Bella et l’érosion de la côte atlantique

La tempête Bella a soufflé sur les départements de la Gironde et des Landes le 28 décembre 2020. Le département des Landes avait été placé en vigilance orange pour vagues et submersion. Quand la mer se déchaîne, le spectacle est impressionnant et attire de nombreux curieux. Si la plupart se tiennent en sécurité sans des lieux élevés, des imbéciles n’hésitent pas à s’approcher des déferlantes, parfois au péril de leur vie, avec mise en danger des sauveteurs qui viendront leur porter secours en aide en cas de problème.

La tempête Bella fait partie de ces tempêtes hivernales qui font reculer le trait de côte. Heureusement, les coefficients de marée étaient relativement faibles (65 – 69) au plus fort de l’événement météo. Ils seront plus élevés, autour de 80 pour le Jour de l’An.

Les autorités et les habitants de la côte redoutent ces tempêtes car les assauts des vagues causent de graves dégâts au littoral et menacent de plus en plus souvent certaines zones habitées.

On connaît l’histoire de l’immeuble « Le Signal » qui a dû être évacué et va être détruit à Soulac-sur-Mar en Gironde. A Lacanau (Gironde), des enrochements sont censés freiner l’ardeur des vagues, mais quand on voit leur violence avec un faible coefficient de marée, on se dit que ces gros blocs ne pèseront pas lourd en cas de tempêtes avec un fort coefficient. L’océan gagne environ deux mètres sur la terre chaque année. La ville balnéaire réfléchit à déplacer 1 200 logements et 120 commerces du front de mer à l’intérieur des terres après 2050.

La situation ne vaut guère mieux à Biscarosse (Landes) où la maire a pris trois arrêtés municipaux « portant injonction d’évacuation en raison d’un péril grave présenté par un risque naturel » le 28 décembre 2020. Ces trois arrêtés concernaient le Grand Hôtel de la Plage et les célèbres « maisons jumelles », des emblèmes de Biscarrosse-Plage, situés en front de mer. La première magistrate de Biscarrosse a expliqué qu’il s’agissait de l’application du principe de précaution avec des »arrêtés municipaux préventifs » pour éviter de faire courir des risques aux occupants des bâtiments concernés. La décision a été prise en raison de l’amplification du phénomène d’érosion engendré par la tempête Bella. La police municipale s’est rendue dans les bâtiments concernés par ces arrêtés portant injonction d’évacuation pour informer les propriétaires ou/et occupants. A noter que Le Grand Hôtel de la Plage n’accueille pas de clients en ce moment en raison de la crise sanitaire.

Voici une petite vidéo montrant la tempête Bella à Lacanau :

https://youtu.be/WRCvJP7uXuY

Enrochements à Lacanau (Photo : C. Grandpey)

Le coût des catastrophes naturelles // The cost of natural disasters

La somme d’argent est impressionnante : 150 milliards de dollars ! C’est le coût des dommages assurés engendré par les dix plus importantes catastrophes météo en 2020. Il vient d’être révélé par une ONG britannique. Le chiffre est plus élevé qu’en 2019 et il montre bien l’impact grandissant du réchauffement climatique. Le véritable coût des événements climatiques extrêmes de 2020 est en réalité bien plus élevé car la plupart des bien détruits n’étaient pas assurés Le bilan humain de ces dix catastrophes devrait, lui aussi, nous faire réfléchir : 3500 morts et plus de 13,5 millions de personnes déplacées..

Sans surprise, les pays pauvres ont payé le prix le plus lourd. Seulement 4% des pertes économiques causées par les événements extrêmes étaient assurées, contre 60% dans les pays riches.

Certains climato-sceptiques feront bien sûr remarquer que les catastrophes météo ravageaient déjà la planète avant l’entrée en scène du dérèglement climatique provoqué par l’Homme. Je leur répondrai que la hausse de la température d’au moins 1,1°C depuis le début de l’ère industrielle augmente leur fréquence et leurs impacts.

Cinq des plus coûteuses catastrophes de 2020 étaient liées à une mousson particulièrement importante en Asie. Les inondations de 2020 ont été parmi les pires de l’Histoire au Bangladesh, avec plus d’un quart du pays sous l’eau.

Les ouragans ont été si nombreux dans l’Atlantique que les climatologues ne disposaient plus de noms pour le baptiser ! Une trentaine de tempêtes ont provoqué au moins 400 morts et 41 milliards de dollars de dégâts aux Etats-Unis, en Amérique Centrale et dans les Caraïbes.

En France, il suffit d’observer les dégâts provoqués par la tempête Alex dans les vallées de la Roya, de la Tinée et de la Vésubie. Le coût des reconstructions devrait s’élever à 1,4 milliard d’euros.…

Source : Presse internationale.

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The amount of money is staggering: 150 billion dollars! This is the cost of insured damage caused by the ten most devastating weather disasters in 2020. It has just been revealed by a British NGO. The figure is higher than in 2019 and it shows the growing impact of global warming. The real cost of the extreme weather events of 2020 is actually much higher because most of the properties destroyed were not insured The human toll of these ten disasters should also make us think : 3,500 dead and more than 13.5 million displaced people.

Not surprisingly, poor countries have paid the heaviest price. Only 4% of economic losses caused by extreme events were insured, compared to 60% in rich countries.

Some climate-skeptics will of course point out that weather catastrophes were already ravaging the planet before the advent of man-made climate change. I will answer them that the increase in temperature of at least 1.1°C since the beginning of the industrial era has increased their frequency and their impacts.

Five of the costliest disasters of 2020 were linked to a particularly severe monsoon in Asia. The 2020 floods were among the worst in history in Bangladesh, with more than a quarter of the country under water.

Hurricanes were so numerous in the Atlantic that climatologists no longer had resources to name them! About 30 storms caused at least 400 deaths and 41 billion dollars in damage in the United States, Central America and the Caribbean.

In France, it suffices to look at the damage caused by storm Alex in the Roya, Tinée and Vésubie valleys. The cost of the reconstructions is expected to amount to 1.4 billion euros.…

Source : International news media.

L’ouragan Eta (Source / NASA)

L’Everest et le réchauffement climatique // Mt Everest and global warming

Comme je l’ai écrit dans des notes précédentes, bien qu’étant la plus haute montagne du monde, l’Everest (8 848,86 m) subit lui aussi les effets du changement climatique. Les glaciers fondent et rendent les cadavres d’alpinistes qui ont été pris dans des avalanches ou sont tombés dans de profondes crevasses. Une récente mission scientifique a révélé que la situation est encore plus inquiétante que prévu.

Selon deux nouvelles études publiées en novembre 2020 dans iScience et One Earth, la pression atmosphérique près du sommet de l’Everest tend à augmenter, avec plus d’oxygène pour pouvoir respirer, tandis les glaciers fondent à une vitesse encore jamais observée et laissent échapper de plus en plus d’eau de fonte. En conséquence, ces changements auront un impact sur les alpinistes qui escaladent la montagne et les populations locales dans les vallées himalayennes.

Pour obtenir plus d’informations sur l’Everest, une expédition a été organisée en 2019. Elle regroupait 34 scientifiques dont la mission était de collecter des données glaciologiques et météorologiques en installant les stations météorologiques les plus hautes du monde.

Dans une étude publiée dans iScience, l’équipe scientifique explique que la pression atmosphérique sur l’Everest fluctue depuis les années 1970. Jusqu’à présent, seule une poignée d’alpinistes a réussi à gravir l’Everest sans avoir recours à des bouteilles d’oxygène. Mais cela pourrait changer dans les prochaines années car le changement climatique provoque une plus grande densité de l’air, avec davantage d’oxygène disponible à très haute altitude. Les scientifiques expliquent que lorsque la température augmente, les molécules se déplacent plus rapidement. Lorsqu’elles commencent à entrer en collision, la pression augmente. Une hausse de la pression signifie plus de molécules, avec davantage d’oxygène disponible pour pouvoir respirer.

Pour analyser les changements atmosphériques, les chercheurs ont collecté des données fournies par les stations météorologiques qu’ils ont installées lors de l’expédition sur l’Everest en 2019. Ils ont couplé les dernières données fournies par les stations aux analyses fournies par le Centre européen de prévisions météorologiques à moyen terme. Ainsi, ils ont pu reconstituer le climat de l’Everest de 1979 à 2020. Les scientifiques ont ensuite utilisé les données climatiques pour modéliser l’évolution de l’atmosphère autour de l’Everest au fil du temps et voir comment elle continuera à changer avec le réchauffement de la planète. Les modèles montrent que si les températures globales augmentent de 2 degrés Celsius au-dessus des niveaux préindustriels – une situation probable dès 2050 – la disponibilité en oxygène sur l’Everest augmentera de 5%. Cela suffit à faire la différence entre la vie et la mort pour un alpiniste qui escalade les dernières pentes de la montagne.

L’équipe scientifique a été surprise de constater avec quelle vitesse la pression atmosphérique pouvait varier sur l’Everest. Un jour, l’air au sommet peut être respirable sans apport d’oxygène supplémentaire; quelques jours plus tard, la pression atmosphérique peut plonger de façon spectaculaire, rendant la montagne impossible à gravir.

Si les changements atmosphériques sur l’Everest ne sont pas visibles à l’œil nu, l’impact du changement climatique sur les glaciers est impressionnant. Les sommets qui montraient une belle blancheur avec la neige et la glace sont maintenant tous noirs. En outre, les inondations causées par la fonte des glaciers – rares dans le passé – se produisent désormais plus fréquemment et sont imprévisibles.

L’étude publiée en novembre 2020 dans One Earth explique que les glaciers ont beaucoup reculé depuis les années 1960, parfois de 150 mètres dans certaines régions. Les scientifiques de la dernière expédition ont étudié 79 glaciers, dont le glacier de Khumbu, le plus haut glacier du monde. Ils ont constaté qu’entre 2009 et 2018, les glaciers ont reculé presque deux fois plus vite que dans les années 1960. Certaines observations révèlent qu’ils ont parfois perdu la moitié de leur épaisseur depuis les années 1960.

La fonte des glaciers himalayens est provoquée par une augmentation d’un degré Celsius de la température moyenne de 2000 à 2016, par rapport à la moyenne entre 1975 et 2000. Bien que la hausse des températures soit la principale cause du recul et de l’amincissement des glaciers himalayens, d’autres facteurs majeurs doivent être pris en compte. Au fur et à mesure que les glaciers reculent, ils laissent souvent derrière eux des débris rocheux et mettent à nu leur encaissant. Les roches ainsi exposées absorbent plus de rayonnement solaire, ce qui fait fondre la glace à proximité. L’eau de fonte s’infiltre ensuite dans les orifices creusés par le recul des glaciers, ce qui donne naissance à de petits étangs En fin de compte, ces petits étangs se regroupent et forment de vastes lacs glaciaires. C’est ainsi que plus de 400 nouveaux lacs se sont formés entre 1990 et 2015. Comme je l’ai déjà écrit, ces lacs sont parfois maintenus en place par des moraines fragiles qui peuvent s’éventrer et déclencher des inondations dévastatrices.

En plus des 18 communautés qui vivent au pied de l’Everest, près de deux milliards de personnes dépendent de la chaîne himalayenne pour leur approvisionnement en eau. La fonte accélérée des glaciers met en péril cette source en eau et menace la vie et les moyens de subsistance de près d’un cinquième de la population mondiale. Bien qu’une fonte plus rapide des glaciers puisse signifier plus d’eau, cela ne sera que temporaire.

Source: Smithsonian Magazine.

L’étude n’en parle pas, mais il est bien évident que si le sommet de l’Everest est accessible sans apport d’oxygène supplémentaire dans les prochaines années, de plus en plus d’expéditions auront envie d’atteindre le toit du monde, avec la pollution que cela suppose. J’ai déjà attiré l’attention sur les tonnes de détritus que les sherpas redescendent dans les vallées chaque année…

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As I put it in previous posts, although being the highest mountain in the world, Mt Everest (8,848.86 m) undergoes the effects of climate change. The glaciers are melting and giving back the corpses of climbers who were caught in avalanches or fell into deep crevices. However, a recent scientific mission has revealed that the situation is more worrisome than predicted.

According to two new studies published in November 2020 in iScience and One Earth, the air pressure near Everest’s summit is rising, making more oxygen available to breathe, and glaciers are melting at unprecedented rates, leading to more meltwater. As a consequence, the changes will impact climbers scaling the mountain and local people who live in the Himalayan valleys.

To learn more about Mt Everest, an expedition was set up in 2019. It included 34 scientists whose mission was to collect glaciological and meteorological data by installing the highest weather stations in the world.

In a study published in iScience, the scientific team documented how the atmospheric pressure on Everest has fluctuated since the 1970s. Up to now, only a handful of mountaineers managed to climb the mountain without supplemental oxygen. But that may get easier in the future as climate change is causing the air to slowly thicken, which means more oxygen is available at higher altitudes. The scientists explain that when temperature rises, molecules move faster. When they start to collide with each other, pressure increases. More pressure means more molecules, making more oxygen available to breathe.

To analyze the changes in the atmosphere, the researchers collected data provided by the weather stations they installed on the Everest expedition in 2019. They coupled their latest data with analyses provided by the European Centre for Medium Range Weather Forecasting. Thus, they were able to reconstruct what the climate was like on Everest from 1979 to 2020.

The scientists then used the climate data to model how the atmosphere around Everest has changed over time and how it will continue to change as the planet warms. Their models suggest that if global temperatures increase by 2 degrees Celsius above pre-industrial levels – a situation likely as early as 2050 – the maximum rate of oxygen consumption on Everest will increase by 5 percent. This is enough to make a difference between life and death for a mountaineer climbing Mt Everest’s last hundreds of metres.

The scientific team was surprised when they saw haw fast the atmospheric pressure can vary on Everest. In the same way, the climate can vary remarkably within a span of a few days. On one day, the air at the summit can feel breathable without supplemental oxygen; a few days later, the atmospheric pressure can plunge dramatically, making the mountain impossible to climb.

If atmospheric changes on Everest are not visible to the naked eye, the impact of climate change on glaciers is impressive. Summits that used to look white with the snow and the ice are now all black. Besides, the floods caused by melting glaciers – which were rare in the past – are now happening more frequent and are unpredictable.

The study published in November 2020 in One Earth explains that glaciers have thinned dramatically since the 1960s, in some areas by as much as 150 metres. The scientists in the last expedition studied 79 glaciers, including the Khumbu Glacier, the highest glacier in the world. They found that between 2009 and 2018, glaciers thinned at nearly twice the rate that they did in the 1960s. Some estimates suggest that a few glaciers have areas that have lost half of their thickness since the 1960s.

The melting of Himalayan glaciers is caused by a one degree Celsius increase in average temperature from 2000 to 2016, compared with the average between 1975 and 2000.

Although rising temperatures are the primary drivers of glacier thinning, other major factors are at play. As the glaciers retreat, they often leave behind them rocky debris and expose bare cliffs on the mountainsides. The exposed rocks absorb more radiation from the sun, melting the adjacent ice. The melted water then seeps into the troughs created by the retreating glaciers, creating small ponds. The ponds melt the surrounding ice, and more water fills the ponds. Ultimately, clusters of ponds join up and form huge glacial lakes. As a result, more than 400 new lakes formed between 1990 and 2015. As I put it before, these lakes are sometimes kept in place by fragile moraines that can break open and trigger devastating floods.

In addition to the 18 local communities residing in the Himalayas, nearly two billion people depend on the mountain range for a source of freshwater. As melting accelerates, it puts that once-steady source of water in jeopardy, threatening the lives and livelihoods of nearly a fifth of the world’s population. Although faster melting might mean more water, this will only be temporary.  .

Source : Smithsonian Magazine.

The study does not mention it, but it is quite obvious that if the summit of Everest is accessible without an additional oxygen supply in the coming years, more and more expeditions will want to reach the roof of the world, with the pollution that this implies. I have already drawn attention to the tons of rubbish that Sherpas bring down into the valleys every year …

Vue du sommet de l’Everest (Crédit photo : Wikipedia)

Glaciers himalayens vus depuis l’espace (Source : NASA)

Nouveaux témoignages sur la fonte de l’Arctique // New evidence about Arctic melting

Aujourd’hui, avec la pandémie de COVID-19, de nombreuses missions scientifiques sont annulées en raison du risque de contamination, notamment à bord des navires de recherche. Cependant, deux chercheurs américains ont réussi à visiter l’Arctique en octobre 2020 et ont été surpris par ce qu’ils ont découvert. Ils expliquent que les zones qui n’étaient auparavant accessibles à cette période de l’année qu’avec un brise-glace sont devenues des eaux libres. Ils avaient emporté des sous-vêtements chauds mais n’ont pas eu à s’en servir.

Au cours des dernières années, les deux chercheurs étaient souvent accompagnés de bénévoles qui espéraient pouvoir observer des morses. De nos jours, sans glace de mer pour se reposer et moins de palourdes à manger, les animaux ont opté pour des séjours en colonies sur les plages.

Au cours de leur navigation, les chercheurs ont rencontré de gros bateaux de pêche qui remontaient vers le nord à la recherche de morue du Pacifique. Ils ont aussi croisé un porte-conteneurs qui empruntait, grâce à la fonte de la glace, la nouvelle voie de navigation entre le Québec et la Corée. Il n’a neigé qu’une seule fois au cours de leurs trois semaines sur l’eau.

Ces observations confirment ce que nous savions déjà : alors que le reste du monde se réchauffe en moyenne de plus de 1°C à cause du changement climatique d’origine humaine, l’Arctique se réchauffe beaucoup plus rapidement. Les chercheurs ont découvert que les eaux de surface présentaient une température de 3°C au-dessus de la normale.

Pour effectuer leur voyage dans l’Arctique, les deux scientifiques ont dû respecter des règles strictes. Ils se sont mis en quarantaine chez eux dans le Maryland, puis à nouveau à Anchorage avant de prendre l’avion pour Nome et de monter à bord du navire de recherche. L’équipage du Norseman II était en mer depuis huit mois, en raison de restrictions strictes sur les lieux d’accostage. Ils ont prolongé leur temps à bord pour accueillir les chercheurs. Ces derniers ont recueilli des échantillons et collecté des données pour leurs collègues dans l’impossibilité d’effectuer leurs missions habituelles.

Les changements dans l’Arctique à cause du changement climatique et de la fonte de la glace de mer auront des conséquences graves pour la vie marine. En effet, le manque de glace de mer entraîne la prolifération d’une plus grande quantité d’algues, y compris celles qui peuvent être toxiques et même mortelles. Les palourdes se nourrissent des algues toxiques ; les morses, les canards plongeurs et les humains mangent à leur tour les palourdes. C’est un réel problème car les populations indigènes le long de la côte de l’Alaska dépendent des palourdes pour leur alimentation.

Une étude publiée en 2020 a révélé que les communautés marines de l’Arctique pacifique subiront de profonds changements à cause du réchauffement et de la réduction de la glace de mer. Les espèces les plus grandes qui vivent plus longtemps vont probablement migrer vers le pôle d’ici la fin du siècle et perturber de ce fait le réseau trophique. Ces changements seront particulièrement difficiles à supporter pour les communautés autochtones qui vivent en Alaska depuis des milliers d’années. Elles doivent maintenant faire face à une glace de mer instable et chasser des animaux qui ne cessent de se déplacer.

Source: The Guardian.

On peut ajouter à ces observations que l’élévation du niveau de la mer affecte profondément les communautés autochtones le long des côtes. En raison du manque de glace de mer qui faisait obstacle aux vagues lors des tempêtes, le littoral s’érode et recule rapidement. Il s’érode si vite que certaines communautés ont dû être déplacées à l’intérieur des terres, loin de leurs zones de pêche dans l’Océan Arctique.

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Today, with the COVID-19 pandemic, many scientific missions are cancelled because of the risk of contamination, especially on board the research ships. However, a pair of American researchers managed to visit the Arctic in October 2020 and were surprised at what they discovered. They explain that areas that were previously accessible at that time of the year only with an ice-breaking ship had become open water. They had taken long underwear along with them but never put it on.

In years past, the two researchers were usually accompanied by volunteers who expected to see walruses. But with no sea ice to perch on and fewer clams to eat, the animals have moved in colonies to more comfortable accommodations on the beaches.

On their way, the research team saw huge fishing boats searching farther north for Pacific cod, and a container ship travelling a newly melted route from Quebec to Korea. It snowed only once during their three weeks on the water.

These observations confirm what we already knew: while the world on average has warmed more than 1°C because of human-caused climate change, the Arctic is heating much faster. The researchers found the shallow waters were up to 3°C hotter than is typical throughout the water column.

To perform their trip in the Arctic, the two scientists agreed to strict rules. They quarantined at home in Maryland and then again in Anchorage before flying by plane to Nome and boarding the research vessel. The crew of the Norseman II had been at sea for eight months, due to tight restrictions on where they could dock. They extended their time out to accommodate the researchers. The two researchers also obtained samples and collected data for their colleagues who could not make their usual journeys.

The changes in the Arctic due to climate change and the melting of the sea ice will have serious and probably dangerous consequences for the marine life  Indeed, the lack of sea ice is leading to higher levels of algal production, including the kind that can be deadly. Clams eat the toxic algae, and walruses, diving ducks and humans eat the clams. It is a problrm because indigenous populations along the Alaska coast depend on clams for food.

One study published in 2020 has found that marine communities in the Pacific Arctic will see profound changes in response to warming and reductions in sea ice. Larger species that live longer are likely to move toward the pole by the end of the century, disrupting the food web.

The changes will be particularly hard to endure for indigenous communities that have been in Alaska for thousands of years and are now coping with unstable sea ice and trying to hunt animals that are moving.

Source : The Guardian.

One can add to these observations that rising sea levels are deeply affecting indigenous communities along the coasts. Because of the lack of sea ice that was an obstacle to the waves during the storms, the coastline is eroding and retreating rapidly. It is retreating so fast that some communities had to be relocated farther inland, away from their fishing grounds in the Arctic Ocean.

Photo : C. Grandpey