Du “vog” sur l’île de la Réunion

L’éruption du Piton de la Fournaise est terminée, mais elle a laissé derrière elle une enveloppe de brouillard volcanique que les Hawaiiens ont baptisé « vog », le condensé de « volcanic fog », autrement dit brouillard volcanique. A Hawaii, avant que se termine l’éruption du Kilauea en août 2018, ce brouillard a posé des problèmes aux horticulteurs  car le gaz qu’il véhicule est en grande partie de dioxyde de soufre (SO2). Se mêlant à la pluie, il devient de l’acide sulfurique et donne naissance à des pluies acides qui abîment les récoltes. S’il persiste, le vog peut également devenir un problème pour les personnes souffrant de problèmes respiratoires.

A la Réunion, le vog n’a pas vraiment d’impact sur la vie de l’île. Les météorologues n’enregistrent rien de significatif. De plus, le phénomène ne devrait persister que quelques dizaines d’heures. Pour le moment, le gaz émanant de l’éruption reste piégé sous un couvercle nuageux qui persiste sur toute la zone sud de l’île. Le vog se dispersera avec le retour de la pluie et du vent qui nettoiera l’atmosphère.

Côté circulation, la réouverture totale de la RN2 s’est effectuée dans les deux sens le 27 octobre dans la soirée. Les gendarmes ont toutefois maintenu une surveillance de la route au niveau de la coulée en raison de la forte affluence.

Source de vog à Hawaii (Photo: C. Grandpey)

La Vierge au Parasol (Ile de la Réunion) : Toute une histoire…

La Vierge au Parasol est pratiquement une institution sur l’Ile de la Réunion. Autrefois située en pleine nature, cette Vierge tenant un parasol bleu est vénérée par de nombreux catholiques réunionnais car elle est censée les protéger contre les éruptions du Piton de la Fournaise, le volcan actif de l’île. Il faut reconnaître que la statue en a vu de toutes les couleurs.

Son histoire a commencé an 1896, année où deux Réunionnaises font placer une statue de Notre-Dame de Lourdes sur la route du Grand Brûlé. Surmontée d’un parasol (parapluie en créole), cette Vierge est destinée à préserver les habitants de Bois Blanc des colères du volcan et de la lave qui avance parfois jusqu’à la mer. Au début du 20ème siècle, un  propriétaire à Bois-Blanc la place dans ses champs pour protéger ses récoltes..

En dépit de ses qualités de protection, la statue a connu des mésaventures. C’est ainsi qu’en 1961 elle a été ensevelie sous une coulée de lave, avant de faire sa réapparition en 1963. Plus grande que la précédente, peinte en bleue et blanc, elle tenait toujours à la main son éternel parasol. Elle a été réinstallée à quelques kilomètres du premier oratoire, dans un lieu où elle était censée être à l’abri de la lave.

Mauvais calcul, car en janvier 2002 le Piton de la Fournaise menace à nouveau la statue qui est mise en sécurité sur le site de Piton Sainte Rose.

En 2005, elle est à nouveau mise à l’abri lors d’une autre éruption volcanique.

Suite à ces malheurs à répétition, la statue est installée au Grand Brûlé le 15 août 2011. La même année, une réplique de la statue est façonnée pour que la Vierge n’ait pas à être déplacée pour le 15 août, jour de la fête de l’Assomption.

Le 8 janvier 2014, la statue a été décapitée par des inconnus. Une réplique en résine fut alors installée au Grand Brûlé où elle fut vandalisée le 28 avril 2015, taguée à la peinture rouge avec, entre autres, l’inscription « Satan est de retour. »

Depuis cette époque, une reproduction de la Vierge au Parasol trône à l’intérieur de l’église Notre-Dame-des-Laves de Sainte Rose qui fut épargnée de justesse par une coulée de lave en 1977.

Le 15 août 2019, plus de 10 000 fidèles ont assisté à la messe de l’Assomption à Piton Sainte-Rose. On a craint un moment que la messe soit annulée car le Piton de la Fournaise était en éruption quelques jours plus tôt et les coulées qui descendaient les Grandes Pentes menaçaient de couper la RN 2 qui permet d’accéder à Sainte Rose. Heureusement pour les pèlerins, l’église Notre-Dame-des-Laves est restée parfaitement accessible. Comme chaque année, la Vierge au Parasol fut installée sur l’esplanade de Piton Sainte-Rose.

On peut voir une petite stèle avec une minuscule statue de la Vierge au Parasol le long de la RN 2, mais je conseille d’entrer dans l’église de Sainte Rose. En plus de la Vierge au Parasol, on pourra admirer les vitraux qui rappellent le passé tumultueux du site. On pourra aussi feuilleter quelques pages du Journal de l’Ile de la Réunion à propos de l’éruption de 1977.

Source : Guide local, Journal de l’Ile.

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Le long de la RN 2…

L’église Notre-Dame-des Laves, épargnée par une coulée en 1977…

A l’intérieur de l’église…

L’église reste sous la menace de la lave.

Photos: C. Grandpey

Quatre bonnes adresses sur l’île de la Réunion: 4) La Cité du Volcan

Située à Bourg-Murat, sur la route d’accès au Piton de la Fournaise, la Cité du Volcan mérite une halte. Vous y trouverez toutes les informations nécessaires à la bonne compréhension de l’histoire volcanique et géologique de l’île de la Réunion.

Dès l’entrée, on entre dans le vif du sujet grâce à un tunnel de lave dont les vibrations rappellent l’importance de la sismicité sur un volcan. Toute la technologie moderne a été utilisée pour rendre le site attractif. Les écrans interactifs, en particulier, séduisent le jeune public. Les explications – bilingues français-anglais – sont sobres et on n’a pas l’impression désagréable – comme à Vulcania – que des universitaires ont voulu déverser leurs connaissances.

Une salle de projection panoramique 270° et des films en 4D complètent la visite de la Cité.

Les concepteurs n’ont pas oublié de rendre hommage à Katia et Maurice Krafft qui avait proposé la création d’une Maison du Volcan en 1988.

Une superbe lithothèque permet d’admirer des pierres volcaniques de toute beauté. Le co-auteur de Mémoires Volcaniques a beaucoup apprécié la partie de la Cité du Volcan consacrée aux légendes et croyances populaires.

Pour finir, les images diffusées par les webcams de l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF) sont la transition directe avec le volcan qui se dresse à environ 25 kilomètres de Bourg-Murat.

Informations pratiques à cette adresse :

https://www.museesreunion.re/laciteduvolcan

Avec un salut très amical à Patrice Huet, directeur scientifique de la Cité du Volcan.

Une entrée en tunnel….

Une pensée pour Katia et Maurice Krafft….

Des outils interactifs…

Des légendes volcaniques……

Une belle lithothèque…

Des cheveux de Pele!

Photos: C. Grandpey

Quatre bonnes adresses sur l’Ile de la Réunion: 3) Un vol en ULM avec PLANETAIR 974

Basée à l’aéroport de Pierrefond, pas très loin de Saint Pierre, la compagnie Planetair 974 propose des survols de l’île de la Réunion à bord d’ULM, appareils dotés de moteurs de 100 CV et qui ressemblent à de petits avions. Il y a plusieurs avantages par rapport à un survol en hélicoptère: les vols sont beaucoup moins onéreux (moitié prix) et on voyage en solo avec les pilotes qui sont particulièrement sympathiques et compétents chez Planetair 974. Il est vrai que l’on a affaire à d’anciens pilotes de chasse de l’armée de l’air. Les ULM sont en parfait état et la sécurité est le maître mot dans cette agence. Plusieurs formules sont proposées. J’avais personnellement opté pour un survol du Piton de la Fournaise et des trois cirques. Bruno a tout de suite compris mon attirance pour les volcans et en a rajouté un peu lors du survol du volcan. Quand je vous disais qu’ils sont très sympa…!

Vous trouverez tous les renseignements à cette adresse :

www.planetair974.fr

Voici quelques images glanées au cours de ce périple d’une heure au-dessus de la Réunion…

Photos: C. Grandpey