l’Everest, est un lac glaciaire dont la longueur a triplé depuis 1990. (Crédit photo : Planetary Science Institute)

Certaines zones des Alpes sont sous la menace de lacs glaciaires, comme celui de Rosolin à Tignes, mais ils sont étroitement surveillés (Crédit photo : RTM)