Catastrophes glaciaires // Glacial disasters

Le réchauffement climatique augmente le risque d’effondrements catastrophiques de glaciers. L’eau de fonte générée par des étés plus chauds constitue une réelle menace. Un exemple de ce phénomène est survenu en 2013 avec l’effondrement soudain d’un pan de 500 mètres de long sur le glacier de Flat Creek en Alaska. Les blocs de glace sont tombés en cascade dans une vallée heureusement déserte dans le Parc National de Wrangell-St Elias. Les sercices du Parc font remarquer qu’un événement semblable s’est produit au même endroit deux ans plus tard.
Personne n’a été blessé au cours de ces effondrements glaciaires en Alaska, mais des événements semblables ont été observés dans des régions moins isolées au cours des deux dernières décennies, avec des morts à la clé. Quelque 140 personnes ont été tuées et un village entier a été englouti en 2002 lorsque des masses de glace se sont détachées du glacier Kolka  dans la région d’Ossétie du Nord (Russie). En juillet 2016, un amas de glace et de roches s’est détaché du glacier Aru et a parcouru une vallée étroite du Tibet, tuant neuf bergers et des centaines de moutons et de yaks.
Une étude publiée par les chercheurs du l’Université de Colorado à Boulder dans la revue Geology a révélé que les deux effondrements glaciaires en Alaska se sont produits au plus fort de la saison de fonte estivale. Cela laisse penser que ces événements hautement destructeurs pourraient se produire plus fréquemment avec le réchauffement climatique.
Un projet de recherche a été lancé pour étudier ce qui s’est passé à Flat Creek. Pour ce faire, les scientifiques ont utilisé différents outils comme l’imagerie satellite, les mesures sur le terrain, les modèles numériques de variations de niveau et la modélisation des eaux de fonte. Les images satellitaires haute résolution collectées il y a dix ans montrent qu’un gonflement anormal de 70 mètres de hauteur était présent sur la langue du glacier avant le premier effondrement de 2013. La partie inférieure de la langue glaciaire était très mince et collée par le gel sur le soubassement du glacier. Cette langue gelée a probablement bloqué la glace en provenance de la partie supérieure du glacier, ce qui a provoqué le gonflement. Cela a également ralenti l’évacuation de l’eau de fonte qui s’est accumulée sous le glacier. L’augmentation de pression de cette eau accumulée sous le glacier a provoqué la rupture soudaine de la langue, avec deux très importantes masses de matériaux qui ont recouvert chacune environ trois kilomètres carrés de forêts vieilles de 400 ans.
La ressemblance entre les effondrements glaciaires en Alaska et au Tibet montre qu’ils sint dus une cause commune. D’autres effondrements ont été observés ailleurs dans le monde. Cela montre bien que de telles phénomènes pourraient se produire de plus en plus fréquemment à cause du réchauffement climatique.
Source: The Independent.

En France, au-dessus de Saint-Gervais (Haute-Savoie), le glacier de Tête Rousse fait partie de ces glaciers dont le comportement peut être catastrophique. En 2010, on a découvert une énorme poche d’eau sous la glace, à 3200 mètres d’altitude. Les autorités ont alors décidé de mettre en place une spectaculaire opération de pompage pour éviter une catastrophe. Tout le monde avait en tête le drame du 12 juillet 1892 quand la rupture d’une poche glaciaire avait entraîné une gigantesque vague de 300 000 mètres cubes qui avait enseveli les thermes de Saint-Gervais et fait au moins 175 victimes.

Depuis 2010, le glacier de Tête Rousse est placé sous haute surveillance. Avec le réchauffement climatique, on sait que la fonte de la glace s’est accélérée. On a récemment décelé la présence de deux nouvelles poches d’eau, à une profondeur plus grande que prévu. L’une aurait un volume de 20 à 25 000 mètres cubes, l’autre de près de 15 000, soit un volume total d’environ 40 000 mètres cubes.. C’est moins que les 65 000 mètres cubes de 2010, mais c’est suffisant pour que la menace soit prise très au sérieux. Le maire de St Gervais estime aujourd’hui que 2300 personnes pourraient mourir en cas de nouvelle déferlante provoquée par la vidange brutale de la poche d’eau glaciaire. En 2010, grâce aux opérations de pompage,, le volume d’eau présent dans la cavité avait été ramené à 10.000 m3. Aujourd’hui, de nouvelles mesures sont en train d’être prises pour éviter que l’eau continue de s’accumuler.

Si la fonte et le recul des glaciers vous intéressent, je vous conseille fortement de regarder l’émission très pédagogique de C’est pas sorcier réalisée en 2006 et consacrée à ce sujet. Jamy Gourmaud et Frédéric Courant y expliquent parfaitement cette libération de poches d’eau sous-glaciaires.

https://www.youtube.com/watch?v=7Oymnk-hPk0

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With global warming, there is an increasing the risk of catastrophic glacier detachments. Meltwater generated by warmer summers is posing a new threat. An example of this pnenomenon is the 500-metre-long slab of the Flat Creek glacier (Alaska) broke off suddenly in August 2013 and cascaded down a mountain valley in the remote Wrangell-St. Elias National Park and Preserve. A similar event was documented at the same location two years later by the National Park Service.

No one was hurt in either of the ice surges in Alaska, but similar glacier detachments in less remote areas in the last two decades have been deadly. Some 140 people were killed when masses of ice broke loose from the Kolka glacier and buried an entire village in Russia’s North Ossetia region in 2002. In July 2016, a wall of ice and rocks from the Aru glacier gushed down a narrow valley in Tibet, killing nine herders and hundreds of sheep and yaks.

A study published by the Colorado Boulder researchers in the journal Geology found both Alaskan detachments occurred at the height of the summer melt seasons and suggests these highly destructive events could occur more frequently with global warming.

A research project was launched to investigate what had happened at Flat Creek. Scientists used a variety of tools, including satellite imagery, field measurements, digital elevation models, and meltwater modelling, to piece together what happened. Ten-year-old, high-resolution satellite images showed that an unusual, 70-metre-high ice bulge existed on the glacier’s tongue prior to the first detachment in 2013. The lowermost part of the glacier tongue was very thin, stagnant, and firmly frozen to the glacier bed. This frozen tongue probably blocked ice flowing down from higher on the glacier, forcing it to bulge; it also slowed meltwater drainage, allowing the water to pool under the glacier. The resulting increase in water pressure under the glacier eventually caused the tongue to suddenly detach, resulting in two mass flows so large that they each buried about three square kilometres of 400-year-old forest.

The similarity of the glacier detachments in Alaska and Tibet suggest they shared a common cause. Other detachments elsewhere in the world have also been discovered, suggesting that large-scale glacier detachments may be exacerbated by global warming.

Source: The Independent.

In France, above Saint-Gervais (Haute-Savoie), the Tête Rousse glacier is one of this type of glacier. In 2010, a huge pocket of water was discovered under the ice, at an altitude of 3,200 meters. The authorities then decided to set up a spectacular pumping operation to avoid a disaster. Everyone had in mind the drama of July 12, 1892 when the rupture of a glacial pocket had led to a gigantic wave of 300,000 cubic meters which had buried the thermal baths of Saint-Gervais and claimed at least 175 victims.
Since 2010, the Tête Rousse glacier has been under close surveillance. With global warming, we know that the melting of the ice has accelerated. Two new pockets of water have recently been detected at a depth greater than expected. One would have a volume of 20 to 25,000 cubic meters, the other nearly 15,000, for a total volume of around 40,000 cubic meters. This is less than the 65,000 cubic meters of 2010, but it is enough for the threat to be taken very seriously. The mayor of St Gervais estimates today that 2300 people could die in the event of a new wave caused by the brutal emptying of the ice pack. In 2010, thanks to pumping operations, the volume of water present in the cavity was reduced to 10,000 m3. Today, new measures must be taken to prevent water from continuing to accumulate.

Schéma  expliquant le processus de la catastrophe du 12 juillet 1892 à Saint Gervais (Source : Joseph Vallot).

Vues du front du glacier d’Argentière en 2018, à comparer avec les imagess proposées par C’est pas sorcier en 2006. (Photos : C. Grandpey)

Virus : ce n’est qu’un début ! // Viruses : it’s just the beginning !

La pandémie actuelle de coronavirus désorganise totalement l’économie mondiale, avec un impact catastrophique pour de nombreux secteurs. Les conséquences humaines sont elles aussi dramatiques avec des dizaines de milliers de morts, une hausse du chômage et des relations humaines détériorées. Beaucoup prétendent que « rien ne sera plus comme avant.» Très logiquement, la seule solution pour sortir définitivement de cette crise sanitaire serait la découverte d’un vaccin. Je crains toutefois que les prochaines décennies se caractérisent par une course aux vaccins. On ne  sait pas trop d’où est sorti le COVID-19 (pangolin, laboratoire, autre ?) mais on sait que d’autres virus sont dissimulés à la surface de la Terre et qu’ils n’attendent que le moment favorable pour se manifester.

Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, la fonte des glaciers et du permafrost sous les coups de boutoir du réchauffement climatique nous réserve probablement de sales surprises. Au mois de janvier 2020, j’écrivais que des chercheurs américains et chinois ont mis à jour en 2015 dans les glaciers de l’Himalaya plusieurs virus jusqu’alors inconnus. L’analyse des carottes de glace ainsi collectées a révélé pas moins de 33 virus dont 28 jusque-là inconnus de la science. Ces virus ont été découverts dans une glace vieille de 15 000 ans, à une cinquantaine de mètres de profondeur. Suite à leur découverte, les chercheurs américains et chinois ont insisté sur le fait que, dans le pire des cas, « le réchauffement climatique – et la nouvelle exploitation minière de régions auparavant inaccessibles – pourrait être à l’origine d’une libération de nouveaux agents pathogènes dans notre environnement. »

Cette découverte dans l’Himalaya s’ajoute aux risques liés à la fonte du permafrost dans les hautes latitudes. En 2017, des chercheurs ont découvert en Sibérie un virus vieux de 30 000 ans. Ils sont parvenus, sous contrôle, à le réactiver pour infecter une amibe unicellulaire. C’est la preuve que les virus peuvent survivre, au moins 30 000 ans.

Cette survie des virus a été confirmée en 1997 par l’exhumation au Svalbard (Norvège) de cadavres de mineurs victimes de la Grippe Espagnole en 1918. Dans une note publiée le 16 avril 2020, j’expliquais que le virus était toujours actif car il avait été bien conservé par le froid.

Ces différents exemples montrent parfaitement le lien qui existe entre le réchauffement climatique et le développement des virus. Même si les émissions de gaz à effet de serre se sont réduites au cours du confinement, leur concentration dans l’atmosphère n’a pas varié.

Il est fort à parier que l’on va assister à une reprise accélérée de l’économie mondiale dans les prochaines semaines et les prochains mois. Cela aura inévitablement pour effet d’accélérer le réchauffement climatique…et le risque d’apparition de nouveaux virus. Il en sera malheureusement ainsi tant que les intérêts économiques et financiers domineront notre planète. La Nature nous rappellera régulièrement à l’ordre jusqu’au jour où elle vaincra définitivement car l’Homme aura signé son auto-destruction.

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S’agissant du Svalbard, j’aimerais rappeler (voir ma note du 5 mars 2018) qu’il héberge une Réserve mondiale de semences – Svalbard Global Seed Vault. C’est une chambre forte souterraine destinée à conserver dans un lieu sécurisé des graines de toutes les cultures vivrières de la planète et ainsi de préserver la diversité génétique. Abritant près d’un million de variétés, cette réserve offre un filet de sécurité face aux catastrophes naturelles, aux guerres, au changement climatique, ou encore aux maladies.

Ce site a été choisi parce que le climat et la géologie du Spitzberg représentent un environnement idéal pour un tel projet de conservation. Creusée près de la petite ville de Longyearbyen dans l’archipel arctique du Svalbard, à environ 1 120 km du Pôle Nord, cette chambre forte est gérée depuis 2008 par un accord tripartite entre le gouvernement norvégien, l’organisation internationale Global Crop Diversity Trust et la banque génétique nordique.

Le 27 mars 2017, un deuxième bunker a été construit sur l’île de Spitzberg afin de protéger des données telles que des textes, photos ou vidéos. Une campagne de rénovation a débuté pour consolider la Réserve mondiale de semences qui subit de plein fouet les effets du réchauffement climatique. Aujourd’hui, la Réserve a trop chaud. Conçue pour résister à une chute d’avion ou à un missile nucléaire, elle est en train de faire peau neuve après s’être retrouvée les pieds dans l’eau. En 2016, une poussée du mercure a fait fondre le pergélisol. Or ce sol, normalement gelé en permanence, est censé contribuer à maintenir à la température idéale de -18°C à l’intérieur de la chambre forte.

On espère que les travaux de consolidation en cours permettront de faire face au climat des décennies à venir. Le tunnel d’accès va être renforcé et un local sera érigé à proximité du site pour abriter le matériel technique et éloigner toute source de chaleur susceptible de contribuer à une nouvelle fonte du pergélisol.

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The current coronavirus pandemic is completely disrupting the global economy, with a disastrous impact for many sectors. The human consequences are also dramatic with tens of thousands of deaths, rising unemployment and deteriorated human relations. Many claim that “nothing will be the same as before.” Very logically, the only solution to definitively get out of this health crisis would be the discovery of a vaccine. However, I fear that the coming decades will be characterized by a race for vaccines. We do not really know where COVID-19 came from (pangolin, laboratory, other?) But we do know that other viruses are hidden on the surface of the Earth and that they are only waiting for the right moment to appear.
As I have explained on several occasions, the melting glaciers and permafrost under the blows of global warming probably holds some nasty surprises for us. In January 2020, I wrote that American and Chinese researchers discovered in 2015 in the Himalayan glaciers several previously unknown viruses. Analysis of the ice cores thus collected revealed no less than 33 viruses, 28 of which were previously unknown to science. These viruses were discovered in 15,000-year-old ice, some 50 metres deep. Following their discovery, American and Chinese researchers insisted that, in the worst-case scenario, « global warming – and new mining in areas previously inaccessible – could be the source of new pathogens in our environment. »
This discovery in the Himalayas adds to the risks associated with the melting of permafrost in high latitudes. In 2017, researchers discovered a 30,000-year-old virus in Siberia. They managed, under control, to reactivate it to infect a single-celled amoeba. This is proof that viruses can survive, at least 30,000 years.
This survival of the viruses was confirmed in 1997 by the exhumation in Svalbard (Norway) of corpses of minors victims of the Spanish Flu in 1918. In a note published on April 16th, 2020, I explained that the virus was still active because it had been well preserved by the cold.
These different examples perfectly show the link between global warming and the development of viruses. Even though greenhouse gas emissions were reduced during the lockdown, their concentration in the atmosphere did not change.
It’s a safe bet that there will be an accelerated recovery in the world economy in the coming weeks and months. This will inevitably accelerate global warming … and the risk of the appearance of new viruses. Unfortunately, this will be the case as long as economic and financial interests dominate our planet. Nature will regularly remind us to order until the day when it will definitively overcome because Man will have signed his self-destruction.

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Regarding Svalbard, I would like to remind you (see my note of March 5th, 2018) that it hosts a World Seed Reserve – the Svalbard Global Seed Vault. It is an underground vault intended to preserve in a secure place seeds of all the food crops of the planet and thus to preserve genetic diversity. Home to almost a million varieties, this reserve offers a safety net in the face of natural disasters, wars, climate change and even diseases.
This site was chosen because the climate and geology of Spitsbergen represent an ideal environment for such a conservation project. Digged near the small town of Longyearbyen in the Arctic archipelago of Svalbard, about 1,120 km from the North Pole, this vault has been managed since 2008 by a tripartite agreement between the Norwegian government, the international organization Global Crop Diversity Trust and the bank Nordic Genetic Resource Center.
On March 27th, 2017, a second bunker was built on the island of Spitsbergen to protect data such as text, photos or videos. A renovation campaign has started to consolidate the Svalbard Global Seed Vault which is suffering from the impact of global warming. Today, the Reserve is too hot. Designed to withstand a plane crash or a nuclear missile, it is undergoing a facelift after finding itself in the water. In 2016, a rise of temperatures melted the permafrost. This soil, normally permanently frozen, is supposed to help maintain the ideal temperature of -18 ° C inside the Vault.
It is hoped that the ongoing consolidation work will help cope with the climate for decades to come. The access tunnel will be reinforced and a room will be erected near the site to house the technical equipment and remove any heat source likely to contribute to a new melting of the permafrost.

Entrée de la Réserve mondiale de semences (Crédit photo: Wikipedia)

La fonte des glaciers en Alaska // Glacier melting in Alaska

 A l’attention de ceux qui auraient encore des doutes sur les effets dévastateurs du changement climatique d’origine anthropique, voici une vidéo qui montre en accéléré le recul des glaciers de l’Alaska. Le montage a été réalisé par un glaciologue de l’Université de Fairbanks à l’aide d’images envoyées par le programme satellitaire NASA-USGS Landsat au cours des 48 dernières années. La vidéo a été mise en ligne le 9 décembre 2019.

 https://youtu.be/E4Zc_KuXMkA

Comme je l’ai indiqué dans plusieurs notes, j’ai eu l’occasion d’observer les glaciers d’Alaska depuis les airs et de les approcher en bateau. L’un des reculs les plus spectaculaires est celui du glacier Columbia que l’on atteint depuis le petit port de Valdez, là où aboutit l’oléoduc trans-alaskien. Il avait belle allure jusqu’en 1972. C’est l’époque où les gaz à effet de serre ont commencé à modifier la donne et où la catastrophe a commencé, comme pour beaucoup d’autres glaciers de la planète, dans nos Alpes en particulier.

Dès les années 1980, on voit le Columbia reculer toujours plus rapidement. En 2019, au moment où la vidéo a été diffusée, il a reculé de plus de 20 kilomètres par rapport à 1972. Entre mes deux visites de 2009 et 2013, la morphologie de sa partie frontale avait totalement changé

En 2015, j’exposais des photos des glaciers d’Alaska au festival Nature de Montier-en-Der. James Balog*, photographe naturaliste américain, exposait lui aussi des images du Columbia dans un autre site du festival. La très intéressante conversation que nous avons eue a abouti aux mêmes conclusions pessimistes sur l’avenir des glaciers et des banquises dans le monde.

Dans le sud de l’Alaska, j’ai eu l’occasion de faire d’autres approches par la mer. Comme le Columbia, le glacier Sawyer fond de manière spectaculaire. Ainsi, il avait reculé de quelque 600 mètres entre juin et septembre 2016 quand je l’ai observé !

J’adore assister au vêlage d’un glacier. J’éprouve autant d’émotion que devant un volcan en éruption. De tels phénomènes permettent de relativiser et confirment que l’Homme n’est pas grand-chose par rapport aux forces de la Nature…

*James Balog et son équipe ont filmé au Groenland le plus important vêlage glaciaire jamais observé par l’Homme.

https://youtu.be/oXe7T4SQNts

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For those who still have doubts about the devastating effects of anthropogenic climate change, here is a video showing the accelerating retreat of the glaciers of Alaska. The editing was carried out by a glaciologist at the University of Fairbanks using images sent by the NASA-USGS Landsat satellite program over the past 48 years. The video was uploaded on December 9th, 2019.
https://youtu.be/E4Zc_KuXMkA

As I explained in several posts, I have had the opportunity to observe Alaskan glaciers from the air and approach them by boat. One of the most spectacular retreats is that of the Columbia Glacier. You can reach the glacier from the small port of Valdez which is also the end of the Trans-Alaskan oil pipeline. The glacier looked fine until 1972. It was the time when greenhouse gases began to change the game and when the disaster began, as for many other glaciers on the planet, in our Alps in particular.
As early as the 1980s, the Columbia retreated ever faster. In 2019, when the video was released, it fell more than 20 kilometers from 1972. Between my two visits in 2009 and 2013, the morphology of its front part had totally changed
In 2015, I was exhibiting photos of Alaskan glaciers at the Montier-en-Der Nature festival. James Balog *, an American naturalist photographer, also exhibited photos of the Columbia glacier at another site of the festival. The very interesting talk we had led to the same pessimistic conclusions about the future of glaciers and sea ice around the world.
In southern Alaska, I have had the opportunity to take other approaches by sea. Like the Columbia, the Sawyer Glacier is melting dramatically. Thus, it had shrunk by some 600 metres between June and September 2016 when I observed it!
I love watching the calving of a glacier. I feel as much emotion as in front of an erupting volcano. Such phenomena put into perspective and confirm that Man is not much compared to the forces of Nature …

* James Balog and his team filmed the biggest ice calving ever seen by humans in Greenland.
https://youtu.be/oXe7T4SQNts

Le glacier Columbia en 2009

Le glacier Columbia en 2019

Le Glacier Sawyer en 2016

Beaucoup de glaciers de montagne sont en phase d’effondrement en Alaska

(Photos: C. Grandpey)

La hausse du niveau la mer il y a 14 000 ans // Sea level rise 14,000 years ago

Selon de nouvelles recherches qui viennent d’être publiées dans Nature Geoscience, la fonte de la calotte glaciaire eurasienne il y a environ 14 000 ans a fait monter le niveau de la mer d’environ 8 mètres. Cela montre les risques encourus avec la fonte rapide des calottes glaciaires aujourd’hui. .
Le dernier maximum glaciaire sur Terre a commencé il y a environ 33 000 ans, quand de vastes calottes glaciaires couvraient une grande partie de l’hémisphère Nord. À l’époque, la calotte glaciaire eurasienne – qui couvrait une grande partie de la Scandinavie – contenait environ trois fois la quantité d’eau gelée stockée aujourd’hui dans la calotte glaciaire du Groenland (voir ma dernière note à ce sujet).
Le réchauffement rapide qui a affecté cette région du globe a fait disparaître la calotte glaciaire eurasienne en seulement 500 ans. En analysant les carottes de sédiments prélevées en Mer de Norvège, l’équipe de chercheurs a constaté que la fonte très rapide de cette calotte glaciaire avait donné naissance à à un événement connu sous le nom d’Impulsion de Fonte 1A (Meltwater 1A, en anglais), période qui a vu le niveau de la mer à l’échelle de la planète s’élever d’une hauteur atteignant jusqu’à 25 mètres entre il y a 13 500 et 14 700 ans.
La fonte de la calotte glaciaire eurasienne a coïncidé avec de profondes fluctuations de température régionales. Des études sur les carottes prélevées dans la calotte glaciaire du Groenland laissent supposer que l’atmosphère au-dessus du Groenland s’était réchauffée jusqu’à 14°C en quelques décennies à cette époque. Les chercheurs pensent que ce réchauffement a été la principale cause de la disparition de la calotte glaciaire eurasienne.
Quand la Terre connaît une hausse globale des températures, les pôles se réchauffent beaucoup plus rapidement que d’autres régions. Les concentrations atmosphériques de CO2 étaient d’environ 240 parties par million (ppm)  à l’époque de l’Impulsion de Fonte 1A, contre plus de 415 ppm actuellement.
La calotte glaciaire du Groenland, qui contient suffisamment d’eau gelée pour faire s’élever le niveau de la mer de plus de six mètres, fond actuellement à une vitesse record. Le Groenland a perdu une masse de plus de 560 milliards de tonnes de glace rien qu’en 2019. Certaines parties du Groenland et de l’Antarctique fondent désormais six fois plus vite qu’ en 1990.
L’étude montre que la totalité de la calotte glaciaire eurasienne a fondu en quelques siècles, ajoutant chaque année plus de quatre centimètres au niveau de la mer, avec une hausse finale d’environ  4,50 à 7,90 mètres.
Les calottes glaciaires de la planète qui fondent ou se désintègrent sous l’effet de la hausse des températures sont soumises à ce que les climatologues appellent des «points de basculement» de la température. De nombreux chercheurs craignent que les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique occidental continuent de fondre même si (une utopie ?) le réchauffement climatique ralentit avec une réduction des émissions de CO2. La localisation exacte des « points de basculement », que ce soit pour les calottes glaciaires passées ou pour les calottes glaciaires actuelles du Groenland et de l’Antarctique, reste une inconnue.
Source : presse internationale.

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According to new research that has just been published in Nature Geoscience, the melting of the Eurasian ice sheet around 14,000 years ago lifted global sea levels by about eight metres. This highlights the risks of today’s rapid ice cap melting. .

Earth’s last Glacial Maximum period began around 33,000 years ago, when vast ice sheets covered much of the Northern Hemisphere. At the time, the Eurasian ice sheet – which covered much of Scandinavia – contained approximately three times the amount of frozen water held in the modern-day Greenland ice sheet (see my last post on this topic).

Rapid regional warming saw the ice sheet collapse over a period of just 500 years. Analysing sediment drill cores from the Norwegian Sea, the research team found that the ice sheet’s collapse contributed to an event known as Meltwater 1A, a period that saw as much as 25 metres added to global sea levels between 13,500-14,700 years ago.

The Eurasian ice sheet melt coincided with vast regional temperature swings. Studies of ice cores drilled from the Greenland ice sheet have suggested that the atmosphere above Greenland warmed by up to 14°C in a few decades at this time. The researchers think this warming was the main driver of the ice sheet collapse.

While Earth is heating everywhere, parts of the world such as the poles are warming far faster than others. Atmospheric concentrations of CO2 were around 240 parts per million at the time, compared with over 415 ppm currently.

The Greenland ice sheet, which contains enough frozen water to lift global sea levels more than six metres, is currently melting at record rates. It lost more than 560 billion tonnes of mass in 2019 alone. Parts of Greenland and Antarctica are now melting six times faster than they were in 1990.

The study shows that the entire Eurasian ice sheet melted in a matter of a few centuries, adding more than four centimetres to sea levels annually, which means around 4.5-7.9 metres in total.

Ice sheets melting or breaking away as global temperatures rise are subject to what climate scientists call temperature « tipping points. » Many researchers fear that the ice sheets in Greenland and West Antarctica will continue to melt even if warming is slowed as carbon emissions are cut. Where the exact tipping-points are located, both for the past ice sheets and the current ice sheets in Greenland and Antarctica, remain however unknown.

Source : I

international press.

Photos: C. Grandpey