Piton de la Fournaise (Île de la Réunion : informations sur l’éruption et consignes de sécurité

Je remercie l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF) d’avoir bien voulu répondre à la question que j’avais posée concernant l’origine du magma alimentant la troisième phase de l’éruption. Selon l’Observatoire, « il s’agit de la même éruption car il n’y a pas eu d’ouverture ou de propagation de nouveau dyke depuis le réservoir. Il s’agit bien du même « conduit d’alimentation superficiel » ouvert le 13 février qui alimente ce nouveau point d’émission ouvert dans une zone déjà fragilisée le 13 février. Les analyses complètes des prélèvements de lave de l’ensemble de la séquence éruptive seront présentées lors d’un prochain bulletin mensuel à l’issue de l’éruption. » L’OVPF ajoute que « ces prélèvements sont très utiles notamment pour voir le moment où le magma (potentiellement juvénile) qui a été détecté en train de remonter des profondeurs depuis septembre dernier arrivera en surface. Lors de l’éruption de janvier, il s’agissait encore de magma résiduel ayant résidé dans le réservoir superficiel lors de la phase de repos, certainement poussé par cette nouvelle arrivée. »

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De son côté, le Préfet de la Réunion renouvelle ses consignes de prudence à l’attention des personnes qui se rendraient auprès des coulées émises il y a quelques semaines. Le Préfet explique que depuis le 08 avril 2026 un nouvel épisode éruptif est en cours. Le spectacle est impressionnant mais les dangers sont bien réels et toujours présents.

Il demande aux visiteurs de ne pas sous-estimez ces risques : chute au niveau des tunnels de lave dont la voûte peut s’effondrer sous le poids des personnes présentes sur les coulées.

Il y a le risque de brûlure en surface.Même si la lave semble refroidie et solide, sa surface reste extrêmement chaude. A seulement, 75 mètres de la route, des températures allant jusqu’à 80°C ont été mesurées.

Risque extrême sous la surface : des tunnels de lave sont encore actifs et circulent à très haute température. Des mesures atteignant 275°C ont été relevées dans les cavités proches de la surface.

Risque aggravé en cas de pluie : le contact de l’eau de pluie avec la lave peut provoquer de violents dégagements de vapeur, dangereux et imprévisibles.

Le Préfet conclut son bulletin en rappelant qu’un champ de lave n’est pas un terrain de jeu. Il est donc demandé aux visiteurs de rester strictement sur les zones autorisées et de respecter les consignes de sécurité.

Panneau rappelant les risques en terrain volcanique à Yellowstone (Photo: C. Grandpey)

Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : reprise de l’éruption // Resumption of the eruption

Dans un message diffusé vers 12 heures (heure métropole – 14 heures heure locale), l’OVPF fait état d’une reprise de l’éruption du Piton de la Fournaise. Il s’agirait donc du 3ème épisode éruptif de l’éruption débutée le 13 février 2026.

On observe depuis ce matin vers 5h30 (heure locale) une forte augmentation de l’amplitude du trémor. En parallèle, une augmentation significative de l’activité de dégazage est observée au niveau du cône éruptif formé lors de l’éruption du 13 février 2026, sur le flanc est-sud-est du Piton de la Fournaise., suggérant l’arrivée du magma en surface, ce qui a été confirmé vers 14h00 lors d’un survol. Ce magma ne serait toutefois pas un magma juvénile. La sismicité est faible. Les observations montrent la présence d’un petit lac de lave à l’intérieur du cône éruptif.

Des résurgences sont visibles sur le champ de lave mis en place lors des deux premières phases d’activité.

Crédit photo: SAG

Il faut noter qu’une incandescence était régulièrement observée depuis la fin déclarée de l’éruption le 3 avril 2026 (voir les bulletins de l’OVPF les 5 et 7 avril 2026). Alors, faut-il parler d’une reprise ou d’une intensification de l’éruption, dans la mesure où le trémor n’a jamais été prononcé mort depuis le 3 avril ? Toujours est-il que le Piton n’arrête pas de nous surprendre!

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In a message released around noon (Paris time – 2 p.m. local time), the OVPF reported a resumption of the eruption of Piton de la Fournaise. This would be the third eruptive episode of the eruption that began on February 13, 2026.
A significant increase in the amplitude of the tremor was observed this morning around 5:30 a.m. (local time). Simultaneously, a significant increase in degassing activity was observed at the eruptive cone, suggesting the arrival of magma at the surface, which was confirmed around 2 p.m. during an overflight. The observatory indicated a few days ago that this was not juvevile magma. Seismicity is low.
Observations show the presence of a small lava lake inside the eruptive cone formed during the eruption of February 13, 2026, on the east-southeast flank of Piton de la Fournaise. Resurgences are visible on the lava field formed during the first two phases of activity. It should be noted that incandescent activity was regularly observed since the declared end of the eruption on April 3, 2026 (see the OVPF bulletins of April 5 and 7, 2026). So, should we speak of a resumption or an increase in the eruption as the tremor has never been declared dead since April 3rd ?

La sismicité au sud de la Grande Île d’Hawaï // Seismicity south of Hawaii Big Island

Le dimanche 5 avril 2026, un séisme de magnitude M3,9 a été enregistré à 4 km à l’est-nord-est de Pahala, sur l’île d’Hawaï, à une profondeur de 2 km sous le niveau de la mer. Ce séisme n’a eu aucun impact apparent sur le Mauna Loa et le Kilauea. L’Observatoire volcanologique d’Hawaï (HVO) précise que ce séisme est probablement lié à l’essaim sismique observé sous la région de Pahala depuis 2019. Des séismes sont observés dans cette région depuis au moins les années 1960. Pour plus d’informations, l’Observatoire nous invite à consulter une étude expliquant la sismicité de la région :
https://www.usgs.gov/news/volcano-watch-why-do-so-many-deep-earthquakes-happen-around-pahala

Environ 1 300 séismes de magnitude supérieure à M1,0 et à plus de 20 km de profondeur de profondeur ont été enregistrés sur et autour de l’île d’Hawaï depuis août 2019. Sur la carte de l’USGS ci-dessous, les points bleus et violets indiquent respectivement les séismes survenus entre 20 et 40 km de profondeur et ceux survenus à plus de 40 km de profondeur.

Source: USGS

Depuis le début d’une récente série de séismes en août 2019, le HVO a enregistré plus de 1 000 séismes profonds dans cette région, soit environ 15 % de tous les séismes détectés sur l’île d’Hawaï pendant cette période. Le plus important d’entre eux, de magnitude M4,0, s’est produit le 8 octobre et a été faiblement ressenti par les habitants. En réalité, 34 séismes profonds ont été ressentis dans la région depuis 2006, dont un séisme de magnitude M4,7 en janvier de cette année-là. Cette recrudescence de la sismicité ces derniers mois s’inscrit dans une longue histoire de séismes observés dans la région.

Cette source persistante de sismicité a été identifiée pour la première fois par le HVO dès les années 1960. Il s’agissait d’épisodes de trémor harmonique attribués à la remontée de magma dans des fissures remplies de fluide et profondément enfouies sous l’île. Compte tenu de la situation géographique de la région, à environ 40 km du sommet du Kilauea et à environ 50 km de celui du Mauna Loa, il était difficile de dire si le magma présent dans cette zone profonde pouvait être lié au volcanisme de surface.

Grâce à l’amélioration du réseau de surveillance sismique du HVO, la détection de différents types de sismicité est devenue plus aisée. Par exemple, une étude de l’USGS publiée en 2006 a donné plus de détails sur les séismes dans la région, en plus du trémor. Les auteurs ont expliqué qu’une transition minéralogique dans le manteau terrestre, à 32 km de profondeur, permettait le transport du magma jusqu’au Kilauea. Ils ont également constaté que la profondeur des séismes tend à diminuer légèrement en direction du sommet du Mauna Loa, ce qui laisse supposer que du magma en provenance de la région de Pahala pourrait également alimenter le Mauna Loa.

Cinq ans plus tard, en 2011, des chercheurs ont découvert une vaste zone de faible vitesse sismique jusqu’à au moins 1 000 km sous la partie sud de l’île d’Hawaï, là où se produit la sismicité profonde. Selon eux, il s’agissait de l’emplacement où le point chaud à l’origine de l’archipel hawaïen remonte actuellement sous l’île d’Hawaï. Cette observation a conforté l’hypothèse précédente selon laquelle la zone de sismicité profonde indique probablement la source de magma alimentant les volcans actifs.

En 2015, à l’aide d’algorithmes informatiques plus performants, des chercheurs de l’USGS ont défini les trois principaux types de séismes dans cette région : séismes de courte et de longue période, ainsi que des trémors. Selon eux, la sismicité se situait au sommet d’un corps magmatique profond conduisant à une zone de faille profonde, ce qui pourrait correspondre un canal de transport du magma alimentant le Kilauea.

Depuis fin 2015, le HVO enregistre une hausse de la sismicité dans la région située en profondeur sous Pahala. La fréquence est généralement de 10 à 20 événements par jour, mais dépasse parfois 40. Seuls les essaims sismiques de 1972 et 1975 ont dépassé ce nombre. Bien que ces séismes profonds ne présentent pas de danger majeur, certains événements superficiels dans cette zone ont parfois causé des dégâts, notamment le grand séisme de Ka’u de magnitude M7,9 en 1868, avec ses nombreuses répliques.
Source : USGS.

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On Sunday, April 5, 2026, an M3.9 earthquake occurred 4 km east-northeast of Pahala on the Island of Hawaiʻi at a depth of 2 km below sea level. The earthquake had no apparent impact on either Mauna Loa or Kīlauea volcanoes. The HVO specifies that this earthquake is likley related to the seismic swarm under the Pāhala area, which has been going on since 2019. Earthquakes in this region have been observed at least as far back as the 1960s. The Observatory invites us to read a study explaining the seismicity in the area:

https://www.usgs.gov/news/volcano-watch-why-do-so-many-deep-earthquakes-happen-around-pahala for more information.

About 1300 earthquakes with magnitudes greater than M1.0 and at depths over 20 km on and around the Island of Hawai‘i since August 2019 are depicted on tha USGS map above. Blue and purple dots indicate earthquakes at 20-40 km and more than 40 km depths, respectively.

Since the beginning of a recent earthquake swarm in August 2019, HVO has recorded over 1000 deep earthquakes in this region, which accounts for about 15 percent of all earthquakes detected on the Island of Hawaii during that time. The largest of these was an M4.0 event on October 8 that was weakly felt by residents. In fact, 34 deep events have been reported felt in the region since 2006, including an M4.7 earthquake in January of that year. The uptick in seismicity in recent months is the latest chapter in a decades-long history of observed earthquakes in the area.

This persistent source of seismicity was first identified on seismic records by HVO as far back as the 1960s. They characterized episodes of harmonic tremor, ascribing it to upwelling of magma within fluid-filled cracks deep beneath the island. Given the region’s location about 40 km from Kīlauea’s summit and about 50 km from Mauna Loa’s summit, it was unclear whether magma in this deep region might relate to surface volcanism.

With the improvement of HVO’s seismic monitoring network, it became easier to detect different types of seismicity. For example, a USGS study published in 2006 characterized earthquakes in the region in addition to tremor. The authors proposed that a mineralogical transition in Earth’s mantle at 32 km depth could enable a magma transport path to Kilauea. They also noticed that the earthquake depths tend to become somewhat shallower in the direction of Mauna Loa’s summit, suggesting a magma transport path from the Pahala region may also feed Mauna Loa.

Five years later, researchers in 2011 discovered a broad zone of low seismic velocity down to at least 1000 km beneath the southern portion of the island where the deep seismicity takes place. They interpreted it as the location where the hot spot that created the Hawaiian archipelago currently rises beneath Hawaii. This observation supported the earlier hypothesis that the area of deep seismicity likely indicates the magma source that feeds the active volcanoes.

Using other modern computer algorithms, USGS researchers in 2015 characterized three main types of earthquakes in this region, including both short and long period earthquakes in addition to tremor. They interpreted the seismicity to be at the top of a deep magma body that leads to a deep fault zone, which may indicate a magma transport pathway feeding Kilauea.

Since late 2015, HVO has recorded an elevated level of seismicity in the region deep under Pahala. The currently observed rates are typically 10-20 events per day, but sometimes exceed 40 per day. Only swarms in 1972 and 1975 have exceeded this rate. While these deeper earthquakes do not really pose a strong hazard, shallow crustal earthquakes in this area have sometimes been damaging, including the 1868 M7.9 Great Ka’u earthquake and its many aftershocks.

Source : USGS.

Hawaï : des séismes sous le Mauna Kea // Hawaii : earthquakes beneath Mauna Kea

L’Observatoire Volcanologique d’Hawaï (HVO) indique que le 26 mars 2026, entre 14 h et 22 h (heure locale), un essaim sismique incluant environ 28 événements tectoniques a été détecté sous le versant nord-est du Mauna Kea, dans la région de Hāmākua. Ces séismes se sont principalement produits à des profondeurs comprises entre 5 et 10 km sous la surface. Les deux plus importants avaient une magnitude de M3,0. La fréquence sismique était plus faible durant les premières heures de la série. Après ces deux séismes de magnitude M3,0, survenus à environ une heure d’intervalle, l’activité sismique s’est interrompue pendant environ 90 minutes avant de reprendre.

Le HVO précise que ces événements tectoniques ne sont pas liés à des mouvements de magma. Au cours des 25 dernières années, des essaims similaires se sont produits dans cette région en 2002, 2004, 2006, 2008 et 2010. On également enregistré quelques séismes isolés de manière sporadique. Les magnitudes maximales ont toutes atteint M3,0, mais la plupart des événements avaient des intensités inférieures à M2,0. Ces séismes se sont produits sous l’édifice du Mauna Kea, au niveau du volcan Kohala sous-jacent, dont la zone de rift s’étend jusqu’à la dorsale sous-marine d’Hilo, à l’est du Mauna Kea.

Ces séismes semblent liés à une libération périodique de contraintes dans l’édifice du Kohala. Ces contraintes s’accumulent progressivement et sont très probablement dues au poids de l’île. Les séismes ne semblent pas être directement liés à la flexion de la lithosphère océanique sous-jacente, comme c’est souvent le cas avec la sismicité au sud de la Grande Île d’Hawaï.

Source: HVO ; photos: C. Grandpey

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The Hawaiian Volcano Observatory (HVO) indicates that on March 26 2026, between 2:00 p.m. and 10:00 p.m. (local time), a swarm of about 28 tectonic earthquakes was detected beneath the northeast side of Mauna Kea, in the Hāmākua region. These earthquakes mainly occurred at depths between 5–10 km below the ground surface. The largest of these events were two M3.0 earthquakes. During the first few hours of the swarm, the earthquake rates were lower. Following the two M3.0 earthquakes, which occurred about one hour apart, the seismic activity stopped for about 90 minutes before resuming.

The HVO specifies that these tectonic events are not related to magma movement. Over the past 25 years, similar clusters of earthquakes in this region have occurred in 2002, 2004, 2006, 2008, and 2010 along with a scattering of isolated earthquakes overtime.  Maximum magnitudes have all been in the M3.0 range with most earthquakes less than M2.0.   The depth of these earthquakes put them beneath the Mauna Kea edifice and into the underlying Kohala volcano, whose rift zone extends all the way to the submarine Hilo ridge east of Mauna Kea.

These earthquakes appear to be related to periodic release of stress in the Kohala edifice.  Stress gradually accumulates over time and is most likely due to the weight of the island.  They do not appear to be directly related to flexural bending of the underlying oceanic lithosphere, as often happens to the south of Hawaii Big Island.

Source: HVO ; photos: C. Grandpey