Pauvres coraux ! // Poor corals !

L’eau de mer de plus en plus chaude, avec des températures record, a tué plus des trois quarts des coraux cultivés par les scientifiques dans les Keys de Floride ces dernières années. Le but de cette culture artificielle des coraux est de venir en aide à une espèce menacée et très vulnérable au réchauffement climatique.
Les chercheurs de la NOAA sont allés observer cinq récifs où ils avaient planté des coraux staghorn (cornes de cerf) et elkhorn (cornes d’élan), deux espèces sur la liste des espèces en voie de disparition, pour voir si leur repeuplement avait survécu à un séjour prolongé dans de l’eau dont la température avait atteint 30°C pendant l’été et l’automne 2023. La plupart de ces coraux étaient morts. Les scientifiques ont constaté une mortalité généralisée chez les coraux repeuplés et leurs homologues sauvages sur cinq récifs des Keys de Floride.
Les scientifiques accusent le réchauffement climatique d’origine humaine, aggravé par El Niño, de rendre l’eau trop chaude pour la survie des coraux, qui sont des êtres vivants. Après avoir tenté de sauver des coraux pendant la chaleur de l’été 2023, c’était la première observation hivernale des scientifiques pour voir ceux qui avaient survécu.
Seuls 22 % des 1 500 coraux staghorn repeuplés étaient encore en vie. Les scientifiques affirment qu’il reste encore beaucoup de données à collecter pour vraiment comprendre cette mortalité, mais ils affirment qu’ils n’ont jamais rien vu de tel dans l’histoire de l’humanité.
Normalement, ces espèces sont des coraux aux couleurs robustes rouge, orange, beige et marron. Les chercheurs ont vu des coraux morts avec des algues à l’aspect vert brunâtre déposées sur les squelettes sans vie. La NOAA a enregistré des jours où la température de l’eau sur les sites de plantation atteignait 34°C et parfois plus, ce qui est beaucoup trop chaud pour autoriser la survie des coraux.
Il faut toutefois remarquer que si les récifs coralliens des Caraïbes ont été dévastés à cause des températures record de l’eau en 2023, l’année n’a pas été aussi mauvaise qu’on le craignait dans le reste du monde. En février 2024, la NOAA a toutefois révisé son système de niveaux d’alerte des récifs coralliens ; l’administration a ajouté de nouvelles catégories supérieures de stress thermique en raison de l’aggravation du réchauffement climatique. C’est comme si on ajoutait une catégorie 6 aux ouragans.
De nombreux biologistes marins se demandent s’il est vraiment utiles de repeupler les récifs coralliens dans une eau qui devient tout simplement trop chaude. Ils affirment que la restauration des coraux est presque inévitablement vouée à l’échec en raison du réchauffement climatique actuel. « Tenter de restaurer les coraux dans les océans chauds d’aujourd’hui, c’est comme essayer de remettre en état une maison alors qu’elle est encore en feu. »
Source : Associated Press via Yahoo Actualités.

A lire également cette note publiée le 17 juillet 2023 :

Catastrophe corallienne en cours au large de la Floride // Coral disaster underway off the Florida coast

Photo: C. Grandpey

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Record hot seawater killed more than three-quarters of human-cultivated coral that scientists had placed in the Florida Keys in recent years in an effort to prop up a threatened species that’s highly vulnerable to global warming.

NOAA researchers went to observe five reefs where they planted staghorn and elkhorn coral, both classified as threatened in the endangered species list, to see how the repopulated critters had survived prolonged water temperatures in the 30s Celsius last summer and autumn. Most of them were dead. They saw widespread death in both repopulated and wild coral on five Florida Keys reefs.

Scientists blame human-caused global warming, with a boost from El Niño, for making the water too hot for the delicate coral, which are animals, to survive. After trying to rescue coral during heat during the summer 2023, this was scientists’ first winter look to see what survived.

Only 22% of the 1,500 repopulated staghorn coral that they surveyed was still alive. The scientists say there is still a lot of data to be collected to really understand the full impact, but they say they have not seen something like this in recorded human history.

Normally these are corals with robust red, orange, tan and brown colors. But what the researchers saw were dead coral with brownish green algae settled on the lifeless skeletons. NOAA measured days of water temperature at the planting sites hitting 34 degrees Celsius and sometimes more, which is much too hot.

However, while the Caribbean coral reefs were devastated during the record high water temperatures in 2023, the year was not as bad as was feared in the rest of the world. In February 2024, NOAA revised its coral reef watch alert system to add new higher level of heat stress categories because of worsening global warming. It’s the equivalent of adding a Category 6 to hurricanes.

Many marine biologists are now raising concerns about trying to repopulate coral reefs by putting the coral back in water that is just getting too warm. They say coral restoration is almost certainly doomed to fail under the current global warming. “Attempting coral restoration in today’s hot oceans is like trying to refurnish a house while it’s still on fire.”

Source : Associated Press via Yahoo News.

You can also read this post released on July 17th, 2023 :

Catastrophe corallienne en cours au large de la Floride // Coral disaster underway off the Florida coast

Le plastique tue les ours polaires // Plastic is killing polar bears

En Alaska, des scientifiques ont expliqué, lors de l’Alaska Marine Science Symposium de 2023, que l’analyse du contenu de l’estomac de 51 ours polaires tués entre 1996 et 2018 avait révélé que 25 % des plantigrades avaient ingéré du plastique sous une forme ou une autre. Pire encore, deux des ours avec « une quantité importante de plastique dans l’estomac » étaient devenus très agressifs et n’étaient pas apeurés par les mesures de dissuasion visant à les éloigner. Les chercheurs ont conclu qu’il pourrait y avoir un lien entre l’ingestion de plastique et le comportement agressif des ours.
L’ingestion de plastique n’est pas bonne pour un être vivant, quel qu’il soit. Au Colorado, un ours malade a été récemment euthanasié. En examinant son estomac, on a constaté qu’il contenait une quantité inquiétante de déchets d’origine humaine qui bloquaient son système digestif.
Les photos d’ours polaires d’Alaska en train de s’attaquer à des déchets plastiques sont un autre exemple de la destruction de l’environnement par l’homme. Ces photos très émouvantes montrent une famille d’ours polaires au bord d’un cours d’eau, avec deux oursons en train de vouloir s’accaparer un récipient en plastique rempli de boue. D’autres images montrent les ours avec du plastique accroché à leurs mâchoires et en train de manger des déchets.


Crédit photo : Mediadrumimages / DannySullivan

Les déchets plastiques ne sont pas seulement un problème pour les ours, mais pour pratiquement tous les animaux, en particulier ceux qui vivent en mer. Selon le site Earth.org, on estime que 100 000 animaux marins périssent chaque année après avoir ingéré ou avoir été empêtrés dans des déchets plastiques.
Les chercheurs présents au Symposium ont insisté sur le fait qu’il est vital, pour la santé de notre planète et des animaux qui l’habitent, de se défaire du plastique, fabriqué à partir de pétrole – et donc non biodégradable – qui envahit les décharges et les océans. Au lieu de cela, nous pouvons nous tourner vers l’une des nombreuses alternatives au plastique, plus durables, qui commencent à apparaître.
En ce qui concerne les ours polaires, un chercheur a déclaré que les villes fréquentées par les plantigrades doivent prendre davantage de mesures préventives pour empêcher les ours de se retrouver dans les poubelles. Il faut stocker les déchets dans des conteneurs hermétiques et les incinérer régulièrement.
Source  : médias d’information américains.

Photo: C. Grandpey

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Scientists in Alaska have reported at the 2023 Alaska Marine Science Symposium that analysis of the stomach contents of 51 polar bears killed between 1996 and 2018 showed that 25% of the bears had eaten some kind of plastic. Even worse, two of the bears with a “significant amount of plastics in their stomachs” were highly aggressive and “did not respond to polar bear deterrent measures.” The researchers concluded their could be a link between the ingestion of plastic and the bears’ behaviour.

Eating plastic is not good for any living creature. In Colorado, a sick bear was recently euthanized. Upon examining its stomach, it was found that it had an alarming amount of human waste and other trash blocking its digestive system.

Photos of Alaskan polar bears gnawing on plastic waste are the latest example of environmental demise caused by humans. The heartbreaking photos show a family of polar bears on the bank of a waterway, and the two cubs play tug-of-war with a sludge-filled, plastic gallon container. Other images show the bears with plastic hanging from their mouths or attempting to eat the garbage.

Plastic waste is not just a problem for bears, but for practically all animals, especially marine life. According to Earth.org, an estimated 100,000 marine animals are killed every year from ingesting or becoming entangled in plastic waste.

The rearchers at the Symposioum insisted that it is vital, for the health of our planet and the animals that inhabit it, that we move beyond plastic, which is made out of oil and is not biodegradable, clogging up landfills and the oceans. Instead, we can turn to any of the many more sustainable plastic alternatives that are starting to crop up.

As for the polar bears, one researcher said that towns with bears in the vicinity should take more preventative measures to stop the bears from getting into the trash, such as storing garbage in a shipping container and incinerating it regularly.

Source : U.S. News media.

Nouvelle mort d’un glacier

Ce n’est pas la première fois et ce n’est malheureusement pas la dernière. Le 2 septembre 2023, une cérémonie d’obsèques symbolique a été organisée dans l’Isère pour attirer l’attention sur la mort du glacier de Sarenne (massif de l’Oisans) et alerter sur les conséquences du réchauffement climatique. Aujourd’hui réduit à quelques blocs de glace, le glacier de Sarenne est sur le point de disparaître. On se souvient qu’une cérémonie identique avait été organisée en Islande le 18 août 2019 pour attirer l’attention du public sur la mort de l’Okjökull. De la même façon, les élus écologistes régionaux ont déposé le 23 octobre 2019 une plaque « à la mémoire du glacier Arriel » qui a définitivement fondu dans les Pyrénées béarnaises, victime, lui aussi, du réchauffement climatique.

Le 18 novembre 2020, j’ai écrit une note annonçant la mort prochaine du glacier de Sarenne :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/11/18/glacier-de-sarenne-isere-une-mort-annoncee/

Dans les années 1980, le glacier de Sarenne présentait encore une épaisseur de plusieurs dizaines de mètres, jusqu’à 80 par endroits. Situé à seulement 3.000 mètres d’altitude, exposé plein sud, sa fonte s’est considérablement accélérée ces dernières décennies.

C’est au col de Sarenne que s’est réuni un groupe de personnes parmi lesquelles des représentants de l’association Mountain Wilderness, très engagés sur les sujets de préservation de la montagne. La fonte du glacier a dépassé les prévisions des glaciologues. Comme l’a déclaré l’un d’eux : « Le stock de glace qui était très important, jusqu’à 80 mètres d’épaisseur il y a 25 ans, se réduit à quelques épluchures plaquées contre les falaises. On pense que dans deux ou trois ans il n’y aura plus rien du tout. Qu’il y ait encore des climatosceptiques, c’est complètement incompréhensible, car tout nous montre que le climat se dérègle et lutte contre l’humain ».

Pour les scientifiques, avec ce glacier c’est bien plus que de la glace qui disparaît, c’est aussi un formidable outil de mesure. C’est la plus ancienne série de mesures de bilan de masse des Alpes françaises, qui a commencé en 1949, et parmi les 10 séries de mesures les plus longues au monde.

Le but de ces différentes cérémonies d’obsèques symboliques est d’empêcher une banalisation de la fonte des glaciers et de déclencher une prise de conscience parmi la population. Au vu des contacts que j’ai pu avoir avec d’autres randonneurs dans les Alpes, c’est loin d’être la cas. La violence du phénomène n’est pas encore entrée dans les esprits. Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, les glaciers sont les châteaux d’eau des Alpes, c’est grâce à eux que peuvent se développer toutes les activités humaines. Quand un glacier disparaît, c’est une partie de notre humanité qui meurt elle aussi.

Source : presse régionale.

Le Glacier de Sarenne en 1906 et en 2016 (Source : Skipass)

Mort sur le Klyuchevskoy (Kamchatka) // Death on Klyuchevskoy (Kamchatka)

Au moins six alpinistes russes sont morts en escaladant le Klyuchevskoy (Kamtchatka). Les sauveteurs n’ont pas pu atteindre six autres personnes en raison du mauvais temps. On pense que deux des alpinistes en détresse s’abritent dans un camp à 3 300 m d’altitude et quatre autres dans une tente à 4 000 m.
Le groupe de 12 personnes, dont deux guides, a commencé son ascension vers le sommet de 4 754 m le 30 août. Quatre jours plus tard, quatre alpinistes se seraient tués lors d’une chute à environ 4 000 m. Deux autres sont morts peu de temps après. L’un des guides se serait cassé la jambe et l’état des autres alpinistes n’est pas connu pour le moment.
À l’heure actuelle, la couleur de l’alerte aérienne est Jaune pour le Klyuchevskoy, tout comme pour le Bezymianny. Elle est Orange pour l’Ebeko, le Karymsky et le Sheveluch.

Les volczns peuvent tuer sans être en éruption…
Source : médias d’information internationaux, KVERT.

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At least six Russian climbers have died while climbing Klyuchevskoy (Kamchatka). Rescuers were unable to reach another six climbers because of bad weather. Two of the climbers are believed to be sheltering in a camp at 3,300m above sea level, and another four in a tent at 4,000m.

The 12-strong group, which included two guides, began their ascend to the 4,754m summit on August 30th. Four days later, four climbers are believed to have been killed instantly after a fall at about 4,000m. Another two died shortly afterwards. One of the guides is reported to have broken his leg and the condition of the remaining climbers was not immediately known.

At the moment, the aviation colour code fo Klyuchevskoy is Yellow, as vell as for Bezymianny. It is Orange for Ebeko, Karymsky and Sheveluch.

Volcanoes can kill without erupting…

Source: International news media, KVERT

Crédit photo : KVERT